lundi 1 juin 2026

Uniforme à l’école : n’est pas Harry Potter qui veut

 Uniforme à l’école : n’est pas Harry Potter qui veut

Publié le 27/05/2026

En 2023, Gabriel Attal, alors ministre de l’Éducation nationale, avait trouvé la « solution » aux inégalités sociales à l’école : le retour de l’uniforme. Une centaine d’établissements scolaires avaient été choisis pour mener cette expérimentation.

Deux ans plus tard, le 12 mai 2026, une évaluation menée par le service statistique du ministère de l’Éducation vient d’être publiée. Le verdict est que l’uniforme ne change à peu près rien. Surprenant ? Les élèves pauvres restent pauvres, les élèves riches restent riches, et les marqueurs sociaux se déplacent simplement des sweats aux baskets ou aux smartphones. En somme, on découvre que les inégalités sociales ne se dissolvent pas par enchantement.

L’évaluation reconnaît même que des tensions nouvelles sont apparues autour du contrôle du respect de l’uniforme. Il n’y a qu’à Poudlard, l’école des sorciers, que les tours de magie fonctionnent. Ailleurs, la misère des moyens ne peut pas être cachée sous un bout de tissu.

                                                Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°3017)

Grande distribution : la jungle des profits

Grande distribution : la jungle des profits

Le 19 mai, la commission d’enquête sénatoriale a publié son rapport sur les marges des producteurs agricoles et industriels et celles de la grande distribution, qui pointe les différentes responsabilités des hausses de prix.

Publié le 27/05/2026

Après 189 auditions de représentants des filières agricoles, de l’industrie et des distributeurs, le constat est en fait déjà connu : la grande distribution tire l’essentiel de son profit de méthodes de négociation « assises sur la menace, l’intimidation et les contraintes ».

Trois grandes centrales d’achat, Leclerc- Eurelec, Aura-Everest et Concordis, font face à 400 000 exploitations agricoles et 23 000 entreprises industrielles, dont 98 % de PME. Dans toutes les négociations commerciales, elles utilisent la menace de diminution de commandes, de déréférencement, « instaurent un climat de peur intolérable », selon le rapport, et pour certains « des pertes de produits parfois périssables s’élevant à plusieurs millions d’euros ». Elles imposent la facturation de remises, ristournes et autres prétendus services commerciaux appelés « marges arrière ». Mais les fournisseurs ont intérêt à payer s’ils veulent continuer à vendre leurs produits. Évidemment, dans chacun des secteurs agricoles ou industriels, ce sont les plus petits fournisseurs qui sont les plus maltraités. Les trusts de l’agroalimentaire comme Nestlé, Lactalis et Bigard ont davantage les moyens de se faire respecter par les distributeurs.

Quant aux clients, la grande distribution leur offre parfois des prix défiant toute concurrence, mais sur des produits dont la qualité est régulièrement épinglée par les associations de consommateurs.

La commission aligne un certain nombre de propositions pour mettre, paraît-il, un peu de réalité et d’équité dans la formation des prix, de régulation de la concurrence pour la satisfaction des producteurs et des consommateurs.

Une démarche vouée à l’échec dans une économie où dominent les rapports de force, où les plus gros distributeurs ont imposé leur domination grâce à la fermeture des petits commerces, le licenciement de milliers de salariés, et où la seule morale est celle du profit.

                                                    Sylvie Maréchal (Lutte ouvrière n°3017)

 

Argenteuil, face à la spirale inflationniste et ses conséquences, la nécessaire mobilisation du monde du travail d’Argenteuil comme de tout le pays

 

Perdre 50 euros de pouvoir d’achat, et demain, combien ?

 

J’ai utilisé cette photo de La Gazette du boucher de Commeny. Je pense qu’elle me pardonnera. Lecteurs du Vexin, achetez chez ce boucher !

La semaine passée, un article de la Gazette du Val d’Oise a attiré mon attention. Il portait sur les difficultés d’un jeune boucher d’un village du Vexin qui évoquait ses difficultés actuelles : « Nous vivons des moments difficiles. L’avenir est incertain pour nous. Nous nous battons comme toujours mais nous avons peu de solutions. Nous avons besoin de vous, de votre soutien, plus que jamais. Préservez vos commerces de proximité. »

         L’appel de ce boucher dont nous ne pouvons qu’être solidaire pose bien des problèmes. Celui de la grande distribution qui a aspiré la clientèle, mais aussi la situation actuelle de montée de l’inflation. Lorsque l’on habite un espace périphérique tel celui du Vexin, chacun subit doublement la hausse des prix. Celle générale qui est annoncée à 2,4% officiellement sur un an, et celle de la hausse du prix des carburants qui pèse inexorablement lorsque l’utilisation de la voiture est incontournable. Même avec des revenus qui permettent habituellement de vivre correctement, on hésite à aller acheter de la viande de bonne qualité mais plus chère.

         Chacun peut imaginer ce qu’il en est d’autant plus au cœur des milieux les plus modestes d’Argenteuil. Pour un salaire de 1500 euros, une hausse des prix de 3%, c’est 50 euros de moins de pouvoir d’achat.

         La production et sa valeur créées par le monde du travail dans le pays n’ont pas diminué, bien au contraire. Seulement, la part qui revient aux dominants du Capital est d’année en année toujours plus grande. Le nombre de milliardaires augmente, leur fortune explose. Inversement, celle qui se transforme en salaires des travailleurs se réduit. La situation des luttes actuelles du monde du travail l’explique. Il faut inverser cette tendance.

         À Argenteuil comme partout dans le pays, il faut réfléchir aux luttes générales qui doivent reprendre, si nous ne voulons pas que la descente vers les enfers de la gêne voire de la misère se poursuive. DM

dimanche 31 mai 2026

Carburants : pour qui les coups de pompe ?

Carburants : pour qui les coups de pompe ?

Jeudi 21 mai, le chef du gouvernement, Sébastien Lecornu et une brochette de ministres ont annoncé, lors d’une conférence de presse, de nouvelles mesures face à la flambée du prix des carburants.

Publié le 27/05/2026

Tout en répétant que les caisses publiques étaient vides et qu’il ne faudrait pas aggraver le déficit, le gouvernement ne pouvait tout de même pas paraître rester les bras ballants. Il a donc annoncé 710 millions d’euros d’aides supplémentaires. Celles-ci vont surtout aider les petits patrons dont l’activité est dévoreuse de carburant et qui sont, effectivement, pris à la gorge par la hausse des factures : taxis, pêcheurs, entreprises du BTP, etc.

Côté travailleurs, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé pour les aides à domicile une « revalorisation du montant de leur indemnité kilométrique » sans préciser ni de combien ni dans quel délai. Et ce n’est pas la création d’un « programme de leasing pour aider (…) à accéder à une voiture électrique », s’il voit réellement le jour, qui va leur permettre de remplir le réservoir de leur voiture.

Pour le reste, les ministres ont annoncé un saupoudrage de mesurettes. Si le plafond de l’indemnité versée à trois millions de « gros rouleurs » aux revenus modestes doit doubler, passant de 50 à 100 euros, elle restera bien insuffisante. Quant à la prime carburant employeur, elle pourra atteindre 600 euros par mois, mais encore faudra-t-il que celui-ci décide d’en verser une, et rien ne l’y oblige. Autant dire que le gouvernement n’a rien à opposer à la flambée des prix des carburants.

Pendant un peu plus d’une heure, les ministres se sont succédé pour tenter de donner l’impression qu’ils se soucient des « Français qu’il ne faut pas emmerder », comme l’a déclaré Lecornu pour « faire peuple ». Sans surprise, à aucun moment le nom de TotalEnergies n’a été prononcé. Les actionnaires du groupe pétrolier peuvent dormir tranquilles en attendant le versement des dividendes obtenus grâce à la guerre en Iran. Le gouvernement est à l’action pour protéger leurs intérêts.

                                                             Boris Savin (Lutte ouvrière n°3017)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui dimanche, de 11 h à midi au marché Héloïse.