lundi 11 mai 2026

En Allemagne, des jeunes contre le service militaire : troisième grève lycéenne

 

« Les riches veulent la guerre, la jeunesse veut un avenir ».

 

Manifestation à Berlin

Le 8 mai, des milliers de lycéens ont à nouveau manifesté en Allemagne, après décembre et mars, contre la perspective de remise en place du service militaire et contre le questionnaire adressé aux jeunes depuis janvier. Une de leurs banderoles affirmait : « Les riches veulent la guerre, la jeunesse veut un avenir ».

Si ces jeunes manifestants sont pour l'instant minoritaires, ce sont bien eux qui en se politisant et en se tournant vers des idées de lutte de classe peuvent préparer un autre avenir à la société que celui que leur réservent les capitalistes.

Débrayages contre la baisse des primes chez Airbus-Toulouse

 

Un début…

 

 

Mercredi 6 mai, la direction a annoncé le montant de la prime de participation : 2057,04 €, contre 4472,99 € l’an dernier. Une baisse de plus de moitié. Et ce après les NAO qui n’ont apporté que 0,9 % d’augmentation générale, soit 18 euros pour les plus petits salaires. Pourtant, le groupe a réalisé des bénéfices à hauteur de 5,2 milliards d’euros, et augmente de 6 % les dividendes aux actionnaires, soit plus de 2,5 milliards d’euros.

L’année 2025 comme le début de 2026 ont été marqués par les montées en cadence de production pour de nombreux modèles d’avion. Avec l’augmentation des prix du carburant depuis 2 mois, beaucoup vivent cette baisse des primes comme une insulte. Dès l’annonce, les travailleurs ont débrayé une heure dans plusieurs ateliers : au delivery, à l’A330, à l’A350, et sur une chaîne de l’usine Saint-Éloi.

C’est un début, et c’est surtout l’occasion de discuter de ce qu’il manque sur la feuille de paye. Si les prix augmentent, les salaires doivent suivre !

Ruffin : la xénophobie au programme

Ruffin : la xénophobie au programme

« Je refuse le plan d’importation massive de main-d’œuvre étrangère » : si cette phrase est bien sortie de la bouche d’un prétendant à l’Élysée, elle n’est pas de Bardella ou de Le Pen, mais de François Ruffin.

Publié le 05/05/2026  

Ruffin a défendu sa position en expliquant que l’immigration de travail correspond à une volonté patronale, notamment dans le secteur du soin, où le Medef souhaite « faire venir de la main-d’œuvre subsaharienne ».

Devant les réactions dans les rangs de ses anciens alliés de LFI, mais aussi parmi les écologistes ou les communistes, il a continué à assumer. Et de dire que sur l’immigration, il n’a pas changé de position ces vingt dernières années et que c’est d’ailleurs une « longue tradition de la gauche ». Il est vrai que faire des travailleurs immigrés les responsables du chômage, des bas salaires ou de la dégradation des conditions de travail n’est pas spécifique à un Ruffin, qui prétend vouloir combattre l’extrême droite en reprenant sa chanson.

Le « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » du Premier ministre socialiste Rocard n’était pas une regrettable exception et les dirigeants du PCF ou de LFI ont eux aussi fait de la « maîtrise de l’immigration » un argument politique. En 1980, alors que des dizaines de milliers de licenciements avaient lieu, le PC prônait « l’arrêt de l’immigration pour le bien de tous ». De nos jours, c’est le « dumping social », dont les travailleurs détachés seraient responsables, que dénoncent une partie des dirigeants de gauche.

Français contre immigrés, immigrés contre détachés, intérimaires et sous-traitants contre employés en CDI, hommes contre femmes : le patronat utilise toutes les possibilités de division pour faire pression à la baisse sur l’ensemble des conditions de travail et de salaires. Face à cela, la réponse du mouvement ouvrier ne peut être que de présenter un front uni pour imposer l’amélioration des conditions de tous. Le contraire de ce que défendent les Ruffin et consorts.

                                            Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3014)