Ruffin :
la xénophobie au programme
« Je refuse le plan d’importation
massive de main-d’œuvre étrangère » : si cette phrase est bien sortie
de la bouche d’un prétendant à l’Élysée, elle n’est pas de Bardella ou de Le
Pen, mais de François Ruffin.
Publié le 05/05/2026
Ruffin a défendu sa position en
expliquant que l’immigration de travail correspond à une volonté patronale,
notamment dans le secteur du soin, où le Medef souhaite « faire venir de la
main-d’œuvre subsaharienne ».
Devant les réactions dans les
rangs de ses anciens alliés de LFI, mais aussi parmi les écologistes ou les
communistes, il a continué à assumer. Et de dire que sur l’immigration, il n’a
pas changé de position ces vingt dernières années et que c’est d’ailleurs une «
longue tradition de la gauche ». Il est vrai que faire des travailleurs
immigrés les responsables du chômage, des bas salaires ou de la dégradation des
conditions de travail n’est pas spécifique à un Ruffin, qui prétend vouloir
combattre l’extrême droite en reprenant sa chanson.
Le « On ne peut pas accueillir
toute la misère du monde » du Premier ministre socialiste Rocard n’était
pas une regrettable exception et les dirigeants du PCF ou de LFI ont eux aussi
fait de la « maîtrise de l’immigration » un argument politique. En 1980,
alors que des dizaines de milliers de licenciements avaient lieu, le PC prônait
« l’arrêt de l’immigration pour le bien de tous ». De nos jours, c’est
le « dumping social », dont les travailleurs détachés seraient responsables,
que dénoncent une partie des dirigeants de gauche.
Français contre immigrés,
immigrés contre détachés, intérimaires et sous-traitants contre employés en
CDI, hommes contre femmes : le patronat utilise toutes les possibilités de
division pour faire pression à la baisse sur l’ensemble des conditions de
travail et de salaires. Face à cela, la réponse du mouvement ouvrier ne peut
être que de présenter un front uni pour imposer l’amélioration des conditions
de tous. Le contraire de ce que défendent les Ruffin et consorts.
Nadia
Cantale (Lutte ouvrière n°3014)