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Adoma – Saint-Genis-Laval : grève contre des méthodes indignes
Des salariés du centre d’accueil
pour demandeurs d’asile Adoma de Saint-Genis-Laval, dans le Rhône, se sont mis
en grève mardi 17 mars. Une vingtaine de personnes – dont des travailleurs
d’un autre centre – sont venues les soutenir lors d’un rassemblement à Lyon.
Publié le 25/03/2026
Ces travailleurs ont fait grève
car leur direction a annoncé qu’ils devraient accueillir, régulièrement et à
partir du 1er avril, des groupes de 50 personnes en
provenance des rues et des squats parisiens, en transit vers d’autres types
d’hébergement. Ils sont choqués par le traitement inhumain prévu par la
direction : obligation de porter des masques et des gants pour recevoir ces
groupes, uniformes imposés aux personnes accueillies (survêtements et
chaussures « Crocs ») pendant plusieurs jours pour décontaminer leurs
vêtements, cohabitation à deux dans des chambres de 9 m², etc.
La volonté de toutes ces
personnes de venir à Lyon n’est pas évidente, et elles ne savent pas qu’au bout
de trois semaines, elles seront envoyées hors de la métropole lyonnaise, loin
des possibilités de travailler et des connaissances qui pourraient les aider.
De plus, pour les accueillir, il faudra libérer des places alors que le foyer
est plein, notamment de familles avec enfants ou de gens atteints de maladies
lourdes. Quelles solutions va-t-on leur proposer ? Combien vont se retrouver à
la rue ?
Un autre motif d’indignation a
été la tentative de récupération de cette protestation par plusieurs candidats
aux élections municipales, s’opposant au nouveau dispositif, non pas à cause
des conditions indignes mais parce qu’ils présentaient ces nouveaux arrivants
comme une menace pour la sécurité.
Les travailleurs du site, eux,
font ce travail par conviction et réclament les moyens financiers et humains
permettant de trouver des solutions dignes pour tous. Ils ne veulent pas
cautionner et participer à cette politique, assumée par les autorités, qui vise
à maltraiter les étrangers pour les dissuader de venir. Ils ont pu exprimer
leur colère à leur direction lors de cette journée de mobilisation, et ne
comptent pas en rester là !
Correspondant
LO (Lutte ouvrière n°3008)