Police :
Sainte Alliance avec l’extrême droite
Samedi 31 janvier, le
syndicat majoritaire Alliance-Police nationale appelait ses troupes à
manifester dans une vingtaine de villes. Pour dénoncer le manque de moyens et
d’effectifs, Alliance appelait aussi les citoyens à soutenir le « combat de
la police contre l’insécurité et l’impunité ».
Publié le 04/02/2026
Il n’y a eu nulle part de
raz-de-marée. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté au total en France.
Les organisateurs avancent le chiffre de 15 000 à 20 000 manifestants à
Paris, sans que la Préfecture en ait fait connaître d’autres. Peut-être pour ne
pas se contredire entre collègues…
L’appel à manifester d’Alliance,
classé à l’extrême droite, n’avait rien d’inédit. Il n’est cependant pas anodin
qu’un syndicat de police se pose en pôle de contestation et que des policiers
agissent, en dehors de leur service, pour s’adresser à la population en
distribuant des tracts, à la sortie du métro ou devant les gares. La
concurrence syndicale dans les commissariats – puisque 2026 sera une année
d’élections professionnelles – n’est sûrement pas étrangère à l’opération. Mais
surtout, en pleine campagne pour les élections municipales, les cortèges du
31 janvier s’inscrivaient dans la démagogie sécuritaire qui a le vent en
poupe et dont Alliance est un des chefs de file. À Paris, Sarah Knafo, la
candidate à la mairie de Reconquête, le parti de Zemmour, et le candidat du RN,
Thierry Mariani, étaient en tête de cortège avec Marion Maréchal et
Dupont-Aignan pour dénoncer une justice prétendument laxiste et des policiers
bridés par le manque de moyens.
Face au caractère politique
indiscutable des manifestations, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a
répliqué par une tribune dans Le Journal du dimanche – un hebdomadaire
de la galaxie Bolloré classé à l’extrême droite – pour rappeler que le budget
2026 se montrait généreux pour la police. Il a surtout redit son amour
inconditionnel pour ses troupes : « Les policiers ont tout mon soutien et
ils le savent bien. […] Voilà des années que je le leur manifeste, et
pas seulement le samedi. » Nunez lui- même n’est pas d’extrême droite,
mais, comme tous les ministres de l’Intérieur, il ménage et couvre les forces
de répression.
Des commissariats miteux et des
véhicules fatigués sont certainement le quotidien de bien des policiers. Car si
beaucoup de politiciens ne sont pas avares de discours sécuritaires
démagogiques, quand ils sont au gouvernement, ils arrosent de milliards les
classes riches et le grand patronat au détriment de tout le reste, sans égards
particuliers pour ceux qui défendent l’ordre social.
La vie dans les quartiers
populaires est rendue de plus en plus difficile par le développement de la
délinquance liée à la montée de la misère. Mais ce n’est certainement pas la
politique de la matraque qui pourra apporter des solutions. Au contraire, elle
est lourde de menaces contre les travailleurs eux-mêmes, comme l’a rappelé le
tabassage à mort par des policiers, à la mi-janvier, d’un homme, El Hacen
Diarra, dans le vingtième arrondissement de Paris.
Boris Savin (Lutte ouvrière n°3001)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui vendredi 6 février au carrefour Babou du
Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité
Joliot-Curie ;
-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre
commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.