vendredi 6 février 2026

États-Unis : l’ICE dans ses œuvres

États-Unis : l’ICE dans ses œuvres

Les deux meurtres, dans les rues de Minneapolis, d’opposants à la politique violemment anti-immigrés de Trump ont provoqué une indignation contre les auteurs des coups de feu, qui appartiennent à deux agences fédérales : l’ICE et la CBP, la police des frontières.

Publié le 04/02/2026

L’ICE a été créée en 2002, quelques mois après les attentats ayant détruit les tours jumelles du World Trade Center à New York. Selon le gouvernement américain cette agence devait protéger les États-Unis du terrorisme, mais l’ICE fut tournée dès le départ contre les immigrés n’ayant rien à voir avec les islamistes qui avaient fait s’écraser des avions sur des immeubles. Une dizaine d’années après sa création, sous la présidence du démocrate Obama, les expulsions d’immigrés ont atteint un record.

Dès son retour à la Maison-Blanche il y a un an, Trump a mis en œuvre la chasse aux immigrés bien plus bruyamment que ses prédécesseurs démocrates. Il a fait voter par le Congrès une augmentation considérable du budget de l’ICE, qui à présent dépasse celui de l’armée espagnole ! Ainsi l’ICE a pu doubler ses effectifs en 2025, atteignant 22 000 agents. Cette année, elle devrait en recruter 10 000 de plus. La CBP n’est pas en reste : elle s’équipe de drones militaires de surveillance « reaper » à 30 millions de dollars pièce.

« ICE recrute des Américains patriotes et courageux pour expulser les criminels étrangers, meurtriers, violeurs, terroristes, pédophiles en situation irrégulière dans nos rues », prétend son site internet. Pourtant, elle arrête des parents amenant leurs enfants à l’école, des ouvriers sur leur chantier ou dans leur usine, des jardiniers qui s’occupent d’espaces verts, des journaliers qui attendent des employeurs potentiels sur des parkings, etc. Bad Bunny, chanteur star qui s’exprime en espagnol, a refusé d’organiser des concerts aux États-Unis en disant craindre que l’ICE vienne y arrêter son public…

Bien des Américains, au nom à consonance hispanique, ont été arrêtés et envoyés en centre de rétention avant même d’avoir pu faire reconnaitre leur citoyenneté. Des personnes habitant depuis l’enfance aux États-Unis ayant un travail et une vie de famille, ont été raflées et expulsées. Les contrôles aux aéroports, censés protéger du terrorisme, deviennent des pièges : des immigrés vivant parfaitement légalement aux États-Unis, y sont arrêtés comme de criminels au prétexte qu’ils n’ont pas payé une amende routière. D’autres, convoqués après des années de démarches pour se voir délivrer un permis de résidence permanent, la « carte verte », sont embarqués sous les yeux de leur conjoint et de leurs enfants.

Ces policiers, qui traitent leurs cibles en ennemis d’État, se sentent assurés par le gouvernement de l’impunité en cas de brutalités, même filmées. Ils n’hésitent pas à tirer, quitte à mentir en prétendant avoir été menacés par de dangereux criminels. En 2025, l’ICE a tué trois personnes et la CBP cinq, avant qu’en ce début 2026 chacune de ces agences tue un citoyen américain à Minneapolis.

Dans les centres de rétention, les prisonniers sont entassés dans des conditions indignes : en 2025, 32 personnes sont mortes sous la garde d’agents de l’ICE et déjà au moins six autres depuis début 2026.

Trump traite chaque jour les travailleurs immigrés de criminels. Non seulement il veut diviser, mais il se sert des ces troupes paramilitaires pour semer la terreur dans les quartiers populaires et étouffer toute contestation. Mais, dans l’agglomération de Minneapolis, peuplée de trois millions d’habitants, il est tombé sur un obstacle. Révoltés par les pratiques de l’ICE, au moins 34 000 personnes se sont inscrites dans des groupes voulant entraver son action et qui commencent à agir pour protéger leurs quartiers. Cette mobilisation est bien la seule chose positive qu’aura amenée la politique de Trump.

                                               Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3001)

 

Transports : Limoges : Les "sans train" expriment leur colère

 

« On veut des trains, pas des rafales ou des drones »

 

 

Samedi 31 janvier, 700 personnes se sont rassemblées à la gare de Limoges pour manifester contre la destruction des transports ferroviaires, en particulier des petites lignes. Venues de Nouvelle Aquitaine, d'Occitanie ou d'Auvergne, elles subissent toutes les conséquences des décisions de l'Etat ou des régions, de droite ou de gauche, qui jugent la pertinence des lignes du seul point de vue de la rentabilité ou se renvoient la balle sur qui doit payer les travaux de maintenance.

                   Pourtant, partout, ces lignes sont indispensables à des dizaines de milliers d'usagers, en particulier pour aller travailler. Dans la manifestation, une pancarte disait « on veut des trains, pas des rafales ou des drones », pointant l'austérité appliquée aux services à la population à côté des milliards qui coulent à flot pour préparer la guerre.

         Pour avoir un vrai transport public, des dessertes utiles à la population, bien cadencées et confortables, il faudra que les travailleurs prennent la direction de la société.

Les listes Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs

Les listes Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs

Aux élections municipales des 15 et 22 mars, les listes Lutte ouvrière, présentes dans 240 villes, seront les seules à exprimer les intérêts fondamentaux des classes populaires.

Publié le 04/02/2026

« Strasbourg on y croit », « Tous pour Nice », « Faire mieux pour Bordeaux » : comme à chaque scrutin, les partis qui aspirent au pouvoir promettent aux électeurs des lendemains qui chantent. Le mensonge est encore plus flagrant à l’échelle municipale, car la crise qui frappe les classes populaires est générale. Partout, les travailleurs sont confrontés à l’aggravation des conditions de travail, au chômage, à l’insuffisance des salaires et des pensions, au manque de logements et de moyens dans les écoles, la santé, les transports. Cette situation résulte de la guerre sociale que mène le grand patronat, avec l’aide des gouvernements, pour préserver et accroître ses profits malgré la crise du système capitaliste. Cette crise alimente aussi une guerre commerciale mondiale qui menace de déboucher sur une guerre généralisée.

Les listes Lutte ouvrière dénoncent ces conséquences catastrophiques de la course au profit capitaliste. Contre la marche à la guerre, elles affirment que les travailleurs n’ont aucun intérêt commun avec leurs exploiteurs. Contre la dégradation des conditions de vie des classes populaires, elles disent que les milliards de bénéfices des grandes entreprises ont été créés par le monde du travail ; ils doivent lui revenir et permettre à tous de disposer d’un salaire, d’un logement, d’avoir accès à la santé, à l’éducation.

Composées de travailleurs de toutes origines et de tous secteurs, sans notables ni professionnels de la politique, ces listes affirment que les travailleurs, unis, ont la force d’arracher le pouvoir à la minorité capitaliste qui met le monde en coupe réglée et de réorganiser la société dans l’intérêt de tous.

Les élections municipales ne changeront pas la vie des travailleurs. Mais elles sont l’occasion, pour celles et ceux qui refusent de continuer à subir, d’exprimer un point de vue de classe et d’affirmer la nécessité des luttes à venir.

                                         Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3001)