États-Unis :
une police en guerre contre la population
Pour la seconde fois en quelques
semaines, la police fédérale qui a envahi Minneapolis a fait la démonstration
de sa brutalité meurtrière. Après l’assassinat par la police de l’immigration
ICE de Renee Good, une mère de famille au volant de sa voiture, ce sont des
agents de la police des frontières qui ont tué un infirmier samedi 24 janvier.
Publié le 28/01/2026
Alex Pretti faisait partie de ces
milliers d’habitants de Minneapolis qui se sont mis à protester, ces dernières
semaines, contre la chasse aux sans-papiers organisée par le gouvernement
fédéral dans leur ville. Avant d’être assassiné, il filmait des policiers et
s’interposait pour protéger une femme poussée à terre.
Kristi Noem, la ministre de la
Sécurité intérieure, a immédiatement qualifié Pretti de terroriste ayant voulu
massacrer les membres de la police des frontières, qui n’auraient fait que se
défendre. Pretti portait en effet un pistolet à la ceinture, pour lequel il
avait un permis de port d’arme, qu’il n’a pas brandi et que les policiers lui
ont pris. C’est donc un homme désarmé, qui n’avait que son téléphone en main,
qui a été maintenu à terre et a reçu dix balles dans le dos. Même l’influente
association du lobby pro-armes NRA a protesté contre l’idée que venir armé
légalement à une manifestation, comme l’a fait Pretti et ce que font
régulièrement les membres de la NRA, pouvait justifier d’être tué par la
police !
Les mensonges proférés contre
Alex Pretti et avant lui contre Renee Good, qui ne sont plus là pour se
défendre, indignent et révoltent nombre d’Américains, pas seulement à
Minneapolis. Des manifestants en colère se rassemblent pour protester, malgré
le froid polaire. Ils s’organisent indépendamment des politiciens démocrates
dont la seule préoccupation est de tirer un avantage électoral du dégoût
grandissant qu’inspirent les méthodes inhumaines de ces bandes de brutes en
uniforme.
Trump, qui a donné les ordres
pour faire régner la terreur dans les rues de Washington, Los Angeles, Chicago
et à présent Minneapolis, commence peut-être à s’inquiéter des conséquences
politiques sur sa popularité et sur les chances des républicains aux élections
de mi-mandat de novembre. Il a donc modifié son discours, évitant d’accuser directement
Pretti, et promis de diminuer les effectifs de la police anti-immigration qui
quadrillent la ville. Puis il a fait rappeler à Washington le responsable de la
police des frontières qui opérait à Minneapolis. Mais c’est pour le remplacer
par le sinistre Tom Homan, un de ses conseillers spéciaux qui a organisé
l’expulsion des migrants adultes en les séparant de leurs enfants.
Trump est-il en train de reculer
? Ce serait dans ce cas contraint par les réactions de la population qui ne
veut plus vivre sous la menace d’une police militarisée.
À Minneapolis, ces dernières
semaines, l’ICE a également attrapé un enfant de cinq ans pour en faire un
appât afin d’arrêter des membres de sa famille. Les policiers ont aussi aspergé
de gaz au poivre une voiture avec trois enfants revenant d’un match de basket.
Ils arrêtent des Amérindiens – les seuls que personne ne peut prendre pour des
immigrés ! – en prétendant ne pas reconnaître leurs papiers d’identité. Ils ont
aussi effectué une descente dans un lycée où les élèves ont été alignés sans
aucune autre raison que leur inspirer de la peur. Ils ont tiré une femme
handicapée hors de sa voiture par une fenêtre qu’ils avaient cassée. Ils
cassent les vitres de véhicules, juste pour montrer qu’ils peuvent le faire
impunément.
Au-delà du délire anti-immigrés
et de la mégalomanie de Trump, l’objectif du gouvernement est de mettre au pas
la population des grandes villes. Une population qui ne se laisse pas faire,
comme celle de Minneapolis, est particulièrement visée car elle donne du fil à
retordre aux sbires de Trump. En voulant que tous les citoyens se sentent
forcés d’obéir, Trump prépare à sa façon la guerre à venir.
Lucien Détroit (Lutte ouvrière
n°3000)
Brochure
du Cercle Léon Trotsky
Les
États-Unis sous Trump : l’autoritarisme au service du grand capital
Publié le
28/01/2026
Exposé du
Cercle Léon Trotsky n°182 du 8 novembre 2025
Prix 3 euros.
Envoi contre cinq timbres à 1,52
euro ou 5 euros en chèque à l’ordre de
Lutte ouvrière.
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui dimanche 1er février, de 10
h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre (sous réserve) ;
-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;
-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre
commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.