lundi 2 février 2026

RN et collectivités locales : pour plaire à la bourgeoisie. Que le monde du travail l’ait en tête.

RN : pour plaire à la bourgeoisie

Profitant de la faible présence des députés à l’Assemblée, mercredi 14 janvier, le RN était fier d’avoir réussi à faire passer un amendement qui, au nom de la lutte contre le « mille-feuille territorial », rabote de 4,9 milliards le budget des collectivités.

Publié le 28/01/2026

Cette opération parlementaire est surtout symbolique car le gouvernement a la main sur le budget final. Reste que la remise en cause du « mille-feuille territorial » revient régulièrement sur le tapis et est l’occasion de rogner les dotations aux collectivités, alors que depuis les lois de décentralisation et différentes réformes, leur budget dépend presque pour moitié de l’État.

Cette décentralisation, qui a mis une partie des dépenses de l’État au compte des collectivités, a été une occasion de serrer les budgets, de favoriser la réduction des coûts, et de privatiser. Mais ce n’est jamais suffisant aux yeux des démagogues prompts à s’attaquer aux fonctionnaires et aux services publics.

Si l’amendement du Rassemblement national était finalement adopté, il entraînerait une vague de licenciements de travailleurs précaires embauchés par les collectivités ou de leurs salariés en CDI et une dégradation des services à la population alors que, déjà, des réductions d’effectifs sont annoncées dans les collectivités pour faire face aux difficultés budgétaires. Ce vote dénonçant notamment le nombre de travailleurs dans les services publics, quelles qu’en soient des conséquences pour la population, est bien dans l’esprit du RN qui, sous couvert de s’en prendre aux dépenses dites inutiles, veut démontrer à la bourgeoisie qu’il ne s’attaquera surtout pas aux cadeaux dont elle bénéficie de la part de l’État.

                                                   Inès Rabah (Lutte ouvrière n°3000)

 

Argenteuil, journal de campagne, lorsque des militants ont perdu de vue la classe ouvrière…

 

Des prolétaires sans lesquels la société s’arrête

 

Des Colis, mais combien de travailleurs pour les manipuler ?
 

Le cœur d’une discussion samedi avec une militante d’une des deux listes de gauche qui seront présentes lors des prochaines élections municipales à Argenteuil était éloquent pour comprendre les terrains bien différents sur lesquels, les uns et les autres, nous menons campagne.

         Pour notre part, nous considérons que dans cette société qui se trouve dans un profond cul-de-sac, ce sont les producteurs, le monde du travail, les travailleurs, qui offrent la seule issue. Ils font fonctionner la société, ils devraient la diriger en le faisant de façon rationnelle, et en la débarrassant de la loi du profit.

         Cette partisane m’a répondu : « Mais il n’y a plus de classe ouvrière ! ». Cela démontre comment la mémoire du terme lui-même s’est perdue dans les sables. Les ouvriers, ce ne sont pas uniquement ceux qui travaillent dans l’industrie, mais l’ensemble de ceux qui « œuvrent », la classe ouvrière.

         Quant à la classe ouvrière industrielle, elle n’a jamais été aussi nombreuse. Pour le voir, il suffit de regarder plus loin qu’avec ses lunettes nationales. L’on découvre alors qu’à la mondialisation capitaliste répond l’existence d’un gigantesque prolétariat mondial qui demain, uni autour du projet révolutionnaire, aura les moyens d’abattre le capitalisme. Certes si l’on en reste à une vision nationaliste, on ne voit rien et l’on ne comprend rien.

         Quant à ceux qui œuvrent ici, il suffit de passe deux heures à la gare d’Argenteuil dans le petit matin pour voir toutes les catégories de travailleuses et de travailleurs aller dans toutes les directions, là où l’activité les appelle pour faire fonctionner la société.

         Cette réalité du « camp des travailleurs », nous voulons la faire exister et entendre lors des élections municipales qui viennent. DM

dimanche 1 février 2026

États-Unis : une police en guerre contre la population

États-Unis : une police en guerre contre la population

Pour la seconde fois en quelques semaines, la police fédérale qui a envahi Minneapolis a fait la démonstration de sa brutalité meurtrière. Après l’assassinat par la police de l’immigration ICE de Renee Good, une mère de famille au volant de sa voiture, ce sont des agents de la police des frontières qui ont tué un infirmier samedi 24 janvier.

Publié le 28/01/2026

 

Alex Pretti faisait partie de ces milliers d’habitants de Minneapolis qui se sont mis à protester, ces dernières semaines, contre la chasse aux sans-papiers organisée par le gouvernement fédéral dans leur ville. Avant d’être assassiné, il filmait des policiers et s’interposait pour protéger une femme poussée à terre.

Kristi Noem, la ministre de la Sécurité intérieure, a immédiatement qualifié Pretti de terroriste ayant voulu massacrer les membres de la police des frontières, qui n’auraient fait que se défendre. Pretti portait en effet un pistolet à la ceinture, pour lequel il avait un permis de port d’arme, qu’il n’a pas brandi et que les policiers lui ont pris. C’est donc un homme désarmé, qui n’avait que son téléphone en main, qui a été maintenu à terre et a reçu dix balles dans le dos. Même l’influente association du lobby pro-armes NRA a protesté contre l’idée que venir armé légalement à une manifestation, comme l’a fait Pretti et ce que font régulièrement les membres de la NRA, pouvait justifier d’être tué par la police !

Les mensonges proférés contre Alex Pretti et avant lui contre Renee Good, qui ne sont plus là pour se défendre, indignent et révoltent nombre d’Américains, pas seulement à Minneapolis. Des manifestants en colère se rassemblent pour protester, malgré le froid polaire. Ils s’organisent indépendamment des politiciens démocrates dont la seule préoccupation est de tirer un avantage électoral du dégoût grandissant qu’inspirent les méthodes inhumaines de ces bandes de brutes en uniforme.

Trump, qui a donné les ordres pour faire régner la terreur dans les rues de Washington, Los Angeles, Chicago et à présent Minneapolis, commence peut-être à s’inquiéter des conséquences politiques sur sa popularité et sur les chances des républicains aux élections de mi-mandat de novembre. Il a donc modifié son discours, évitant d’accuser directement Pretti, et promis de diminuer les effectifs de la police anti-immigration qui quadrillent la ville. Puis il a fait rappeler à Washington le responsable de la police des frontières qui opérait à Minneapolis. Mais c’est pour le remplacer par le sinistre Tom Homan, un de ses conseillers spéciaux qui a organisé l’expulsion des migrants adultes en les séparant de leurs enfants.

Trump est-il en train de reculer ? Ce serait dans ce cas contraint par les réactions de la population qui ne veut plus vivre sous la menace d’une police militarisée.

À Minneapolis, ces dernières semaines, l’ICE a également attrapé un enfant de cinq ans pour en faire un appât afin d’arrêter des membres de sa famille. Les policiers ont aussi aspergé de gaz au poivre une voiture avec trois enfants revenant d’un match de basket. Ils arrêtent des Amérindiens – les seuls que personne ne peut prendre pour des immigrés ! – en prétendant ne pas reconnaître leurs papiers d’identité. Ils ont aussi effectué une descente dans un lycée où les élèves ont été alignés sans aucune autre raison que leur inspirer de la peur. Ils ont tiré une femme handicapée hors de sa voiture par une fenêtre qu’ils avaient cassée. Ils cassent les vitres de véhicules, juste pour montrer qu’ils peuvent le faire impunément.

Au-delà du délire anti-immigrés et de la mégalomanie de Trump, l’objectif du gouvernement est de mettre au pas la population des grandes villes. Une population qui ne se laisse pas faire, comme celle de Minneapolis, est particulièrement visée car elle donne du fil à retordre aux sbires de Trump. En voulant que tous les citoyens se sentent forcés d’obéir, Trump prépare à sa façon la guerre à venir.

                                                  Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3000)

 

Brochure du Cercle Léon Trotsky

Les États-Unis sous Trump : l’autoritarisme au service du grand capital

Publié le 28/01/2026

 

Exposé du Cercle Léon Trotsky n°182 du 8novembre 2025

Prix 3euros. Envoi contre cinq timbres à 1,52 euro ou 5euros en chèque à lordre de Lutte ouvrière.

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 1er février, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre (sous réserve) ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.