Morts du
cancer : les défaillances de l’État
Le Journal officiel du
28 décembre a publié les décrets d’application d’une loi votée en 2023,
puis définitivement validée en juin 2025, en vue d’être enfin appliquée à
partir de janvier 2026.
Publié le 28/01/2026
Cette loi, qui a eu tant de mal à
voir le jour, crée un régistre national de la mortalité due au cancer dans le
pays.
Il n’y avait jusqu’à présent pas
de recensement systématique de l’ensemble des morts par cancer, malgré les
réclamations faites depuis des années par les chercheurs et les médecins. En
fait, ce recensement n’existait que de façon partielle dans
24 départements totalisant 14 millions d’habitants, soit un peu moins
d’un quart de la population. Notamment, il ne concernait ni toutes les
régions les plus peuplées ni toutes celles les plus soumises aux risques, par
exemple du fait de la présence d’entreprises classées Seveso.
Les statistiques publiées
n’étaient donc que des estimations. Car, selon les tenants du pouvoir, être
exhaustif aurait coûté trop cher. Même aujourd’hui, nul ne peut dire si les
moyens, enfin dégagés, permettront de faire face à cette mission. Un des
scientifiques promoteurs du projet, Norbert Ifrah, estime les besoins à
60 millions d’euros par an, alors que l’État ne prévoit, pour le moment,
que d’allouer 14 millions.
Cette négligence de l’État, non
seulement retarde la recherche sur les meilleurs moyens de combattre le cancer,
mais sert aussi à cacher la réalité. C’est ainsi que, dans ses statistiques
annuelles, l’Assurance maladie ne recense, pour l’année 2024, que 52 morts
victimes de maladies professionnelles du fait de l’amiante. C’est un grossier
trucage qui vise à dédouaner les patrons qui ont ainsi fait mourir leurs
salariés. Le seul recensement existant en France touchait les nouveaux cas de
mésothéliome, le cancer uniquement dû à l’amiante. Onze mille nouveaux cas
furent ainsi recensés en 2024, sans que les autres cancers du poumon dus à
l’amiante soient pris en compte. Mais en 2024, un coup de force, tenté à
l’initiative d’un organisme gouvernemental, prévoyait de mettre fin à tout
recensement des cas de mésothéliome. Il a fallu que ce scandale soit dénoncé
avec force, en particulier par les associations, pour que le gouvernement se
décide à faire marche arrière en 2025. Pour mesurer l’ampleur du traficotage
des chiffres par l’Assurance maladie, on peut citer la Grande- Bretagne, à
titre de comparaison, qui recensait plus de 2 200 morts annuels dus
au seul mésothéliome. Or on sait que la France est le pays le plus touché par
ce cancer en Europe.
Voilà où en est la situation après
des années de restrictions tous azimuts dans le domaine de la santé.
Paul Sorel (Lutte ouvrière n°3000)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-Vendredi 30 janvier : de 16 h. à 16 h.30 au
marché du Val ;
Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18
h.15. ;
-samedi 31 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant
Monoprix
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité
Joliot-Curie ;
De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 1er février, de 10 h.25 à 10 h.55
devant l’Intermarché du Centre (sous
réserve) ;
-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;
-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre
commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.