samedi 24 janvier 2026

Renault : la guerre de demain commence aujourd’hui

 

L’ennemi principal est dans notre pays

 

 

C’est maintenant officiel : le groupe Renault va se lancer dans la fabrication de drones dans les usines du Mans et de Cléon.

         Il ne s’agit pas de drones civils qui pourraient servir à de l’exploration ou à des sauvetages, non il s’agit bien de drones militaires qui serviront demain dans les combats qui sèmeront la mort comme on le voit dans les reportages sur l’Ukraine.

         Renault s’était déjà enrichi en fabricant des armes lors des deux guerres mondiales. Et évidemment les travailleurs de Renault n’ont jamais eu leur mot à dire dans ces décisions.

         On nous présente cela comme une préparation contre « le danger russe ». Mais le vrai danger ce sont les dirigeants va-t-en guerre et les capitalistes qui font du profit avec des engins de mort.

Argenteuil, journal des élections municipales, inégalité des moyens, force des convictions

 

Ne pas en pleurer, mais discuter, échanger, partager

 

 

Chaque habitant de la commune commence à être visé et parfois agacé par de multiples supports papier ou audiovisuels en rapport avec la campagne des élections municipales du 15 et 22 mars prochains. Ce sont des centaines de milliers de tracts, voire davantage, qui seront distribués d’ici le premier tour. Des milliers d’affiches auront été collées et recollées sur le nombre très limité de panneaux d’affichage de la Ville. Des vidéos et autres supports audiovisuels connaissent à ce jour déjà un rythme important de diffusion, pour le meilleur ou pour le pire.

         Tout cela a un coût. Un montant maximum de dépense est fixé par la loi. Pour la commune d’Argenteuil, pour uniquement le premier tour de scrutin, le plafond s’élève à près de 123 000 euros dont près de la moitié, soit 59 000 peuvent être remboursés par l’État pour les listes obtenant plus de 5% des suffrages exprimés. Entre nous, une raison supplémentaire qui n’est certes pas l’essentiel pour que notre liste Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs dépasse ce pourcentage au soir du 15 mars.

         59 000 euros, c’est une somme énorme qui permet bien des choses. D’où la multiplication des supports papier et audiovisuels. Mais est-ce là bien nécessaire ? Quelle efficacité pour cette profusion de moyens ?

         Dans cette campagne électorale, nous ne jouons pas dans la même cour. Non seulement parce que nous nous refusons à proposer les plus belles promesses concoctées par nos soins. Non seulement, pour les dépenses, parce que nous ne sommes pas sûrs d’atteindre ces 5%, mais parce que, fondamentalement, la débauche de moyens est inutile, et sans rapport avec sa rentabilité.

         Notre campagne sera à petit budget. Un minimum de tracts, et d’affiches que nous ne voulons pas voir recouvertes aussitôt. Des vidéos de militants peut-être. Le blog et Facebook bien sûr comme nous les utilisons depuis 15 ans. Mais surtout…

         … Mais surtout la force de nos raisonnements et de nos convictions. Celle qui passe par la réflexion et que nous sommes capables de transmettre dans l’échange et la discussion avec les travailleuses et les travailleurs, actifs, retraités, ou aujourd’hui sans emploi, que nous rencontrerons. Économie de moyens, mais un engagement maximum. DM

vendredi 23 janvier 2026

Paysans : la crise vient de loin

Paysans : la crise vient de loin

Mardi 20 janvier, des milliers d’agriculteurs, avec des centaines de tracteurs, manifestaient devant le Parlement européen à Strasbourg. Ils demandaient aux députés de ne pas ratifier le traité avec le Mercosur.

Publié le 21/01/2026

Ils pensent que ce traité de libre échange avec des pays d’Amérique du Sud entraînerait une concurrence déloyale, en particulier sur la viande bovine et, par là, la ruine d’éleveurs, en France et dans d’autres pays d’Europe. Les protestations contre ce traité, comme celles sur la façon dont l’État a traité la maladie qui menaçait les troupeaux, sont les symptômes d’une crise plus profonde, plus ancienne et, en fait, réellement mortelle pour un certain type d’exploitation agricole et pas seulement dans l’élevage bovin.

Bon nombre de paysans, même lorsqu’ils travaillent dur, longtemps et de leurs mains, sont de petits entrepreneurs. Ils possèdent, ou croient posséder leur outil de travail, d’une valeur bien plus grande que leur revenu ; pour être compétitifs, c’est-à-dire en définitive pour pouvoir vendre leurs produits et en vivre, il leur faut un outillage, des compétences et des connaissances toujours plus pointues ; ils ont recours à une multitude d’autres entreprises, qui sont souvent celles de grands capitalistes, des fabricants de matériel mécanique, du tracteur à la trayeuse, jusqu’aux fabricants d’engrais, aux laboratoires vétérinaires, aux semenciers. Il y a désormais dans l’agriculture presque autant de salariés intervenant pour des entreprises spécialisées que de propriétaires exploitants.

Les agriculteurs, même ceux qui travaillent seuls sur leur exploitation, réalisent simplement, comme tout producteur, une partie infime du travail social, complètement dépendante du reste, en amont comme en aval, c’est-à-dire pour les moyens de production comme pour l’écoulement des produits. Ils achètent des produits et des services sur le marché mondial et ils vendent leur production sur ce même marché, en concurrence avec tous les autres, même lorsqu’elle est écoulée « localement ». Ils n’ont plus, depuis longtemps, que l’illusion d’être à leur compte, d’être propriétaires, de décider de leur propre vie, mais c’est cette illusion qui dicte leur conduite et en fait, bien souvent, des soutiens de l’ordre bourgeois. Cela ne les empêche pas de subir la loi de la concurrence et d’être ruinés par plus puissants qu’eux, à commencer par les géants de l’agroalimentaire, qui travaillent sur une base industrielle.

C’est précisément l’un de ceux-là, Arnaud Rousseau, à la tête de 700 hectares de terres et du groupe Avril spécialisé dans les huiles, possédant des antennes jusqu’au Brésil, qui préside la FNSEA, le principal syndicat agricole. Ce poste lui permet d’orienter la politique agricole au profit des capitalistes de sa taille, sans lui coûter trop cher en démagogie auprès des plus petits. Rousseau peut ainsi réclamer, mollement il est vrai, le renoncement au traité avec le Mercosur, la liberté de capter l’eau, bien commun, au profit des grandes exploitations, la liberté de répandre les pesticides, la fin des contrôles, la fermeture des frontières. Cela se fera ou non, mais, finalement, comme dans toute l’histoire du capitalisme, la grande entreprise écrasera l’artisan.

Depuis un siècle ou plus, l’État a maintenu la tête hors de l’eau à une fraction de la petite paysannerie propriétaire, de plus en plus réduite au cours des décennies. Alors que la concurrence s’exacerbe dans tous les domaines, il n’est pas certain qu’il continuera à le faire. Les petits et moyens paysans, aveuglés par leurs illusions de propriétaire, continueront-ils alors à soutenir le système qui les tue ? Ou bien les travailleurs de la terre verront-ils tout ce qui les sépare des Rousseau et autres capitalistes agricoles ?

                                                     Paul Galois (Lutte ouvrière n°2999)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 23 janvier : de 16 h. à 16 h.30 au marché du Val ;

Et au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 24 janvier, de 10 h. à 10h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 25 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre (sous réserve) ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 26 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.