dimanche 18 janvier 2026

Montée du RN : la mauvaise herbe et son terreau

Montée du RN : la mauvaise herbe et son terreau

Le procès en appel des députés européens du RN, dont Marine LePen, devait commencer le 14janvier. Celle-ci a été condamnée en première instance à quatre ans de prison, dont deux ferme, cinq ans d’inéligibilité et 100 000euros damende.

Publié le 14/01/2026

 

Le parti est accusé d’avoir, avec l’accord de Le Pen si ce n’est à son instigation, fonctionné frauduleusement au compte du Parlement européen pour un total de 4,4millions deuros.

Les protestations de l’extrême droite et de la droite sur la sévérité du jugement et le fait qu’il empêche Le Pen de se présenter en 2027 ont fait sourire tous ceux qui se souviennent que les mêmes n’avaient pas de mots trop durs pour condamner les fraudeurs venus de gauche. Lorsque des députés et ministres socialistes étaient pris les doigts dans le pot de confiture, Le Pen exigeait même l’inéligibilité à vie des condamnés. Mais force est de constater que l’évidente et très banale malhonnêteté des élus d’extrême droite n’a pas fait diminuer les intentions de vote en leur faveur.

Certains des électeurs les plus convaincus et les plus anciens de l’extrême droite crient au complot. Mais beaucoup d’autres, pas plus révoltés que cela, disent que, de toute façon, les politiciens tapent dans la caisse par définition et reprennent l’argument suprême « on ne les a jamais essayés ». En outre, le possible remplacement de Marine LePen par Jordan Bardella ne semble pas déstabiliser leurs électeurs, pas plus que le fait que ces prétendus représentants des intérêts des petits se prosternent par avance, et avec délectation, devant les ultra- riches.

La montée du RN est évidemment le résultat de dizaines d’années d’alternance droite-gauche suivies de huit ans de macronisme, caractérisés par le service exclusif du grand capital et une paupérisation continue des classes populaires. C’est bien pourquoi les partis traditionnels sont incapables de contrer une montée de l’extrême droite qui découle de toute leur politique. Les partis de gauche ne peuvent faire oublier aux classes populaires leurs reniements. La droite, séparée du RN par moins d’une feuille de papier à cigarettes, est déjà prête à gouverner avec lui, si ce n’est à le rejoindre. Et tous semblent singer le RN en tenant un langage de plus en plus réactionnaire, nationaliste, patriotard, protectionniste, voire xénophobe. L’unanimité du corps politique sur la défense des intérêts « des Français », de « notre armée », de « notre » indépendance alimentaire, de « nos » frontières, etc., le démontre chaque jour.

Cette unanimité fait le lit du RN tout en préparant les restrictions, les sacrifices, les répressions et la suite prévisible, au-delà des circonstances politiciennes. Les travailleurs ne peuvent accepter d’y être enfermés et c’est en luttant pour leurs intérêts de classe qu’ils peuvent briser cette sinistre unanimité.

                                                               Paul Galois (Lutte ouvrière n°2998)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 18 janvier, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 19 janvier, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des

Raguenets, St-Gratien.

 

Livret A : pas de cadeaux aux petits épargnants

 

Une inflation déclarée loin de l’inflation réelle

 

 

Sur proposition de la Banque de France, le ministre de l’Économie a annoncé une baisse du taux du livret A, qui va passer de 1,7 à 1,5 %. Ce livret sur lequel tant de familles modestes placent leurs quelques économies va donc voir son rendement diminuer encore, au prétexte que l’inflation est officiellement stabilisée.

         Mais l’inflation réelle, elle, continue, si bien que la baisse du taux du livret A va éroder encore un peu plus le pouvoir d’achat des classes populaires. Sûr qu’elles ne pourront pas faire l’économie... d’une lutte pour reprendre tout ce que la bourgeoisie a volé !

Éducation : écoles ou casernes ?

Éducation : écoles ou casernes ?

Certains établissements scolaires n’ont pas attendu longtemps que Macron, les ministres et les généraux aient lancé le nouveau service militaire national pour que l’armée s’invite dans leurs locaux afin de recruter des élèves qui, plus tard, marcheront au pas.

Publié le 14/01/2026

 

Le journal Libération du 12janvier cite plusieurs exemples de séances d’entraînement dans les collèges et lycées. On y pratique le port d’uniforme et de tout le barda. Des élèves apprennent à réprimer une manifestation, tandis qu’ailleurs, transformés en matons, ils s’en prennent aux détenus. Sans aller jusqu’à ces extrémités, au lycée Jean-Monnet de Montpellier, des militaires sont venus dès le premier jour présenter le nouveau service dans le but d’y attirer les jeunes.

Cela fait en réalité des années que les gouvernements font appel aux militaires sous prétexte d’éduquer les jeunes. Déjà, en 1989, chaque académie s’était vu imposer un trinôme, composé de représentants de la Défense, de l’Éducation nationale et d’un institut, devant aider les enseignants à faire connaître les « enjeux de la défense » et à « promouvoir les valeurs de la République ». Sans beaucoup de succès, il faut bien le dire. En 2007, une circulaire demandait de diriger les élèves vers, entre autres, « les emplois civils et militaires offerts par les armées ». Même discours en 2013 dans Le livre blanc sur la défense, sans plus de résultats.

Maintenant, vu les menaces de guerre et le manque de perspectives offertes aux jeunes, l’armée s’invite de plus en plus dans les établissements scolaires, y compris chez les moins de 15 ans des collèges. Les militaires d’aujourd’hui retrouvent ainsi le rôle des agents recruteurs de l’ancien régime. Ils seront bientôt tout aussi haïs.

                                                   Marianne Lamiral (Lutte ouvrière n°2998)