Macron et
Trump : entre bandits, on se comprend
Suite au kidnapping de Maduro,
Macron a déclaré que le peuple vénézuélien ne pouvait que « se réjouir », ce
qui revenait à apporter un soutien total à Trump.
Publié le 07/01/2026
Quelques jours plus tard, Macron
a fini par émettre quelques réserves en déclarant que « la méthode utilisée »
n’était « ni soutenue ni approuvée par la France ». Il faut dire que les autres
chefs d’État européens, tout en étant solidaires de Trump, avaient pris la
peine de rappeler leur attachement au « droit international » et à la «
souveraineté » du Venezuela. Le ministre des Affaires étrangères de Macron
lui-même, Jean-Noël Barrot, avait écrit sur X que « l’opération militaire ayant
conduit à la capture de Nicolas Maduro contrevient au principe de non-recours à
la force qui fonde le droit international ».
Macron a rectifié le tir en
paroles pour faire moins mauvaise figure. En tant que chef d’un État
impérialiste, il est en effet bien placé pour savoir que la défense des
intérêts capitalistes dans le monde ne doit pas s’embarrasser de scrupules. Le
fameux « droit international » est écrit par les plus grandes puissances, et
c’est en conformité avec lui que, le 3 janvier, quelques heures après la
capture de Maduro, l’armée française a bombardé le centre de la Syrie, près de
Palmyre, en collaboration avec celle du Royaume-Uni. Le prétexte n’était pas
cette fois-ci le narcotrafic ni l’immigration, mais la lutte contre le
terrorisme de Daesh. Au nom de la participation depuis 2015 à la coalition
internationale contre cette organisation, France et Royaume Uni s’arrogent donc
le doit de bombarder des cibles au Moyen Orient sans avoir à le justifier
puisque c’est dans le cadre du « droit international ».
Concernant le « respect de la
souveraineté » des États, l’État français a des siècles d’expérience en matière
d’ingérence, de violence à l’égard des pays pauvres et même de capture et de
déportation de dirigeants nationalistes – une méthode récurrente de l’armée
française, de la déportation de Toussaint Louverture en 1802 pour briser la
révolte haïtienne au détournement en 1956 d’un avion transportant cinq cadres
du FLN algérien pour les emprisonner en France, ou encore, tout récemment,
l’emprisonnement du nationaliste kanak Christian Tein en métropole, à des
milliers de kilomètres de chez lui. Asservir un pays pour y trouver des marchés
et des débouchés est le principe même du colonialisme, dont la France fut une
championne pendant plus d’un siècle. Et même depuis la décolonisation, la
défense des intérêts capitalistes français dans le monde a toujours été assurée
par les armes : sous des prétextes humanitaires ou sécuritaires, les
interventions militaires françaises en Afrique et au Moyen Orient n’ont jamais
cessé, avec leur lot de barbouzeries pas plus reluisantes que l’enlèvement de
Maduro, et de manipulations de l’opinion.
La France fait donc depuis bien
longtemps, de façon plus ou moins discrète, ce que les États-Unis font
aujourd’hui en public ; la seule différence réside dans la capacité d’action et
la puissance. À cet égard, on comprend que la première réaction d’Emmanuel
Macron était sans doute la plus sincère.
(Lutte ouvrière n°2997)
Les prochaines permanences à Argenteuil :
-aujourd’hui samedi 10 janvier : de 10 h.30 à
midi centre commercial de la cité Joliot-Curie ;
-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 11 janvier : de 10 h.25 à 10 h.55
devant l’Intermarché du Centre ;
-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;
-lundi 12 janvier : de 18 à 19 h. centre
commercial des Raguenets à Saint-Gratien.