dimanche 11 janvier 2026

Argenteuil, connaître les disparitions. L’absence d’un « carnet », une question à laquelle la municipalité continue de faire la sourde oreille

Connaître le décès de ceux qui ont été des nôtres

 

 

Dans le numéro de janvier du magazine municipal « Ma ville », un article est consacré à juste titre à la disparition au terme d’une longue maladie d’une femme très engagée dans la vie locale et associative, Ouarda Melihi. Sa vie fut emblématique de ces enfants de familles algériennes ayant connu le bidonville de Nanterre ou d’ailleurs, arrivés à Argenteuil, et qui trouvèrent leur voie dans la vie. Ouarda était en outre une femme très engagée dans la vie locale associative.

         Au-delà de la disparition de cette « personnalité », la rédaction d’un tel article nécessaire rappelle le manque cruel d’un véritable "carnet" que réclame entre autres depuis des années la section d’Argenteuil de la FNACA des anciens appelés et rappelés pour la guerre en Algérie, dont les membres nous quittent les uns après les autres.

         Il serait nécessaire, quand les familles l’autorisent, de connaître la disparition des habitants. Mais la municipalité fait sur ce plan comme sur bien d’autres la sourde oreille.

         Si cela était, les habitants, et en particulier parmi eux ceux qui travaillent ou ont travaillé à l’usine Snecma de Gennevilliers auraient appris largement que Yves Cottençon, militant durant toute sa vie adulte de Lutte ouvrière, militant ouvrier révolutionnaire dans l’entreprise, était décédé le 10 décembre dernier au terme également d'un long combat contre la maladie. Un militant dont se souviendront les travailleurs, et qui figura à de nombreuses reprises sur les listes de candidats de notre parti lors des élections municipales à Argenteuil. DM

 


 

 

 

samedi 10 janvier 2026

Impérialisme, Macron et Trump : entre bandits, on se comprend

Macron et Trump : entre bandits, on se comprend

Suite au kidnapping de Maduro, Macron a déclaré que le peuple vénézuélien ne pouvait que « se réjouir », ce qui revenait à apporter un soutien total à Trump.

Publié le 07/01/2026

 

Quelques jours plus tard, Macron a fini par émettre quelques réserves en déclarant que « la méthode utilisée » n’était « ni soutenue ni approuvée par la France ». Il faut dire que les autres chefs d’État européens, tout en étant solidaires de Trump, avaient pris la peine de rappeler leur attachement au « droit international » et à la « souveraineté » du Venezuela. Le ministre des Affaires étrangères de Macron lui-même, Jean-Noël Barrot, avait écrit sur X que « l’opération militaire ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro contrevient au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international ».

Macron a rectifié le tir en paroles pour faire moins mauvaise figure. En tant que chef d’un État impérialiste, il est en effet bien placé pour savoir que la défense des intérêts capitalistes dans le monde ne doit pas s’embarrasser de scrupules. Le fameux « droit international » est écrit par les plus grandes puissances, et c’est en conformité avec lui que, le 3 janvier, quelques heures après la capture de Maduro, l’armée française a bombardé le centre de la Syrie, près de Palmyre, en collaboration avec celle du Royaume-Uni. Le prétexte n’était pas cette fois-ci le narcotrafic ni l’immigration, mais la lutte contre le terrorisme de Daesh. Au nom de la participation depuis 2015 à la coalition internationale contre cette organisation, France et Royaume Uni s’arrogent donc le doit de bombarder des cibles au Moyen Orient sans avoir à le justifier puisque c’est dans le cadre du « droit international ».

Concernant le « respect de la souveraineté » des États, l’État français a des siècles d’expérience en matière d’ingérence, de violence à l’égard des pays pauvres et même de capture et de déportation de dirigeants nationalistes – une méthode récurrente de l’armée française, de la déportation de Toussaint Louverture en 1802 pour briser la révolte haïtienne au détournement en 1956 d’un avion transportant cinq cadres du FLN algérien pour les emprisonner en France, ou encore, tout récemment, l’emprisonnement du nationaliste kanak Christian Tein en métropole, à des milliers de kilomètres de chez lui. Asservir un pays pour y trouver des marchés et des débouchés est le principe même du colonialisme, dont la France fut une championne pendant plus d’un siècle. Et même depuis la décolonisation, la défense des intérêts capitalistes français dans le monde a toujours été assurée par les armes : sous des prétextes humanitaires ou sécuritaires, les interventions militaires françaises en Afrique et au Moyen Orient n’ont jamais cessé, avec leur lot de barbouzeries pas plus reluisantes que l’enlèvement de Maduro, et de manipulations de l’opinion.

La France fait donc depuis bien longtemps, de façon plus ou moins discrète, ce que les États-Unis font aujourd’hui en public ; la seule différence réside dans la capacité d’action et la puissance. À cet égard, on comprend que la première réaction d’Emmanuel Macron était sans doute la plus sincère.

                                                                      (Lutte ouvrière n°2997)

 

Les prochaines permanences à Argenteuil :

-aujourd’hui samedi 10 janvier : de 10 h.30 à midi centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 11 janvier : de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 12 janvier : de 18 à 19 h. centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien.

 

Condition ouvrière : Retailleau en campagne contre tous les travailleurs

Serviteur de la bourgeoisie essayant de se placer

 

 

Ils finiront par y mener.

Retailleau affiche son hostilité aux travailleurs, immigrés ou pas, en réclamant la fin des 35 heures. « La fête est finie » ose-il dire. Mais quelle fête ?

         Les 35h du gouvernement de Jospin, comportant des ministres de tous les partis de gauche, ont permis au patronat d'imposer la flexibilité des horaires et l'annualisation du temps de travail. Quant aux embauches promises, le patronat s’est assis dessus. Par contre il a bénéficié de milliards de réduction de cotisation, sous prétexte des 35 heures.

         Si fête il y a, c'est celle des actionnaires, et Retailleau, comme tous ses concurrents de gauche de droite ou d'extrême-droite, n'a pas l'intention d'y mettre fin. Au contraire.

 

Crans-Montana : 40 morts pour que le bar rapporte

 Crans-Montana : 40 morts pour que le bar rapporte

Les 40 morts et 116 grands brûlés victimes de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana le 1er janvier ne sont pas victimes de la fatalité.

Publié le 07/01/2026

Ces victimes sont celles de deux patrons français, qui possèdent deux autres établissements dans le canton du Valais, avides de faire de l’argent à tout prix, quitte à mettre en jeu la vie de leurs clients ; mais le drame est aussi le résultat de la complaisance des autorités locales chargées de veiller aux règles de sécurité.

Les faits sont accablants. Espace accueillant plus de 400 personnes sans respecter les règles de sécurité établies en Suisse, plafond tapissé d’un produit connu pour être aussi inflammable que l’essence et produisant des gaz hautement toxiques, absence d’issues de secours répondant aux normes imposées, absence d’alarme incendie et d’extracteurs de fumées, d’extincteurs, etc. Et que dire des autorités de Crans-Montana, une des stations les plus luxueuses de Suisse, qui depuis des années, alors qu’elles ont la responsabilité de veiller aux normes de sécurité, ont laissé faire ? Le président du conseil communal de Crans-Montana a dû reconnaître au moins « des manquements » lors d’une conférence de presse.

Tout était ainsi réuni pour la survenue d’une catastrophe, comme d’anciens employés de ce bar-dancing en ont témoigné. Mais il aura fallu que tout soit dénoncé et redénoncé, au fil des jours suivant l’incendie meurtrier, dans des médias internationaux produisant de multiples témoignages de spécialistes de la sécurité, voire de responsables d’autres établissements, pour que la procureure chargée de l’enquête décide d’inculper les deux propriétaires. L’homme avait déjà été condamné il y a vingt ans par un tribunal français, et sa peine avait été assortie d’un interdiction de gérer une société en France.

Dans ce monde où l’argent est roi, en Suisse comme partout ailleurs, le fait de posséder quelques millions de francs suisses, d’euros ou de dollars, donne droit aux honneurs et à la respectabilité, et au droit d’ouvrir un tel établissement au mépris de la vie des clients. Une bonne partie des victimes sont des enfants de familles fortunées, mais cela n’a rien changé. Il fallait avant tout que Le Constellation rapporte à ses propriétaires !

Correspondance inquiétante, le drame survient au moment même où, en France, est publié un décret qui annule une partie des obligations de sécurité concernant les établissements accueillant du public !

                                                 Paul Sorel (Lutte ouvrière n°2997)