samedi 10 janvier 2026

Argenteuil : centres de santé, les murs c’est bien, pouvoir se soigner est nettement mieux

 

Pour tous, très loin d’un accès égal à la protection de notre santé

 

 

Avant les élections municipales, tout occasion où l’on peut montrer sa frimousse est bonne à prendre. Le 7 janvier, cela a été le cas pour une petite cérémonie d’inauguration par l’édile des travaux qui ont été effectués dans le centre de santé municipal historique Fernand Goulène du Centre.

         Personne ne se plaindra d’aménagements dans ce Centre municipal qui étaient bien nécessaires. Faire que l’offre de praticiens soit à la hauteur des besoins est une autre affaire. Il serait intéressant de connaître ce qu’il en fut il y a 50 ans et ce qu’il en est aujourd’hui dans cette structure.

         Il est vrai que répondre aux nécessités importantes en la matière relève de choix à l’échelle de la société et du pays, et pas, pour l’essentiel, au niveau des moyens limités d’une commune. D’autant plus que la question du recrutement de praticiens, en médecine générale et des spécialités, s’est considérablement aggravé ces dernières décennies. (Voir un article sur la question demain sur le présent blog)

         La situation est particulièrement encore plus difficile sur ce plan à l’autre centre de santé municipal, celui des quartiers populaires du Val, Irène Lézine, sur l’esplanade du Val-Nord. On aimerait bien entendre les édiles tout fiers d’eux-mêmes sur la question. DM

vendredi 9 janvier 2026

Iran : une révolte qui s’étend

Iran : une révolte qui s’étend

Démarrée le 28 décembre par une grève des petits commerçants de Téhéran, une nouvelle vague de contestation du régime continue de s’étendre en Iran, touchant de nombreuses villes et entraînant des catégories sociales variées.

Publié le 07/01/2026

La réactivation en septembre des sanctions internationales contre l’Iran, en particulier l’embargo sur le pétrole, a accéléré la chute du rial, la monnaie iranienne, aggravant une inflation déjà supérieure à 50 %. Si les classes populaires, confrontées depuis longtemps aux difficultés pour se nourrir et payer leur loyer, aux pénuries d’eau ou de médicaments, aux coupures d’électricité, aux salaires payés en retard, sans parler de la corruption généralisée, sont touchées par cette hyperinflation, celle-ci frappe largement aussi la petite bourgeoisie.

Les commerçants qui achètent des produits importés payés en dollars pour les revendre en Iran sont étranglés. Ainsi le prix d’un téléphone portable a doublé en quelques jours. Les dernières annonces du régime, dévaluation du rial par la banque centrale, réduction des quotas permettant un taux de change préférentiel, augmentation du prix de l’essence, tout en maintenant toutes les dépenses pour l’armée et la police, ont provoqué la colère. En fermant leurs boutiques pour dénoncer la politique du régime, les commerçants ont déclenché une nouvelle vague de révolte, trois ans après le mouvement « Femme-vie-liberté ».

Très vite, la contestation s’est étendue aux étudiants mais surtout à des milieux populaires dans plusieurs dizaines de villes moyennes, en particulier dans l’ouest du pays. Au slogan « Mort au dictateur » qui vise l’ayatollah Khamenei, se sont ajoutés « Nous n’avons pas peur car nous sommes tous ensemble » ou « Ni Gaza, ni le Liban, que ma vie soit sacrifiée pour l’Iran », pour dénoncer les coûteuses interventions militaires extérieures du régime. De multiples vidéos circulent sur les réseaux sociaux montrant des affrontements entre des manifestants et la police, des attaques contre des commissariats ou des véhicules de police. Certains bassidjis, ces miliciens qui encadrent les quartiers populaires, ont été attaqués voire tués tandis que d’autres manifestants scandaient « Policiers avec nous ». Il semble que dans certaines villes, la police ait effectivement basculé de leur côté.

Si les révoltes contre le régime se succèdent depuis des années, si les grèves ouvrières sont récurrentes, la nouveauté est cette fois-ci la participation de ceux qui forment le Bazar, et qui sont depuis 1979 l’un des piliers du régime des mollahs. Le Bazar mêle des bourgeois fortunés, disposant de multiples relais au sein de l’appareil d’État et de réseaux à l’étranger, y compris dans les pays occidentaux, à des petits commerçants pris entre le marteau et l’enclume. Conscient que la bascule de ces derniers représente une menace existentielle pour le régime, le président de la république Pezechkian a tenté de les amadouer, limogeant le directeur de la banque centrale et parlant de « revendications légitimes ». Il a promis le 4 janvier que chaque citoyen recevrait une prime équivalente à 6 euros par mois, le salaire moyen étant de 170 euros. Mais dans le même temps, il a fait donner sa police : près d’une trentaine de personnes auraient été tuées, sans compter les centaines d’arrestations.

Cette répression a servi de prétexte à Trump pour lancer aux dirigeants iraniens : « Si vous tirez sur des manifestants, les États-Unis viendront à leur secours. Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir. » Il faut le cynisme sans limite du chef de l’impérialisme, principal responsable des souffrances subies par le peuple iranien, pour se poser en sauveur des révoltés. Une intervention américaine en Iran est certes possible comme on l’a vu en juin, lorsque les aviations américaine et israélienne ont visé les installations nucléaires iraniennes et tué des cadres scientifiques et militaires.

Ces bombardements ont contribué à affaiblir le régime. Mais si elle avait lieu, une telle opération ne pourrait qu’apporter de nouveaux malheurs à la population iranienne. Comme en Irak en 2003, elle risquerait de provoquer l’éclatement du pays en alimentant des forces centrifuges parmi les diverses nationalités, qui cohabitent en Iran. C’est ce qu’a formulé Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité de l’Iran en réponse aux menaces de Trump : la chute de la république islamique pourrait plonger « toute la région plus profondément dans la crise et l’instabilité ».

Quant à la restauration de la monarchie, renversée en 1979 par la révolte populaire reprise en mains par les mollahs de Khomeiny, elle ne ferait que remplacer une dictature par une autre. Si certains médias pro-américains mentionnent l’apparition de slogans acclamant Reza Pahlavi, le fils du shah déchu installé aux États-Unis, de nombreux manifestants crient « À bas l’oppresseur, le Guide ou le roi ». S’ils n’ont sans doute pas une conscience claire des voies et des objectifs qui permettront de changer leur sort, ces manifestants-là ont mille fois raison.

                                                           Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2997)

 

Les prochaines permanences à Argenteuil :

-aujourd’hui vendredi 9 janvier : au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 10 janvier : de 10 h.30 à midi centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 11 janvier : de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 12 janvier : de 18 à 19 h. centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien.

 

Amérique latine : une chasse gardée de l’impérialisme états-unisien

Amérique latine : une chasse gardée

Les États-Unis ont fait de l’Amérique du Sud leur chasse gardée depuis le début du 20e siècle. La politique guerrière de Trump poursuit, avec son style particulièrement brutal et cynique celle de de ses prédécesseurs en particulier pendant la guerre froide, qui n’ont cessé de soutenir ou de mettre en place des régimes à leur botte.

Publié le 07/01/2026

 

De l’invasion du Guatemala en 1953 à celle du Panama en 1989, des coups d’État fomentés par la CIA au Chili en 1973 et en Argentine en 1976, à la liquidation physique, partout, des opposants de gauche, l’impérialisme américain n’a cessé d’affirmer par la force sa domination sur tout le continent.

Mais les interventions américaines ne se sont pas limitées à l’Amérique latine. En tant que principale puissance impérialiste, les États-Unis ont mené de nombreuses opérations, seuls ou sous couvert de coalitions, en particulier au Moyen-Orient ces dernières années : ainsi la première Guerre du Golfe en 1990, puis l’invasion de l’Afghanistan en 2001, l’intervention en Irak en 2003 pour abattre leur ancien allié Saddam Hussein. Il s’agit à chaque fois de lutter contre des régimes qui ont pour défaut, non pas d’être des dictatures – cela, les puissances impérialistes l’admettent parfaitement – mais de vouloir prendre trop d’indépendance, politique et économique.

Aujourd’hui, l’intervention contre le Venezuela se déroule dans un contexte nouveau, celui de l’intensification de la guerre commerciale, en particulier contre la Chine. Depuis les sanctions américaines contre le régime de Maduro, la Chine a considérablement accru sa présence. Elle détient une part majeure de la dette publique vénézuélienne et achète 80 % du pétrole fourni par PDVSA, la compagnie pétrolière appartenant à l’État vénézuélien. La veille encore du coup de force, Maduro recevait un envoyé spécial de Xi Jinping venu renforcer la coopération économique. La presse parle de 600 accords commerciaux, dans le secteur minier, l’électricité, les communications, les transports, mais aussi pour financer la modernisation des champs pétroliers et des infrastructures.

Plus généralement, l’influence de la Chine en Amérique du Sud progresse. Les échanges commerciaux sont passés de 10 milliards de dollars en 2000 à 518 milliards en 2024. Témoin de ce développement, le port de Chancay, au Pérou, inauguré en 2024 et financé par des capitaux chinois, doit permettre un contournement du canal de Panama et des grands ports américains pour l’acheminement des marchandises entre l’Amérique du Sud et l’Asie.

L’intervention des États-Unis au Venezuela est ainsi un avertissement et un rappel, adressé non seulement à ce pays à l’heure où des régimes comme ceux de Colombie ou du Brésil, sans parler de Cuba, voudraient diversifier leurs relations et afficher une politique indépendante : pour Washington, l’Amérique latine, et en fait tout le continent américain, doit rester une chasse gardée. Trump envoie, en particulier à la Chine, un message affirmant qu’elle n’a rien à faire dans ce qui doit être la zone d’influence exclusive des États-Unis.

                                                          Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°2997)