lundi 5 janvier 2026

Argenteuil, journal des municipales : Venezuela, si loin ? Non, si proche

 

Socialisme ou barbarie !

 

« Guernica » de Picasso

Ce qui vient de se produire à propos du Venezuela est une marche supplémentaire dans la montée des tensions internationales qui mène à la guerre et qui marque la planète depuis plusieurs années. Cette exacerbation des tensions guerrières et militaires est l’expression de celle de la concurrence entre les multinationales et les États qui les servent. Elle est au cœur de la nature de l’impérialisme, ce stade de putréfaction du capitalisme comme le disait Lénine. Des peuples en subissent directement les conséquences aujourd’hui, en Russie, en Ukraine, en Palestine, au Yémen, au Congo, au Soudan… Cette exacerbation peut conduire demain à un embrasement généralisé.

         Nul n’est à l’abri, tant que les producteurs à l’échelle du monde ne seront pas capables de prendre la direction de la société. Cette conviction, nous devons l’expliquer et la faire partager partout autour de nous. Il en va de l’avenir de chacun.

         Ce qui s’est passé à propos du Venezuela est un remake de nombreux épisodes qui ont marqué l’histoire de l’impérialisme, depuis un siècle marqué par la puissance dominante du capital et de l’État des États-Unis. Cet épisode dont on ne connaît pas encore tous les développements explosifs possibles marque en tout une nouvelle étape.

         Ces sujets seront au cœur de nos discussions, à Argenteuil comme ailleurs, dans la campagne électorale qui s’annonce. DM

Argenteuil, municipalité, bilan : les associations. Le sport oui, les autres, nettement plutôt non… bilan municipal 2025-2026 (4)

Pour nous l’essentiel de notre campagne lors des prochaines élections municipales aura une dimension sociale et générale, à Argenteuil comme partout où nous présenterons des listes. Certes la dimension locale de ce que la population vit n’est pas rien, au niveau de la politique et de la manière des édiles. J’y ai consacré un certain nombre de brèves cet été pour analyser le « bilan » de la municipalité LR sortante d’Argenteuil. Autant en faire profiter les lecteurs intéressés en postant jour après jour dans les jours qui viennent la série sur Facebook, que chacun les ait en tête. Loin des promesses et engagements des uns et des autres, elles ont le mérite de relever du concret propice à la seule critique juste. En outre, avec la nouvelle année, cela présentera un petit air de rétrospective. DM

 

Beaucoup de chiffres, mais derrière eux, quel bilan qualitatif ?

 


Le Club JO Argenteuil, une réussite avec son aspect échange et collectif

Le sport ne pose aucun problème à la municipalité. Comme tous les pouvoirs intéressés, elle le soutient et le met en valeur par le soutien aux clubs, par les activités de son service « sport », et par la rénovation des équipements qui le nécessitent. Des évidences, la moindre des choses. Le sport représente l’essentiel des subventions municipales qui sont allouées aux associations. Les autres ne bénéficient que de la portion congrue.

         Bien évidemment, nous n’avons rien contre le sport, bien au contraire, même s’il aurait tellement de choses à dire sur le sujet. Le problème est ailleurs avec des questions générales mais aussi avec une déclinaison locale sur laquelle le bilan de la municipalité sortante ne dit rien. En particulier, s’il occupe la jeunesse qui est le cœur de la pratique sportive, quelles valeurs le sport lui transmet-il ? Car, nous y reviendrons, la jeunesse est la question cruciale à toutes les échelles pour l’avenir, celle-ci étant largement inscrite dans le sport.

         Pour aller plus loin, quelles sont les valeurs éducatives apportées à la jeunesse de la Ville dans les activités sport, des clubs et des activités municipales ? Sur le plan de l’individualisme et parallèlement du collectif nécessaire ? Sur le mélange des quartiers ? Des milieux sociaux ? Du contact entre les générations ? Sur la prévention ? Et même plus simple, sur la santé et la détection des nombreux problèmes sur ce plan ?... Il faudrait également faire un bilan de ce qui s’est passé lors d’évènements extraordinaires où les clubs ont pu jouer ou auraient pu jouer un rôle en liaison avec la municipalité, les temps covid et post-covid, et les évènements de fin juin 2023 suite à l’assassinat du jeune Nahel…

         Dans la page « Du sport partout et pour tous » du bilan municipal, beaucoup de chiffres, du quantitatif, mais rien sur le plan des questions qualitatives que j’évoque, des sujets certes difficiles à appréhender. C’est pourtant à leur propos qu’il serait nécessaire d’effectuer un véritable bilan de l’action municipale avec les succès, s’il y en a, mais aussi les difficultés rencontrées. Mais, présentement, dans la page « sports » du Bilan, il n’y a rien. DM  Extrait du blog « lo argenteuil » du 9.8.25. (Demain : Argenteuil, municipalité, bilan municipal 2025-2026 (5) : hormis le sport, pour l’associatif, un intérêt très marginal et des ostracismes.1. La Maison des associations. 

dimanche 4 janvier 2026

Venezuela : à bas l'impérialisme !

Pratiques de malfrats, c’est le capitalisme

  


Après des mois de menaces, de piraterie contre des bateaux causant déjà des dizaines de morts, d’arraisonnement de pétroliers, les États-Unis ont fini par frapper directement le Venezuela. Trump se vante que les troupes américaines ont fait prisonnier Maduro, le président vénézuélien.

Depuis longtemps l’impérialisme américain veut mettre au pas un des rares pays d'Amérique latine qui refuse de s'aligner, et mettre la main sur ses immenses réserves de pétrole.

À bas l’impérialisme et son cortège de pillage, de guerre et de soumission.

 

Venezuela : l’escalade impérialiste. Un article du n°2995 de Lutte ouvrière daté du 24.12.25.

 Venezuela : l’escalade impérialiste

En imposant au Venezuela un blocus naval, les pressions de l’impérialisme américain viennent de franchir un nouveau palier.

Publié le 24/12/2025

 

Le 20 décembre, l’armée américaine a saisi un deuxième pétrolier vénézuélien. Lundi 22 décembre, Trump a menacé Maduro en disant qu’il serait « sage » qu’il quitte le pouvoir, ajoutant que, « s’il joue les durs, ce sera la dernière fois qu’il pourra jouer les durs ».

Cela fait plus de trois mois que la flotte américaine a pris position au large des côtes vénézuéliennes. Depuis, l’armée américaine a bombardé et détruit plusieurs dizaines d’embarcations, affirmant, sans même se donner la peine de le prouver, qu’il s’agissait de narcotrafiquants. Au moins 105 personnes ont ainsi été tuées sans autre forme de procès.

Le 29 novembre, Trump a annoncé que l’espace aérien du Venezuela devait être considéré comme fermé. Le 16 décembre, il a annoncé un blocus naval « total » à l’encontre des pétroliers que les États-Unis considèrent comme étant sous sanction.

Pour faire monter la pression, Trump a d’ailleurs plusieurs fois déclaré qu’il n’excluait pas la possibilité d’envahir le Venezuela. Sur les bases américaines de Porto Rico et de Guantanamo, à Cuba, des missiles sont prêts à être tirés et des troupes prêtes à être débarquées. À ce jour, au moins 15 000 militaires américains sont déployés sur la zone. La flotte qui y est rassemblée est la plus importante depuis la crise cubaine de 1962, avec à sa tête le porte-avions Ford, le plus grand et le plus moderne du monde.

Les États-Unis accusent le Venezuela de se servir du pétrole, sa principale ressource, pour financer « le narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements ».

En fait, le Venezuela refuse d’être le vassal des États-Unis. S’appuyant sur d’immenses ressources pétrolières – 20 % des réserves mondiales – le régime vénézuélien, mis en place en 1998 par Hugo Chavez, s’est en partie émancipé de la tutelle de l’impérialisme américain.

C’est l’unique raison de l’escalade actuelle : l’impérialisme américain renforce sa présence et son contrôle sur son arrière-cour, l’Amérique centrale et latine avec toutes leurs ressources naturelles, et le régime vénézuélien est un caillou dans sa chaussure.

Personne ne sait quels sont les objectifs précis de Trump ni jusqu’où il est prêt à aller. Veut-il obtenir la fin du régime nationaliste de Maduro pour le remplacer par des gens à ses ordres, comme María Corina Machado, qui a dédié son prix Nobel de la Paix à Trump et qui vient d’être récemment exfiltrée du Venezuela ? Est-il prêt à la guerre pour cela ? De toute évidence, avec le blocus naval, l’impérialisme américain cherche d’abord à affaiblir le régime de Caracas, à le déconsidérer auprès de sa population en le privant d’une partie de ses recettes pétrolières.

Mais l’impérialisme américain n’a jamais reculé devant une guerre qu’il estimait nécessaire. Sa dernière intervention militaire de grande ampleur, en Irak en 2003, a dévasté et ébranlé toute la région, et ses effets se font encore sentir plus de vingt ans après. La certitude de conséquences semblables ne le fera pas reculer.

Seule la crainte de réactions populaires qui se généraliseraient en Amérique centrale et latine ou aux États-Unis même, où Trump a promis de mettre fin aux guerres, pourrait le faire reculer.

                                                     Serge Benham (Lutte ouvrière n°2995)

Brigitte Bardot : une icône réactionnaire

Brigitte Bardot : une icône réactionnaire

La trêve des confiseurs n’a pas empêché la concurrence des embaumeurs autour de Brigitte Bardot. Le jour même du décès, le néolepeniste Ciotti a lancé une pétition pour que l’État fasse à l’actrice des funérailles nationales. Son adversaire pour la mairie de Nice et ennemi intime, Estrosi, a répliqué en annonçant une grande place baptisée du nom de l’artiste.

Publié le 31/12/2025


 

Le Pen et Bardella vont-ils proposer l’entrée directe au Panthéon ? L’extrême droite et la droite extrême n’ont que peu de célébrités à mettre en avant. S’il y en avait une, c’était bien Brigitte Bardot, actrice mondialement connue et surtout raciste revendiquée, ennemie des musulmans, des homosexuels, des féministes, capable d’injurier publiquement les Réunionnais et cinq fois condamnée pour incitation à la haine raciale. Amie de Le Pen père chez qui elle avait fait la connaissance de son époux, Brigitte Bardot appelait régulièrement à soutenir la fille, la nièce et même Zemmour, le cousin maudit.

Les médias en pleine fièvre et la plupart des politiques ont pudiquement minimisé les multiples prises de position réactionnaires de B.B. pour encenser, à longueur d’antenne et de journal, la défenseure de la cause animale et l’actrice qui aurait révolutionné l’image de la femme au cinéma. Sa défense exclusive des animaux était bien trop teintée de misanthropie pour être sympathique. Sinistre dérision en effet que de prétendre sauver les dauphins quand on se réjouit de voir les migrants se noyer.

Il resterait l’artiste qui, de l’avis général, de Roussel à Le Pen, aurait bien mérité de la patrie. Brigitte Bardot a été, en effet, quelques semaines durant, un produit français capable de concurrencer Hollywood. Mais c’était en restant sur le même terrain fondamentalement misogyne, il suffit de voir le film en question, Et Dieu créa la femme, pour s’en rendre compte. La droite respectable qui l’encense aujourd’hui à cause de ses délires xénophobes voulait alors la censurer pour outrage à la pudeur. La voilà qui s’incline désormais, avec le reste de l’opinion officielle, sur le « phénomène Bardot », en tant que gloire propre à éveiller la fibre franchouillarde.

                                                          Paul Galois  (Lutte ouvrière n°2996)