dimanche 21 décembre 2025

Avoirs, russes ou pas : tout ce qu'ils ont, ils l'ont volé

La révolution qui les expropriera, la seule solution.

 

Crédit photo : PxHere

Après avoir hésité à s'emparer des 210 milliards d'euros de l’État russe qu'ils séquestrent depuis des années, en particulier en Belgique, les pays de l'Union européenne renoncent. Ils craignaient, entre autres, des rétorsions sur les propriétés occidentales en Russie.

         En effet, ce n'aurait été que du vol. Mais de toute manière, ces sommes gigantesques, de part et d'autre, sont le produit de rapines diverses des possédants, oligarques russes ou capitalistes occidentaux, aux dépens de leurs prolétariats respectifs.

         La seule chose qu'ils n'auront pas volée, c'est la révolution qui les expropriera.

 

Brandt : 750 travailleurs à la rue, les actionnaires doivent payer !

 Brandt : 750 travailleurs à la rue, les actionnaires doivent payer !

Jeudi 11 décembre, l’annonce de la liquidation judiciaire du groupe électroménager Brandt a été un véritable coup de massue pour les 700 travailleurs des sites de production de Saint-Jean-de-la-Ruelle près d’Orléans, de Vendôme et ceux employés dans les sites commerciaux et administratifs de la région parisienne.

Publié le 17/12/2025

Le choc a été d’autant plus brutal que beaucoup de travailleurs voulaient croire dans le projet de Scop, même si celui-ci ne prévoyait le maintien que de 295 emplois sur les deux sites de production. Au nom de la défense du « made in France », cette idée de coopérative était défendue par les syndicats de l’entreprise et soutenue par des fonds publics de la région Centre-Val-de Loire, de la métropole orléanaise et de l’État.

Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, a envoyé un tweet déclarant « une profonde tristesse », en ajoutant : « On accompagnera les salariés pour faire en sorte que ce plan social soit bien construit ». Dans une colère feinte, le maire d’Orléans a répété qu’il avait manqué de temps pour convaincre les banquiers d’apporter les 4 millions manquant pour empêcher Brandt de disparaître au profit « des produits chinois ». Les responsables politiques, locaux ou nationaux, font ainsi preuve de la même hypocrisie ! Les banquiers, tout comme les actionnaires qui se sont succédé à la tête de Brandt, ne décident qu’en fonction des profits qu’ils espèrent engranger, se lavant les mains du sort des travailleurs qu’ils ont jetés à la rue.

En une trentaine d’années, 2 000 emplois ont disparu sur le site de St Jean-de-la- Ruelle. Les travailleuses et les travailleurs ont vu défiler bien des repreneurs : cela va des Français Thermor et Moulinex au groupe italien ElFI, en passant par l’Israélien Elco et l’Espagnol Fagor, jusqu’au dernier propriétaire en date, le groupe algérien Cevital. En 1982, l’entreprise avait même été reprise par Thomson, une société nationalisée qui avait supprimé près de 900 emplois, ce qui lui avait permis de voir ses bénéfices s’envoler ! Que le groupe soit français ou étranger, privé ou nationalisé, la loi du profit n’a jamais cessé de s’imposer avec ses exigences de rentabilité. À chaque rachat, les bénéfices étaient prélevés par les actionnaires, et c’était aux salariés qu’il était demandé d’éponger les pertes, en acceptant les licenciements, les salaires au rabais et la précarité.

Pour les dirigeants successifs et les actionnaires, cela n’a jamais été la crise. Non seulement ils ont eu les mains libres pour licencier, mais ils n’ont cessé de bénéficier d’aides de la part de l’État et des collectivités locales. Ainsi en 2008, l’État a versé sans aucune condition, 31 millions d’euros lors de la reprise du groupe par Fagor, et en 2014, il a versé 47,5 millions au groupe Cevital qui lui a succédé.

Alors, se battre avec l’objectif de défendre « un fleuron français de l’électro-ménager » ou « nos industries » serait choisir une voie conduisant les travailleurs dans une impasse. Les patrons voudraient que les travailleurs croient « à leurs difficultés » alors qu’ils n’ont aucune voix au chapitre et ne peuvent même pas accéder aux comptes de l’entreprise.

Le 15 décembre, la préfète du Loiret a réuni 200 travailleurs du site en leur promettant de travailler sur un projet de reconversion. En sortant de cette réunion, un travailleur a déclaré à la presse : « Nous on a besoin de manger maintenant ». Il s’agit bien en effet de défendre le droit à l’existence des travailleurs, et c’est à cela que doivent servir les profits accumulés par les anciens actionnaires !

                                             Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2994)

Argenteuil, une ville des « deux rives », un article sur la soirée consacrée à l’hommage à Michèle AUDIN et à la famille

Article rédigée par un participant de cette belle soirée du jeudi 18.12. (Photo par nos soins)

Petite rappel : l’Association Sous Les Couvertures a été fondée en 2012 par cinq habitants d’Argenteuil : Catherine et Gilles, les libraires émérites de l’avenue Gabriel Péri, Kreshia, Agnès, et moi-même, Dominique, en particulier autour d’un axe général : « Ce que le roman apporte à l’Histoire ». Je suis connu comme militant bien identifié, mais cette association de culture et de défense du Livre se voulait totalement pluraliste, démocratique, et ouverte. Je crois que depuis son origine, elle l’a prouvé. DM

 


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Organisée par l'association "Sous les couvertures", fondée par des militants de la culture d’Argenteuil dont l'infatigable militant Dominique Mariette (Lutte ouvrière), cette soirée a eu lieu, ce jeudi 18 septembre à l'espace Nelson-Mandela à Argenteuil, en présence de l'historienne Sylvie Thénault et plusieurs proches de la famille Audin.

Le drame de la famille Audin ne s’est pas arrêté à la disparition de Maurice Audin, torturé et assassiné par l’armée française en 1957. Il s’est prolongé, sourdement, sur plusieurs décennies, comme une onde de choc qui n’en finit pas de briser des vies. En septembre 2018, lorsque le président Emmanuel Macron reconnaît officiellement la responsabilité de l’État français dans la torture et la disparition de Maurice Audin, une vérité longtemps niée accède enfin à l’espace public. Mais cette reconnaissance arrive tard, trop tard.

Cinq mois plus tard, Josette Audin, qui avait porté le poids du mensonge d’État, s’éteint le 2 février 2019 à Bobigny à l'âge de 87 ans. Professeure de mathématiques, elle aussi, elle était surtout militante politique contre le racisme et le colonialisme. Elle a passé 61 ans de sa vie à demander des explications sur la disparition de son mari et père de leurs trois enfants. Elle n’aura connu la vérité officielle que brièvement, après une vie entière de combat, de dignité et de silence forcé.

Avant elle, leurs enfants, Louis, décède en 2006 et Pierre en 2023. Et enfin 6 ans après elle, Michèle, brillante mathématicienne et écrivaine, s'éteint à son tour le 14 novembre 2025. Tous les membres de la famille Maurice Audin sont partis, emportant avec eux les stigmates d’une histoire jamais refermée.

Être les enfants d’un disparu, c’est vivre avec une absence sans tombe, avec une injustice sans réparation, avec un deuil sans fin.

Ce qui frappe dans cette tragédie familiale, c’est la cruauté du temps politique. L’État reconnaît sa faute quand il n’y a presque plus de survivants pour l’entendre. La vérité arrive comme une consolation dérisoire, incapable de réparer les vies abîmées. La famille Audin incarne ainsi une double violence : celle de la torture et celle du déni prolongé. Leur histoire rappelle que les crimes d’État ne meurent pas avec leurs auteurs ; ils continuent de tuer lentement, dans les familles, dans les silences, dans les corps fatigués par l’attente.

Au cours de cette soirée, il a été rappelé l’arrivée en 1967 de la famille Audin à Argenteuil, ville de tradition ouvrière et d’immigration, terre d’accueil façonnée par les luttes sociales et la solidarité. C’est le député communiste de l’époque, Léon FEIX, disparu en 1974, qui permit à la famille de se loger au parc HLM d’Argenteuil, affirmant par ce geste une fidélité concrète aux valeurs de justice et de fraternité. Josette Audin y enseigna les mathématiques dans un lycée de la ville, transmettant rigueur et savoir à des générations d’élèves. Son fils Pierre suivit la même voie, devenant un temps lui aussi professeur de mathématiques dans un établissement voisin. Argenteuil ne fut pas seulement un lieu de résidence : elle devint un espace de reconstruction, de transmission et de dignité, où l’histoire intime des Audin croisa celle d’une ville populaire fidèle à ses idéaux.

Enfin, il a été rappelé que la disparition de Maurice Audin n’est pas un cas isolé mais la fissure par laquelle apparaît toute l’ampleur des disparitions de l’année 1957 à Alger et après. Derrière ce nom, il y a des centaines d’hommes et de femmes arrêtés, engloutis dans le silence de la guerre coloniale. Certains historiens parlent de quelque 3000 disparus voire plus. Peu importe le chiffre exact, il a été évoqué, lors de cette soirée, l’histoire méconnue des militants communistes, Européens et Algériens, qui choisirent le camp de l’indépendance au nom de la justice et de l’égalité, payant souvent cet engagement de leur vie. À Alger, sous l’autorité du général Massu, la torture fut instituée comme méthode, banalisée, rationalisée, niée ensuite. La disparition de Maurice Audin révèle ainsi une vérité plus vaste et plus terrible : un système où l’État a accepté la violence extrême, l’effacement des corps et des noms, laissant aux familles une douleur sans sépulture et à l’histoire une dette morale qui demeure ouverte.

                                                                                            A.S.