mardi 16 décembre 2025

Élevage : détourner la colère vers des voies en impasse

Tant que les capitalistes tiendront le fouet…

 

De nombreux éleveurs sont vent debout contre l’abattage des troupeaux de bovins contaminés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Cette maladie est pour beaucoup la goutte d’eau de trop, alors que bien des agriculteurs peinent à joindre les deux bouts.

         Face à leur colère, le gouvernement a envoyé les CRS, tandis que Macron a demandé à la Commission européenne un report de l’examen de l’accord entre l'UE et le Mercosur, manière de dévier sur leurs concurrents étrangers la colère des agriculteurs pour leur baisse de revenu en France.

         En fait, ces petits exploitants sont bien plus menacés par Lactalis, Carrefour ou Auchan et le Crédit agricole. En bref, par des capitalistes bien de chez nous. Libre-échange ou protectionnisme, tant que les capitalistes tiendront le fouet…

 

Allemagne : lycéens contre le service militaire

Allemagne : lycéens contre le service militaire

Vendredi 5 décembre en Allemagne, des dizaines de milliers de lycéens ont manifesté dans 90 villes contre la loi adoptée au Bundestag, le Parlement fédéral, qui réintroduit le service militaire qu’avait supprimé le gouvernement d’Angela Merkel en 2011.

Publié le 10/12/2025

Le 1er janvier 2026 entrera en vigueur une loi imposant aux jeunes hommes de 18 ans de répondre à un questionnaire « visant à déterminer leur motivation et leur aptitude à servir dans les forces armées ». Obligatoire pour les garçons, il ne sera que facultatif pour les filles. Un an et demi plus tard, une fois les « structures nécessaires » mises en place, le gouvernement estime qu’environ 300 000 jeunes concernés pourront être convoqués pour passer un examen médical, prélude à leur future incorporation. Pour leur dorer un peu la pilule, celle-ci se ferait « en priorité » près de leur domicile, et la solde allouée pour un engagement minimal de six mois se monterait au moins à 2 600 euros. Pour ceux qui s’engageraient pour un an, la solde grimperait et la formation au permis de conduire serait payée.

Le ministre social-démocrate de la Défense espère ainsi incorporer de plus en plus de jeunes, indépendamment des faiblesses matérielles et humaines au sein de l’armée, que l’état-major déplore. Il manquerait à l’effectif, selon un rapport officiel, plus de 24 000 sous-officiers et officiers, soit un cinquième de l’encadrement nécessaire.

À force de propagande guerrière, le gouvernement « noir-rouge » (CDU/CSU-SPD) de Friedrich Merz peut se targuer de bénéficier d’une certaine approbation dans l’opinion publique. Un récent sondage commandé par le groupe de presse Stern indique par exemple 54 % d’opinions favorables à un retour de la conscription. Mais il suffit de considérer les résultats par tranches d’âge pour y introduire une nuance d’importance : quand deux tiers des plus de 70 ans y sont favorables, ils ne sont qu’un tiers des 18-29 ans, ceux qui risquent d’être envoyés à la guerre !

Malgré le rappel de certains ministres régionaux concernant l’obligation scolaire et mentionnant les conséquences encourues en cas d’évaluation ratée, le 5 décembre, les lycéens ont été nombreux, à Berlin, à Cologne, Hambourg, Kiel, Munich, Leipzig, Dresde, Francfort, etc., à répondre à l’appel du collectif Schulstreik gegen Wehrpflicht, se mettant en grève scolaire contre le service militaire, avec slogans, pancartes et banderoles. Si un jeune de 16 ans, prenant la parole à Hanovre, a dit qu’il « préférait être gouverné par Poutine que d’aller à la guerre », on a pu lire et entendre de nombreuses protestations, allant des refus de servir de « chair à canon » à une banderole affichant (sans citer l’auteur) le mot d’ordre de Karl Liebknecht en 1915, « L’ennemi principal est dans notre propre pays ». On ne peut que souscrire à ce rappel. Un appel a été lancé par le collectif organisateur à une nouvelle journée de manifestations le 5 mars 2026. Pour contraindre le gouvernement Merz à remballer sa loi, il en faudra encore d’autres.

                                              Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°2993)

 

Argenteuil et Green Dock, une réserve municipale à géométrie variable

 

Paysage du capitalisme sans fioriture

 

 

Le conseil municipal de ce soir va devoir donner un avis sur la construction du projet Green Docks sur la rive de la Seine du port fluvial de Gennevilliers : 650 mètres de long et 34 mètres de haut représentant un volume total de stockage de près de 500 000 m3 avec un ponton flottant de 120 m de long pour 9 m de large, des quais de déchargement…

         Un fonctionnement de la plateforme prévu en continu (24h/24, 7j/7, 365 jours par an). Le trafic prévisionnel est estimé à 400 poids lourds, 1000 véhicules légers et 1000 véhicules utilitaires par jour. Volume traité, estimé à environ 2 500 tonnes de marchandises par jour. Voilà ce qui se cache derrière l’horrible construction

         On est dans le gigantisme, celui du capitalisme sans limite. Si le projet se fait : adieu paysages, et encore plus de pollution. Mais les affaires n’en ont cure.

         La municipalité de Gennevilliers dont le territoire est concerné et qui y récoltera un supplément de moyens est pour. Quant à celle d’Argenteuil, elle propose le vote ce soir d’un avis « réservé ». Quand cela ne la concerne pas directement mais scandalise de nombreux habitants (un nombre exceptionnel de contributions ont été enregistrées lors de l’enquête publique), elle prend des airs très Green. Souvenons-nous que, en revanche, lorsqu’elle était directement à l’origine du projet Héloïse tout aussi néfaste pour le paysage avec un blockhaus de plus de 40 mètre non loin de la rive, là, elle était plutôt Docks.

         En tout cas, les habitants mobilisés ont bien raison de l’être, et ont sans réserve tout notre soutien. DM