Rentrée
scolaire : des milliers d’enfants handicapés sacrifiés
Comme lors des rentrées
précédentes, l’Unapei (Union nationale des associations de parents, de
personnes handicapées mentales et de leurs amis), dénonce les mauvaises
conditions de scolarisation des enfants handicapés.
Publié le 27/08/2025
L’Éducation nationale annonce une
hausse du nombre d’enfants handicapés scolarisés dans des écoles ordinaires,
519 000 au lieu de 470 000 l’an dernier. Mais il n’existe pas de
chiffre officiel sur le nombre d’enfants mal scolarisés ou pas scolarisés du
tout. C’est pour cela que l’Unapei, depuis plusieurs années, réalise une
enquête parmi les associations de son réseau. 13 % des enfants concernés n’ont
aucune heure de scolarisation. Seuls 19 % de ces enfants sont scolarisés plus
de 12 heures par semaine.
Et lorsqu’ils sont à l’école, les
coupes budgétaires dans l’Éducation nationale pèsent sur les enfants handicapés
encore plus que sur les autres.
Les difficultés de recrutement
d’enseignants, les classes surchargées, ne permettent pas d’accueillir
correctement les enfants handicapés dans les écoles ordinaires. Le nombre
insuffisant d’AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap) fait que
certains enfants ne peuvent être scolarisés que quelques heures par semaine.
D’autres, qui auraient besoin de cette aide, sont scolarisés sans AESH, ou
seulement pour une partie de leur temps scolaire, dans des classes où
l’enseignant, déjà débordé, a bien du mal à leur accorder le temps nécessaire.
La vétusté des locaux, qui pèse sur tous les élèves et le personnel, a des
conséquences encore pires pour les enfants handicapés, par exemple lorsque les
ascenseurs sont en panne, inexistants, ou qu’ils ne donnent pas accès à
l’ensemble de l’établissement.
L’Unapei a d’autre part recensé 4
410 enfants dont le handicap ne leur permet pas d’être scolarisés en
établissement ordinaire, et qui sont en liste d’attente pour une place dans un
institut spécialisé, une attente qui dure parfois cinq ou six ans.
En 2017, Macron affichait le
handicap comme une priorité de son quinquennat et, en février 2020, il
déclarait qu’à la rentrée suivante, « aucun enfant ne [devait] se
retrouver sans solution de scolarisation. »
Cinq ans plus tard, la réalité
n’a toujours rien à voir avec ses mensonges.
Hélène Comte (Lutte ouvrière
n°2978)