Dassault – Cergy : on
bosse ensemble, luttons ensemble
Près de 200 travailleurs ont débrayé début
avril à l’usine Dassault de Cergy, dans le Val-d’Oise. Selon les syndicats, ils
ont été près de 2 000 à faire de même, sur l’ensemble des usines, et
500 sur le seul site de Mérignac.
Publié le 09/04/2025
Ce mouvement fait suite à l’annonce d’une
augmentation de salaire inférieure à 2 %, alors que les actionnaires,
c’est-à-dire la famille Dassault pour l’essentiel, se partagent un milliard
d’euros de dividendes. Et comme ils n’en ont jamais assez, le PDG annonçait
dans la foulée la diminution prochaine des sommes versées au titre de la
participation. Cette mesure n’a fait qu’amplifier le mécontentement des
travailleurs, quelques ingénieurs du bureau d’étude de Saint-Cloud se joignant
même, de façon tout à fait inhabituelle, à la protestation.
À Cergy, les travailleurs sous contrat Dassault
représentent moins de 50 % de l’effectif de l’usine, laquelle en compte plus de
1 300 au total. La direction veille en effet à faire intervenir sur le
site près d’une dizaine d’entreprises dites prestataires, dont Safran et Potez,
lesquelles, tout comme Dassault, utilisent à tour de bras les contrats
d’intérim. Cette stratégie vise à éviter que ceux qui travaillent ensemble sur
les mêmes avions ne défendent ensemble leurs intérêts. Mais ce n’est pas gagné
pour la direction.
En effet, les gestes de solidarité ne font pas
défaut de la part de beaucoup de ces travailleurs durant les débrayages : les
pauses cigarette s’enchaînent tandis que d’autres veillent à siroter un café,
voire deux, et que la majorité ne montre guère de cœur à l’ouvrage : preuve
qu’il serait possible de donner une perspective de lutte collective. D’autant
que, par exemple, les travailleurs de Safran enchaînent dans le même temps les
débrayages pour les salaires sur plusieurs sites du groupe.
Pour autant, les syndicats de Dassault, CGT comme
CFDT, se gardent bien d’offrir une telle perspective d’ensemble : ils ignorent
ainsi superbement plus de la moitié des travailleurs, lesquels ne pourraient
que renforcer la confiance en une lutte commune afin de se donner les moyens de
faire reculer Dassault de façon significative.
Correspondant
LO (Lutte ouvrière n°2958)