lundi 24 juin 2024

Usine de méthanisation et conseil municipal d’Argenteuil : la discussion approfondie nécessaire sur un projet qui pose problème aura-t-elle lieu ?

 

Le port de Gennevilliers, déjà d’énormes pollutions

 

Localisation

Une usine de méthanisation est en projet dans le port de Gennevilliers. La méthanisation est un procédé de production de gaz utilisable dans l’industrie à partir de divers déchets organiques, en particulier de déjections animales agricoles mêlées à leur litière.

         Le conseil municipal de mardi à Argenteuil doit donner un avis alors qu’une enquête publique a lieu également actuellement sur le sujet.

         C’est effectivement un sujet qui mériterait réflexion poussée et avis et que ce soit directement la population qui intervienne dans la décision à propos d’un tel projet. Bien évidemment, un conseil municipal peut aussi donner le sien, à condition qu’il fasse l’objet d’une véritable discussion, ce qui n’est jamais le cas lors des conseils municipaux de la Ville.

         Une usine de méthanisation génère un certain nombre de risques importants, en particulier olfactifs, mais aussi d’explosion puisqu’il s’agit de gaz.

         La question de la localisation est donc centrale. En l’occurrence, le projet est de l’installer à la pointe d’une des darses du port de Gennevilliers, lequel produit déjà d’énormes pollutions. À 500 mètres à vol d’oiseau du quartier d’Orgemont-Joliot-Curie qui reçoit déjà directement les effets de cette pollution.

         Bien sûr, installer ce genre d’unité de production sur la rive d’un fleuve permet de faciliter l’arrivée de la matière première et d’évacuer les déchets prévus pour engraisser des terres agricoles de Normandie.

         Mais au final, qui va décider du rapport gain/risques ?

         Sous le capitalisme, ce n’est jamais a priori l’intérêt social qui prime. À la population de tenter de comprendre les différents éléments du projet, d’en assurer la transparence, et d’en tirer ses conclusions, et son éventuelle réaction. DM

dimanche 23 juin 2024

Demain après les législatives : L’unité qui compte : celle des travailleurs en lutte. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

L’unité qui compte : celle des travailleurs en lutte

Publié le 19/06/2024

La possibilité d’une majorité d’extrême droite à l’Assemblée nationale, à l’issue des élections législatives, a incité les partis de la gauche gouvernementale à s’allier dans le Nouveau Front populaire afin de ne présenter qu’un seul candidat ainsi labellisé dans chaque circonscription.

Cette énième version de l’Union de la gauche fait le calcul que l’aspiration à l’unité est toujours puissante parmi les militants et les électeurs de gauche. Mais cette combinaison électorale est-elle un pas vers l’unité indispensable du monde du travail contre les attaques de la classe capitaliste, la menace de l’extrême droite et la marche à la guerre ?

La classe ouvrière ne peut non seulement vaincre mais même mener des luttes défensives sans regrouper ses forces et passer elle-même à l’action. Historiquement, les partis et syndicats ouvriers avaient été créés pour jouer ce rôle. Mais la bourgeoisie, en particulier dans les pays impérialistes, a su rallier au « ministérialisme » dès le début du 20e siècle et à l’Union sacrée en 1914 une large partie des dirigeants des partis ouvriers et des syndicats, dont les Hollande, Mélenchon, Roussel sont aujourd’hui les descendants. En se comportant, non en représentants de la classe ouvrière, mais en représentants de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier, ces dirigeants dits « réformistes » ont trahi les révoltes et révolutions ouvrières dans les années 1918-1919 et donné un répit au capitalisme. Ils représentaient un facteur de division important et de paralysie dans le mouvement ouvrier.

Les communistes, ceux qui, avec Lénine et Trotsky, étaient restés fidèles aux idées révolutionnaires et se sont retrouvés à la tête de l’Internationale communiste, ont su définir une tactique pour surmonter la division de la classe ouvrière. Cette politique dite du front unique ouvrier n’avait rien à voir avec la tactique des « Fronts populaires » ou autres « Blocs des gauches », qui n’ont été qu’une manière d’enchaîner les travailleurs derrière des politiques au service de la bourgeoisie. Les partis communistes devaient absolument garder leur indépendance politique, mais en même temps proposer des actions communes et concrètes à l’ensemble des travailleurs pour défendre leurs intérêts et revendications de classe et faire progresser leur conscience.

Quel que soit le gouvernement qui sortira des élections législatives, il sera un adversaire des classes laborieuses. Le rôle des révolutionnaires est dès aujourd’hui de prévenir les travailleurs face aux illusions qu’ils pourraient avoir dans les promesses des uns ou des autres. Il sera aussi d’être à leurs côtés pour contrôler, surveiller les faits et gestes du nouveau gouvernenemt.

                                                     Christian Bernac (Lutte ouvrière n°2916)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 23 juin, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché,

Et de 11 h. à 11 h.50, au marché Héloïse.

-Lundi 24 juin, de 18 à 19 heures dans le centre commercial de Saint-Gratien…

D’autres rendez-vous auront également lieu.

 

Patronat : sous le capitalisme, c’est lui qui commande

 

Affirmer une perspective ouvrière face à la dictature de la bourgeoisie

 

 

Le Medef a réuni les dirigeants politiques des trois grandes coalitions en compétition pour leur donner ses consignes, quelle que soit la couleur politique du prochain gouvernement.

         Parallèlement, le dirigeant d’une autre organisation patronale, la CPME, a couru les médias pour dire : « Toute promesse d'un camp ou d'un autre qui ne serait pas financée et pas finançable serait immédiatement sanctionnée par les marchés », c’est-à-dire par la grande bourgeoisie. Selon lui, il faut « maintenir la politique » actuelle car « si on ne rassure pas [les marchés] la machine économique s'arrête ».

         En effet, la bourgeoisie exerce une dictature économique et un chantage permanent qui rendent illusoires un réel changement de politique au travers de ces élections. C’est précisément pour expliquer qu’il faudra que des luttes ouvrières massives privent les capitalistes de leur pouvoir en les expropriant que Lutte ouvrière présente des candidats.

Marchands de canons : des ouvriers interchangeables, c’est la nature de la propriété capitaliste et du salariat. Exemple.

 Continental-Rheinmetall. Au bonheur des armes

Rheinmetall, premier fabricant d’équipement militaire d’Allemagne, et Continental, géant de l’équipement automobile, annoncent le transfert de travailleurs du second vers le premier.

Rheinmetall, qui est devenu le premier fabricant allemand d’obus et de matériel pour chars, s’attend à une hausse de 40 % de ses ventes en 2024, après avoir encaissé des profits record depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Ce groupe est désormais coté au DAX de Francfort, l’équivalent allemand du CAC40.

Rheinmetall dit avoir besoin de couvrir les besoins en personnel (…) dans les années à venir . Qu’à cela ne tienne : l’équipementier Continental, qui appartient à la famille multimilliardaire Schaeffler, a annoncé il y a quelques mois la suppression de 7 000 emplois dans le monde, dont les 800 salariés de son usine de Gifhorn, près de Hanovre, qui devrait être fermée d’ici 2027. D’après l’accord signé le 14 juin par les deux groupes, Continental se dit favorable au transfert de 100 travailleurs de Gifhorn vers l’usine de Rheinmetall à Unterlüss, située à 55 km de là.

Pour les patrons, les ouvriers ne sont que des pions interchangeables, et qu’ils peuvent s’échanger. Mais ce type de situation rappelle que, sans travailleurs, il ne peut y avoir ni pneus ni obus.

                                                        Marlène Stanis (Lutte ouvrière n°2916)