samedi 22 juin 2024

Eurosatory : pactole pour les marchands de mort

Eurosatory : pactole pour les marchands de mort

Publié le 19/06/2024

Lundi 17 juin s’est ouvert pour cinq jours le salon de la défense Eurosatory à Villepinte en région parisienne. Ce grand show qui se tient tous les deux ans attend une affluence record, avec le gratin des fabricants d’armes terrestres (drones, missiles, chars, etc.).

Près de 250 délégations officielles sont attendues et plus de 2 000 exposants de 61 pays leur proposeront leurs derniers outils de mort et de destruction. Les industriels français ne seront pas les moins nombreux puisque le pays est devenu le deuxième exportateur d’armes, loin derrière les USA, mais devant la Russie.

C’est bien sûr la guerre en Ukraine qui explique l’explosion des ventes et des budgets militaires dans tous les pays du monde, des puissances nucléaires aux pays les plus pauvres : en 2023 ce sont 2 443 milliards de dollars (plus 6,8 %) qui ont servi à engraisser les marchands d’armes. En France, Macron, qui avait justement dit au dernier salon de Satory qu’on était entré dans une économie de guerre, a fait voter une enveloppe de 413 milliards d’euros sur sept ans, jusqu’à 2030… Partout les populations payeront ces milliards qui seront autant de moins pour les services publics, les hôpitaux, etc.

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage », disait Jean Jaurès avant la guerre de 1914. Aujourd’hui, se prépare la prochaine guerre et les milliards continuent de s’accumuler dans les caisses des Dassault, Thales, etc. Ils jouent tous avec la vie des populations !

                                                     Cédric Duval (Lutte ouvrière n°2916)

 


 

Les porcs, la Chine, et l’Union européenne. Guerre commerciale, pour le moment

 

Les bourgeois, c’est comme les cochons…

 

Pauvres cochons

Après que l’Union européenne a imposé des taxes supplémentaires sur les voitures électriques chinoises, la Chine a répliqué en annonçant l’ouverture d’une enquête sur la viande de porc, ce qui pénaliserait les exportations européennes, et en particulier françaises. Pour l’instant, les capitalistes s’affrontent à coût de taxes et de droits de douane, avec la complicité de leurs États respectifs, mais ces tensions pourraient de se transformer en conflit ouvert.

         Voilà l’unique résultat qu’on peut attendre du système capitaliste, qui est à la source de cette concurrence acharnée et irresponsable.

Argenteuil ; Olympisme ? De Coubertin le baron, quand la réalité et l’histoire sont bien loin

 

Carte noire pour une fable

 

Jeux olympiques Berlin 1936. Mais c’est Owens qui en reste le symbole

Le mensuel Ma Ville de juin consacre un entretien intitulé «  Carte blanche à… Diane de Navacelle de Coubertin ». Cette dame est membre « de l’association familiale Pierre-de-Coubertin et garante de l’héritage olympique… ».

         Chacun lira, et s’il le souhaite, creusera ce qu’elle dit de son aïeul, et qui reprend la fable habituelle glorieuse le concernant. Pour éclairer la vision bien différente que nous pouvons en avoir, je joins ci-dessous un article ancien de notre hebdomadaire mais toujours aussi valable.

         Certes que pèsera pour le travail de vérité cet article de notre blog face aux 47 500 exemplaires de Ma ville distribués à Argenteuil ! DM

 

Pierre de Coubertin, élitiste, misogyne, colonialiste et raciste

Publié le 06/08/2008

« Nous devons à Pierre de Coubertin, revendique aujourd'hui le CIO, toute l'organisation des Jeux olympiques, qui ont bénéficié de son esprit méthodique, précis et de sa large compréhension des aspirations et des besoins de la jeunesse. » Mais même pour son époque, le fondateur des Jeux olympiques modernes, le baron Pierre de Coubertin, était un sacré réactionnaire.

La philosophie qui présidait aux Jeux modernes était sans ambiguïté : « La première caractéristique de l'olympisme est d'être une religion, disait-il. En ciselant son corps par l'exercice, l'athlète antique honorait les dieux. L'athlète moderne fait de même : il exalte sa race, sa patrie et son drapeau. »

Les premiers Jeux furent même marqués par un racisme éhonté. « Je suis un colonial fanatique », écrivait sans mentir le baron Coubertin. Il était raciste, persuadé de la supériorité des Blancs sur les Noirs : « À la race blanche, d'essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance ». Il affirmait ainsi sa vision de la hiérarchie entre les peuples de la planète : « Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. Hé bien ! C'est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n'est appréciable qu'aux forts. »

Coubertin était résolument hostile à la participation des femmes aux JO, qu'il appelait « les olympiades femelles, inintéressantes, inesthétiques et incorrectes », sauf à un titre : « Aux Jeux olympiques, leur rôle devrait être surtout, comme aux anciens tournois, de couronner les vainqueurs. » Même pour les milieux bourgeois de son époque, Coubertin sentait la naphtaline.

Avant de mourir en 1937, il trouva un ultime motif de satisfaction : les JO de Berlin en 1936. Alors que bien des gens réclamaient leur boycott, Coubertin soutint de bon cœur le régime hitlérien qu'il admirait : « La onzième olympiade s'accomplit sur un plan magnifique. J'ai l'impression que toute l'Allemagne, depuis son chef jusqu'au plus humble de ses écoliers, souhaite ardemment que la célébration de 1936 soit une des plus belles. Dès aujourd'hui, je veux remercier le gouvernement allemand pour la préparation de la onzième olympiade. » Hitler lui renvoya l'ascenseur en proposant Coubertin pour le prix Nobel, ce que l'Académie Nobel, pourtant très conservatrice, refusa.

                                Michel BONDELET (Lutte ouvrière du 6.8.2008)

vendredi 21 juin 2024

Montée de l’extrême droite : les responsabilités de la gauche

 Montée de l’extrême droite : les responsabilités de la gauche

 Publié le 19/06/2024

L’alliance électorale du Nouveau Front populaire (NFP) se présente comme l’antidote contre le RN. C’est oublier que, depuis quarante ans, la montée de l’extrême droite s’est nourrie des trahisons de la gauche au pouvoir.

Aux élections législatives de 1981, le Front national (FN) obtenait un score de 0,18 %. Son leader, Jean-Marie Le Pen, n’avait pas réussi à se présenter à la présidentielle. À peine cinq ans de gouvernement de gauche plus tard, le FN était monté à 9,65 %, et s’installait durablement dans le paysage politique. Le lien est profond car les Mitterrand, les Marchais, ainsi que les principaux dirigeants syndicaux avaient passé des années à faire croire aux travailleurs que l’alternative électorale allait « changer la vie », selon un de leurs slogans des années 1970. Pour cela, Mitterrand avait même parlé dans ses discours de rupture avec le capitalisme.

Après l’élection de Mitterrand, les espoirs de millions de travailleurs se transformèrent en stupeur. Pendant que des centaines d’usines fermaient, les banquiers pouvaient continuer à s’enrichir. Des milliers de militants du Parti communiste, du Parti socialiste, de la CGT, qui animaient la vie politique et les organisations ouvrières cessèrent progressivement de le faire, se contentant de dire qu’il fallait faire confiance au gouvernement. Si on ajoute la propagande patriotique dont le PCF s’était fait le champion, le terrain était préparé pour les idées agitées par l’extrême droite.

Si les dirigeants des partis de gauche avaient été réellement déterminés à lutter contre l’influence de l’extrême droite, ils auraient dû reconnaître leurs responsabilités dans sa montée spectaculaire. Il n’en fut jamais question. En 1997, après une dissolution de l’Assemblée nationale par Chirac, la « gauche plurielle » se présenta comme particulièrement unitaire, allant du centre au PCF. Mélenchon était de la partie. À nouveau, face à la pauvreté et aux fermetures d’usines, il fut question de promesses, mais en aucun cas d’inciter les travailleurs à se fier à leurs propres forces et à leur organisation. Une fois au gouvernement, Lionel Jospin et ses ministres accompagnèrent les fermetures d’entreprises et en privatisèrent plus que tous les gouvernements de droite ne l’avaient fait avant eux. La loi des 35 heures se révéla une duperie du fait des contreparties données au patronat. Le fruit de cette politique fut, en 2002, l’accès de Le Pen pour la première fois au second tour de l’élection présidentielle.

Il fallut ensuite tout le mépris manifesté par Chirac et Sarkozy durant leurs mandats pour amener Hollande et son gouvernement au pouvoir en 2012. Peu de travailleurs croyaient sérieusement au « changement » qu’ils promettaient. Et en effet, Hollande mit peu de temps à montrer à nouveau à quel point il s’était moqué d’eux, en promulguant, entre autres, son emblématique loi Travail. Un de ses Premiers ministres, Manuel Valls, se rendit célèbre pour ses sorties à la limite du racisme.

Dans le programme du NFP, le terme « rupture » est désormais préféré à « changement », mais Hollande, comme un symbole, a tenu à être un de ses candidats et à s’inscrire dans sa démarche, et Jospin à la soutenir. On continue de creuser le même sillon.

                                               Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°2916)