Carte noire pour une fable
Jeux
olympiques Berlin 1936. Mais c’est Owens qui en reste le symbole
Le mensuel Ma Ville de juin consacre un entretien intitulé « Carte blanche à… Diane de Navacelle
de Coubertin ». Cette dame est membre « de l’association familiale Pierre-de-Coubertin et garante de
l’héritage olympique… ».
Chacun
lira, et s’il le souhaite, creusera ce qu’elle dit de son aïeul, et qui reprend
la fable habituelle glorieuse le concernant. Pour éclairer la vision bien
différente que nous pouvons en avoir, je joins ci-dessous un article ancien de
notre hebdomadaire mais toujours aussi valable.
Certes
que pèsera pour le travail de vérité cet article de notre blog face aux
47 500 exemplaires de Ma ville distribués à Argenteuil ! DM
Pierre de
Coubertin, élitiste, misogyne, colonialiste et raciste
Publié le 06/08/2008
« Nous devons à Pierre de
Coubertin, revendique aujourd'hui le CIO, toute l'organisation des Jeux
olympiques, qui ont bénéficié de son esprit méthodique, précis et de sa large
compréhension des aspirations et des besoins de la jeunesse. » Mais même pour
son époque, le fondateur des Jeux olympiques modernes, le baron Pierre de
Coubertin, était un sacré réactionnaire.
La philosophie qui présidait aux
Jeux modernes était sans ambiguïté : « La première caractéristique de
l'olympisme est d'être une religion, disait-il. En ciselant son corps par
l'exercice, l'athlète antique honorait les dieux. L'athlète moderne fait de
même : il exalte sa race, sa patrie et son drapeau. »
Les premiers Jeux furent même
marqués par un racisme éhonté. « Je suis un colonial fanatique », écrivait sans
mentir le baron Coubertin. Il était raciste, persuadé de la supériorité des
Blancs sur les Noirs : « À la race blanche, d'essence supérieure, toutes les
autres doivent faire allégeance ». Il affirmait ainsi sa vision de la
hiérarchie entre les peuples de la planète : « Il y a deux races distinctes :
celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des
maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. Hé bien ! C'est dans
les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de
cette éducation n'est appréciable qu'aux forts. »
Coubertin était résolument
hostile à la participation des femmes aux JO, qu'il appelait « les olympiades
femelles, inintéressantes, inesthétiques et incorrectes », sauf à un titre : «
Aux Jeux olympiques, leur rôle devrait être surtout, comme aux anciens
tournois, de couronner les vainqueurs. » Même pour les milieux bourgeois de son
époque, Coubertin sentait la naphtaline.
Avant de mourir en 1937, il
trouva un ultime motif de satisfaction : les JO de Berlin en 1936. Alors que
bien des gens réclamaient leur boycott, Coubertin soutint de bon cœur le régime
hitlérien qu'il admirait : « La onzième olympiade s'accomplit sur un plan
magnifique. J'ai l'impression que toute l'Allemagne, depuis son chef jusqu'au
plus humble de ses écoliers, souhaite ardemment que la célébration de 1936 soit
une des plus belles. Dès aujourd'hui, je veux remercier le gouvernement
allemand pour la préparation de la onzième olympiade. » Hitler lui renvoya
l'ascenseur en proposant Coubertin pour le prix Nobel, ce que l'Académie Nobel,
pourtant très conservatrice, refusa.
Michel BONDELET
(Lutte ouvrière du 6.8.2008)