Une
révolte contre l’oppression sociale
Publié le 22/05/2024
En Nouvelle-Calédonie, la
discrimination, l’oppression ethnique et le racisme viennent s’ajouter à
l’oppression sociale et à l’exploitation capitaliste. La discrimination se
mesure dans l’enseignement. Trente-six pour cent des Kanaks âgés de 15 à
64 ans n’ont pas de diplôme, contre 17 % des non-kanaks. Partout, à
l’école, dans l’emploi et le logement, les Kanaks sont des citoyens de seconde
zone. Certes, depuis 1989, l’État français a construit dans les terres kanakes
des infrastructures de transport et de santé, des écoles, des collèges. Mais
les écarts entre Kanaks et non-kanaks ne se comblent pas. Ainsi, les filières
générales du prestigieux lycée de Nouméa, fréquenté par les enfants des milieux
aisés de la capitale du territoire, restent massivement composées d’élèves
d’origine européenne. La jeunesse kanake prend tout cela en pleine figure. Elle
peut considérer qu’elle n’a pas d’avenir, qu’elle est condamnée à la pauvreté,
au chômage, et en plus elle constate qu’elle se fait refuser, à la tête du
client, un logement à Nouméa, comme elle s’y fait refuser l’entrée des boîtes
de nuit.
La colère de la jeunesse, parce
qu’elle va bien au-delà de la question du corps électoral, a fait peur au petit
monde politicien de l’archipel. Les partis de droite et d’extrême droite ont
armé une partie des leurs, en les organisant dans des milices ou des groupes de
« voisins vigilants », avec l’approbation de l’État français exprimé dans les
déclarations de son haut-commissaire. Une partie des dirigeants nationalistes
kanaks ont, quant à eux, très tôt désavoué les émeutes, la colère étant allée
au-delà du cadre qu’ils avaient prévu et les jeunes étant hors de leur
contrôle. Cité par le journal Le Monde, Louis Mapou, indépendantiste et
chef du gouvernement calédonien, a déclaré : « la frustration, la colère ne
doivent pas nous engager dans une dynamique de rupture. (…) On ne peut
pas se mettre tout d’un coup à détruire ce qu’on a construit difficilement
depuis 1988. »
Quoi qu’en dise Louis Mapou, le
fait que depuis 1988 les partis indépendantistes aient été associés au pouvoir
local n’a rien apporté à la jeunesse pauvre, kanake ou d’autre origine. Ce sont
ses aspirations à un véritable changement social qui explosent aujourd’hui.
Serge
Benham (Lutte ouvrière n°2912)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région (GAB : guichet à billets) :
-Aujourd’hui samedi 25 mai, de 10 h.15 à 10 h.55
devant Monoprix,
Et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 26 mai, de 10 h.15 devant Intermarché,
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;
-Lundi 27 mai, de 18 à 19 heures dans le centre
commercial de Saint-Gratien…