dimanche 26 mai 2024

Régime syrien : un procès qui ne pouvait qu’escamoter les complicités

 

Une politique extérieure « démocratique » de l’État français tellement à géométrie variable

 


Le procès de trois généraux syriens vient de se tenir à Paris. Ils étaient jugés pour complicité de crime contre l’humanité et complicité de crimes de guerre : proches de Bachar el-Assad, ils auraient arrêté, torturé et tué un père et son fils franco-syriens il y a une dizaine d’années. Ils ont été condamnés à la prison à perpétuité.

         Il faut une bonne dose de culot aux autorités françaises pour avoir mis en scène un tel procès alors que Chirac avait en son temps remis la légion d’honneur à el-Assad. La politique extérieure de l’État français s’est toujours appuyé sur des dictateurs, comme lorsqu’elle déroule le tapis rouge à Mohamed ben Salmane, prince saoudien qui a fait assassiner et découper un journaliste opposant.

         Mais le procès des méthodes de l’État français pour maintenir sa domination impérialiste n’a bien sûr pas eu lieu.

samedi 25 mai 2024

Nouvelle-Calédonie : Une révolte contre l’oppression sociale

Une révolte contre l’oppression sociale

Publié le 22/05/2024

En Nouvelle-Calédonie, la discrimination, l’oppression ethnique et le racisme viennent s’ajouter à l’oppression sociale et à l’exploitation capitaliste. La discrimination se mesure dans l’enseignement. Trente-six pour cent des Kanaks âgés de 15 à 64 ans n’ont pas de diplôme, contre 17 % des non-kanaks. Partout, à l’école, dans l’emploi et le logement, les Kanaks sont des citoyens de seconde zone. Certes, depuis 1989, l’État français a construit dans les terres kanakes des infrastructures de transport et de santé, des écoles, des collèges. Mais les écarts entre Kanaks et non-kanaks ne se comblent pas. Ainsi, les filières générales du prestigieux lycée de Nouméa, fréquenté par les enfants des milieux aisés de la capitale du territoire, restent massivement composées d’élèves d’origine européenne. La jeunesse kanake prend tout cela en pleine figure. Elle peut considérer qu’elle n’a pas d’avenir, qu’elle est condamnée à la pauvreté, au chômage, et en plus elle constate qu’elle se fait refuser, à la tête du client, un logement à Nouméa, comme elle s’y fait refuser l’entrée des boîtes de nuit.

La colère de la jeunesse, parce qu’elle va bien au-delà de la question du corps électoral, a fait peur au petit monde politicien de l’archipel. Les partis de droite et d’extrême droite ont armé une partie des leurs, en les organisant dans des milices ou des groupes de « voisins vigilants », avec l’approbation de l’État français exprimé dans les déclarations de son haut-commissaire. Une partie des dirigeants nationalistes kanaks ont, quant à eux, très tôt désavoué les émeutes, la colère étant allée au-delà du cadre qu’ils avaient prévu et les jeunes étant hors de leur contrôle. Cité par le journal Le Monde, Louis Mapou, indépendantiste et chef du gouvernement calédonien, a déclaré : « la frustration, la colère ne doivent pas nous engager dans une dynamique de rupture. (…) On ne peut pas se mettre tout d’un coup à détruire ce qu’on a construit difficilement depuis 1988. »

Quoi qu’en dise Louis Mapou, le fait que depuis 1988 les partis indépendantistes aient été associés au pouvoir local n’a rien apporté à la jeunesse pauvre, kanake ou d’autre origine. Ce sont ses aspirations à un véritable changement social qui explosent aujourd’hui.

                                        Serge Benham (Lutte ouvrière n°2912)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région (GAB : guichet à billets) :

-Aujourd’hui samedi 25 mai, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix,

Et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 26 mai, de 10 h.15 devant Intermarché,

Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

-Lundi 27 mai, de 18 à 19 heures dans le centre commercial de Saint-Gratien…

 

Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs. C’était à Presles dimanche dernier, c’était sur Cnews, mais devant les gouttes, la pugnacité de Nathalie ARTHAUD – 11 mn 22

Biogroup : une grève et des revendications qui concernent des milliers de travailleurs, dont des dizaines à Argenteuil

 Biogroup Lorraine. Grève suspendue, mais colère maintenue

Publié le 22/05/2024

Démarrée sur un appel syndical de FO et de la CGT, lundi 13 mai, la grève des employés des laboratoires d’analyses médicales de Biogroup Lorraine a duré quatre jours, à la surprise générale.

La grève a été massive à 80 % le premier jour et à 60 % le dernier jour, jeudi 16 mai, dans les 70 laboratoires lorrains qui emploient 750 salariés. Les syndicats ont appelé à suspendre le mouvement face à la direction qui exigeait la reprise du travail pour commencer à négocier… mais qui n’a cédé que des miettes : 4 % pour les plus bas salaires, un pourcentage dégressif pour les plus élevés, soit à peine 60 euros brut.

Le mécontentement accumulé depuis le Covid où, de l’infirmière au coursier, les rythmes de travail ont été insupportables, ajouté à des salaires qui n’augmentent pas, une prime de participation divisée par quatre, tout cela a fait déborder le vase. Tout le monde a été surpris de la détermination et de la colère des grévistes, et la floraison de pancartes improvisées a montré à quel point ils en avaient assez.

La visite de François Ruffin, accompagné de la députée LFI de la circonscription, venus soutenir la grève à son troisième jour, a été appréciée par les grévistes. Ils étaient plus de 200 devant le siège du groupe à Metz, venus de plusieurs villes de Lorraine.

Les syndicats revendiquaient un treizième mois mais étaient divisés sur la revendication de salaire. FO réclamait 7 % d’augmentation, ce qui favoriserait les plus hauts revenus, et la CGT 300 euros pour tous. Chacun est resté sur ses positions et les grévistes n’ont pas été appelés à décider par eux- mêmes. Mais ils ont été unanimes à dénoncer l’enrichissement scandaleux des actionnaires : tandis que la masse salariale a baissé l’an dernier, passant de 25 millions à 20 millions d’euros, les dividendes, eux, ont augmenté et la rentabilité a explosé à 14 %. Alors, ce n’est pas fini à Biogroup : des débrayages et des grèves ont eu lieu dans d’autres régions du pays pour les mêmes raisons depuis le début de l’année.

Les employés des laboratoires, veulent des salaires et des conditions de travail correctes. Ils n’ont pas dit leur dernier mot.

                            Étienne Hourdin (Lutte ouvrière n°2912)

L’ex PDG d’EDF : petits arrangements entre amis

Le langage si révélateur de ces gens-là

 

 

L’ex-PDG d’EDF, Henri Proglio, est jugé pour avoir passé 44 contrats avec des consultants plus ou moins proches de lui sans passer par des appels d’offres, quand il était à la tête du groupe. 

         Pour sa défense, il a parlé de « petits contrats de la vie de tous les jours », ajoutant : « 22 millions d’euros, c’est peu d’argent, c’est rien ».

         Certes cela ne représente que 0,005 % du chiffre d’affaires d’EDF pendant que Proglio était à sa tête. Mais dans leur vie de tous les jours, les travailleurs d’EDF et des sous-traitants qui en dépendent sont très loin de considérer les millions comme rien…