Gaza : un
conflit sans fin
10 Janvier 2024
L’extrême
droite israélienne voit dans la guerre à Gaza une occasion de pousser plus
avant la réalisation de son programme d’expulsion des Palestiniens de leurs
terres.
Le dirigeant du Parti sioniste
religieux, Bezalel Smotrich, ministre des Finances, a avancé un objectif
chiffré : « 100 000 ou 200 000 Arabes à Gaza »,
ce qui supposerait d’expulser plus de deux millions de Palestiniens. Il est
aussi partisan d’y réimplanter des colonies juives.
Yoav Gallant, ministre de la
Défense, a pris le contrepied : « Il n’y aura pas de présence
civile israélienne dans la bande de Gaza une fois que les objectifs de la
guerre auront été atteints ». Resté très flou sur les « acteurs
palestiniens » qui pourraient administrer la bande de Gaza et y assurer la
sécurité, « à condition qu’ils ne soient pas hostiles à Israël et
n’agissent pas contre lui », il n’a pas fait référence à l’Autorité
palestinienne, ni au Fatah, le parti de son président, Mahmoud Abbas,
contrairement à ce que souhaitent les États-Unis, qui parlent d’une Autorité
palestinienne « renouvelée » pour diriger la bande de Gaza. Selon ce
plan, l’armée israélienne se réserverait le droit d’intervenir à Gaza, ce
qu’elle n’a jamais cessé de faire depuis qu’elle s’est retirée de ce territoire
en 2005.
Gallant a également évoqué une
« force internationale », dirigée par les États-Unis avec l’aide
d’États européens et arabes, qui se chargerait de coordonner l’aide humanitaire
et de financer et organiser la reconstruction, à laquelle Israël ne compte
prendre aucune part.
Le plan Gallant n’a pas été
approuvé par le gouvernement israélien, qui est divisé et subit la pression de
ses ministres d’extrême droite.
Pour l’instant, le seul plan du
gouvernement israélien est l’écrasement de la population gazaouie sous les
bombes.
En trois mois, il y a eu plus de
22 000 morts, 7 000 disparus. L’eau, la nourriture, l’électricité,
les médicaments manquent, les hôpitaux ne fonctionnent pratiquement plus. À
Rafah, tout au sud de l’enclave, 500 000 personnes déplacées vivent dans
la rue, sur les routes, exposées au froid, à la pluie, à la boue. Les épidémies
et la famine menacent.
Les discussions qui se mènent au
sommet de l’État israélien montrent que ses dirigeants n’ont rien d’autre à
proposer que la perpétuation de l’oppression des Palestiniens et des guerres
qu’elle engendre.
Hélène COMTE (Lutte ouvrière
n°2993)