Les
migrants sont nos frères de classe
25 septembre 2023
Samedi, à Marseille, le Pape
tenait une gigantesque messe dans le stade vélodrome. Grâce à l’argent du
multimilliardaire Rodolphe Saadé, PDG du groupe de transport maritime CMA CGM,
il a même pu faire un tour dans les rues de la ville retransmis sur des écrans
géants. En bon chrétien, le Pape a rappelé cette évidence que les migrants sont
des êtres humains. Et tous les médias se sont émerveillés de ces propos. Quelle
mascarade ! Le lendemain, à peine Macron s’était-il relevé de sa
prosternation devant le Pape, que dans son allocution à la télévision, il
confirmait le durcissement de sa politique envers les migrants.
Oui, la politique de l’Union
européenne vis-à-vis des migrants est abjecte. Alors que leur nombre est
dérisoire au regard de la taille de l’Europe et de sa population, les
dirigeants au pouvoir font croire que la situation serait ingérable. Mais de
l’aveu même de l’agence européenne qui comptabilise les entrées irrégulières
dans l’UE, il y en aurait eu 230 000 cette année, à peine quatre fois le
nombre de gens venus écouter le Pape durant sa messe. Les pays européens ont
les moyens de les accueillir, mais leurs dirigeants n’abandonneront pas la
politique du bouc-émissaire qui leur permet de faire diversion devant le
mécontentement qui grandit à cause de l’inflation et de la crise économique.
Les prix ne cessent d’augmenter.
« Ça va continuer », a dit Macron. Mais tout le monde sait qui est à
l’origine de cette situation : il s’agit de TotalEnergies, des groupes de
l’agroalimentaire comme Danone et Nestlé, de ceux de la distribution comme
Carrefour et Leclerc ou encore de CMA CGM qui a fait 25 milliards d’euros de
bénéfices l’an dernier en faisant exploser les prix du transport de
marchandises. Mais pour le gouvernement, il n’est pas question de s’en prendre
à ces trusts. Il n’y a qu’à voir ce qui s’est passé avec les prix des
carburants. Le gouvernement a évoqué l’idée d’autoriser la vente à perte pour
faire baisser les prix. Cela a aussitôt été rejeté par les distributeurs et les
pétroliers. Et immédiatement Macron a retiré son projet.
Lui comme les autres dirigeants
politiques de l’UE préfèrent pointer du doigt les migrants, prétendant qu’il
n’est pas possible « d’accueillir toute la misère du monde ».
Comme s’ils n’étaient pas responsables de la misère d’ici et d’ailleurs !
Car d’où vient la misère que
fuient les migrants ? La plupart des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique
latine sont des pays riches en matières premières. C’est là-bas que TotalEnergies
va pomper son pétrole et que d’autres industriels vont chercher leurs matières
premières. Ces pays ont été maintenus dans le sous-développement par le pillage
des grands groupes capitalistes des pays impérialistes, ces mêmes groupes qui
nous exploitent et nous rackettent ici avec l’inflation. En compensation de ce
pillage, les cliques dirigeantes de ces pays ont reçu des miettes, non pour
développer leur pays mais pour pouvoir se vautrer dans le luxe au milieu d’une
misère noire. Et surtout, cet argent sert à mettre sur pied des armées, avec
l’aide de celles des pays riches, capables de tenir les populations. C’est ce
qu’a fait la France en Afrique. À tout cela s’ajoutent les catastrophes
climatiques et les guerres que toute cette situation entraîne.
Alors, travailleurs, ne nous
laissons pas entrainer dans le piège de voir les migrants comme une menace.
Ceux qui cherchent à nous dresser les uns contre les autres sont nos pires
ennemis. Ces dirigeants politiques, ceux au pouvoir comme ceux qui espèrent y
être, sont au service des plus riches et ils se moquent de nos vies tout autant
que de celles des migrants.
Par contre, les migrants seront à
côté de nous dans les entreprises et dans nos quartiers et deviendront nos
sœurs et nos frères de classe. Et en tant que travailleurs, nous devons être
pour la liberté de circulation et d’installation et pour que tous les
travailleurs, d’où qu’ils viennent, aient les mêmes droits. Il ne s’agit pas
seulement d’une question d’humanité, c’est aussi une question vitale pour le
camp de la classe ouvrière. Celle-ci peut être une force considérable, avec une
énergie révolutionnaire irrésistible, mais à la condition qu’elle soit soudée
par une conscience de classe et par un parti porteur d’un programme pour
renverser cet ordre social impérialiste qui pourrit notre vie ici et celle de
milliards d’êtres humains de la planète.
Prolétaires de tous les pays,
unissons-nous !
Nathalie
Arthaud
Les prochaines
permanences prévues :
-Aujourd’hui mardi 26 septembre, de 18 à 19 heures devant
l’Intermarché de la cité Joliot-Curie.
Toutes les semaines, l’hebdomadaire Lutte ouvrière est aussi en vente à la
librairie Le Presse-papier et au Tabac-Presse du mail de la Terrasse du
quartier du Val-Nord que nous remercions.