Nathalie
Arthaud, le 28 mai : “Mener jusqu’au bout la lutte de classe”
31 Mai 2023
Le week-end des 27, 28 et
29 mai, la fête de Lutte ouvrière a été un grand succès. Pendant trois jours,
dans le parc boisé de Presles, des dizaines de milliers de personnes ont pu
avoir un petit aperçu de ce que pourrait être une société humaine et
fraternelle. Les deux meetings de Nathalie Arthaud, dont nous publions ici des
extraits, ont été bien sûr deux moments d’enthousiasme.
Extraits
du meeting de dimanche
[...] Cette fraternité, nous en
avons eu un avant-goût pendant les quatre mois de mobilisation que nous venons
de vivre. Les manifestations où nous nous sommes retrouvés à des centaines de
milliers à travers le pays, tous secteurs et toutes professions confondues,
public et privé, jeunes et moins jeunes, ont fait renaître plus qu’un sentiment
de solidarité : la conscience de former un camp, une classe sociale, une
force collective qui aspire à se faire respecter.
Cela n’a pas suffi pour faire
reculer Macron. Non parce qu’il serait invincible, mais parce que notre camp
n’a pas utilisé son arme principale : la grève qui se répand d’usine en
usine et de secteur en secteur. La grève qui fait mal au portefeuille du grand
patronat et, derrière lui, aux parasites de l’aristocratie financière. La grève
qui permet aux travailleurs de discuter de leurs affaires, de s’organiser, de
prendre des initiatives et se faire craindre. […]
Face aux
menaces de guerre : non à l’union sacrée !
Nous sommes confrontés à tout un
système qui nous enfonce aussi dans les guerres. […] Les bruits de bottes se
multiplient. Non seulement à cause de la guerre en Ukraine et des risques
d’escalade militaire, mais aussi parce que les États-Unis et, derrière eux les
impérialismes de seconde zone, dont la France, préparent l’opinion à la
possibilité d’une guerre contre la Chine. Et ils ne font pas que préparer
l’opinion ! Tous les États se réarment à marche forcée. Ils augmentent
leurs dépenses militaires et veulent passer, expliquent-ils, à une économie de
guerre. […]
Le silence des partis
d’opposition est même assourdissant. S’ils se taisent, c’est qu’ils n’ont rien
à redire à la politique de Macron. […] Si la guerre venait à se généraliser,
les prétendus leaders de l’opposition finiraient par se mettre au garde-à-vous
devant Macron pour défendre les intérêts de l’impérialisme français. Comme
leurs ancêtres politiques l’ont d’ailleurs toujours fait : c’est ce que
l’on appelle l’union sacrée.
Eh bien, nous serons peut-être
les seuls, mais nous ne ferons pas l’union sacrée derrière Macron ! […]
Aucun soutien à la politique belliqueuse du gouvernement français ! Non
aux livraisons d’armes ! Non au doublement du budget de la défense !
Non au militarisme et au nationalisme !
Renverser
le capitalisme, une nécessité
Le renversement du capitalisme
est une nécessité pour assurer un avenir à la planète et à l’humanité tout
entière. […] 34 millions de personnes ont été déplacées suite aux catastrophes
climatiques. Combien d’autres demain ?
Oui, le réchauffement climatique,
qui est la conséquence de la pollution, est en train de bouleverser la vie de
l’humanité. Et il est à mettre sur le compte d’une société où les profits et
les cours boursiers passent toujours avant le reste. Alors, on n’y fera pas
face sans remettre en cause les fondements mêmes de notre système
économique : la propriété privée, la concurrence et la course à la
rentabilité.
Tous les gouvernements parlent
maintenant d’industrie décarbonée ou d’industrie verte. Mais attention, ils ne
forcent pas les industriels à moins polluer : ils les incitent en les
arrosant de milliards ! […]
La grande mode chez les
gouvernants, c’est de parler de planification. Mais qu’est-ce qu’ils sont en
train de planifier ? Le réarmement. La planification la plus poussée
aujourd’hui est celle de la production des munitions, des chars et des
missiles.
Mener la
lutte de classe contre le patronat
Davantage d’injustice, davantage
d’inégalités, davantage de guerres, voilà ce que les capitalistes et leurs
serviteurs politiques nous réservent, à nous et à nos enfants ! Alors, à
la propriété privée d’une toute petite minorité, il faut opposer la perspective
de la collectivisation des grands moyens de production. À la concurrence et au
marché aveugle, il faut opposer la coopération et la planification. Au
capitalisme, il faut opposer la perspective révolutionnaire du
communisme !
Seule une minorité a conscience
de la nécessité et de la possibilité d’un tel bouleversement. Même les
travailleurs combatifs et conscients d’avoir à mener la lutte de classe contre
le patronat ne se croient pas capables d’aller jusqu’à renverser la classe
capitaliste et de prendre eux-mêmes le pouvoir.
Et comment cela serait-il
possible, quand tous les politiciens se présentent comme le messie ?
Regardez comment Le Pen, qui s’est tenue à l’écart de la mobilisation sur les
retraites, s’est empressée de dire que le peuple a encore le moyen de supprimer
la retraite à 64 ans : c’est de voter pour elle en 2027, parce qu’elle
abrogera la loi. C’est de la foutaise ! […] Si Le Pen est élue, elle fera
ce que la bourgeoisie lui demandera de faire, comme les autres, avec en prime
sa politique anti-immigrés, sa politique qui sème la division et affaiblit les
travailleurs, et qui renforce les racistes et les xénophobes jusque dans les
rangs de la classe ouvrière. Cela la place d’emblée dans le camp des
capitalistes.
Mélenchon, lui, ne peut pas dire « Attendez
2027 que je sois élu », puisqu’il n’est pas sûr d’être candidat de la
Nupes, si tant est que la Nupes tienne jusqu’à la prochaine présidentielle.
Mais le cœur y est. Si ce n’est pas lui qui l’affirme, les dirigeants de La
France insoumise, du PS ou du PCF le disent : préparez-vous à voter pour
l’union de la gauche et vous serez sauvés ! Mais qu’ils nous expliquent
alors pourquoi la gauche au pouvoir n’est jamais revenue sur les reculs imposés
par la droite !
Pour être capable de résister aux
pressions de la grande bourgeoisie, il faut être prêt à la combattre vraiment,
jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à l’expropriation de ce qui constitue la base
de sa domination : ses capitaux. Il faut être convaincu que la société
peut fonctionner sans cette couche de parasites. […] C’est cette conscience-là
qui doit se diffuser. Ce n’est véritablement possible que lorsque les
travailleurs se mobilisent. […] Quand la mobilisation est dirigée
démocratiquement par les travailleurs eux-mêmes, ils découvrent non seulement
leur capacité à agir, mais surtout à prendre des initiatives et à s’organiser
pour les réaliser. C’est dans ces moments-là aussi qu’ils peuvent réfléchir en
dehors des sentiers tracés par la bourgeoisie, évoluer et se transformer. C’est
en se mettant en action que les travailleurs peuvent réaliser qu’ils
représentent une force politique. […]
Oui, c’est dans ces moments-là
que les travailleurs peuvent massivement s’emparer des idées révolutionnaires.
Et c’est pour ces moments-là qu’il est indispensable de se battre aujourd’hui
pour faire exister un parti communiste révolutionnaire. Un parti communiste
révolutionnaire capable de s’armer de tout le capital politique que les
dirigeants révolutionnaires qu’étaient Marx, Lénine, Rosa Luxembourg, Trotsky
ont tiré de la longue et riche histoire du mouvement ouvrier. […]