lundi 15 mai 2023

SNU : pas le bienvenu à Strasbourg

Une bataille gagnée

 


Le village du SNU (Service national universel) devait s’installer à Strasbourg le samedi 13 mai au matin pour présenter aux jeunes le ‘’séjour de cohésion’’ autour du lever de drapeau, de la Marseillaise et des "rites républicains"...

     Environ 150 lycéens, étudiants, militants politiques et syndicaux se sont rassemblés pour accueillir comme il se doit les promoteurs de l’armée. Malgré la présence de la police, la caravane du SNU n’a pas osé se montrer et aucun stand n’a été monté. Elle a préféré fuir les manifestants en allant s’installer 30 kilomètres plus loin, à Haguenau.

      Alors que les gouvernements se préparent à la guerre, la jeunesse a mieux à faire que d’apprendre à marcher au pas, et ceux qui protestent contre son encasernement ont bien raison !

 

Argenteuil, vie associative, de beaux succès lorsque les habitants prennent leurs affaires et leurs fêtes en main

 

Le succès de la fête de printemps


 
 

La deuxième fête organisée par l’association des commerçants du centre-ville a été un succès hier sur les trottoirs de l’avenue Gabriel-Péri. Ce succès amène deux réflexions.

         La première est que, quand les habitants et des acteurs de la Ville se donnent les moyens de réussir une initiative, ils y parviennent.

         La seconde est le fait que la fête d’hier est une démonstration. Les larges trottoirs de l’avenue Gabriel Péri offrent de très nombreuses possibilités, pour des animations, des brocantes, des opérations de commerçants, et des terrasses. Cette avenue a jusqu’alors été largement sous-utilisée. Il faut que cela change.

         En tout cas, si des aménagements sont nécessaires pour améliorer cette avenue, la nouvelle opération prévue à millions pour cet axe paraît largement inutile. Des millions qui pourrait servir à bien autre chose.DM

Le CNR : derrière le mythe, une opération politique

Le CNR : derrière le mythe, une opération politique

10 Mai 2023

À l’occasion de l’hommage de Macron à Jean Moulin, le 8 mai à Lyon, la CGT a tenu à placer la manifestation de protestation sous le signe de la défense de « l’héritage social de la Résistance ». Elle s’est revendiquée de Jean Moulin qui, selon elle, « a unifié toutes les résistances derrière le programme du CNR ».

Pour bien des organisations sociales, le Conseil national de la Résistance (CNR) serait la matrice de toutes les avancées des 80 dernières années, en particulier la Sécurité sociale et la retraite par répartition. Ambroise Croizat, ministre PCF du Travail et de la Sécurité sociale en 1945-1946, est célébré comme un héros de la classe ouvrière. Mais le CNR camouflait une opération politique.

En unifiant la Résistance, Jean Moulin, ex-préfet en mission pour de Gaulle, visait à réaliser derrière ce général réactionnaire l’union de tous les partis, de la droite jusqu’au PCF. L’objectif était de remettre en selle l’appareil d’État français, en s’émancipant le plus possible de la tutelle américaine et en évitant toute révolte sociale. Le programme du CNR, les « jours heureux », était l’habillage social de cette unité politique. Dans cette alliance, le PCF apportait son influence parmi les classes populaires et son réseau militant capable d’encadrer les travailleurs qui espéraient que leur vie change après la guerre. En échange, de Gaulle allait donner au PCF trois puis cinq ministères dans les gouvernements issus du CNR.

Le rôle du PCF et de la CGT entre 1944 et 1947 fut de promettre aux travailleurs des jours heureux lointains pour leur faire accepter les sacrifices immédiats, rationnement, travaux pénibles, et la remise en place de l’ordre social. Maurice Thorez, dirigeant du PCF et ministre d’État, fustigea « la grève, arme des trusts » et exhorta les mineurs de charbon à « produire, produire et encore produire » pour gagner la bataille de la production. À ceux qui n’avaient pas oublié le rôle de la police sous Pétain, à ceux qui entendaient maintenir des milices armées, il ordonna : « Une seule police, une seule armée ». La police de Macron et Darmanin qui éborgne aujourd’hui les manifestants est la lointaine héritière de la police pétainiste blanchie par le gouvernement issu du CNR.

L’État rebâti sous l’égide de de Gaulle et Thorez n’était en rien celui des travailleurs. À quelques exceptions près, les grands patrons qui avaient fait des affaires pendant l’occupation allemande conservèrent leurs usines. Les nationalisations tant vantées permirent la reconstruction et l’approvisionnement de leurs entreprises détruites. Même les concessions faites aux travailleurs, les assurances sociales et la retraite, profitaient aux patrons : construire un système collectif d’assurance maladie ou vieillesse leur permettait de maintenir les salaires au plus bas.

Symbole du fait que le gouverne­ment issu du CNR défen­dait coûte que coûte les intérêts de la bourgeoisie française : le 8 mai 1945, de Gaulle faisait bombarder et massacrer plusieurs dizaines de milliers d’Algériens à ­Sétif et Guelma parce qu’ils avaient osé se révolter contre l’ordre colonial. Les ministres du PCF et les chefs de la CGT apportèrent leur caution à ces massacres.

Taire cette histoire serait se préparer à livrer une nouvelle fois les travailleurs à leurs exploiteurs.

                                                    Xavier LACHAU (Lutte ouvrière n°2858)