Poutine
fait aussi la guerre à son propre peuple
09 Mars 2022
En lançant ses tanks et ses
bombardiers sur l’Ukraine, Poutine a enfermé les habitants de Kiev, Kharkov,
Marioupol et Odessa dans un étau de feu et de mort. Mais, en Russie même, la
population n’est pas épargnée par l’état de guerre, même si le Kremlin ne l’a
pas encore déclaré.
Dès le 25 février, les autorités
russes ont promulgué des décrets restreignant un peu plus ce qu’il restait de
liberté d’expression.
La Douma (la Chambre des députés)
vient d’interdire tout propos ou écrit attentatoire à la réputation de l’armée.
Cela peut coûter 12 ans de prison. La diffusion d’informations qualifiées de
fausses sur l’« opération militaire spéciale » de Poutine, sa guerre en fait,
vaut trois ans de prison ; elle vaut cinq ans si des fonctionnaires ou des «
groupes organisés » sont impliqués, et jusqu’à 15 ans s’il s’ensuit des «
conséquences graves ». Apporter son soutien à des institutions ou à des
personnes en Ukraine, où beaucoup de Russes ont de la famille, même par un don
humanitaire, est considéré comme une « trahison de l’État »…
Les directions des grandes
entreprises et des établissements d’enseignement ont fait allégeance au maître
du Kremlin. Elles affichent même les mesures qu’elles prennent contre ceux qui,
en leur sein, rejettent la politique de Poutine.
« Ce n’est pas le moment de nous
diviser, mais de nous unir, et de nous unir autour de notre président », a
déclaré le porte-parole de Poutine. Ce message est martelé jusqu’à la nausée
par les chaînes de télévision, où ne s’expriment que les hommes du pouvoir.
Pour museler toute voix
discordante, le pouvoir a bloqué l’accès à certains réseaux sociaux, a interdit
la radio libérale Èkho Moskvy et son pendant télévisé Dojd’. Quant au dernier
journal anti-Poutine, Novaïa Gazeta, qui ne paraît déjà pas tous les jours, il
ne sort plus qu’avec de grands placards blancs à la place d’articles censurés.
Place nette a été faite devant le
rouleau compresseur de la propagande. Il est ainsi plus difficile encore de
contrer les mensonges du Kremlin, qui prétend secourir les russophones
d’Ukraine, auprès d’une population russe qui n’imaginait pas une telle guerre
possible, une opinion que beaucoup n’hésitaient pas à exprimer encore
récemment.
La censure, l’interdiction de
manifester, la menace de la répression et l’absence d’une opposition organisée
au régime, à plus forte raison du point de vue des intérêts des classes
populaires, n’ont pas empêché des manifestations contre la guerre dans les
grandes villes du pays.
Malgré les risques encourus, dont
le moindre est une « condamnation administrative » qui peut aller jusqu’à vingt
jours de prison pour participation à un « rassemblement illégal sur la voie
publique », certains de ceux que cette guerre indigne tiennent à le crier haut
et fort. Et ils sont assez nombreux pour qu’en deux semaines il y ait eu déjà
15 000 arrestations. Les tabassages au poste de police, la perte de son travail
ou l’interdiction de poursuivre ses études n’ont pas découragé ces
manifestants. On a remarqué qu’il se trouvait parmi eux des jeunes en nombre
significatif : des lycéens, des étudiants, voire de jeunes travailleurs qui,
fin février encore, disaient que cette guerre ne serait pas la leur.
Les jeunes du monde du travail
ont des raisons de craindre de se retrouver aux premières loges si la guerre se
poursuit. Certes, Poutine prétend n’expédier en Ukraine que des engagés, afin
de rassurer les parents de conscrits. Mais si, dans les grandes villes, les
jeunes issus de la petite bourgeoisie arrivent à échapper à l’armée par le
piston ou un pot-de-vin, dans la classe ouvrière et en province tout le monde
sait à quoi s’expose un appelé qui refuse de signer le contrat d’engagement «
volontaire » que lui tend un gradé.
Il est peu probable que
l’ambiance d’union sacrée et la pression visant à faire s’aligner tout le monde
derrière Poutine aient pu effacer d’un coup les réserves, pour le moins, des
classes populaires à l’encontre du régime. À leur façon, les faits récents
pourraient même les conforter, même s’il est très difficile de le mesurer.
Le pouvoir a saisi l’occasion de
la discussion à la Douma sur la reconnaissance des républiques sécessionnistes
du Donbass, pour menacer de supprimer le treizième mois des travailleurs qui en
ont un, au nom de l’effort collectif national à consentir. C’est une mesure que
le Kremlin a pris soin de laisser proposer par un député du KPRF, le parti dit
communiste qui est pro-Poutine et pro-guerre.
Le conflit a ainsi servi de
prétexte à une nouvelle attaque contre la classe ouvrière. Le lien saute aussi
aux yeux entre cette guerre et l’effondrement du rouble. Depuis le 22 février,
la monnaie russe a perdu la moitié de sa valeur en dollars ou en euros. Du
coup, de nombreux produits importés, quand ils n’ont pas disparu avec les
sanctions occidentales, ont vu leur prix exploser sans que les salaires
suivent. C’est le niveau de vie de dizaines de millions de travailleurs et de
retraités qui s’effondre avec la guerre.
L’emploi n’est pas mieux loti.
Dans l’automobile en particulier, les usines de grands groupes mondiaux
(Volkswagen à Nijny-Novgorod, Renault à Moscou et Togliatti, par exemple) ont
mis au chômage tout ou partie de leurs dizaines de milliers de salariés. Leurs
directions arguent des sanctions, qui bloquent l’arrivée de composants et
pièces détachées, mais elles se gardent bien de dire si et comment ce chômage
technique sera indemnisé.
À cela s’ajoute partout une mise
au pas des travailleurs, au nom de la défense de la patrie.
Une grève contre un système qui
faisait dépendre les salaires du cours du rouble vient d’avoir lieu dans
l’industrie, chez Ghermont au Tatarstan. La direction a préféré céder. On ne
sait si de tels faits vont se répéter et si la contestation ouvrière pourrait
s’étendre. Mais une chose est certaine : des réactions venant de la classe
ouvrière seraient la meilleure chose qui puisse arriver pour faire cesser cette
guerre fratricide, et pour faire que cette guerre ne soit pas entre deux pays
ou deux parties d’un même peuple, mais entre les exploités d’une part, et leurs
oppresseurs, leurs exploiteurs d’autre part, et cela quelle que soit leur
nationalité.
Pierre
LAFFITTE (Lutte ouvrière n°2797)
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Argenteuil,
plus de passe vaccinal nécessaire pour assister au banquet de Lutte ouvrière le
samedi 19 mars prochain à L’Atrium
L’occasion
de se retrouver pour une soirée fraternelle, c’est nécessaire, on en a besoin
Voilà une bonne
nouvelle dans ces temps gris. Plus de passe vaccinal à partir du 14 mars. Cela
tombe bien puisque notre banquet est le 19…
La municipalité ne nous a pas facilité la tâche en ne répondant à notre
demande de salle pour l’organisation du banquet que très tardivement, cinq semaines
avant la date prévue, alors qu’il nous faut habituellement plusieurs mois pour
l’organiser. Mais nous avons décidé de relever le défi.
Le banquet-soirée dansante aura lieu le 19 mars dans la salle de l’Atrium,
route de Cormeilles, à partir de 19 heures. Le nombre de convives est limité à
250. Pour réserver sa place, il faut le faire vite, très vite.
Les « « moonlights swampers » animeront la soirée dansante.
Nous avons besoin de nous retrouver. Voilà une première occasion de le faire après
ces mois et ces mois d’incertitude, et dans la situation de tension
internationale actuelle. Faisons que notre soirée du 19 mars soit un succès et
nous réchauffe. Amenons-y nos familles, nos voisins, nos amis. Pour passer une
soirée de fraternité et d’amitié, mais aussi pour échanger, pour faire le
point, et discuter de nos perspectives révolutionnaires.
Pour s’inscrire, 17 euros par personne adulte, et 8 par enfant ! (Chèque à
l’ordre de D. Mariette, ou en espèces). Contact : Dominique M. 0699499864
MDommarie@aol.com
Dimanche 3
avril
Meeting
national de Nathalie Arthaud
à 15h00
ZÉNITH PARIS –
LA VILLETTE
Accès piétons :
Porte de Pantin
Parking : Porte
de la Villette
Il faut
s’inscrire auprès de Thierry Pellet pour le départ en car d’Argenteuil au
0664197885
Les
prochaines permanences
-aujourd’hui
jeudi 10 mars, de 17 h.45 à 18 h.30, au Val-Nord devant le centre commercial de
l’esplanade de la Commune de Paris ;
- vendredi
11 mars, de 15 h.40 à 16 h.40 marché du Val-Nord ;
Et de 17
h.15 à 18 h.15 carrefour Babou ;
-samedi
12 mars, de 10 h. à 10 h.30 marché des Coteaux ;
-de 11 h.
à midi au marché de la Colonie ;
-et de 11
h. à midi dans le centre commercial de la cité Joliot-Curie ;
-Dimanche
13 mars, de 10 h. à 10 h.55 devant l’Intermarché du centre,
Et de 11 h. à midi, au marché Héloïse.
-lundi 14
mars, de 18 à 19 h, centre commercial, Les Raguenets, Saint-Gratien ;
-mercredi
15 mars, de 11 h. à 11 h.45 au marché des Champioux.
Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,2 euro) numéro 2796 et Lutte
de classe (2,5 euros) n°223 (au « Presse papier » seulement), lors
des permanences et :
Chez les marchands de
la presse :
-au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac de la « dalle » ;
-librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri.
Nathalie
Arthaud dans les médias :
Regardez les
nombreuses vidéos sur le site lutte-ouvriere.org et
https://www.nathalie-arthaud.info/
La Fête de
Lutte ouvrière à Presles, les 27, 28 et 29 mai 2022
Les habitués de
la fête de Lutte ouvrière à Presles savent que celle-ci se tient d’ordinaire
lors du week-end de la Pentecôte. Or la ligne H de la SNCF, qui dessert la gare
de Presles-Courcelles, sera interrompue pour travaux à la Pentecôte 2022. C’est
pourquoi nous avons décidé d’avancer notre fête annuelle, et de l’organiser
pendant le week-end de l’Ascension, soit les vendredi 27, samedi 28 et dimanche
29 mai 2022. Des dates à retenir !
Attention : mes 5 articles du jour apparaissent parfois sur deux pages
voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première
page sur « articles plus anciens). DM.