Contre
tous les politiciens de la bourgeoisie : le camp des travailleurs !
20/12/2021
En plus de Mélenchon, de Roussel
pour le PCF et de Jadot pour les écologistes, il y a maintenant trois autres
candidats à la présidentielle, qui se réclament de la gauche façon PS :
Hidalgo, Montebourg et Taubira. Cette dernière vient tout juste de sortir du
bois et appelle à l’unité sur le mode « moi devant et tous
derrière ».
L’union de la gauche n’est donc
pas pour demain, et il n’y a vraiment pas à le regretter ! Rappelons-nous
que tous les gouvernements de gauche ont été des serviteurs dévoués de la
bourgeoisie et des ennemis ouverts des travailleurs.
Pour parvenir au pouvoir, les
politiciens de gauche sont capables de jouer aux anticapitalistes, et le PCF
les a souvent aidés dans cette comédie électoraliste. En 1981, Mitterrand avait
été élu en faisant campagne sur la « rupture avec le capitalisme »,
formule reprise aujourd’hui par son disciple Mélenchon. En 2012, Hollande avait
tenté de susciter un peu d’enthousiasme en déclarant « Mon ennemi c’est
la finance ».
Comment le cinéma a-t-il
fini ? Par des gouvernements Mitterrand, Jospin et Hollande qui se sont
non seulement transformés en paillassons de la bourgeoisie, mais qui ont
attaqué la condition ouvrière : blocage des salaires, licenciements et
chômage de masse, démolition du code du travail, recul de la retraite,
privatisations, cadeaux au patronat, suppressions de lits dans les hôpitaux…
Au pouvoir, la gauche a aidé le
grand capital à prospérer en tapant sur les classes populaires aussi fort que
la droite. Alors, si les politiciens d’extrême droite et de droite sont les
ennemis ouverts du monde du travail, ceux de gauche le sont autant,
l’hypocrisie en plus.
Tant que la situation économique
de la bourgeoisie lui permettait d’accorder des miettes au monde du travail, la
gauche pouvait entretenir le mythe d’une politique plus favorable aux
exploités. Avec la crise, cette illusion a fait long feu.
Mais ces décennies d’illusions
électoralistes ont détourné les travailleurs des luttes et de la conscience de
classe. Elles les ont démoralisés et déboussolés au point de discréditer
l’idéal socialiste ou communiste que ces partis prétendent encore incarner par
leur nom. Elles ont conduit nombre de femmes et d’hommes des classes populaires
à rejeter toute politique, quand elles n’ont pas fait le lit des démagogues
d’extrême-droite.
Il est vain de chercher un
sauveur suprême, et il ne s’agit pas d’une question de personne. Il n’y a
jamais eu de bon président de la République pour les travailleurs et il n’y en
aura jamais, parce que les élections ne changent pas l’ordre social.
Les élections ne changent rien à
l’exploitation et au fait que la classe capitaliste domine l’économie et
prospère en écrasant les salaires et en aggravant les conditions de travail.
Elles ne changent rien au capitalisme, où il n’y en a que pour les profits, les
dividendes et les cours boursiers.
Les véritables maîtres de la
société sont les Dassault, Peugeot, Bolloré, c’est la bourgeoisie, les familles
capitalistes. Les politiciens, de gauche comme de droite, visent à gérer ce
système et cela les condamne tous à se transformer en larbins du grand capital
et en ennemis des travailleurs.
Pour que nos intérêts de
travailleurs soient défendus politiquement, il faut un parti des travailleurs
qui se prépare non pas à gérer les affaires de la bourgeoisie, mais à la
renverser. Il faut un parti prêt à être du côté des travailleurs et de leurs
luttes, quoi qu’il en coûte au patronat. Un parti qui affirme que le sort des
travailleurs et de la société n’est pas dans les urnes, mais dépend de la
combativité et de la conscience de classe du monde ouvrier.
La situation exige que l’on
s’affronte avec la classe capitaliste. Elle exige que l’on force le grand
patronat à augmenter les salaires de 300, 400, 500 euros et à les indexer sur
l’inflation. Que l’on répartisse le travail entre tous et que les travailleurs
contrôlent les comptes patronaux. Aucun gouvernement n’est en mesure de le
faire, mais les travailleurs, eux, peuvent l’imposer avec un mouvement
puissant, mobilisant des millions de femmes et d’hommes.
C’est alors que l’on pourrait
empêcher cette fuite en avant qui conduit au sous-développement, à la
destruction de la planète, aux guerres et à la déshumanisation de toute la
société.
Alors, les travailleurs n’ont pas
à chercher d’homme providentiel, ils ont à reprendre confiance en leurs propres
forces. C’est le sens de ma candidature à la présidentielle : affirmer la
politique et les perspectives du camp des travailleurs, pour conforter toutes
celles et tous ceux qui veulent changer leur sort.
Nathalie Arthaud