COP26 :
au sommet des promesses non tenues
1er
novembre 2021
La 26ème grand-messe
pour le climat a démarré ce dimanche à Glasgow. Comme toujours, les chefs
d’État vont promettre et jurer, main sur le cœur et larme à l’œil, qu’ils
feront mieux demain. La réalité est qu’ils nous conduisent à la catastrophe.
En 2015, lors de la COP21 à
Paris, ils avaient reconnu la nécessité de contenir le réchauffement pour viser
1,5° C. Mis à part la Gambie, aucun État n’a tenu ses engagements, la
France pas plus que les autres. Alors, Macron n’a pas de quoi parader !
Cela fait près de 30 ans que les
chefs d’État se réunissent dans l’objectif de lutter contre le réchauffement
climatique et 30 ans que les émissions de gaz à effet de serre ne cessent
d’augmenter. Même les promesses financières destinées à aider les pays du Sud à
faire face au changement climatique n’ont pas été tenues, alors que des
centaines de milliards sont engloutis dans la spéculation et les grandes
fortunes !
Les commentateurs appellent à
« passer des paroles aux actes ». « Nous partageons la
planète, alors il faut plus de coopération internationale », entend-on
aussi. C’est vrai, mais faut-il rappeler que la France et la Grande-Bretagne
sont en train de s’écharper sur quelques dizaines de droits de pêche par
démagogie nationaliste ?
Au service des capitalistes, tous
les gouvernements placent les intérêts de leurs industriels, la course aux
profits et la guerre commerciale au-dessus de tout. Ils les placent au-dessus
des salaires, des droits et des conditions de vie des travailleurs. Et ils les
font passer avant les considérations climatiques.
C’est ainsi que Macron a repoussé
la date d’interdiction du glyphosate. C’est ainsi qu’il a autorisé Total à
forer en Guyane cinq puits d’exploitation offshore. Et le moins que l’on puisse
dire, c’est qu’on ne peut pas faire confiance à Total ! Pendant 50 ans,
Total, disposant d’études sur les conséquences des hydrocarbures pour le
réchauffement climatique, les a dissimulées au public, afin de rester un roi du
pétrole…
Entre autres renoncements, Macron
a refusé d’inscrire dans la loi Climat la taxation des véhicules les plus
lourds et a rechigné à supprimer les liaisons aériennes pouvant être effectuées
en train. « Cela revient à nier la liberté des entreprises d’investir
où elles le souhaitent. C’est vraiment aller trop loin ! » Ce cri
du cœur d’une députée macroniste résume l’état d’esprit des gouvernants :
le moindre contrôle sur les décisions des capitalistes est un sacrilège.
Autrement dit, il faudrait
accepter les décisions prises dans le secret des conseils d’administration des
grands groupes capitalistes qui sont les principaux pollueurs, quand bien même
elles sont nuisibles pour les hommes et la planète !
Tant que les intérêts du grand
patronat s’imposeront, c’est sur la population et sur les travailleurs que
pèseront les sacrifices. Du matin au soir, on nous dit que « chacun
est responsable » et que l’on consommerait mal et trop. Cela revient
à dédouaner les responsables qui nous dirigent. Et c’est surtout une façon de
nous faire payer la crise climatique avec des mesures aussi injustes que l’interdiction
de rouler pour les voitures classées crit’Air4, la taxe carbone ou
l’augmentation des prix de l’énergie…
Si l’on veut être responsable, il
faut remettre en cause l’organisation capitaliste de l’économie. Toute
politique écologique se heurte à la folie de ce système et à la spéculation. Un
exemple en est qu’avec la flambée actuelle du prix du gaz, le charbon devient
plus compétitif pour produire de l’électricité. Les grandes puissances, qui
reprochent à la Chine d’ouvrir de nouvelles centrales à charbon, sont
elles-mêmes en train de relancer son exploitation. Cette année, sa part dans la
production européenne d’électricité a bondi de 14 % à 19 %.
En France, les politiciens se
gargarisent des faibles émissions de gaz à effet de serre, mais nous ne pouvons
leur faire confiance sur la maîtrise de la production nucléaire, elle aussi
soumise aux lois de la rentabilité plus qu’à celles de la sécurité.
On ne sauvera pas la planète sans
arrêter la course au profit et sans en finir avec ce système basé sur la
propriété privée des grands moyens de production, sur la concurrence et le
marché, source d’anarchie et de gaspillage incroyable.
Cette lutte correspond aux
intérêts de tous les travailleurs qui sont les premières victimes de ce système.
La crise climatique et la nécessité d’y répondre ne peuvent que nous conforter
dans la perspective d’exproprier les grands groupes capitalistes pour les gérer
collectivement et planifier l’économie à l’échelle planétaire. C’est le seul
moyen de satisfaire les besoins présents et futurs de l’humanité.
Nathalie Arthaud
Les
permanences des jours à venir :
-aujourd'hui mercredi
3 novembre, de 11 h à 11h.30 marché des Champioux.
Nathalie Arthaud dans les médias :
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