Ils nous pompent !
25/10/2021
Après des semaines de réflexion et de savants
calculs, le gouvernement a tranché pour un chèque inflation de 100 euros,
destiné à ceux dont les revenus sont inférieurs à 2000 €. Comme si les
travailleurs demandaient l’aumône !
Donner une fois 100 €, alors qu’il nous faut,
tous les mois 300, 400, voire 500 € de plus sur la fiche de paye, est une
provocation. Quand on trime du matin au soir, quand on en est à sacrifier sa
santé ou sa vie de famille pour le travail, la moindre des choses est de
pouvoir vivre dignement de son salaire.
Cela fait des années que les salaires, dans le privé
comme dans le public, sont bloqués à un niveau insuffisant. Des années que le
grand patronat masque le problème en faisant miroiter des primes qui vont et
viennent. L’augmentation des prix de l’énergie montre que cela ne peut plus
durer.
Avec ce chèque, le gouvernement l’avoue :
en-dessous de 2000 €, on ne peut pas s’en sortir. Eh bien, cela signifie
qu’il ne faut pas de salaire en dessous de 2000 € !
La situation est complètement folle. Les
travailleurs ont du mal à se loger, à se chauffer et faire leur plein d’essence
alors qu’ils produisent toutes les richesses. Pourquoi ? Parce qu’il n’y
en a que pour les profits et pour les dividendes ! Parce que
l’exploitation s’est considérablement accrue, avec l’accumulation de fortunes
exorbitantes pour la classe capitaliste et l’appauvrissement de la population
laborieuse.
L’État pompe notre porte-monnaie à chaque fois que
nous passons à la station-essence avec des taxes qui constituent 60 % du prix
de l’essence. Mais le prélèvement le plus lourd est celui de l’exploitation par
laquelle le grand patronat pompe à leur source les richesses que nous
produisons et s’approprie le fruit de notre labeur.
Pour refuser les augmentations de salaire, le grand
patronat met en avant la compétitivité et le fameux « coût du travail ».
C’est bien un mensonge de patron : le travail ne lui coûte pas, il lui
rapporte gros. Si ce n’était pas le cas, il y a belle lurette que le salariat
serait aboli !
Quant à la compétitivité, elle sert d’alibi. Car
celle-ci dépend avant tout des marges bénéficiaires empochées par les capitalistes.
Les salaires sont maintenus le plus bas possible, pour que le grand patronat assure
et augmente ses marges et ses profits. Résultat : les grandes fortunes ont
augmenté de 20, 30, 40 % en un an, quand les salaires restent au plancher.
Si les profits augmentent, il y a de quoi augmenter
les salaires ! Le grand patronat ne le fera que contraint et forcé par les
travailleurs unis et en lutte derrière cette revendication légitime.
Pendant des années, on nous a dit que la hausse des
salaires allait créer de l’inflation. Aujourd'hui, nous avons des salaires
bloqués, amputés par le chômage partiel, ET l’inflation.
Et il ne s’agit pas seulement des prix de l’énergie,
mais aussi des loyers, des mutuelles, de l’alimentaire, et même de la baguette…
De proche en proche, tous les produits seront touchés et, tous les experts le
disent, nous serons confrontés au renchérissement du prix de l’énergie pendant
des années. Il ne s’agit donc pas d’une flambée des prix passagère, mais du
retour durable de l’inflation.
Pour les patrons, il n’est pas compliqué de
répercuter les hausses des matières premières et de leurs charges sur les prix
de leurs marchandises et de leurs services puisqu’ils les fixent eux-mêmes. Eux
sont maîtres de leurs revenus et ils peuvent les augmenter en même temps que l’inflation.
Les salariés n’ont pas cette facilité : il faut
donc l’indexation automatique des salaires sur l’inflation. Celle-ci doit se
faire sur l’augmentation réelle des prix, et pas sur celle calculée
officiellement et largement sous-estimée.
Pensez, dans le calcul officiel de l’inflation par
l’Insee, le loyer est compté pour 6 % des dépenses d’un foyer. Pour une
personne vivant avec 2000 € cela ferait un loyer de 120 € !
Autant dire que l’État calcule l’inflation sur la base d’une fiction.
Alors, il faut augmenter les salaires et les pensions
de retraite. Il faut un Smic à 2000 €. Et il faut l’indexation des
salaires sur l’inflation réelle !
Il est possible d’arracher ces augmentations au
patronat à condition de se battre. Il y a des mouvements de mécontentement qui
vont du débrayage à la grève complète dans certaines entreprises. Ce sont
autant d’exemples à suivre.
Aussi dérisoire qu’il soit, le geste du gouvernement
prouve qu’il craint une flambée de colère. Elle est nécessaire et souhaitable et,
pour qu’elle change le rapport de force entre les travailleurs et le patronat,
elle doit mener à une flambée de grèves dans toutes les entreprises !
Nathalie Arthaud
Les permanences des jours à venir :
-mercredi
27 octobre, de 11h à 11h.30 marché des Champioux.
Nathalie Arthaud dans les médias :
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mercredi 27 octobre
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