vendredi 13 août 2021

Pollution de l’air : une amende qui ne règlera rien

 

Contre la pollution, arrachons-leur le pouvoir !


Le 4 août, le Conseil d'État a condamné l'État à verser une amende de dix millions d'euros pour n'avoir pas pris les mesures « suffisantes » sur la qualité de l'air. Les particules fines, en particulier dans les grandes agglomérations, font 40 000 morts par an, dus à la circulation automobile, aux usines d'incinération, etc. Les gouvernants ne font pas grand-chose pour organiser des transports pratiques, peu polluants et gratuits.

L’État va donc payer une amende… à l’État. Ou plus exactement à des agences gouvernementales chargées d’étudier les effets de la pollution et que le gouvernement sous-finance habituellement.

Gardiens du capitalisme, le gouvernement et l’État sont incapables de lutter contre les sources de pollutions, ou le dérèglement climatique. Car cela nécessiterait de maîtriser l'ensemble de l'économie, de la planifier, et donc de collectiviser les grandes entreprises qui la dominent.

Argenteuil, Forum des associations, où en est-on ?

 

Un mépris total à l’encontre des associations et leurs bénévoles

 


Les associations d’Argenteuil qui envisagent de participer au prochain Forum des associations de septembre prochain n’ont toujours pas de nouvelles sur les conditions de la tenue de celui-ci. Quelles seront les conditions pour y participer et pour y entrer ? Où se tiendra-t-il ? Nous avons le contact avec une association qui sollicitait un engagement auprès d’un bénévole pour tenir son stand et qui lui proposait de le tenir pendant un créneau… les 11 et 12 septembre, alors qu’il ne se tiendrait apparemment que le samedi 12 ! Un exemple pour illustrer l’expectative inadmissible dans lequel se trouve le monde associatif local.

         Cette expectative l’est pour tous ceux qui suivent l’affaire sérieusement.

         Un sérieux qui n’est vraiment pas présent au troisième étage de l’hôtel de ville où siège la municipalité, paraît-il, d’une ville de 115 000 habitants !

         Cette municipalité réaffirme régulièrement son affection pour le réseau associatif. Mais, là comme sur d’autres questions, il y a les envolées lyriques d’un côté, et les actes de l’autre. Enfin, le vide des actes ! DM

Bonnes lectures de l’été 2021 (46), La petite communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon, Actes Sud, 316 pages

Chaque jour jusque fin août, je vous propose une référence de mes bonnes lectures d’un an, depuis les grands vacances 2020, et celles que je découvrirai lors de mes lectures du présent été. Bonnes lectures donc, et à demain. DM

Pousser un enfant dans le sport, y réfléchir à deux fois

 

La gymnastique est un sport qui m’impressionne, et Nadia Comăneci, cette gymnaste roumaine, est bien le seul nom de cette discipline dont je me souvienne.

         Elle entre dans l’histoire avec fracas aux jeux olympiques de Montréal de 1976. Elle a 14 ans et inaugure la saga des grandes sportives très jeunes.

         Nous sommes alors dans la Roumanie de Ceausescu, une de ces dictatures de « Démocraties populaires » qui n’eurent rien ni de démocratique ni de populaire. Des dictatures installées par l’avancée de l’Armée rouge en 1945, et qui n’avaient de soutiens essentiels que de la part de ceux qui profitaient du régime et des forces de répression qui les protégeaient.

         C’est dans cet univers que fonctionne le « sport » qui n’est là que comme adjuvant du nationalisme et de la gloire des dictateurs.

         C’est à ce niveau-là où le récit-enquête de Lola Lafon est particulièrement intéressant. Comment des enfants, des jeunes, deviennent l'otage de cette politique.

         Bref, c’est une histoire maintenant ancienne qui relève des rapports entre le sport et la société. Les jeux olympiques de Tokyo en ont été la dernière illustration. Pas de rideau de fer sur ce plan entre l'Ouest et l'Est.

         Le problème devient particulièrement crucial lorsqu’il met particulièrement en scène des enfants et des adolescents destinés à devenir des championnes par des adultes qui décident.

         Bref, un problème d’actualité qui concerne aussi tous les parents qui rêvent de voir souvent leur progéniture devenir les champions qu’ils n’ont pas été.

         Une bonne base de réflexion donc. Un dernier mot, Nadia, une victime, mais qui, à travers le livre, est finalement bien sympathique. DM

jeudi 12 août 2021

Passe sanitaire : refuser les sanctions. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2767 à paraître

 Refuser les sanctions !

11 Août 2021

La loi sur l’obligation du passe sanitaire et de la vaccination pour toute une série d’activités et de professions vise en grande partie les travailleurs. Les mesures répressives assorties à cette loi sont défendues et détaillées par la ministre du Travail en personne.

Ainsi à partir du 30 août, les salariés concernés, et ils seront des millions, en CDI, en CDD ou en intérim devront présenter leur passe sous peine d’être suspendus, sans salaire bien entendu et sans indemnité de chômage puisque, dit la ministre, « il n’y aura pas rupture du contrat de travail ». Et d’ajouter tranquillement qu’elle est « consciente que la suspension du contrat de travail et donc de la rémunération est difficile pour le salarié concerné ». La même ministre a rappelé par ailleurs que l’employeur pouvait aussi procéder à des licenciements.

Il est gratifiant pour l’employeur d’avoir à sa disposition cette menace de privation de salaire, sans frais ni procédure. Il est rassurant pour un directeur d’abattoir, d’usine, de supermarché ou d’hôpital, qui a envoyé les travailleurs au front sans protection, de pouvoir aujourd’hui désigner et punir des boucs-émissaires. Car c’est bien les employeurs qui détiendront le pouvoir de contrôle et de répression découlant de cette loi.

La ministre qualifie d’irresponsables les manifestants contre le passe sanitaire car, explique-t-elle, cette loi a été votée par le Parlement et validée par le Conseil constitutionnel. Le Parlement passe son temps à voter des mesures au bénéfice du grand patronat et le Conseil constitutionnel les approuve systématiquement. Il faut vraiment que les opprimés, et les travailleurs au premier chef, se révoltent et descendent dans la rue pour que, parfois, ces vénérables institutions votent des lois favorables aux petites gens ou abrogent des dispositions scélérates.

Parmi les manifestants désignés comme irresponsables et surtout parmi ceux qui les regardent avec sympathie, il y a bien des travailleurs indignés par ces menaces. Il faudra désormais tout faire pour empêcher que les patrons, ou les directeurs d’entreprises passent aux actes. C’est aux travailleurs qu’il revient de régler entre eux les problèmes éventuels. Ils ne peuvent accepter que l’un d’entre eux, sous prétexte qu’il n’est pas vacciné ou pas en mesure de présenter son passe, soit licencié ou, ce qui revient au même, privé de salaire. Face à de telles mesures, le patronat doit trouver devant lui des travailleurs pleinement solidaires.

                                                   Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2767)