Chaque jour jusque fin août, je vous propose
une référence de mes bonnes lectures d’un an, depuis les grands vacances 2020,
et celles que je découvrirai lors de mes lectures du présent été. Bonnes
lectures donc, et à demain. DM
Pousser un enfant dans le sport, y
réfléchir à deux fois
La
gymnastique est un sport qui m’impressionne, et Nadia Comăneci, cette
gymnaste roumaine, est bien le seul nom de cette discipline dont je me souvienne.
Elle entre dans l’histoire avec fracas
aux jeux olympiques de Montréal de 1976. Elle a 14 ans et inaugure la saga des
grandes sportives très jeunes.
Nous sommes alors dans la Roumanie de
Ceausescu, une de ces dictatures de « Démocraties populaires » qui
n’eurent rien ni de démocratique ni de populaire. Des dictatures installées par
l’avancée de l’Armée rouge en 1945, et qui n’avaient de soutiens essentiels que de
la part de ceux qui profitaient du régime et des forces de répression qui les protégeaient.
C’est dans cet univers que fonctionne
le « sport » qui n’est là que comme adjuvant du nationalisme et de la
gloire des dictateurs.
C’est à ce niveau-là où le
récit-enquête de Lola Lafon est particulièrement intéressant. Comment des enfants, des jeunes, deviennent l'otage de cette politique.
Bref, c’est une histoire maintenant
ancienne qui relève des rapports entre le sport et la société. Les jeux
olympiques de Tokyo en ont été la dernière illustration. Pas de rideau de fer sur ce plan entre l'Ouest et l'Est.
Le problème devient particulièrement
crucial lorsqu’il met particulièrement en scène des enfants et des adolescents
destinés à devenir des championnes par des adultes qui décident.
Bref, un problème d’actualité qui
concerne aussi tous les parents qui rêvent de voir souvent leur progéniture
devenir les champions qu’ils n’ont pas été.
Une bonne base de réflexion donc. Un dernier mot, Nadia, une victime, mais qui, à travers le livre, est finalement bien sympathique. DM