jeudi 12 août 2021

Climat : la révolution nécessaire

 

Une expropriation urgente

Australie 2020, photo Oxfam

Dans un nouveau rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) conclut que le dérèglement s’intensifie de manière sans précédent, partout sur la planète, prévoyant des catastrophes climatiques en cascade.

Cela fait maintenant 30 ans que les experts alertent les gouvernements sur les conséquences sur le climat de l’activité humaine depuis la révolution industrielle. Mais rien ne s’est fait, car dans le système capitaliste, fondé sur la concurrence et la recherche du profit, l’activité des entreprises est déterminée exclusivement par les décisions d’actionnaires totalement indifférents à l’intérêt général. Pour inverser la courbe de température, il faudra exproprier ces profiteurs irresponsables.

Argenteuil, commerce, de déconfiture en déconfiture

 

De recul en recul

Photo Tam Tam Colonie
 Marché de la Colonie, un redémarrage dû d’abord à la volonté d’habitants

La boutique de parfumerie et de soins Nocibé de la rue Paul-Vaillant Couturier annonce sa fermeture pour le 25 septembre prochain. Par ailleurs, encore plus inquiétant, des échos insistants évoquent la vente du centre commercial Côté Seine. La vente bien évidemment ne signifierait pas la fermeture, mais ce genre de transaction n’est jamais bonne, et donne logiquement lieu à la formulation d’hypothèses peu favorables aux habitants.

         On peut ajouter à cela que l’épicerie de qualité qui devait ouvrir avant le printemps rue Gabriel Péri ne l’est toujours pas.

         Ces trois informations sont des mauvaises nouvelles. Elles donnent des éléments supplémentaires sur la mauvaise situation du commerce dans la Ville. Pourtant des commerçants essaient de « s’accrocher » pour offrir à tous des services de qualité.

         Certes, Argenteuil est une ville populaire qui subit globalement l’érosion des revenus des plus modestes. Et cela est un point central. Certes, le vieux centre-ville concentre une fraction importante de ces milieux populaires.

         Mais il n’y a rien de déterminé à l’avance. La disparition de la boucherie Bernard, de chez Nicolas, la baisse de gamme de Côté Seine, et bien d’autres éléments, dans le centre-ville, n’étaient pas inéluctables.

         Que les municipalités successives aient été ou soient très mauvaises sur le sujet est un aspect du problème. Nous le répétons souvent, mais avec conviction : les travailleurs au pouvoir n’auraient pas du mal à faire mieux. À ce sujet, la restauration du marché de la Colonie est a contrario une belle démonstration quand la volonté de simples habitants est là. DM

Algérie : hôpitaux saturés et solidarité populaire

Solidarité aujourd’hui, diriger la société demain

Si les personnels des hôpitaux publics sont débordés et démunis sous la poussée du variant delta, ils sont avant tout victimes d’un pouvoir qui a laissé se dégrader ces établissements au profit des cliniques privées. Tout manque, le personnel, le matériel et le précieux oxygène nécessaire aux malades gravement atteints. La population écœurée et n’attendant rien d’un pouvoir qu’elle rejette, a, dans un élan de solidarité, multiplié les initiatives pour collecter des fonds, du matériel et des médicaments.

Les travailleurs et les classes populaires sont les seuls à déplorer l’état lamentable des hôpitaux, les seuls à chercher vraiment des solutions, car les privilégiés du régime, à commencer par le président Abdelmadjid Tebboune, se font soigner dans les meilleurs hôpitaux d’Europe.

Il ne peut y avoir de système de santé publique de qualité dans une société dominée par une classe bourgeoise qui s'accapare les richesses. Pour pouvoir se soigner et vivre dignement, les travailleurs doivent lui ôter son pouvoir de nuisance et diriger eux-mêmes la société.

 

Bonnes lectures de l’été 2021 (45), Mécanique de la chute, de Seth Greenland, chez Liana Levi, Piccolo, 718 pages

Chaque jour jusque fin août, je vous propose une référence de mes bonnes lectures d’un an, depuis les grands vacances 2020, et celles que je découvrirai lors de mes lectures du présent été. Bonnes lectures donc, et à demain. DM

 

Même avec de l’orage, il pleut toujours où c’est mouillé


 

Un roman pour lecteur avide, pour les marathoniens des nuits insomniaques. 718 pages ! Mais comme c’est un bon roman, on n’a de cesse de tourner les pages. Cela m’a évoqué les romans d’un très grand romancier états-unien du XXème siècle, Sinclair Lewis, qui fut très à l’aise pour écrire sur les bourgeois et les petits-bourgeois, un monde qu’il connaissait bien. Il en va de même avec Seth Greenland. Nous voilà, pour nous, dans un drôle de monde. Un quinquagénaire d’une lignée récente de parvenus. Un milliardaire pour qui, pour lui en tout cas, tout va pour le mieux. Il a en outre toujours une justification pour expliquer ses mauvais choix. Mais voilà que le fonctionnement social n’est pas si simple…

         Avec la participation d’un certain nombre de personnages bien caractérisés, pour le meilleur et pour le pire, mais surtout pour le pire, une intrigue bien menée. Un éclairage sur des milieux que nous ne connaissons pas mais que la littérature nous permet justement d’imaginer, en l’occurrence avec finesse.

         Bien évidemment, tout cela nous agace profondément. Ce n’est vraiment pas notre monde, un monde où ceux qui font fonctionner la société sont totalement absents.

         Un des thèmes du roman est le basket et le monde de la NBA, le top du top du basket, un sport qui a une place éminente aux États-Unis, et c’est très intéressant.

         Le titre états-unien était « The Hazzards of good fortune » soit selon le traducteur internet « Les aléas de la bonne fortune ». J’aurais préféré ce dernier qui me semble plus juste.

         Pour conclure, un très bon roman qui nous entraîne dans un long moment de détente paisible. La preuve, les 718 pages ont été rapidement avalées. Au fait, un conseil de lecture de la librairie La cédille, à Lamballe, Côte d’Armor.