vendredi 19 février 2021

Génocide au Rwanda : responsabilité de l’État français, une preuve de plus

 

La politique de l’État français en 1994…

Avec l’ouverture des archives concernant le génocide des populations Tutsi du Rwanda en 1994, des documents sont portés à la connaissance du public. Le dernier en date est un télégramme dans lequel un conseiller diplomatique, aujourd'hui devenu directeur à la DGSE, aurait ordonné aux troupes françaises de laisser les responsables du génocide fuir le territoire plutôt que de les arrêter. Cet ordre venait du service d'Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères.

         Une preuve de plus qui vient s'ajouter aux témoignages et aux informations attestant du soutien de l'État français aux auteurs du génocide rwandais.

Argenteuil, le préfet et quelques restaurants du Val-d'Oise, une réouverture pour quelques-uns, alors que celle de tous serait nécessaire

 

Une mesure partielle à l’image de la politique du gouvernement

 


Plusieurs restaurants du Val-d'Oise vont pouvoir rouvrir le midi. Tel en décider le préfet du Val d’Oise. Avec cette dérogation, il s’agirait d’accueillir les « professionnels du bâtiment, des travaux publics et de la réparation » qui devront pouvoir prouver cet état professionnel pour s’installer.

         Cette décision va donner de l’air à ces quelques restaurants du département, et c’est tant mieux.

         Mais ce que nous comprenons moins, c’est le caractère extrêmement tardif de la mesure, qu’elle soit circonscrite à quelques professions et à une partie seulement des restaurateurs du Val d’Oise. Ainsi aucun des restaurants bénéficiaires ne concerne la zone d’Argenteuil-Bezons.

         Pendant des mois depuis un an, les travailleurs se sont débrouillés comme ils le pouvaient car leurs employeurs ne se sont pas donnés les moyens d’assurer ce qui était une conquête des travailleurs depuis plus d’un siècle, l’obligation pour le patronat de donner aux travailleurs les conditions pour se restaurer le midi. (Voir une brève du présent blog sur la page d’hier)

         Ainsi, les agents de la Ville d’Argenteuil ne cessent de réclamer depuis un an l’exercice de ce droit élémentaire.

         Quant au fait que les villes populaires du Val d’Oise ne soient pas concernées par cette mesure interroge. Pourtant, pour ne prendre que l’exemple d’Argenteuil et de Bezons, ce sont des milliers de travailleurs, ne serait-ce que du bâtiment, qui travaillent dans la construction des immeubles qui ne cessent de sortir de terre.

         Ces travailleurs devraient-ils se contenter des « fast-food » que l’on trouve en abondance il est vrai sur ces deux communes, pour ne prendre que leur exemple ! DM

Argenteuil, témoignages d’une vie dans la Ville

 

Témoignages des milieux populaires, d’hier à aujourd’hui

 


On peut lire sur le site de la Ville une brochure née de rencontres d’ancien du quartier Orgemont-Joliot-Curie dans un atelier "Mémoire et partage" » qui s’est tenu de longs mois à la maison de quartier Guy Môquet d'Orgemont

         Les témoignages et les documents sont très intéressants, sur les migrations qui ont fait l’histoire démographique de la population, des générations de nouveaux locaux venant se juxtaposer et se mélanger aux anciennes.

         Un détail. Je m’interroge sur la justesse de nommer les Argenteuillais de « vieille souche » « Argentoliens », et les autres de simples « Argenteuillais ». Tous nous sommes des locaux d’Argenteuil, des Argenteuillais, un point c’est tout ! Qui se mettrait à appeler les vieilles familles parisiennes lutéciennes, et les récentes parisiennes !

         On peut y mesurer l’attachement à ces quartiers périphériques d’Argenteuil sur lesquels portent nombre de témoignages, et combien la construction des « cités jardins » d’Orgemont et de la cité Joliot-Curie avec leurs magasins, les marchés et le centre commercial marqua une gigantesque amélioration pour les gens modestes qui vivaient jusqu’alors dans ce qu’il faut bien appeler de l’« habitat indigne » pour nombre de logements.

         Ce qui manque à mon avis, c’est tout ce qui concerne sans doute des questions qui ne sont pas de consensus, mais qu’il faut aborder si l’on veut comprendre.

         Rien par exemple sur le contexte politique des évolutions locales qui ont marqué Argenteuil et ses habitants au XXème siècle. Rien sur les luttes qui marquèrent la Ville, la longue empreinte du Parti Communiste Français, et les réseaux de solidarité qui ont entraîné longtemps les habitants dans leurs mailles et permis de franchir bien des épreuves.  

         Tout cela a un petit air de nostalgie. C’est un peu normal lorsque l’on vieillit, à condition aussi de regarder vers l’avant en agissant pour que des temps meilleurs arrivent demain. Cela l’est d’autant plus que de 1950 à 1980, des améliorations essentielles rendirent pour un temps la vie plus facile. Ce dont témoignent les participants de cet atelier. Merci à eux. DM

file:///C:/Users/DOMMAR~1/AppData/Local/Temp/livret-pdf-histoires-d-argenteuillais.pdf

jeudi 18 février 2021

Salariés : restauration des salariés : 120 ans de recul en un décret. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

 120 ans de recul en un décret

17 Février 2021

Le 14 février, le gouvernement a promulgué un décret qui annule les dispositions de l’article R2228-19 du Code du travail interdisant de manger sur les lieux de travail.

Le prétexte en est la crise du Covid-19, mais il ne s’agit pas d’un méfait anodin : c’est un recul concernant un combat mené de longue date par les travailleurs.

En quoi la crise du Covid devrait-elle exonérer l’employeur de fournir à ses salariés un lieu pour pouvoir se restaurer ? Il faut un lieu propre, spacieux, sans bruit de machines, en dehors de l’atelier ou des entrepôts, non contaminé par l’air pollué et la crasse. Depuis un an, dans de multiples entreprises, des salariés se sont mobilisés pour exiger la mise à disposition de lieux de restauration suffisamment grands pour respecter les dispositions nécessaires dans le contexte de la pandémie. Et voilà que maintenant l’employeur pourra imposer, grâce à ce décret, le maintien des ouvrières, des ouvriers, des employés, entassés les uns sur les autres, contraints de prendre leur casse-croûte à leur poste de travail, sans le nécessaire temps de détente.

Ce n’est pas un progrès mais un retour en arrière de plus de cent ans ! Le premier décret interdisant la restauration sur les lieux de travail date de 1904 et répondait aux revendications du mouvement ouvrier qui combattait pour libérer les travailleurs de l’esclavage salarié.

Cela avait commencé par l’interdiction de distribuer la paye dans les bistrots comme le pratiquaient les patrons. Pour les militants de l’époque il s’agissait d’affirmer la liberté des travailleurs et de leur permettre d’échapper à l’enfermement et à l’abrutissement des lieux d’exploitation.

Aucune des lois, aucun des décrets promulgués, réglementant les droits des travailleurs, n’avait remis en cause jusque-là cette liberté de base : aujourd’hui, tout est prétexte à des gouvernants, hommes de main du capital, pour tenter de faire revenir la condition ouvrière des décennies en arrière.

                                                  Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2742




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