RATP :
public, privé, ne nous laissons pas diviser
16 Décembre 2020
Les travailleurs de la RATP
étaient appelés à faire grève par la quasi-totalité des organisations
syndicales le 17 décembre. Cet appel touchait particulièrement les conducteurs
de bus concernés par le projet de décret dit CST (cadre social territorialisé).
Ce décret vise à modifier les
conditions de travail et les salaires dans le cadre de la future mise en
concurrence des lignes de bus de Paris et de banlieue. L’ouverture annoncée du
réseau bus de la RATP, comme celle du réseau SNCF puis du métro, comporte une
attaque massive contre les travailleurs de ces secteurs comme de tous les
secteurs du transport routier et ferroviaire. Pour parvenir à leurs fins, les
patrons du public et du privé tentent de diviser les travailleurs.
L’ouverture à la concurrence va
toucher en premier le secteur bus de la RATP. 19 000 travailleurs des
dépôts de bus se retrouveraient dans diverses filiales de droit privé, avec des
conditions dégradées.
La note s’annonce lourde, avec
une forte hausse du temps de conduite pour les conducteurs de bus, des horaires
plus flexibles, des compensations perdues et, pour les mainteneurs,
administratifs et encadrants, des horaires et repos inconnus. Tous les salariés
seraient intégrés à la grille salariale de la filiale, avec un salaire
généralement inférieur compensé par une prime, ce qui signifie aucune
augmentation pendant longtemps et un possible transfert tous les cinq ans d’une
société de transport à une autre. Tout cela se traduirait aussi par une baisse
importante des effectifs.
Depuis des années la politique de
la direction de la RATP consiste, au nom du développement du groupe, à bloquer
les salaires, à supprimer des postes dans bien des secteurs, à consacrer une
partie des bénéfices à des prises de participation dans des réseaux de province
et à l’étranger. Et c’est sans gêne qu’elle tient un discours visant à amarrer
les travailleurs à la défense de l’entreprise, voire du service public, face à
la concurrence.
Parmi les organisations
syndicales, les positions sur cette ouverture à la concurrence varient.
Certains la refusent au nom de la défense du monopole RATP sur ses lignes.
D’autres se limitent à exiger une convention collective commune d’un niveau
plus élevé pour les diverses entreprises du secteur mises en concurrence, pour
contrecarrer le dumping social lié au choix du transporteur le moins cher.
En fait, alors que l’État cherche
à réduire ses dépenses dans le domaine des services à la population, des
capitaux privés cherchent à s’y placer en bénéficiant de sa protection, par
exemple dans le cadre de délégations de service public dans le domaine du
transport de voyageurs. Mais, naturellement, les investisseurs privés veulent
être sûrs de s’y retrouver financièrement.
Pour l’instant, les gros du
secteur restent liés à l’État, propriétaire de la RATP. Keolis a pour
actionnaire principal la SNCF à 70 %, les 30 % restants revenant à un
fonds de pension, la Caisse de dépôt et placement du Québec. Quant à Transdev,
son actionnaire principal est la Caisse des dépôts et consignations qui en
possède 66 %, le reste appartenant au groupe capitaliste Rethmann.
Derrière le projet d’ouverture à
la concurrence, il y a celui de dégrader les conditions de travail et
d’accroître l’exploitation, afin que le secteur des transports de voyageurs
devienne suffisamment rentable pour attirer des capitalistes privés. Les
travailleurs n’ont pas à se faire d’illusions sur le rôle de l’État. Ce n’est
pas lui qui les mettra à l’abri de la rapacité patronale. Pour s’opposer à
cette offensive, ils ne peuvent compter que sur leurs propres forces.
Correspondant LO (Lutte ouvrière
n°2733)
Avec la
nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour
apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles,
cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM