Un seul
remède contre le virus du profit : les luttes collectives !
21/12/2020
Reprise du nombre de
contaminations en France et dans toute l’Europe ; découverte en
Grande-Bretagne d’une nouvelle souche du virus, peut-être plus
contagieuse ; menace d’une troisième vague en janvier : malgré la
campagne de vaccination, sur le point d’être lancée, les nuages s’amoncèlent
sur 2021 !
La lutte contre l’épidémie est
contradictoire et inefficace, et ce dans l’écrasante majorité des pays riches
et développés, parce qu’elle est menée en fonction des intérêts de la classe
capitaliste.
Au nom de la lutte sanitaire, le
Premier ministre Castex nous dit, presque par le menu, comment il faut passer
les fêtes de fin d’année. Mais il n’impose rien au grand patronat qui concentre
des centaines ou des milliers de travailleurs dans ses usines, ses grands
magasins, ses abattoirs ou ses entrepôts.
Pour l’exploitation capitaliste,
il n’y a pas de couvre-feu. Ce sont les heures supplémentaires à la pelle, des
samedis et des nuits travaillés. Et lorsque les gestes barrières, la
distanciation physique et les désinfections ralentissent la production et les
cadences, eh bien, ils sont supprimés !
Parce qu’il ne faut pas que la
lutte sanitaire diminue les profits, le gouvernement laisse le virus circuler
dans les entreprises. Mais, pour contenir l’épidémie autant que possible, il va
traquer le Covid dans les moindres recoins de nos vies privées et sacrifier les
petits commerçants ou le secteur de la culture.
Le gouvernement demande de la
solidarité et un effort collectif. Mais, comme toujours dans cette société
capitaliste, les efforts et les sacrifices sont demandés aux classes laborieuses.
Et la minorité capitaliste tire les marrons du feu !
Face à l’épidémie, il n’y a déjà
pas d’égalité entre riches et pauvres. Dans les entreprises, ce sont les
salariés qui courent le risque de tomber malades, pas les actionnaires, bien à
l’abri et confinés autant qu’ils veulent ! Et, en plus du Covid, les
travailleurs ont à subir la lutte de classe et la cupidité du grand patronat.
La dégradation des conditions
d’existence de millions de femmes et d’hommes, l’explosion du chômage et les
pertes de salaire dues au chômage partiel ne doivent rien au virus. Elles sont
la conséquence de l’avidité et du parasitisme de la grande bourgeoisie.
Des centaines de milliers de
salariés vont passer les fêtes dans l’angoisse du lendemain, parce qu’ils ont
perdu leur travail ou craignent d’être licenciés. Des millions d’autres
croulent sous les dettes et les impayés et ne peuvent remplir leur frigo que
grâce aux associations caritatives. Pourquoi ? Parce que les actionnaires
de ces grands groupes demandent que leurs dividendes soient garantis !
Quand l’enseigne d’ameublement
Alinéa supprime la moitié de ses 2000 emplois, c’est pour le bonheur de ses
actionnaires, dont la famille Mulliez, 6e fortune française. Danone, qui a
gagné plus d’un milliard au premier semestre, supprime 2000 emplois, pour ne
pas décevoir ses actionnaires. On peut en dire autant d’Auchan, de Bridgestone,
d’Elior, de General Electric…
La grande bourgeoisie est
secourue de mille façons par le gouvernement. Elle est arrosée de prêts
garantis par l’État, c’est-à-dire d’argent gratuit. Et cela ne lui suffit
pas ! Pour augmenter toujours et encore la rentabilité de ses capitaux,
elle s’en prend à ses salariés, à ses intérimaires et ses sous-traitants. Et
pour elle, c’est Noël avant Noël !
La Bourse de Wall Street a, en
effet, battu des records ces dernières semaines, et celle de Paris a connu une
remontée fulgurante. En 2020, les actionnaires du CAC40 devaient toucher 54
milliards de dividendes, en pleine crise ! Et combien a rapporté le Black
Friday aux grandes chaînes de distribution ou à Amazon ? Combien
rapportent les millions de tests aux laboratoires et aux multinationales de la
pharmacie ? Combien toucheront-ils pour les vaccins ?
Crise ou pas crise, le champagne
et les milliards coulent à flots sur la bourgeoisie. Pour ceux qui possèdent du
capital, les crises sont des façons comme une autre de faire de l’argent.
Alors, il faut que les travailleurs aillent chercher cet argent et qu’il serve
aux emplois, aux salaires, aux retraites, à l’éducation, à la santé, aux
transports en commun, c’est-à-dire à la société !
Il va falloir des mois pour que
la vaccination contre le Covid produise ses effets. Mais contre le virus de la
rapacité capitaliste, il n’y aura ni vaccin ni traitement. Seule la capacité
des travailleurs à se défendre permettra de faire reculer les multinationales
et les licencieurs et les empêchera de nuire à toute la société.
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