mercredi 23 décembre 2020

Migrants : l’ONU « recense »... mais n’empêche rien !

 

Une comptabilité accusatrice

 


L’ONU annonce 3 174 morts sur les différentes routes empruntées par les migrants en 2020, et il y en a sûrement bien plus.

Chassés par les guerres et la misère, les migrants sont obligés de prendre tous les risques car les États des pays les plus riches de la planète dressent contre eux des barbelés.

L’ONU, bien incapable de garantir la libre circulation et d’installation de tous, ne fait que compter les morts chaque année. Ces statistiques mesurent tout simplement la barbarie de cette société.

Argenteuil, travailleurs d’hier, retraités d’aujourd’hui, pour les Chibanis, avec le Covid, une très mauvaise période

 

Nos frères de classe largement oubliés

 


Nous les croisons dans les marchés populaires d’Argenteuil, par temps de pluie dans le centre commercial Côté Seine, par beau temps dans les parcs d’Argenteuil ou dans le jardin de la mairie. Ce sont les « Chibani », les « anciens », originaires pour la plupart d’Algérie.

         Ils sont âgés aujourd’hui, mais ils habitent toujours dans des foyers de travailleurs immigrés.

         Immigrés ! Pourtant, ils peuvent être là depuis plus de 60 ans. Ils ont travaillé dans l’industrie aux temps des « Trente glorieuses » et après. Certains sont toujours là car n’ayant pas bénéficié du « regroupement familial », d’autres parce que, jeunes travailleurs en France, ils sont restés célibataires…

         Dans les circonstances de l’épidémie, certes avec d’autres fractions du monde du travail, ils sont bien davantage isolés. Les cafés où ils se retrouvaient sont fermés. Les voyages de l’autre côté de la Méditerranée ne sont pas possibles. Le premier confinement en particulier a été une catastrophe pour eux.

         Oui, certaines fractions du monde du travail sont particulièrement victimes de l’épidémie. Les Chibanis sont de ceux-là, sans qu’institutions et municipalités se soucient d’eux. DM

 

Argenteuil : « Si Argenteuil m’était conté » et la politique (1)

 

Vive la réflexion politique, à toutes les échelles !

 

Si on en parle, tout de même, il faut dire qu'il était communiste, révolutionnaire, comme Lutte ouvrière...

La page Facebook « Si Argenteuil m’était conté » connaît le succès. Par les temps gris que nous connaissons, les heures du passé prennent un couleur plus gaie qui réconforte. Cela est d’autant plus vrai que l’énorme majorité de la population locale est née après les affres de la Seconde guerre mondiale.

         Ma génération par exemple a grandi durant ce que l’on appelle « Les trente glorieuses » décennies durant lesquelles des améliorations notables eurent lieu, qui firent rêver que cela continuerait.

         Notre nostalgie est donc tout à fait compréhensible.

         Et je raconterai -un de ces jours- mon propre itinéraire parcouru dans ces années-là, sur le plan de ce qu’elles nous permettent de comprendre certes de l’hier mais aussi de l’aujourd’hui.

         C’est pour cela aussi que « Si Argenteuil m’était conté » m’est paru bien sympathique. J’y ai posté deux-trois petits textes, dont le dernier portait sur Saint-Hilaire de Riez, au moment de la discussion du conseil municipal prévoyant sa vente. Ce texte, pour ne pas froisser, réduit pour le rendre plus soft pour tout lecteur, a fait l’objet malgré tout de commentaires peu amènes, ce qui a conduit, tout de même à ma grande surprise, à ce qu’il disparaisse des écrans… de la page.

         C’est ce « pas de politique » que je voudrais discuter ici, ce « pas de politique » qui serait une condition pour participer à cette page.

         Cet anathème contre la politique est non seulement injuste mais il ne peut pas être tenu.

         Il est injuste, car il passe à côté de la véritable définition de la politique, aux antipodes de la sphère politicienne qui n’en occupe qu’une marge lointaine, qui est « la réflexion sur la cité et ses pouvoirs », comme je l’expliquais à mes élèves du secondaire.

         Que l’on discute de l’érection d’un rempart au XVIème siècle  ou de la profonde liquidation du vieil espace urbain de la Ville à la fin des années 1960, on est contraint à faire de la politique, celle politique telle que je la définis et dont je me réclame. Reprenons mes deux exemples. Que se passait-il alors ? Quels étaient les enjeux ? Quelles positions alternatives ? Quels décideurs en présence ?

         Voilà pour aujourd’hui. La suite demain, justement en revenant sur Saint-Hilaire de Riez. Mais avant de nous quitter, que les choses soient claires. Pour ma part, et c’est une condition essentielle dans mes échanges, en particulier écrits, et particulièrement sur les réseaux sociaux, cette réflexion « politique » incontournable n’empêche pas la plus extrême courtoisie, l’exige même. Pour notre sujet, c’est une condition de cette discussion entre habitants, qu’ils soient nostalgiques ou pas. En tout cas, à demain. DM

mardi 22 décembre 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 21 décembre 2020

 Un seul remède contre le virus du profit : les luttes collectives !

 

21/12/2020

Reprise du nombre de contaminations en France et dans toute l’Europe ; découverte en Grande-Bretagne d’une nouvelle souche du virus, peut-être plus contagieuse ; menace d’une troisième vague en janvier : malgré la campagne de vaccination, sur le point d’être lancée, les nuages s’amoncèlent sur 2021 !

La lutte contre l’épidémie est contradictoire et inefficace, et ce dans l’écrasante majorité des pays riches et développés, parce qu’elle est menée en fonction des intérêts de la classe capitaliste.

Au nom de la lutte sanitaire, le Premier ministre Castex nous dit, presque par le menu, comment il faut passer les fêtes de fin d’année. Mais il n’impose rien au grand patronat qui concentre des centaines ou des milliers de travailleurs dans ses usines, ses grands magasins, ses abattoirs ou ses entrepôts.

Pour l’exploitation capitaliste, il n’y a pas de couvre-feu. Ce sont les heures supplémentaires à la pelle, des samedis et des nuits travaillés. Et lorsque les gestes barrières, la distanciation physique et les désinfections ralentissent la production et les cadences, eh bien, ils sont supprimés !

Parce qu’il ne faut pas que la lutte sanitaire diminue les profits, le gouvernement laisse le virus circuler dans les entreprises. Mais, pour contenir l’épidémie autant que possible, il va traquer le Covid dans les moindres recoins de nos vies privées et sacrifier les petits commerçants ou le secteur de la culture.

Le gouvernement demande de la solidarité et un effort collectif. Mais, comme toujours dans cette société capitaliste, les efforts et les sacrifices sont demandés aux classes laborieuses. Et la minorité capitaliste tire les marrons du feu !

Face à l’épidémie, il n’y a déjà pas d’égalité entre riches et pauvres. Dans les entreprises, ce sont les salariés qui courent le risque de tomber malades, pas les actionnaires, bien à l’abri et confinés autant qu’ils veulent ! Et, en plus du Covid, les travailleurs ont à subir la lutte de classe et la cupidité du grand patronat.

La dégradation des conditions d’existence de millions de femmes et d’hommes, l’explosion du chômage et les pertes de salaire dues au chômage partiel ne doivent rien au virus. Elles sont la conséquence de l’avidité et du parasitisme de la grande bourgeoisie.

Des centaines de milliers de salariés vont passer les fêtes dans l’angoisse du lendemain, parce qu’ils ont perdu leur travail ou craignent d’être licenciés. Des millions d’autres croulent sous les dettes et les impayés et ne peuvent remplir leur frigo que grâce aux associations caritatives. Pourquoi ? Parce que les actionnaires de ces grands groupes demandent que leurs dividendes soient garantis !

Quand l’enseigne d’ameublement Alinéa supprime la moitié de ses 2000 emplois, c’est pour le bonheur de ses actionnaires, dont la famille Mulliez, 6e fortune française. Danone, qui a gagné plus d’un milliard au premier semestre, supprime 2000 emplois, pour ne pas décevoir ses actionnaires. On peut en dire autant d’Auchan, de Bridgestone, d’Elior, de General Electric…

La grande bourgeoisie est secourue de mille façons par le gouvernement. Elle est arrosée de prêts garantis par l’État, c’est-à-dire d’argent gratuit. Et cela ne lui suffit pas ! Pour augmenter toujours et encore la rentabilité de ses capitaux, elle s’en prend à ses salariés, à ses intérimaires et ses sous-traitants. Et pour elle, c’est Noël avant Noël !

La Bourse de Wall Street a, en effet, battu des records ces dernières semaines, et celle de Paris a connu une remontée fulgurante. En 2020, les actionnaires du CAC40 devaient toucher 54 milliards de dividendes, en pleine crise ! Et combien a rapporté le Black Friday aux grandes chaînes de distribution ou à Amazon ? Combien rapportent les millions de tests aux laboratoires et aux multinationales de la pharmacie ? Combien toucheront-ils pour les vaccins ?

Crise ou pas crise, le champagne et les milliards coulent à flots sur la bourgeoisie. Pour ceux qui possèdent du capital, les crises sont des façons comme une autre de faire de l’argent. Alors, il faut que les travailleurs aillent chercher cet argent et qu’il serve aux emplois, aux salaires, aux retraites, à l’éducation, à la santé, aux transports en commun, c’est-à-dire à la société !

Il va falloir des mois pour que la vaccination contre le Covid produise ses effets. Mais contre le virus de la rapacité capitaliste, il n’y aura ni vaccin ni traitement. Seule la capacité des travailleurs à se défendre permettra de faire reculer les multinationales et les licencieurs et les empêchera de nuire à toute la société.

 

Avec la nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

Vaccination : Il manque un vaccin contre les profiteurs. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

 Il manque un vaccin contre les profiteurs

16 Décembre 2020

La vaccination contre le coronavirus a commencé en Angleterre et aux États-Unis. Une vaccination efficace est sûrement le meilleur moyen de mettre fin à la pandémie. Mais il est tout aussi sûr que les promoteurs de ces campagnes massives défendent tout autre chose que la santé publique, et bien des inquiétudes pèsent encore sur le bon déroulement et l’efficacité de ces vaccinations.

Trump avait fait du lancement le plus rapide possible de la vaccination un enjeu électoral. Il tient maintenant à mettre à son compte le démarrage de celle-ci avant son départ de la Maison-Blanche. En Angleterre, la première personne vaccinée a été présentée comme une héroïne et les dirigeants politiques se sont largement vantés d’être les premiers en Europe a débuter la vaccination. Ailleurs dans le monde, Vladimir Poutine avait donné le ton, le 11 aôut, en mettant en avant le vaccin russe Spoutnik 5 et en affirmant qu’une de ses filles était déjà vaccinée. La Chine, quant à elle, vaccine largement depuis août.

De nombreux chercheurs réalisent des prouesses dans la recherche d’un vaccin. Des techniques innovantes et porteuses d’avenir, comme celle de l’ARN messager, ont été utilisées dans des délais très courts et cette précipitation peut être justifiée par l’ampleur de l’épidémie actuelle. Mais avant le 8 décembre aucune étude validée par la communauté scientifique n’avait encore été publiée. Les médecins n’avaient donc aucun moyen de se faire un avis sur la fiabilité des différents vaccins en préparation.

Cette situation conduit par exemple le Pr Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à émettre des réticences sur certains vaccins en refusant de faire « une confiance aveugle et absolue aux laboratoires pharmaceutiques ». On ne peut que partager cette méfiance. Comme toute entreprise capitaliste, les laboratoires en question ont comme premier objectif de réaliser un maximum de profit et l’histoire récente a montré qu’ils ne reculent pas devant les méthodes les plus douteuses pour y parvenir.

Vacciner plusieurs centaines de millions de personnes dans le monde en quelques mois est aujourd’hui théoriquement possible. Quant à réussir à le faire, et à le faire de façon efficace, c’est un autre problème. En effet, au lieu de collaborer, les laboratoires et les États qui les soutiennent vont chercher à placer avant tout « leur » vaccin, même s’il rencontre des problèmes et est moins efficace que celui du voisin. D’autre part l’épidémie a clairement touché les plus pauvres, mais les vaccins ne seront que rarement pour eux. Pour que le progrès scientifique devienne réellement un progrès pour l’humanité, le mur à franchir est encore une fois celui du profit.

                                                        Jean POLLUS (Lutte ouvrière n°2733)