Le
bout du tunnel pour les travailleurs ? Le retour des luttes collectives !
14/12/20
« La France s’en sort
mieux que ses voisins », voilà tout ce que trouvent à dire Macron et
Castex au bout de dix mois d’incurie, de mensonges, d’improvisations, et près de
60 000 décès !
Et c’est loin d’être terminé car
la campagne de vaccination va prendre des mois. Des mois pendant lesquels nous
risquons une troisième vague. Des mois d’interdits et de contrôles, car si le
gouvernement est incapable de gérer la crise efficacement, il sait profiter de
la situation pour essayer de nous mettre au pas !
Sans que l’on en comprenne les
raisons, les théâtres et les cinémas, qui s’étaient préparés pour rouvrir et
assurer les fêtes, ne rouvriront pas avant janvier. Quant aux fêtes, elles
devront se réduire au minimum, avec un couvre-feu à 20h pour le 31 décembre, et
Darmanin promet des contrôles !
Macron nous avait promis, il y a
trois semaines, « de la clarté » et de la « cohérence »
car, disait-il, « rien n'est pire que l'incertitude et l'impression
d'une morosité sans fin ». C’est encore raté ! Et « morosité »
est un mot faible. Pour des millions de travailleurs, c’est de l’angoisse pour
les semaines, les mois, voire les années à venir !
Derrière les fleuristes, les
chefs étoilés, les artistes, les responsables de station de ski qui décrivent
la catastrophe économique qu’ils subissent, il y a des salariés. Il y a les
travailleurs qui, avec le chômage partiel, perdent du salaire et accumulent les
dettes. Et il y a tous ceux qui ont perdu un emploi précaire !
Des millions de travailleurs ont
vu leurs conditions de vie et leur pouvoir d’achat s’effondrer avec l’explosion
du chômage. Ils se démènent entre impayés et retards de loyer. Se nourrir
correctement, se chauffer est devenu de plus en plus difficile pour beaucoup.
Le gouvernement incite la population à se faire plaisir à Noël en achetant des
produits artisanaux. Mais des millions de personnes ne remplissent leur frigo
que grâce aux associations caritatives. Si elles réussissent à faire un extra
pour les fêtes et à acheter des cadeaux pour les enfants, ce sera aussi grâce à
celles-ci !
Pas un jour ne passe sans que de
nouveaux licenciements soient annoncés. Dernièrement, Elior, le géant de la
restauration, a annoncé 1888 suppressions d’emplois ; Disney, 1000 sur son
site de Marne-la-Vallée… Cela s’ajoute à la liste déjà longue de Bridgestone,
Danone, Hutchinson, Renault, Airbus, Air France, Auchan... En novembre, une
officine gouvernementale a comptabilisé 67 000 suppressions de postes
annoncées dans le pays.
Quand il ne s’agit pas de licenciements,
il s’agit d’attaques contre nos conditions de travail : tentatives de
faire du sous-effectif la norme, attaques mesquines contre des primes ou des
repos compensateurs, contre les congés… Contrairement à l’épidémie de Covid, ces
attaques ne doivent rien à la nature. Les travailleurs sont confrontés à un
virus qu’ils connaissent bien, le virus du profit et de la rapacité patronale.
Bien que l’État se soit substitué
au patronat pour payer le chômage partiel, les grands groupes, c’est-à-dire
ceux qui ont des millions en réserve, restructurent à tour de bras, alimentent
l’explosion de chômage et de la misère. Le grand patronat mène la lutte de
classe et il est sans pitié.
Le patronat est à l’offensive
pour accroître l’exploitation. Alors, partout, il faut que les travailleurs se
défendent. Certains le font déjà dans bien des entreprises.
À Villeurbanne, les ouvriers de
General Electric ont fait trois semaines de grève contre des suppressions de
postes et ont forcé la direction à en réduire le nombre. Dans son usine
d’Orléans, le groupe pharmaceutique Delpharm voulait supprimer une semaine de
congés payés et 13 jours de RTT, tout en imposant aux salariés 35 minutes de
travail gratuit par jour ! La grève a contraint la direction à reculer en
partie.
Toutes les luttes collectives
pour nos intérêts sont positives. Et il n’y en a pas de petites. Même quand
elles n’amènent pas la victoire, elles permettent de renouer des liens de
solidarité et de confiance, et cela compte pour l’avenir.
Car le plus dur reste à venir.
Pour l’instant, le gouvernement ouvre son chéquier et il donne sans compter aux
plus gros, faisant exploser la dette de l’État. Dès que l’épidémie sera
derrière nous, il le fera payer au monde du travail, en commençant par s’attaquer
à nos retraites. La vraie sortie de crise pour les travailleurs, ce sera le
moment où ils renoueront avec la lutte pour faire payer la bourgeoisie dont les
affaires et les profits ont été assurés par le gouvernement. Ces milliards qui
sont aspirés par la finance et enrichissent une toute petite minorité
capitaliste, il faut aller les chercher !
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