mercredi 16 décembre 2020

Argenteuil commerce : la solution est loin de l’ordinateur

 

Une nouvelle « suspension » qui contribue à l’évasion commerciale

 


Lors du dernier conseil municipal, une nouvelle décision soit disant en faveur du petit commerce local a été votée. Il s’agirait de déployer « une solution numérique pour les commerçants ».

         Ce n’est pas la première fois avec une municipalité conduite par Georges Mothron qu’il est question du « numérique » comme réponse à la grave crise du commerce local.

         En attendant, Nicolas, le marchand de vins et de spiritueux vient d’annoncer que son magasin de l’avenue Gabriel Péri resterait fermé jusqu’à une date « indéterminée ».

         Avec la librairie « Le presse-papier » qui tient heureusement le coup, Nicolas était une des rares enseignes de cette avenue capable d’attirer les habitants des quartiers périphériques plus aisés. Exit donc.

         Naguère, il y avait autour de cette librairie, trois autres commerces voisins qui créaient un petit noyau commercial dynamique et attractif. Sur les quatre, il en reste dorénavant uniquement deux, la « Maison Héloïse », de qualité, ayant le défaut d’être disjoint de ce noyau.

         Loin d’un numérique miracle, c’est du côté d’un soutien majeur aux commerces de qualité qu’il faudrait aller. DM

Le cirque à Argenteuil : reverra-t-on des animaux de la savane ?

 

Pour une fois que lors de ce conseil, ce n’était pas le cirque...

 

Certes, on peut faire un excellent cirque sans animaux (ou presque)

Ici le merveilleux cirque Romanes à la fête de Lutte ouvrière 2018

 

À la toute dernière minute du dernier conseil municipal, une grave question pour l’avenir de la société a été évoquée, celle des « cirques avec ou sans animaux ».

         Il faut rendre grâce au groupe de « gauche » initiatrice ce soir-là du sujet, que cette question figurait bien dans son programme municipal en mars-juin. Un représentant de la « cause animale » était même candidat sur cette liste.

         À titre tout à fait personnel, j’aime bien les animaux de cirque, et je pense qu’il y a des questions à discuter bien plus prioritaires. J’avouerai même qu’il m’arrive à l’occasion d’aller tenter d’attirer l’attention des lions et autres panthères qui s’ennuient dans leurs cages. Mais enfin, pourquoi pas.

         À cela près, qu’avec cette question, la municipalité s’engage dans un chemin glissant.

            Si les lions, les girafes et les lamas prennent le chemin de la liberté, la suite devra être assumée. J’entends déjà les jappements et autres miaulements des milliers et milliers de chiens et de chats locaux réclamant eux aussi la liberté et de pouvoir librement gambader dans les rues et les bois. DM

 

Plus sérieux, notre revue Lutte de classe, dans son numéro 201 de juillet-août 2019 a abordé la question sous le titre : « Cause animale, véganisme et antispécisme ». Voir le lien ci-dessous.

https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2019/06/29/cause-animale-veganisme-et-antispecisme_132985.html

mardi 15 décembre 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 14 décembre 2020

 Le bout du tunnel pour les travailleurs ? Le retour des luttes collectives !

14/12/20


 

« La France s’en sort mieux que ses voisins », voilà tout ce que trouvent à dire Macron et Castex au bout de dix mois d’incurie, de mensonges, d’improvisations, et près de 60 000 décès !

Et c’est loin d’être terminé car la campagne de vaccination va prendre des mois. Des mois pendant lesquels nous risquons une troisième vague. Des mois d’interdits et de contrôles, car si le gouvernement est incapable de gérer la crise efficacement, il sait profiter de la situation pour essayer de nous mettre au pas !

Sans que l’on en comprenne les raisons, les théâtres et les cinémas, qui s’étaient préparés pour rouvrir et assurer les fêtes, ne rouvriront pas avant janvier. Quant aux fêtes, elles devront se réduire au minimum, avec un couvre-feu à 20h pour le 31 décembre, et Darmanin promet des contrôles !

Macron nous avait promis, il y a trois semaines, « de la clarté » et de la « cohérence » car, disait-il, « rien n'est pire que l'incertitude et l'impression d'une morosité sans fin ». C’est encore raté ! Et « morosité » est un mot faible. Pour des millions de travailleurs, c’est de l’angoisse pour les semaines, les mois, voire les années à venir !

Derrière les fleuristes, les chefs étoilés, les artistes, les responsables de station de ski qui décrivent la catastrophe économique qu’ils subissent, il y a des salariés. Il y a les travailleurs qui, avec le chômage partiel, perdent du salaire et accumulent les dettes. Et il y a tous ceux qui ont perdu un emploi précaire ! 

Des millions de travailleurs ont vu leurs conditions de vie et leur pouvoir d’achat s’effondrer avec l’explosion du chômage. Ils se démènent entre impayés et retards de loyer. Se nourrir correctement, se chauffer est devenu de plus en plus difficile pour beaucoup. Le gouvernement incite la population à se faire plaisir à Noël en achetant des produits artisanaux. Mais des millions de personnes ne remplissent leur frigo que grâce aux associations caritatives. Si elles réussissent à faire un extra pour les fêtes et à acheter des cadeaux pour les enfants, ce sera aussi grâce à celles-ci !

Pas un jour ne passe sans que de nouveaux licenciements soient annoncés. Dernièrement, Elior, le géant de la restauration, a annoncé 1888 suppressions d’emplois ; Disney, 1000 sur son site de Marne-la-Vallée… Cela s’ajoute à la liste déjà longue de Bridgestone, Danone, Hutchinson, Renault, Airbus, Air France, Auchan... En novembre, une officine gouvernementale a comptabilisé 67 000 suppressions de postes annoncées dans le pays.

Quand il ne s’agit pas de licenciements, il s’agit d’attaques contre nos conditions de travail : tentatives de faire du sous-effectif la norme, attaques mesquines contre des primes ou des repos compensateurs, contre les congés… Contrairement à l’épidémie de Covid, ces attaques ne doivent rien à la nature. Les travailleurs sont confrontés à un virus qu’ils connaissent bien, le virus du profit et de la rapacité patronale.

Bien que l’État se soit substitué au patronat pour payer le chômage partiel, les grands groupes, c’est-à-dire ceux qui ont des millions en réserve, restructurent à tour de bras, alimentent l’explosion de chômage et de la misère. Le grand patronat mène la lutte de classe et il est sans pitié.

Le patronat est à l’offensive pour accroître l’exploitation. Alors, partout, il faut que les travailleurs se défendent. Certains le font déjà dans bien des entreprises.

À Villeurbanne, les ouvriers de General Electric ont fait trois semaines de grève contre des suppressions de postes et ont forcé la direction à en réduire le nombre. Dans son usine d’Orléans, le groupe pharmaceutique Delpharm voulait supprimer une semaine de congés payés et 13 jours de RTT, tout en imposant aux salariés 35 minutes de travail gratuit par jour ! La grève a contraint la direction à reculer en partie.

Toutes les luttes collectives pour nos intérêts sont positives. Et il n’y en a pas de petites. Même quand elles n’amènent pas la victoire, elles permettent de renouer des liens de solidarité et de confiance, et cela compte pour l’avenir.

Car le plus dur reste à venir. Pour l’instant, le gouvernement ouvre son chéquier et il donne sans compter aux plus gros, faisant exploser la dette de l’État. Dès que l’épidémie sera derrière nous, il le fera payer au monde du travail, en commençant par s’attaquer à nos retraites. La vraie sortie de crise pour les travailleurs, ce sera le moment où ils renoueront avec la lutte pour faire payer la bourgeoisie dont les affaires et les profits ont été assurés par le gouvernement. Ces milliards qui sont aspirés par la finance et enrichissent une toute petite minorité capitaliste, il faut aller les chercher !

Avec la nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de page sur « articles plus anciens). DM

Sous-traitant d’Apple en Inde : la seule voie, l’action collective

 

Légitime défense des ouvriers

 

 Sous le propre, du pas propre

En Inde, alors que des milliers de paysans bloquent l’accès à Delhi, la capitale, pour s’opposer à une loi renforçant la mainmise des capitalistes sur les terres et que des grèves se développent, les ouvriers d’un sous-traitant de Apple ont mis à sac une usine. Les salaires n’étaient plus versés depuis des mois et des heures supplémentaires étaient imposées.

         Concentrés à 15 000 dans l’usine, les travailleurs ont contraint les autorités, pourtant complices du patron, à en rabattre. "Nous nous assurerons de ce que les droits des travailleurs soient protégés et que les sommes dues leur soient versées", a déclaré un ministre. Un peu tard !

         En Inde, comme partout, la force des travailleurs c’est l’action collective.