vendredi 13 novembre 2020

Mesures sécuritaires : xénophobie officielle

 

Mesures sécuritaires : xénophobie officielle

Mesures sécuritaires : xénophobie officielle

11 Novembre 2020

Une semaine après l’attentat de Nice, Macron a ajouté une nouvelle couche à la campagne anti-immigrés du gouvernement, annonçant depuis le Perthus, sur la frontière franco-espagnole, le doublement des effectifs policiers aux frontières.

 

Il a aussi appelé à revoir les règles de l’espace Schengen, cet ensemble de 26 États dans lequel les ressortissants européens sont censés circuler librement.

Cette libre circulation est pourtant de plus en plus entravée, et plus encore depuis l’épidémie de Covid-19. Mais ce n’est pas le problème de Macron, pour qui l’essentiel restait d’affirmer que, pour lutter contre les terroristes, il fallait renforcer les frontières. Comme si multiplier les gardes-frontières allait dissuader des jeunes fanatisés de passer à l’action ! Par contre, ils seront autant d’obstacles supplémentaires sur la route des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui tentent de rejoindre l’Europe et le paient parfois de leur vie.

Même si la plupart des auteurs des attentats commis ces dernières années étaient de nationalité française, Macron utilise l’origine tunisienne et l’arrivée récente en France du terroriste de Nice pour reprendre les arguments de l’extrême droite, et ainsi jeter la suspicion sur l’ensemble des immigrés, jugés, comme les musulmans, collectivement responsables des attentats, passés et futurs.

Cette campagne raciste et xénophobe non seulement ne désarmera en rien les fanatiques religieux prêts à manier le couteau ou l’explosif, mais elle risque de diviser encore plus le monde du travail, de creuser de nouveau le fossé entre ceux qui possèdent la carte d’identité française et ceux qui en sont dépourvus, poussant chacun à soupçonner l’autre, qui de complicité avec les terroristes, qui de complaisance avec les racistes.

Cela favorise la progression des idées de l’extrême droite. Marine Le Pen s’en est d’ailleurs félicitée et a profité de l’occasion pour demander la réforme du Code de la nationalité et l’expulsion de tous ceux qu’elle estime indésirables. En miroir, loin d’affaiblir les courants djihadistes, une telle propagande les renforce, en aggravant le sentiment de rejet ressenti par bien des jeunes issus de familles anciennement immigrées et en permettant aux djihadistes de se faire passer pour leurs défenseurs.

                                          Jacques Le Gall (Lutte ouvrière n°2728)


Argenteuil, quartiers populaires, fraction de la jeunesse totalement désorientée, quelle activité pour les militants révolutionnaires ?

Pour notre part, reconstruire les réseaux du mouvement ouvrier


 

Les évènements du Val-Nord et du Val-Sud ont amené des commentaires sur les « réseaux sociaux ». Je ne suis pas friand de ce genre d’exercice. J’ai fait exception à propos d’une brève d’un militant de quartier, Sadi Amazigh, qui, lui aussi, ne baisse pas les bras. Voilà ci-dessous ce commentaire. DM

« Bonjour,

« La crise des quartiers populaires n’est que le pendant de la crise globale de la société, de la société capitaliste. Ses ingrédients selon nous sont le chômage et le recul de la condition ouvrière, le recul des services publics utiles à la population, dont celui de l’École, et l’effondrement des réseaux de culture et de solidarité du mouvement ouvrier. Cela peut se décliner dans chacun des quartiers.

         Sauf que la crise ne cesse de s’approfondir avec la désorientation profonde d’une fraction importante de la jeunesse qui devrait être le ferment de la transformation sociale, et qui est attirée par des voies complètement stériles, telle celle de la violence totalement contre-productive.

         Que pouvons-nous faire ? Nous opposer aux reculs que j’exposais, et offrir une autre voie, par la réimplantation de réseaux de culture, de solidarité et de conscience. C’est le cœur de notre action, suivie avec obstination, à Lutte ouvrière, lequel parti n’a rien à voir avec ces politiciens qui eux méprisent les quartiers populaires et leurs problèmes.

         Bien évidemment, nous ne sommes pas les seuls par être atterrés par ce qui se passe à Argenteuil. Et de notre côté, nous ne méprisons surtout pas ceux qui tentent de développer l’entraide et la culture.  C’est pour cela que je vous envoie ce commentaire, moi qui n’aime guère ces échanges sur les réseaux dits sociaux, échanges souvent faits de briques et de broc. Salut et fraternité donc, et à bientôt, DM »