mardi 5 mai 2020

Argenteuil-Agents territoriaux : les échos du bulletin Lutte ouvrière




Le 11 mai ou le 12, ou après, si ce n’est pas possible…
   C’est le brouillard. De nombreux maires d’Ile de France eux-mêmes appellent à surseoir à la reprise de l’école primaire à partir de la semaine prochaine.
   Le gouvernement déclare d’un côté que le Val d’Oise est « rouge » et n’est pas sortie de la dynamique épidémique. De l’autre, il faudrait reprendre.
  Si lui n’a en tête que les dividendes du patronat, nous, nous avons la responsabilité de nos enfants et de nous-même.
  Si les conditions de la reprise ne sont pas remplies, il ne peut y avoir de reprise !

C’est à nous de nous imposer
   Et dans les bureaux exigus, et dans les « open-spaces », comment cela va-t-il se passer ?
   La question est ouverte…
   … mais l’espace est infini pour notre propre contrôle.

Déjà qu’il n’est pas trop vif…
  Le ministère de l’Éducation nationale a sorti un « protocole sanitaire, réouverture des écoles maternelles et élémentaires »
Il fait plus de 50 pages…
   Voilà de quoi occuper les responsables du service des écoles. Mais de là, à être en capacité d’en appliquer les recommandations pour ce que concerne les responsabilités de la Ville…

Confusion extrême et sans formation
   À ce que nous sachions, il n’y a pas de formation prévue au service des Écoles pour faire face à une situation extrêmement complexe et confuse.
   Sans formation, on connait la conclusion de notre côté.

Des préconisations… et la réalité…

  Le ministère du travail vient de diffuser une note sur les obligations sanitaires au travail en cette période de pandémie.
  Une vingtaine de pages, cela ne devrait pas être trop dur à lire pour la direction générale.
   Bien sûr, c’est avant tout à nous de contrôler notre propre sécurité.

Gardons nos distances, et pas seulement avec la haute hiérarchie

   Des masques sont bien évidemment nécessaires, mais le respect de la distanciation l’est tout autant.
    On peut toujours amener un double-mètre.

On ne pourra pas leur reprocher d’être au four et au moulin !

   Pour certaines et certains d’entre nous, nous avons certes déjà repris le travail, mais au niveau de la direction générale, c’est motus et bouche cousue. Elle est toujours muette… aucune consigne de reprise.
   C’est vrai, la communication, ce n’est vraiment pas leur fort… quand il ne s’agit pas de se faire mousser.

En vue du futur report des élections, un bal masqué ?

   Justement, la municipalité essaie en ce moment de se faire mousser avec l’affaire de la distribution des masques à la population.
    Cela les occupe à un tel point qu’il ne puisse pas communiquer avec nous ?

On ne les a pas attendus pour avoir du cœur

  Dans la note du cabinet du maire d’appel au bénévolat pour le conditionnement des masques, il a fallu qu’il y ait un zeste de fiel. Elle invitait à l’engagement bénévole en visant lourdement particulièrement ceux qui sont restés confinés à la maison.
    Cela s’appelle de l’insistance au bénévolat obligé.
    En tout cas, très révélateur de ce que pensent de nous ces gens-là !

Sans complexe …

   La direction nous demande de faire du volontariat bénévole alors qu’elle envisage de nous retire des congés ! 
    Elle voudrait peut-être aussi que nous travaillions toute l’année sans salaire.

Des microbes s’en vantent : « On a eu chaud »

   C’est à une grande opération de désinfection des locaux à laquelle ont été appelé ceux d’entre nous qui travaillent au service des Écoles.
   Oui, c’est plus que nécessaire de désinfecter. À condition seulement d’avoir suffisamment de désinfectant.

De sacrés numéros

   La hiérarchie fait comme si elle pouvait nous appeler sur notre numéro de téléphone perso quand ça lui chante et quand elle a besoin de nous.
   Rappel. Il y a le travail d’un côté. Et notre vie personnelle de l’autre.
   Notre portable appartient à cette dernière.


Faites circuler ce bulletin qui paraît encore seulement sur le net. Envoyez-le à tous ceux de vos amis à qui cela fera plaisir.






Deux autres brèves du jour dans « Articles plus anciens »


Gouvernement et masques : impéritie, contradictions, incohérences… une catastrophe


Ces serviteurs du Capital élevés à se considérer comme des cadors… et leurs « œuvres »


Une amie a élaboré le tableau très intéressant suivant sur la question. Autant le partager.


 

Éducation, écoles : réouvertures à partir du 11 mai, des maires pas joyeux. Journal d’un parent d’élève inquiet (4) – le 5 mai 2020


Réouverture des écoles : des mairies s’y opposent.

Dans le Val d’Oise, un certain nombre de maires ont déjà fait savoir la semaine dernière qu’ils refusaient la réouverture de leurs écoles au 11 mai (maternelles et élémentaires). En effet, étant responsables des locaux et des personnels autres qu’enseignants, ils ont leur mot à dire. Et comme l’Etat leur a « refilé la patate chaude » de la décision d’ouverture, ils sont, dans une certaine mesure, coincés. Certes, ils pourraient consulter ces mêmes personnels territoriaux, et les familles, pour avoir leur avis, ou leur soutien, mais ça n’est pas dans leurs habitudes.
         Franconville a annoncé que les écoles, crèches et centre de loisirs restent fermés jusqu’à nouvel ordre, le temps d’analyser les fameux « protocoles sanitaires » et voir si, et si oui comment il est possible de les appliquer. Saint-Gratien a pris une décision similaire. Ermont a décidé de ne pas ouvrir les écoles, mais d’assurer un système de prise en charge des enfants quand les parents sont contraints d’aller travailler.
         Ce week-end, plusieurs centaines de maires d’Ile-de-France ont publié une tribune allant dans le même sens, et demandant que la réouverture n’ait pas lieu lundi prochain 11 mai, avec un message très clair :
L'Etat ne peut pas se désengager de sa responsabilité dans la réouverture des écoles le 11 mai ; et ce calendrier est, dans la plupart de nos communes, intenable et irréaliste. Les conditions sanitaires à mettre en œuvre sont sérieuses et c'est bien normal ; cela ne s'improvise pas.

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Illustration à Eaubonne : la valse-hésitation du maire.

A Eaubonne, le maire se tâte depuis des jours. Il a fait distribuer un questionnaire/sondage aux parents voici deux semaines, mais comme les parents ne connaissaient pas les conditions au moment de répondre, beaucoup ont répondu en substance « on aimerait bien, mais on veut savoir d’abord ». Réponse sensée, mais la mairie peut s’en servir comme bon lui semble, ce qu’elle n’a pas manqué de faire ! Le 28 avril, la mairie écrivait qu’un quart des familles avait répondu et moins d’un tiers refusait de remettre les enfants. Mais 2 jours plus tard elle écrivait que 40% ont répondu et à 70% sont favorables. Ce changement en deux jours n’est mathématiquement pas possible. Entre les deux, l’Education Nationale lui avait fait passer le message officiel du ministre demandant la réouverture. Bref, au début c’était plutôt non, après cette pression des autorités c’était devenu plutôt oui, et le temps de se rendre compte de l’infaisabilité des protocoles dans les délais demandés, il a cosigné la tribune des 300 maires d’Ile-de-France qui demandent d’au moins repousser la réouverture.
Le maire s’est alors fendu lundi matin 4 mai d’un communiqué au ton plus acide que d’habitude :

10 mètres entre deux vélos, 10 mètres entre deux joggeurs, 1 mètre de distanciation dans les établissements scolaires, les transports, les toilettes, prévoir 4 mètres carrés par enfant au sein des classes : la lecture des protocoles qui se succèdent sans se ressembler est très précise.
 A force de multiplier recommandations et contraintes, ces protocoles font surtout apparaitre une grande fébrilité ou une réelle volonté de se protéger. L’impératif de sécurité sanitaire et celui de la reprise économique sont de moins en moins complémentaires et de plus en plus contradictoires.
 Rien de cela n’engendre la confiance. Or celle-ci est la base de toute reprise. S’il est difficile de savoir ce que sera le 11 mai, il est clair que la distance qui sépare la « théorie» de la «pratique» est au minimum bien grande. Peut-être qu’un prochain protocole nous en donnera l’exacte mesure !