Réouverture
des écoles : des mairies s’y opposent.
Dans le Val d’Oise, un certain
nombre de maires ont déjà fait savoir la semaine dernière qu’ils refusaient la
réouverture de leurs écoles au 11 mai (maternelles et élémentaires). En effet,
étant responsables des locaux et des personnels autres qu’enseignants, ils ont
leur mot à dire. Et comme l’Etat leur a « refilé la patate chaude »
de la décision d’ouverture, ils sont, dans une certaine mesure, coincés.
Certes, ils pourraient consulter ces mêmes personnels territoriaux, et les
familles, pour avoir leur avis, ou leur soutien, mais ça n’est pas dans leurs
habitudes.
Franconville
a annoncé que les écoles, crèches et centre de loisirs restent fermés jusqu’à
nouvel ordre, le temps d’analyser les fameux « protocoles
sanitaires » et voir si, et si oui comment il est possible de les
appliquer. Saint-Gratien a pris une décision similaire. Ermont a décidé de ne
pas ouvrir les écoles, mais d’assurer un système de prise en charge des enfants
quand les parents sont contraints d’aller travailler.
Ce week-end, plusieurs centaines
de maires d’Ile-de-France ont publié une tribune allant dans le même sens, et
demandant que la réouverture n’ait pas lieu lundi prochain 11 mai, avec un
message très clair :
L'Etat ne peut pas se désengager
de sa responsabilité dans la réouverture des écoles le 11 mai ; et ce
calendrier est, dans la plupart de nos communes, intenable et irréaliste. Les
conditions sanitaires à mettre en œuvre sont sérieuses et c'est bien normal ;
cela ne s'improvise pas.
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Illustration
à Eaubonne : la valse-hésitation du maire.
A Eaubonne, le maire se tâte
depuis des jours. Il a fait distribuer un questionnaire/sondage aux parents
voici deux semaines, mais comme les parents ne connaissaient pas les conditions
au moment de répondre, beaucoup ont répondu en substance « on aimerait
bien, mais on veut savoir d’abord ». Réponse sensée, mais la mairie peut
s’en servir comme bon lui semble, ce qu’elle n’a pas manqué de faire ! Le
28 avril, la mairie écrivait qu’un quart des familles avait répondu et moins
d’un tiers refusait de remettre les enfants. Mais 2 jours plus tard elle
écrivait que 40% ont répondu et à 70% sont favorables. Ce changement en deux
jours n’est mathématiquement pas possible. Entre les deux, l’Education
Nationale lui avait fait passer le message officiel du ministre demandant la
réouverture. Bref, au début c’était plutôt non, après cette pression des
autorités c’était devenu plutôt oui, et le temps de se rendre compte de
l’infaisabilité des protocoles dans les délais demandés, il a cosigné la
tribune des 300 maires d’Ile-de-France qui demandent d’au moins repousser la
réouverture.
Le maire s’est alors fendu lundi
matin 4 mai d’un communiqué au ton plus acide que d’habitude :
10 mètres entre deux vélos, 10
mètres entre deux joggeurs, 1 mètre de distanciation dans les établissements
scolaires, les transports, les toilettes, prévoir 4 mètres carrés par enfant au
sein des classes : la lecture des protocoles qui se succèdent sans se
ressembler est très précise.
A force de multiplier
recommandations et contraintes, ces protocoles font surtout apparaitre une
grande fébrilité ou une réelle volonté de se protéger. L’impératif de sécurité
sanitaire et celui de la reprise économique sont de moins en moins
complémentaires et de plus en plus contradictoires.
Rien de cela n’engendre la
confiance. Or celle-ci est la base de toute reprise. S’il est difficile de
savoir ce que sera le 11 mai, il est clair que la distance qui sépare la «
théorie» de la «pratique» est au minimum bien grande. Peut-être qu’un prochain
protocole nous en donnera l’exacte mesure !

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