mardi 5 mai 2020

Éducation, écoles : réouvertures à partir du 11 mai, des maires pas joyeux. Journal d’un parent d’élève inquiet (4) – le 5 mai 2020


Réouverture des écoles : des mairies s’y opposent.

Dans le Val d’Oise, un certain nombre de maires ont déjà fait savoir la semaine dernière qu’ils refusaient la réouverture de leurs écoles au 11 mai (maternelles et élémentaires). En effet, étant responsables des locaux et des personnels autres qu’enseignants, ils ont leur mot à dire. Et comme l’Etat leur a « refilé la patate chaude » de la décision d’ouverture, ils sont, dans une certaine mesure, coincés. Certes, ils pourraient consulter ces mêmes personnels territoriaux, et les familles, pour avoir leur avis, ou leur soutien, mais ça n’est pas dans leurs habitudes.
         Franconville a annoncé que les écoles, crèches et centre de loisirs restent fermés jusqu’à nouvel ordre, le temps d’analyser les fameux « protocoles sanitaires » et voir si, et si oui comment il est possible de les appliquer. Saint-Gratien a pris une décision similaire. Ermont a décidé de ne pas ouvrir les écoles, mais d’assurer un système de prise en charge des enfants quand les parents sont contraints d’aller travailler.
         Ce week-end, plusieurs centaines de maires d’Ile-de-France ont publié une tribune allant dans le même sens, et demandant que la réouverture n’ait pas lieu lundi prochain 11 mai, avec un message très clair :
L'Etat ne peut pas se désengager de sa responsabilité dans la réouverture des écoles le 11 mai ; et ce calendrier est, dans la plupart de nos communes, intenable et irréaliste. Les conditions sanitaires à mettre en œuvre sont sérieuses et c'est bien normal ; cela ne s'improvise pas.

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Illustration à Eaubonne : la valse-hésitation du maire.

A Eaubonne, le maire se tâte depuis des jours. Il a fait distribuer un questionnaire/sondage aux parents voici deux semaines, mais comme les parents ne connaissaient pas les conditions au moment de répondre, beaucoup ont répondu en substance « on aimerait bien, mais on veut savoir d’abord ». Réponse sensée, mais la mairie peut s’en servir comme bon lui semble, ce qu’elle n’a pas manqué de faire ! Le 28 avril, la mairie écrivait qu’un quart des familles avait répondu et moins d’un tiers refusait de remettre les enfants. Mais 2 jours plus tard elle écrivait que 40% ont répondu et à 70% sont favorables. Ce changement en deux jours n’est mathématiquement pas possible. Entre les deux, l’Education Nationale lui avait fait passer le message officiel du ministre demandant la réouverture. Bref, au début c’était plutôt non, après cette pression des autorités c’était devenu plutôt oui, et le temps de se rendre compte de l’infaisabilité des protocoles dans les délais demandés, il a cosigné la tribune des 300 maires d’Ile-de-France qui demandent d’au moins repousser la réouverture.
Le maire s’est alors fendu lundi matin 4 mai d’un communiqué au ton plus acide que d’habitude :

10 mètres entre deux vélos, 10 mètres entre deux joggeurs, 1 mètre de distanciation dans les établissements scolaires, les transports, les toilettes, prévoir 4 mètres carrés par enfant au sein des classes : la lecture des protocoles qui se succèdent sans se ressembler est très précise.
 A force de multiplier recommandations et contraintes, ces protocoles font surtout apparaitre une grande fébrilité ou une réelle volonté de se protéger. L’impératif de sécurité sanitaire et celui de la reprise économique sont de moins en moins complémentaires et de plus en plus contradictoires.
 Rien de cela n’engendre la confiance. Or celle-ci est la base de toute reprise. S’il est difficile de savoir ce que sera le 11 mai, il est clair que la distance qui sépare la « théorie» de la «pratique» est au minimum bien grande. Peut-être qu’un prochain protocole nous en donnera l’exacte mesure !

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