samedi 18 avril 2020

Municipalité au service du confinement : ce serait une municipalité liée socialement avec les habitants, et en empathie avec eux


L’attitude d’une municipalité ouvrière…

 
Un repas à la cantine, un repas sûr d'être pris

Les élections municipales sont certes bien loin, et nous avons eu bien raison à cette occasion de défendre des perspectives générales dont la situation actuelle démontre l’urgence à ce que le monde du travail s’en imprègne. Mais nous avions aussi à cette occasion essayé de faire partager l’attitude d’une municipalité véritablement dévouée aux habitants qui dans une situation difficile auraient le plus besoin d’être soutenus.
         Et l’on peut dire que la municipalité « prolongée » d’Argenteuil donne depuis le début de la crise du coronavirus le contre-exemple de ce qu’il serait possible de faire malgré les obstacles dus aux décisions gouvernementales tel que le confinement. Au bout de plus de quatre semaines de confinement, il y aurait pourtant à redoubler d’action, alors que la situation pèse de plus en plus.
         1.Une municipalité ouvrière serait aux côtés des travailleurs pour assurer leur protection, les soutenant s’ils refusent de travailler tant que les conditions de protection ne sont pas assurées. Prenant même un arrêté en ce sens, tout en sachant les réactions préfectorales à ce sujet. De ce côté-là, rien du côté du boulevard Léon Feix.
         2.Pour soutenir les familles en difficulté financière, une telle municipalité renforcerait le service de livraison des repas préparés par la cantine municipale pour les familles qui habituellement bénéficient d’un bon repas à la cantine. Toute les municipalités connaissent le « quotient familial » des familles. Elles pourraient faire appel, si nécessaire, aux services de restauration des lycées à l’arrêt… Sue cet aspect, nous n’avons jamais entendu parler d’une initiative quelconque de la part de la mairie.
         3.Au niveau du lien avec les anciens, elle aurait pu établir un petit hebdomadaire porté dans les boîtes à lettres aux plus isolés. Pour cela, les municipalités disposent d’un certain nombre de listes… Ce que continuent à faire les facteurs n’est pas possible d’être fait par une municipalité ? Certes, il y a le problème des masques. Mais le maire d’Argenteuil a-t-il dénoncé l’impéritie gouvernementale en la matière ? Nenni…
         4.À une époque où les réseaux dits sociaux occupent une énorme place, une municipalité de nos vœux mettrait en place un site proposant une multitude de liens destinés aux uns et aux autres… aux antipodes de la pauvreté du site de la Ville d’Argenteuil que l’on n’a guère envie de lire et qui répète jour après jours seulement quelques informations…
         C’est vrai, la municipalité d’Argenteuil ne prétend pas être une municipalité ouvrière. DM

Auguste Blanqui et la question du pouvoir : « le toast de Londres »


« …En présence des prolétaires armés, obstacles, résistances, impossibilités, tout disparaîtra… »



Auguste Blanqui dit « L’enfermé » fut une des grandes personnalités militantes du mouvement ouvrier au XIXème siècle, qui passa une partie notable de sa vie en prison. Réfugié à Londres après l’écrasement des ouvriers parisiens durant les Journées de juin 1848, dans une réunion un an plus tard, il prit la parole avec un texte qui demeure une référence dans l’histoire du mouvement ouvrier sous le nom de « toast de Londres ». Il y tire un certain nombre de conclusions de cette sanglante mais très riche expérience de Juin.

         En février 1848, c’est sur le ton de la fraternité entre les classes que les serviteurs de la bourgeoisie installés au pouvoir, les Lamartine et consorts, avaient gavé de mots ronflants et d’illusions les ouvriers parisiens. Mais l’issue de Juin avait dévoilé la nature profonde de la société capitaliste : un affrontement sanglant de deux classes aux intérêts fondamentalement contradictoire et qui exige quand l’une d’entre elles a le pouvoir la soumission de l’autre, sans échappatoire possible. C’est sur cette leçon que revient Blanqui dans ce texte, une leçon que les travailleurs de 2020 doivent à nouveau entendre et assimiler.DM

Quel écueil menace la révolution de demain ?
L'écueil où s'est brisée celle d'hier : la déplorable popularité de bourgeois déguisés en tribuns.
Ledru-Rollin, Louis Blanc, Crémieux, Lamartine, Garnier-Pagès, Dupont de l'Eure, Flocon, Albert, Arago, Marrast !
Liste funèbre ! Noms sinistres, écrits en caractères sanglants sur tous les pavés de l'Europe démocratique.
C'est le gouvernement provisoire qui a tué la Révolution. C'est sur sa tête que doit retomber la responsabilité de tous les désastres, le sang de tant de milliers de victimes.
La réaction n'a fait que son métier en égorgeant la démocratie.
Le crime est aux traîtres que le peuple confiant avait acceptés pour guides et qui l'ont livré à la réaction.
Misérable gouvernement ! Malgré les cris et les prières, il lance l'impôt des 45 centimes qui soulève les campagnes désespérées, il maintient les états-majors royalistes, la magistrature royaliste, les lois royalistes. Trahison !
Il court sus aux ouvriers de Paris ; le 15 avril, il emprisonne ceux de Limoges, il mitraille ceux de Rouen le 27 ; il déchaîne tous leurs bourreaux, il berne et traque tous les sincères républicains. Trahison ! Trahison !
A lui seul, le fardeau terrible de toutes les calamités qui ont presque anéanti la Révolution.
Oh ! Ce sont là de grands coupables et entre tous les plus coupables, ceux en qui le peuple trompé par des phrases de tribun voyait son épée et son bouclier; ceux qu'il proclamait avec enthousiasme, arbitres de son avenir.
Malheur à nous, si, au jour du prochain triomphe populaire, l'indulgence oublieuse des masses laissait monter au pouvoir un de ces hommes qui ont forfait à leur mandat ! Une seconde fois, c'en serait fait de la Révolution.
Que les travailleurs aient sans cesse devant les yeux cette liste de noms maudits ! Et si un seul apparaissait jamais dans un gouvernement sorti de l'insurrection, qu'ils crient tous, d'une voix : trahison !
Discours, sermons, programmes ne seraient encore que piperies et mensonges ; les mêmes jongleurs ne reviendraient que pour exécuter le même tour, avec la même gibecière ; ils formeraient le premier anneau d'une chaîne nouvelle de réaction plus furieuse !
Sur eux, anathème, s'ils osaient jamais reparaître !
Honte et pitié sur la foule imbécile qui retomberait encore dans leurs filets !
Ce n'est pas assez que les escamoteurs de Février soient à jamais repoussés de l'Hôtel de Ville, il faut se prémunir contre de nouveaux traîtres.
Traîtres seraient les gouvernements qui, élevés sur les pavois prolétaires, ne feraient pas opérer à l'instant même :
1° - Le désarmement des gardes bourgeoises.
2° - L'armement et l'organisation en milice nationale de tous les ouvriers.
Sans doute, il est bien d'autres mesures indispensables, mais elles sortiraient naturellement de ce premier acte qui est la garantie préalable, l'unique gage de sécurité pour le peuple.
Il ne doit pas rester un fusil aux mains de la bourgeoisie. Hors de là, point de salut.
Les doctrines diverses qui se disputent aujourd'hui les sympathies des masses, pourront un jour réaliser leurs promesses d'amélioration et de bien-être, mais à la condition de ne pas abandonner la proie pour l'ombre.
Les armes et l'organisation, voilà l'élément décisif de progrès, le moyen sérieux d'en finir avec la misère.
Qui a du fer, a du pain.
On se prosterne devant les baïonnettes, on balaye les cohues désarmées. La France hérissée de travailleurs en armes, c'est l'avènement du socialisme.
En présence des prolétaires armés, obstacles, résistances, impossibilités, tout disparaîtra.
Mais, pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la liberté, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours.
Que le peuple choisisse !

vendredi 17 avril 2020

La ministre du travail s’attaque à l’inspection du travail : Anthony Smith, inspecteur du travail dans la Marne suspendu ! Un communiqué de Lutte ouvrière


Soutien à Anthony Smith, inspecteur du travail suspendu par Pénicaud

Communiqué 

17/04/2020 

La ministre du travail a décidé de suspendre un inspecteur du travail dans la Marne, Anthony Smith, pour son action concernant la protection des travailleurs en activité. Il avait en particulier mis en garde une entreprise de service à la personne qui envoyait des aides à domicile sans les protections indispensables chez des personnes âgées.

Anthony Smith, par ailleurs militant syndical et responsable national de la CGT, ne faisait que remplir son rôle. Mais dans le contexte actuel, celui-ci va à l’encontre de la politique de Macron qui veut imposer dès le 11 mai le déconfinement et la reprise travail à tous les salariés quitte à leur faire prendre le risque d’y laisser leur peau.

Non seulement c’est irresponsable mais c’est un scandale. En s’attaquant à Anthony Smith, Pénicaud veut faire un exemple pour intimider tous les inspecteurs du travail qui voudraient faire respecter des règles élémentaires de protection.

Voici un exemple du « monde d’après » dont parlait Macron, où la bourgeoisie, sous prétexte de crise économique, voudra imposer des semaines de travail à rallonge, la perte de congés ou de jours fériés, nous faire crever au boulot avec des masques de troisième catégorie ou pas de masques du tout !

C’est dans ce contexte d’attaques qui se préparent contre le monde du travail, qu’il faut interpréter la sanction contre cet inspecteur du travail.

Lutte ouvrière exprime sa solidarité complète avec Anthony Smith et nul doute que de nombreux travailleurs partagent cette indignation.

                                                                                Lutte ouvrière

Réouverture des écoles : le patronat veut faire reprendre le travail, Macron s'exécute. Une vidéo de Nathalie ARTHAUD, à écouter, à partager, et à discuter entre nous les travailleurs

Centres de rétention : liberté pour les sans-papiers






Vincennes


Centre de rétention : liberté pour les sans-papiers

15 Avril 2020

Dans la nuit de samedi 11 à dimanche 12 avril, les 47 personnes retenues au centre du Mesnil-Amelot en Seine-et-Marne se sont révoltées. Elles ont jeté leurs matelas dans la cour et ont refusé de dormir une nuit de plus dans leurs cellules, où les conditions de confinement ne sont pas respectées.
Les migrants retenus au Mesnil-Amelot ont tenu bon toute la nuit. Au matin, la police les a fait rentrer dans leurs cellules à coups de matraques et de gaz lacrymogène. Une ­demi-douzaine d’entre eux ont été conduits au commissariat. Comme dans tous les autres centres de rétention, la promiscuité est la règle. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été le transfert à l’infirmerie d’un homme sans-domicile fixe, qui présentait tous les symptômes du Covid-19.
Au centre de Vincennes, un migrant géorgien, malade et en détresse respiratoire, a été finalement évacué, après qu’une association a appelé le ministère de l’Intérieur. Dans ce centre, plusieurs autres cas ont été déclarés. Une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui a d’ailleurs été déposée par cette même association.
Sur le territoire, il reste aujourd’hui 152 personnes sans papiers détenues dans des centres de rétention. Et cette situation est d’autant plus révoltante que les préfectures n’ont absolument plus les moyens de les expulser étant donné que le trafic aérien est à l’arrêt. Le président de la Cimade déclare même : « Dès lors qu’on ne peut plus expulser, il n’y a aucune raison de maintenir en rétention. C’est même contraire à la loi. » Leur détention apparaît donc de plus en plus pour ce qu’elle est : abusive, arbitraire et punitive.
Toutes les associations de défense des sans-papiers exigent leur libération immédiate des centres de rétention. Cet emprisonnement, déjà insupportable en temps normal, est aujourd’hui criminel.

                                            Aline URBAIN (Lutte ouvrière n°2698)

Crise du coronavirus, échos des établissements sanitaires et des entreprises…


Aide à domicile

Quand l’épidémie du profit sa rajoute à celle du covid-19...




Dans les entreprises d’aide à domicile de Sarreguemines, au même titre que dans les Ephad ou dans les hôpitaux, l’épidémie de covid-19 révèle le manque de moyens, le mépris vis-à-vis du personnel, bien souvent précaire, qui assure tant bien que mal, grâce à son dévouement, le travail vital pour des personnes âgées ou dépendantes.

Dans l’une d’elles, le personnel ne dispose toujours pas de protection et doit laver son linge chaque jour pour ne pas contaminer les patients, ni leur propre famille. Quant aux masques, ils sont rationnés à 2 par semaine alors que les patrons de la région se vantent d’en avoir suffisamment en stock pour pouvoir en distribuer 2 par poste à chaque ouvrier… tout ça pour produire des boîtes de vitesse ou des pneus !
Question rémunération, le personnel est payé au smic horaire, 8,03 euros net de l’heure alors que le patron touche une vingtaine d’euros de la part des patients. Pas étonnant que la société affiche des bénéfices en hausse qui permettent au patron d’étendre son groupe comme son patrimoine immobilier. Malgré tout, le patron n’envisage même pas de verser la prime de 1000 euros, suggérée par Macron.
Cette réalité c’est celle de la logique du profit qui gangrène bien des structures censées assurer un service social avec l’argent et la complicité publique des départements et de l’Etat.

Hôpital de la Croix-Rousse - Lyon :  Le virus a bon dos

Echo d'entreprise
15/04/2020

L’hôpital ne cache plus son intention de rouvrir un maximum de services, malgré les risques de contamination au COVID-19. Mais si l’on peut comprendre la nécessité d’accueillir à nouveau les patients qui doivent recevoir des soins, il s’agit surtout, pour la direction de l’hôpital, de privilégier tout ce qui rapportera le plus à son budget…
C’est bien pour cette raison qu’un message vient d’être envoyé à l’ensemble du personnel, médical et non-médical : en prétextant un appel à la « mobilisation » face aux conséquences de la crise sanitaire, la direction s’y donne le droit de supprimer les congés d’été de n’importe quel salarié de l’hôpital, pour peu qu’elle juge sa présence nécessaire. Et alors que l’épidémie de COVID-19 est encore loin d’être terminée, elle impose aux salariés de prendre leurs congés dès maintenant, dans le but de les forcer à venir travailler en juillet et en août !
Cela fait déjà quelques années que la direction cherche à limiter les congés d’été pour maintenir ouverts les services les plus rentables. Et aujourd’hui, elle utilise honteusement la pandémie comme un prétexte pour légitimer les reculs qu’elle veut imposer au personnel depuis longtemps. Sur ce terrain, les hôpitaux ne se comportent pas autrement que bien des entreprises… Mais quelles que soient les façons de justifier ces attaques, les travailleurs n’ont pas à accepter de se sacrifier !

John Deere - Saran (Loiret) :  La production avant tout
Echo d'entreprise
15/04/2020 


Cela fait déjà 15 jours que la production de moteurs de tracteurs de la marque a repris chez John Deere.
En raison du bruit dans l’atelier, il est bien difficile avec 8h de travail de toujours respecter les mesures de protection mises en place.
Les travailleurs présents sont incités à faire une heure supplémentaire par jour pour pallier l'absence de ceux qui sont malades ou qui gardent leurs enfants. Il est prévu aussi de travailler samedi 18 avril. Et même si c’est un appel au volontariat, ce sont donc des moyennes de 45 à 50h de travail qu’effectuent les travailleurs de cette usine de tracteurs. 25 à 30% de la production normale sortant, ce n’est pas encore assez pour John Deere. Elle annonce « la reprise du travail obligatoire » pour le 20 avril.
La production ne peut attendre chez John Deere. Sauver leurs profits et les dividendes de leurs actionnaires est le même leitmotiv chez tous les capitalistes de la planète.

Confinement et footing, à l’image du reste


Je fais des « arrêtés » puis je réfléchis…

 
Pas de souci 4 mètres d'écart (Photo Le Dauphiné libéré)

Selon la presse, l’interdiction de faire du footing de 10 à 19 heures a été levée de fait dans les départements d’Ile de France, hors Paris et quelques communes du Val de Marne. Effectivement, en y regardant de plus près, l’arrêté préfectoral du préfet du 95 imposai cette interdiction pour la semaine du 8 au 15 avril uniquement.
         On se demande bien pourquoi cette mesure avait été prise. Chacun à Argenteuil a pu remarquer que la conséquence de cette mesure a été de concentrer, certes relativement, les joggers le soir, sans que cela pose par ailleurs de problème.
         Était-ce simplement pour que les personnes confinées soient privées de garder, même dans la limite d’une heure de sortie, le sentiment d’un peu de liberté ?
         Certes tout cela est à la marge par rapport à bien d’autres problèmes liés à la pandémie. Mais cela donne tout de même l’idée de mesures qui ont été prises à la légères sur d’autres plans, et là avec de tout autres enjeux. Mais cela donne également une idée d’un certain nombre d’arrière-pensées de la part de ceux qui nous gouvernent.

1848 et la force politique du monde du travail : l’expérience des journées de juin 1848


« Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant »

 
Les journées de Juin 1848 (merci Wikipédia)

En France, dès le début des années 1830, la révolte des ouvriers de la soie de Lyon, Les Canuts, fit une démonstration de l’affrontement fondamental de l’ère capitaliste, celui entre le Capital et le Travail. Le cri de guerre des révoltés lyonnais n’a pas été oublié : « Vivre libre en travaillant ou mourir en combattant ».
         Moins de 20 ans plus tard, cet affrontement prit une dimension d’une tout autre ampleur, lors des évènements des révolutions de 1848. Des révolutions car en l’espace de quatre mois, deux évènements liés mais de caractère social distinct eurent lieu.
         Fin février, ce fut d’abord le renversement de la monarchie mise en place en 1830 qui avait porté au pouvoir la grande bourgeoisie d’affaire et installé Louis-Philippe. Si, le monde du travail des quartiers de Paris furent les forces militantes de ce renversement, ses enjeux concernaient bien davantage, derrière l’affrontement entre la monarchie et la république, différentes fractions des classes dominantes, de la bourgeoisie et de l’aristocratie toujours bien vivante.
         Pour les travailleurs de Paris mobilisés depuis février, seule une « République sociale » soucieuse véritablement des intérêts des prolétaires pouvait régler la question du chômage et de la misère. Les travailleurs la réclamèrent dans la rue durant les mois qui suivirent.
         Pour la bourgeoisie, une telle situation où les travailleurs sont mobilisés et armés (à cette époque il existe une garde nationale armée qui recrute y compris dans les quartiers ouvriers) n’est pas tenable. L’un des deux camps doit l’emporter en écrasant l’autre.
         Cette situation se dénoua, cette fois, au profit de la bourgeoisie.        Acculés, les quartiers ouvriers de Paris s’insurgèrent en juin, érigèrent et tinrent leurs barricades pendant quatre jours, du 22 au 26 juin 1848.
         Ils furent vaincus par la force militaire de l’État bourgeois. Des milliers de combattants avaient été tués durant les combats, auxquels il faut ajouter environ 1500 fusillés sans jugement. Il y eut également environ 25 000 arrestations et 11 000 condamnations à la déportation.
         L’« ordre » allait certes régner pendant des années à Paris. Mais cette expérience vécue dans les larmes par le prolétariat n’allait pas être oubliée et allait féconder pendant longtemps la conscience du mouvement ouvrier. (Demain « Le toast » dit « de Londres d’Auguste Blanqui). DM