dimanche 27 octobre 2019

Lubrizol : pollueur incontrôlé. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Lubrizol : pollueur incontrôlé

23 Octobre 2019

Dans la semaine du 21 octobre, le PDG de l’usine Lubrizol de Rouen doit être entendu par des députés, des sénateurs et même des ministres. Si tous font mine de s’interroger gravement sur les causes de l’incendie, personne parmi tout ce beau monde ne pose le problème de fond du contrôle qu’il faudrait d’autant plus exercer sur ces entreprises dangereuses.




L’État laisse en réalité les mains libres aux capitalistes de la pétrochimie pour faire un maximum de profits, quitte à mettre en danger la santé des travailleurs et des riverains, voire leur vie. L’incurie des autorités face à la dangerosité des sites pétrochimiques n’est plus à prouver. En témoigne une fois de plus un rapport de la Chambre de commerce et d’industrie de Normandie, daté de 2010 et cité par Le Monde, qui pointait l’insuffisance criante des mesures de sécurité, en particulier l’absence de formation chez les sous-traitants qui emploient des milliers de salariés. D’après ce rapport, plus de 90 % des salariés ignoraient les principes généraux de la prévention, les documents recensant les risques liés au site où ils travaillaient, le contenu des fiches de sécurité des produits indiquant leur dangerosité, le maniement des extincteurs, et ainsi de suite. Comme le souligne un inspecteur du travail de Seine-Maritime, « les propres constats du patronat sont encore plus alarmants que ceux des organisations syndicales et de l’inspection du travail ». Mais malgré de nombreuses alertes, y compris auprès du ministère du Travail, rien n’a été fait.
Tandis que députés et sénateurs font semblant d’enquêter, chaque jour apporte son lot de témoignages sur Lubrizol, comme celui d’un pompier en colère interviewé par le journal : « C’est la première fois de ma carrière de pompier que je quitte les lieux d’un incendie en les laissant dans un pire état que celui où je les ai trouvés. » Il n’y avait pas d’eau dans la borne d’incendie la plus proche, en travaux, et celle où les lances ont pu être branchées manquait de pression. Personne ne savait ce qu’il y avait dans les fûts : « il y avait juste un code-barres pour les identifier. Personne sur place ne savait non plus que la toiture était en amiante. »
En l’absence d’engin capable de fabriquer la mousse indispensable pour éteindre un feu d’hydrocarbure, il a fallu attendre plusieurs heures pour en faire venir un d’un autre département. Pas de système non plus pour recharger les bouteilles d’air des appareils respiratoires que, heureusement si l’on peut dire, les pompiers n’ont pas été contraints de porter. Cependant, les jours suivants, plusieurs d’entre eux ont eu des nausées, vomissements, migraines, maux de gorge.
Mardi 22 octobre, l’évacuation de 160 fûts, les plus endommagés, a commencé. En tout, il en reste près de 1 400, dont 1 000 qui ont partiellement brûlé. Autant dire que la situation reste dangereuse. Et on comprend que travailleurs de l’entreprise, pompiers, riverains déjà victimes de l’incendie, soient toujours inquiets et en colère.

                                                Pierre MERLET (Lutte ouvrière n°2673)

Pesticides : ils rendent malades, mais l’État indemnisera…


Métaphore du capitalisme



D’un côté, on tolère des pesticides ultra dangereux pour la santé, de l’autre on indemnisera.
L’arrêté pris cet été par le maire breton de Langouët limitant l’utilisation de pesticides vient d’être annulé par le tribunal administratif. D’autres décisions du même type sont en train de connaître le même sort, de la part de cette structure juridictionnelle de l’État.
         Dans le même temps, cet État lui-même, via l'Assemblée nationale, vient de voter pour la création d'un fonds d'indemnisation des victimes de ces pesticides, enfants et adultes.
         C’est une véritable image du capitalisme. D’un côté, on tolère ses horreurs aux conséquences connues dramatiques sur la santé. De l’autre, on met en place pour les survivants ou les ayants-droit une compensation pécuniaire.
         A vomir.

Argenteuil, Cap Héloïse, Jean Vilar, recours sur la nature du projet privé-public, on en est où ?


Si évident pourtant, mais c’est peut-être là le hic



Il y aura encore bien des péripéties sur la route du gâchis de l’affaire Cap Héloïse. Mais le maire d’Argenteuil le reconnaît lui-même, il y a toujours un recours qui court si l’on peut dire à la date d’aujourd’hui. Il fut déposé il y a de nombreux mois déjà par deux conseillers municipaux d’Argenteuil, membres par ailleurs du Comité Jean Vilar. Celui-ci porte sur la nature du projet : un projet uniquement privé, ou un projet public-privé, dans les faits, municipalité d’Argenteuil-Fiminco ?
         Des mois et des mois donc après son dépôt au tribunal administratif du Val d’Oise, toujours rien.
          C’est tout de même bien étonnant.
        Certes, Fiminco est toujours resté silencieux sur la question. Mais par contre, du côté de la municipalité d’Argenteuil, il n’en fut pas de même, cette dernière revendiquant à qui mieux-mieux et à de multiples occasions ce projet, et l’intégrant toujours dans ses objectifs, et dans les éléments de son bilan municipal.
         Si l’on collectait l’ensemble de ses déclarations et de ses écrits, on peut affirmer sans se tromper que cela ferait un très épais mémoire, et un énorme réquisitoire à son encontre, pour conclure sans difficulté ce recours en faveur des plaignants. DM

samedi 26 octobre 2019

SNCF, rapport de la SNCF sur le nombre de cheminots nécessaires à bord


Circulez, il n’y a rien à voir



La direction de la SNCF produit ce vendredi un rapport destiné à conforter ses choix : pas besoin d’une deuxième personne à bord des trains, il suffirait de quelques ajustements techniques. Tout est bon sauf embaucher les milliers de contrôleurs nécessaires, ce qui lui coûterait plus cher.
Pour éviter le danger sur les rails, il faudrait supprimer la gestion capitaliste des transports.

Commission européenne : pour défendre le patronat, le choix d’un grand patron


Liens directs sans fioriture


At(h)os et d’Artagnan

Après avoir vu la candidature de Sylvie Goulard retoquée, Macron a choisi Thierry Breton dont il vante le "talent" pour le poste de commissaire européen. Ministre de Chirac, celui-ci est l’actuel patron du groupe Atos qui emploie plus de 100 000 salariés de par le monde. Il avait été auparavant à la tête de Bull, de Thomson où il licencia à tour de bras et de France Telecom dont il avait engagé la privatisation. Un « talent » patronal pour faire le sale boulot, cela en dit long sur les liens entre Macron, l’Etat et la grande bourgeoisie.

Police et Gilets jaunes : une plainte classée sans suite


C’est vrai, quoi, son boulot c’est de jouer de son bidule !...

 
Certes, par derrière, c'est plus facile

Frappé à la tête par une matraque policière lors d'une manifestation à Besançon le 30 mars 2019, un Gilet jaune de 22 ans avait porté plainte.
Finalement, ce dossier sera classé sans suite par le parquet. La scène avait été filmée et diffusée sur internet. On y voyait un policier s'approcher d'un gilet jaune pour lui mettre un coup de matraque dans la tête, par derrière.
Le blessé, qui avait reçu cinq jours d'ITT, avait porté plainte. Ces images, par leur violence, avaient révolté.
L'IGPN s'était alors penchée sur la question à la demande du préfet du Doubs. Le procureur de la République, à la lumière du rapport de la "police des polices", a finalement rendu son verdict jeudi : la plainte est classée sans suite.
Selon le procureur, le gilet jaune « n'avait pas l'intention de ramasser l'objet (une grenade). Mais de l'autre côté, il n'y a pas d'intention coupable de la part du policier. L'agent n'a pas voulu blesser délibérément le gilet jaune. Il l'a frappé en pensant qu'il allait se saisir la grenade ».
Brutalité, mensonge, violence policière couverte par la justice, voilà un exemple de la réponse de ce gouvernement à ceux qui manifestent pour leur pouvoir d’achat.

Argenteuil, la salle Jean Vilar, la municipalité, et les pieds nickellés…




Inénarrables


Certes, cela a été protégé depuis, mais cela donne tout de même une petite idée...

Chacun connaît l’état déplorable de la salle Jean Vilar dont la maintenance de fond n’a pas été effectuée depuis des années. Le projet « Cap Héloïse » et le dédain de la municipalité à l’encontre de cette part importante du patrimoine local n’ont rien arrangé. Oui, mais…
         … Car la salle est toujours debout, et la municipalité a bien été contrainte de programmer une saison 2019-2020.
         Comme pour tout local ouvert au public, une commission de sécurité devait passer. C’est la loi, et pour tous ceux qui s’intéressent à cette salle des fêtes, c’était prévu.
         Mais pour les divers contrôles et autres réparations auxquels il fallait s’attendre en cette rentrée, il n’y avait, paraît-il, pas d’argent. En tout cas, tel était le langage tenu dans les hautes sphères de l’administration municipale…
         Et il y a quelques jours, le passage de la commission de sécurité a été annoncée… Alors là, ce fut le branlebas de combat. Pire que chez les pirates. Fonds débloqués, entreprises idoines convoquées, et arrivant à toute vitesse…
         La politique dit un adage est l’art de prévoir. Mais quand on ne veut ni voir ni prévoir…

Argenteuil, AB-Habitat, les habitants veulent garder leur agence




Suite aux incertitudes concernant la pérennisation de l’agence d’Orgemont d’AB-Habitat dont nous avons parlé ces derniers jours, une pétition circule, à l’initiative du Comité de Défense de Joliot-Curie et de la CGT-Indecosa. Elle vient en complément de celle des Amis de Joliot sur le même sujet.