mercredi 9 octobre 2019

Argenteuil, Cap Héloïse… et étonnant sondage, avec sa dimension incontestablement électorale


D’une pierre deux coups ?

 
Sauvegarder les beaux restes de L'Île, la seule question.

Étonnant. Dans sa dernière partie, le sondage d’Opinionway commandité par la municipalité s’intéresse, et l’on se demande bien pourquoi, aux choix électoraux des sondés à l’occasion de deux élections passées « Pour quel candidat avez-vous voté le dimanche 22 avril 2017 ? ( énoncé des candidats) (lors des dernières présidentielles). Pour quel candidat avez-vous voté le dimanche 23 mars 2014 ? (->> énoncé des listes) (lors du deuxième tour des dernières élections municipales d’où est sortie vainqueur la municipalité actuelle) ?
         Mais que viennent faire ces questions dans un sondage portant fondamentalement, même si c’est d’une façon toute particulière, sur le projet Cap Héloïse de destruction de l’espace Jean Vilar ?
         A moins que ces questions aient une dimension, certes de sondage, mais en rapport avec les prochaines échéances électorales. Comme pour un autre aspect du questionnement sur lequel nous nous sommes déjà arrêtés, ne s’agirait-il pas, de manière détournée, et à peu de frais, de mesurer l’état d’esprit des électeurs a priori proches de la municipalité ? Nous risquons de revenir ultérieurement sur cette information totalement légitime. DM

mardi 8 octobre 2019

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 7 octobre 2019


Macron et Le Pen : deux ennemis des travailleurs



Profitant de l’attentat à la préfecture de police de Paris et du débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale, le Rassemblement National est reparti dans sa surenchère sécuritaire et ses amalgames contre les musulmans et les immigrés.
Front National ou Rassemblement National, Le Pen père ou Le Pen fille, rien ne change. Tout est toujours la faute de l’étranger, de l’immigré, du musulman. Jamais du grand patronat ! Jamais des fabricants de chômage, jamais des exploiteurs qui baissent les salaires et imposent la précarité pour augmenter les dividendes et les fortunes d’une minorité richissime.
Comme Macron, Le Pen ne mettra jamais en cause le parasitisme des capitalistes et leur dictature sur toute la société. Ils s’affrontent et rivalisent pour gouverner, mais ils ont le même ADN : leur dévouement aux plus riches et à la société bourgeoise.
Ils ont désormais un autre point commun : l’utilisation de la démagogie anti-migrants. Hier, Macron prétendait représenter le « progressisme » contre le « populisme », aujourd'hui, il alimente les fantasmes et les idées reçues sur le peuple qui subirait l’immigration. Comme si les immigrés n’étaient pas une composante essentielle du peuple ! 
Un chiffre est censé témoigner d’un grave problème : les demandes d’asile qui ont augmenté de 22 %. Mais les députés qui reprennent ce chiffre en boucle omettent de dire que la France reste très en retard sur tous les autres pays européens. Rapporté à la population, ce chiffre ne situe la France qu’au 11e rang européen, en nombre de demandes d’asile. Il y a en fait, chaque année, à peu près le même nombre de migrants.
Les macronistes répètent également les âneries des lepénistes et de la droite sur les prétendus abus de l’aide médicale d’État (AME), qui permet aux étrangers sans-papiers d’accéder à certains soins. Avant de se rétracter, l’homme d’affaires et dirigeant de La République en marche, Stanislas Guerini, a ainsi osé dire que l’AME était utilisée pour des prothèses mammaires ! En fait, l’AME rembourse uniquement les tarifs de base de la Sécurité sociale et sert, pour 70 %, à des soins hospitaliers liés à la tuberculose, au sida et aux accouchements. Comme l’expliquent tous les médecins, l’AME relève de la santé publique.
Les opposants à l’AME présentent son coût, un milliard d’euros, comme exorbitant. Mais les a-t-on entendus dénoncer les trois milliards de dépassements d’honoraires ? Et faut-il rappeler que les grandes fortunes ont déboursé, rubis sur l’ongle, cette somme en moins de 24h pour sauver Notre- Dame de Paris ?
S’il y a un problème, il concerne les femmes et les hommes forcés de migrer parce qu’ils ne peuvent pas vivre dans leur pays. Il concerne ceux qui risquent leur vie pour atteindre l’Europe et que le gouvernement transforme en parias. Il concerne ces travailleurs qui, des années durant, font tourner les cuisines des grands restaurants, blanchissent les draps des palaces, acheminent les colis de Chronopost ou livrent des repas, pour des salaires de misère. Ils font fonctionner l’économie, cotisent et payent des impôts sans avoir de droits en retour. Alors, dire que l’immigration coûte cher est une sinistre plaisanterie.
Qu’est-ce qu’ont coûté les ouvriers algériens ou marocains, venus dans les années 1950 ou 1960, qui ont travaillé toute leur vie dans les mines, le bâtiment et les usines les plus dures et qui se retrouvent à vivre avec 800, 900 euros de retraite ?
Les travailleurs immigrés forment la partie la plus exploitée de la classe ouvrière. Sans eux, pas un chantier du bâtiment, pas une société de nettoyage ou de sécurité, pas un aéroport, pas une usine automobile ne fonctionnerait.
Il n’est pas rare de compter 10, 20 nationalités différentes dans une seule usine. Cela fait autant de langues et de cultures différentes. Mais c’est la même fatigue, les mêmes douleurs, les mêmes galères financières pour tout le monde. Et quand on est travailleur, on partage les mêmes intérêts fondamentaux : conserver son emploi, défendre son salaire et ses conditions de travail. 
Cette même condition ouvrière nécessite de faire bloc et de s’opposer au patronat qui, par calcul, cherche à diviser les travailleurs et à les affaiblir. Elle nécessite de s’opposer à tous ceux qui, par bêtise raciste ou par communautarisme, contribuent à cette division et font le jeu du patronat.
Politiquement, elle nécessite de rejeter dos à dos les Macron et les Le Pen. Désigner un bouc émissaire, diviser le monde du travail, c’est vieux comme l’exploitation. Ceux qui jouent à cela sont les ennemis du monde du travail.

Lubrizol et autres entreprises dangereuses : l’omerta patronal


À bas le secret industriel !



Malgré les paroles rassurantes des ministres après l’incendie de Lubrizol, bien des habitants de Rouen ne sont pas rassurés. On a appris ensuite qu’une entreprise contiguë avait aussi brûlé. L’usine a déjà connu des accidents, dont le relâchement d’un produit à l’odeur d’œuf pourri qui avait incommodé toute la région. Une usine Lubrizol, près du Havre, a subi un incendie le 3 septembre dernier, obligeant à venir une cinquantaine de pompiers…
         Et, selon un ancien employé, chaque nouvel embauché signe une clause de confidentialité : il n’a le droit de rien dire. Effectivement, aucun salarié de Lubrizol n’a encore révélé quoi que ce soit. Tant que les patrons pourront imposer l’omerta, leurs profits seront protégés… et le pire sera à craindre.
La sécurité commence par le droit pour les salariés de parler.

Migrants : Mort d’un migrant à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). L’État responsable


Est-ce ainsi que les hommes vivent ?

 
                                                                         France bleue. fr

Depuis près d’un an, des migrants, réfugiés en demande d’asile ou ayant déjà ce statut, se sont installés à Saint-Herblain (commune de l'agglo nantaise) dans un gymnase désaffecté. Ils seraient maintenant plus de 800 à vivre dans des conditions insalubres et indignes : pas de chauffage, promiscuité des tentes collées les unes aux autres, baraques et cabanes faites de palettes et bâches devant le gymnase, peu de toilettes, de l’eau froide qui provoque des problèmes gastriques si on la consomme, quelques douches, des rats et nuisibles. Une fois par jour 300 repas sont distribués par une association… Tout cela ajouté à l’incertitude sur leur sort après un périple long et douloureux, engendre une fatigue physique et psychologique terrible.
L’Etat a été récemment condamné et la décision de justice laissait trois mois pour l’évacuation du gymnase mais le préfet avait annoncé qu’il ne la respecterait pas comme il ne respecte pas l’obligation de loger les demandeurs d’asile et les réfugiés.
Jeudi 2 octobre, Omar, jeune tchadien a été retrouvé mort dans sa tente à l’extérieur. Il s’était plaint la veille de maux de ventre et aurait succombé à un problème cardiaque.
Quand les forces de l’ordre sont venues enlever le corps, le retrait brutal et le manque de respect a provoqué des tensions. Des poubelles ont été enflammées et les policiers ont répliqué en aspergeant de lacrymogène. Des projectiles ont également touché les habitations des riverains.
La mairie de Saint-Herblain et Nantes dénoncent à juste titre l’inaction de l’Etat mais elles-mêmes laissent pourrir la situation.
Dans une agglomération qui se vante du nombre de nuitées d’hébergement touristique, le minimum serait de permettre à tous de bénéficier d’un logement correct et d’un suivi sanitaire quitte à appliquer la loi permettant la réquisition des logements vacants.

Députée d’Argenteuil-Bezons – totalement perdue de vue pour les Argenteuil, et particulièrement des femmes


Qui sème le vin, pardon le vent, finira par récoltes la tempête


Ce n’est pas trop que cela nous intéresse, mais tout de même, on ne peut pas dire que la députée d’Argenteuil-Bezons brille par sa présence locale. Même si l’on consulte « nos députés.fr, on ne peut pas dire également que sa reprise d’activité à l’assemblée nationale ait été notable. Cela dit, si c’est pour s’attaquer au monde du travail, même avec son indemnité, elle peut rester chez elle.
         Quant à l’information locale envers les habitants, elle se réduit à sa plus simple expression. Il faut par exemple aller sur internet, pour savoir qu’elle vient d’être réélue 1ère Vice-Présidente de la Délégation aux droits des femmes. Pourtant, cela aurait pu intéresser les femmes d’Argenteuil, dont la Maison des femmes est en grande difficulté depuis des mois. Mais apparemment, la question des femmes l’intéresse peut-être au Palais-bourbon, mais guère dans sa circonscription. Certes, elle connaît l’existence de cette Maison des femmes si nécessaire et si utile. Mais face à ses difficultés, comment compte-t-elle contribuer à les régler ?
         Donc, on ne savait pas trop si elle était toujours sur Argenteuil ces derniers temps. Et puis, finalement, nous l’avons retrouvée, croisé plutôt à la fête des Vendanges. La preuve. DM

Si-si, c'est bien elle

Élections municipales à Argenteuil, un revenant chantre de l’amnésie. Chronique des élections de mars 2020 (17)


Avoir la mémoire de leur politique et de leurs mauvais coups !

 
Lorsque son gouvernement nous empêchait pratiquement de manifester...

« Le passé ne m’intéresse pas, c’est de l’avenir dont je veux m’occuper. Argenteuil Avec vous ! est composé de femmes et d’hommes, représentatifs de la population de la ville, à son image et qui partagent la même ambition et les mêmes valeurs. Je n’ai demandé à personne d’où il venait, mais où il souhaitait aller ».
         Au-delà de l’aspect cocasse de ces quelques mots, nous ne retiendrons que l’idée centrale : l’ancien maire d’Argenteuil ne s’intéresse pas au passé.
         Et pour cause ! Ce passé qui va lui coller à la peau n’a vraiment rien d’attirant pour le monde du travail.
         Oui, mais au fait, d’où vient-il, lui ?
         Nous ne retiendrons, et pourtant il y aurait beaucoup à dire, de son mandat en tant que maire, que sa coresponsabilité dans l’affaire Cap Héloïse, puisque c’est lui qui, dans le plus grand secret, en prit l’initiative.
         Mais c’est comme député et comme porte-parole de Valls qu’il s’en donna à cœur joie contre les travailleurs. Chantre de la Loi El Khomri, du 49.3, de l’État d’urgence, de la déchéance de la nationalité… des choix pas jolis du tout !
Nous n’avons non plus pas oublié sa valse-hésitation au moment où reniant le candidat de son parti, les sirènes de Macron ne le laissaient pas indifférent.
On comprend qu’il soit un chantre de l’amnésie sur son parcours. Un parcours que tous les travailleurs, actifs, retraités, sans emploi, ne doivent en revanche jamais oublier, comme celui de tous les serviteurs de la bourgeoisie. DM

lundi 7 octobre 2019

Assurance chômage : le recul des droits. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Assurance chômage : non au recul des droits !

02 Octobre 2019

Mercredi 25 septembre, quatre associations de chômeurs (MNCP, AC, APEIS et CGT) ont protesté à l’entrée de l’Assemblée nationale en simulant une scène de crime, pour dénoncer l’attaque du gouvernement contre le système d’indemnisation des chômeurs, qui va les priver de 3,4 milliards d’euros d’allocations.
Dans leur prise de parole, les participants ont mis en cause « une nouvelle assurance chômage conçue par quelques experts, imposée par quelques ministres, sans débats ni négociations avec les chômeurs ! Une réforme par décret qui exclut 10 % des chômeurs des allocations et réduit les droits de 40 % d’entre eux ! » Ils ont dénoncé aussi « les contrôles à Pôle emploi, dans les CAF, dans les conseils départementaux, contre les chômeurs et précaires, que l’on sanctionne pour ne pas trouver des emplois inexistants ».
D’autres attaques en cours auront des conséquences pour les chômeurs et les travailleurs précaires : « Le gouvernement évoque un futur revenu universel et toujours d’activité, mais qui sera une fusion d’un maximum d’allocations et une réduction des droits. Quant à la réforme des retraites, elle renforcera la double peine des précaires : pas d’emplois, pas de salaires, et au bout du compte, pas de retraite ! » Et ils ont conclu contre « un monde qui ne sert que les riches, ne pense qu’à l’argent, et piétine sans vergogne chômeurs, précaires, salariés et retraités ».
Le précédent système d’allocations des chômeurs n’indemnisait que la moitié d’entre eux. Avec cette réforme peau de chagrin, il n’indemnisera désormais qu’un quart des chômeurs. Et, une fois de plus, le gouvernement s’en prend à ceux qui se trouvent dans les situations les plus précaires.
                                                         Jacques FONTENOY (Lutte ouvrière n2670)



Électricité : vers une nouvelle hausse


Électricité : vers une nouvelle hausse

02 Octobre 2019

Une hausse de l’électricité de 3,5 à 4 % serait envisagée au 1er janvier 2020. Déjà deux hausses ont eu lieu cette année, la première en juin, de 5,9 %, la seconde en août, de 1,23 %. Dans tous les cas, ces augmentations, passées comme à venir, sont injustifiées.
À chaque fois, les autorités viennent nous expliquer qu’il faut faire des travaux sur les centrales, sur le réseau, etc. Mais à chaque fois ce sont des faux-semblants. Des travaux nécessaires, il y en a, bien entendu. Mais ils n’empêchent pas les bénéfices d’EDF de rester copieux, avec près de 2,5 milliards d’euros rien qu’au premier semestre 2019. Et cela malgré le gouffre financier de l’EPR !
En réalité, et ce fait avait déjà été dénoncé par les associations de consommateurs, et même par l’officielle Autorité de la concurrence, la hausse du mois de juin était due en grande partie à la volonté de maintenir des tarifs élevés qui permettent à des opérateurs alternatifs, concurrents d’EDF, de se maintenir sur le marché. Ces fournisseurs sont de plus en plus nombreux : plus d’une trentaine actuellement, c’est dire à quel point l’affaire est rentable. À quelques exceptions près, ils ne produisent absolument pas d’électricité. Ils rachètent à un prix intéressant le quart de la production nucléaire d’EDF et la revendent ensuite, en réalisant une excellente opération commerciale.
Ces fournisseurs alternatifs sont de purs parasites, qui s’engraissent en faisant payer les usagers. Selon l’Insee et les associations de consommateurs, l’électricité a augmenté d’environ 50 % depuis 2007. On nous avait pourtant promis que la concurrence ferait baisser les prix. Cela s’est révélé un énorme mensonge.
Non seulement les concurrents alternatifs d’EDF y gagnent, dans cette affaire, mais EDF également, car l’augmentation des tarifs lui rapporte aussi. Et l’État y gagne aussi, car une large part du prix de l’électricité est représentée par des taxes, qui augmentent avec les tarifs.
Dans tout cela, les usagers sont lésés au profit de margoulins, avec la complicité de l’État.
                                            André VICTOR (Lutte ouvrière n2670)


Toujours plus chère