samedi 5 octobre 2019

Argenteuil – défense de la salle des fêtes communale Jean Vilar . Un tract de Lutte ouvrière-


LUTTE OUVRIERE

                                                                                        Argenteuil le 4.10.19.

Défense de Jean Vilar, sauvegarde de L’Ïle Héloïse

La municipalité à la manœuvre

Les opposants à son projet plus que jamais mobilisés

La question de l’avenir de la salle Jean Vilar et de l’île Héloïse connaît de nouvelles péripéties.
         La municipalité dit maintenir son projet. Le préfet du Val d’Oise, à peine installé dans le département, lui a fait, si l’on peut dire, un joli cadeau, en infirmant la conclusion, pourtant nette et sans bavure, du commissaire enquêteur sur la « question environnementale » du projet. Ce qui, tout compte fait, n’a pas forcément arrangé les affaires de la municipalité, car la proximité des prochaines élections municipales complique dangereusement pour elle la situation.
         En conséquence, elle a déclaré « surseoir à statuer » sur le projet et sur la délivrance d’un permis de construire, et s’adresser à la population… mais d’une façon bien particulière… qui lui garantisse un avis qui soit… le sien. Pour cela, elle a mis sur pied un sondage, organisé par un professionnel du secteur, et n’a pas attendu 48 heures à la suite du conseil municipal pour qu’il entre en action.
         Chacun sait que les sondages sont particulièrement sujets à caution. Ils le sont moins lorsqu’ils interviennent durant une campagne politique où les données et les acteurs sont au moins déjà complètement connus de ceux qui sont susceptibles d’être sondés. Ce n’est pas le cas pour le présent sondage.
         Par ailleurs, chacun sait également que le problème essentiel dans un sondage est celui de la formulation des questions.
         En l’occurrence dans le présent sondage lancé par Opinionway, nous ne prendrons qu'un seul exemple, celui qui est au cœur de cette affaire, la question de la salle des fêtes communale, le complexe Jean Vilar. 
Rappelons ce qui fondamentalement fait débat : Jean Vilar, rénovée ou pas, reconstruite ou pas, restera-t-elle une salle municipale, propriété collective des habitants, gérée à la seule discrétion de la municipalité, ou sera-t-elle remplacée par une salle privée, gérée selon les seuls choix de ses propriétaires ?
         Mais loin de là, voilà la question posée par les enquêteurs :

L’enquêteur : … Et selon vous, que serait-il préférable de faire : construire une nouvelle salle de spectacles avec une capacité d'accueil plus importante à la place de l’actuelle salle Jean Vilar ? Ou rénover la salle Jean Vilar même si la capacité d’accueil ne pourra pas être augmentée ?

         Oublié, disparu, l’aspect de la nature, publique ou privée de la salle, la question étant seulement limitée… à ses… dimensions, pour résumer : voulez-vous une salle plus grande ou pas ? Chacun peut imaginer la réponse.
         Voilà le bidonnage en cours. Que la municipalité continue sur cette voie, et proclame des résultats qui ne manqueront pas, de cette façon, de l’arranger.
         Quant à nous, et nous le pensons, quant à tous ceux qui combattent ce projet calamiteux, nous continuerons l’action.
         La municipalité aurait pu, pourrait organiser un referendum sur le sujet. Elle ne l’a pas fait.
         Dans tous les cas, nous sommes convaincus que les futures élections municipales en feront fonction.

Lisez le blog Lutte Ouvrière Argenteuil : « lo argenteuil »
Contact avec LO-Argenteuil :
MDommarie@aol.com – 06 99 49 98 64

                                                                                              Impr. Sp. LO le 4.10.19              

Vendanges à Argenteuil, une fête bien particulière, soignée pour les édiles et pour leurs proches. Des qualités à généraliser tout simplement…


Buvons, buvons à l’indépendance du monde…


De 10 heures à 18 heures, rue de Mainville

Nous sommes jaloux, il faut bien le dire. Deux fêtes de quartiers populaires annulées en quelques mois… mais pour la fête des Vendanges, quel déploiement de moyens. Comme nous aimerions que pour les initiatives véritablement culturelles de la Ville s’adressant à tous, il y ait les mêmes moyens d’information et de déplacement qui soient mobilisés. Cela dit, cette vigne de Mainville est excentrique dans le territoire et mérite les moyens idoines pour y parvenir. Mais pourquoi, ces derniers mis à disposition pour les initiatives qui plaisent particulièrement à la municipalité et à ses proches ne le seraient-ils pas pour d’autres d’intérêt équivalent voire supérieur.





         Ainsi, nous aimerions connaître le coût global de cette affaire. C’est la moindre des choses, c’est le résultat de nos impôts.
         Cela dit, que vive cette fête des vendanges, qui nous permettra de rencontrer de nombreux habitants et de discuter du cru 2019 mais aussi de la vie de la cité, du projet Cap Héloïse, …
         Et comme nous ne crachons pas sur le bon vin (que nous buvons raisonnablement), nous proposons à tous de chanter en cœur lors de cette fête des vendanges le dernier couplet et le refrain du « Chant des ouvriers » de Pierre Dupont (1846)

À chaque fois que par torrents
Notre sang coule sur ce monde,
C’est toujours pour quelques tyrans
Que cette rosée est féconde ;
Ménageons-le dorénavant,
L’amour est plus fort que la guerre ;
En attendant qu’un meilleur vent
Souffle du ciel ou de la terre,

Aimons-nous, et quand nous pouvons
Nous unir pour boire à la ronde,
Que le canon se taise ou gronde,
Buvons
À l’indépendance du monde !

vendredi 4 octobre 2019

Salaires : les charges sont pour les travailleurs


Salaires : les charges sont pour les travailleurs

02 Octobre 2019

Régulièrement, patrons petits et grands répètent la main sur le cœur que, s’ils n’étaient pas « écrasés par les charges sociales », ils embaucheraient des salariés.


Mais au niveau du smic les fameuses « charges », en fait les cotisations sociales, sont payées par les salariés, quasiment pas par les patrons.
Par exemple, le site Pôle emploi propose aux entrepreneurs qui souhaitent embaucher « l’estimation du coût d’un salarié », dans leur jargon. Au smic, le salaire brut du salarié est de 1 522 euros. Mais le total payé par l’entreprise est de 1 593 euros, soit 71 euros de cotisations patronales en tout et pour tout. Et encore, Pôle emploi propose « d’alléger ce coût par de multiples aides et mesures à l’embauche ».
En revanche, sur les 1 522 euros, le travailleur, lui, ne touche que 1 183 net avant impôt. Il verse donc 339 euros de cotisations, près de cinq fois plus que son patron !
C’est pourtant son travail et celui des autres producteurs qui créent toute la richesse, de quoi financer non seulement les salaires et cotisations sociales mais, par-dessus le marché, tous les revenus de la classe capitaliste.

                                                                       C.B. (Lutte ouvrière n°2670)

Éducation, le suicide d’une directrice, révélatrice de la situation désastreuse de l’Éducation nationale dans le pays. Une correspondance parue dans notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


École Méhul – Pantin : suicide de la directrice

02 Octobre 2019

Lundi 23 septembre, Christine Renon, la directrice de la maternelle Méhul à Pantin s’est suicidée dans son école. Elle a envoyé des lettres à ses collègues de la ville, où elle dénonce l’Éducation nationale, pour que toutes et tous connaissent les vraies raisons de son épuisement et de son geste.



L’Éducation nationale ajoute sans cesse de nouvelles charges de travail, en particulier de la paperasse inutile. Elle fait appel à un nombre croissant d’enseignants précaires et sans formation, que l’équipe enseignante et les directeurs doivent épauler en plus de leur travail, car l’Éducation nationale refuse d’embaucher le personnel nécessaire.
Jeudi 26 septembre, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant l’école Méhul, parents, enseignants, personnel de la ville et habitants de Pantin... Plusieurs interventions ont souligné l’engagement et le dévouement de la directrice, très appréciée. Mais ce qui dominait, au-delà de la tristesse, était la colère face à une situation qui se dégrade, au manque de moyens et de personnels et contre ceux qui ne veulent pas faire de vagues.
Il faudrait des secrétaires, des bibliothécaires, des personnes pour s’occuper de la salle informatique, d’assistants en langue, mais il n’y en a pas. Il n’y a pas assez d’auxiliaires de vie scolaire pour s’occuper des enfants handicapés, d’enseignants du Rased, le réseau d’aide pour les enfants en difficulté, et le passage des psychologues est bien trop rare.
La directrice a aussi dénoncé la municipalité de Pantin qui a aggravé la situation, en maintenant des rythmes scolaires à quatre jours et demi, tout en refusant avec mépris d’entendre les enseignants expliquer la fatigue de tous, en l’absence de pause le mercredi. Le maintien de ces rythmes a entraîné le départ de nombreux enseignants et animateurs, jusqu’à la moitié de l’équipe et parfois plus, ce qui a contribué à désorganiser plus encore le fonctionnement des écoles de la ville et à alourdir la charge de travail de ceux qui restent. C’est pourquoi la municipalité, présente au rassemblement, a été huée. Quant au ministre Blanquer, qui avait vanté début septembre une « rentrée réussie », il est passé en coup de vent à l’école mais en est reparti avant le début du rassemblement. Prudence !
Une journée de grève et des rassemblements sont prévus jeudi 3 octobre. À Pantin, treize écoles de la ville seront fermées et il y en aura également dans d’autres villes du département, car ce que la directrice a dénoncé du fonctionnement de l’école touche beaucoup d’autres personnes, qui le vivent et le ressentent de la même façon.
L’interdiction faite aux enseignants par l’administration de diffuser la lettre de la directrice donne envie de renforcer la protestation. D’ailleurs, dès lundi 30, en réponse au ministre, des enseignants ont refusé de faire la minute de silence pour Chirac.

                                   Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2670)

Écologie, Bolloré, multinationales, pas de sanctuaires arborés pour les prédateurs


Le système capitaliste détruit les hommes et la nature



Des paysans cambodgiens ont attaqué en justice le groupe Bolloré et quelques-uns d’entre eux sont venus à Nanterre pour témoigner.
Ces paysans appartiennent au peuple Bunong, qui vit de cueillette dans la forêt et d’une agriculture itinérante. Or, depuis la fin des années 2000, la forêt est accaparée par des sociétés multinationales, dont le groupe français Bolloré, qui plantent des hévéas pour récolter du caoutchouc. Ces grandes entreprises profitent du fait que les Bunongs n’ont aucun titre de propriété pour les spolier.
Ce sont ces multinationales qu’il faudrait exproprier pour que l’écologie devienne réalité.

Argenteuil, Cap Héloïse, un sondage bien orienté... au point que l'on se demande pourquoi faire des frais !


Contre le bidonnage, défense d’une salle des fête propriété communale

 
Simple : vous préférez une salle municipale ou une salle privée ?

Voilà le genre de question posée par les sondeurs du sondage de G. Mothron, à propos de la salle Jean Vilar :
"Enquêteur : ...Et selon vous, que serait-il préférable de faire : construire une nouvelle salle de spectacles avec une capacité d'accueil plus importante à la place de l’actuelle salle Jean Vilar ? Ou rénover la salle Jean Vilar même si la capacité d’accueil ne pourra pas être augmentée ?"...
         Une question qui occulte complètement le problème en le remplaçant par une alternative du genre « Préférez-vous un repas gastronomique ou un déjeuner au self de l’entreprise ? ».
Cette question essentielle de l’enquête oublie seulement le problème central, celui de la nature des salles en question : l'une privée totalement aux mains du propriétaire, l'autre publique, salle des fêtes communale, propriété communale dont l’utilisation est à la discrétion de la municipalité !
         Un tel procédé indique que nous avons affaire à un sondage totalement biaisé. DM

Argenteuil, chronique des élections municipales de mars 2020 (15)


Lutter, s’organiser, pour aider à la remontée de la condition de tous

 
Souvenir, souvenir, les glaces du Pub d'argent...


Argenteuil, la troisième ville d’Ile de France est une ville populaire emblématique du monde du travail, avec une énorme majorité de la population composée d’ouvriers, d’employés, de travailleurs des trois fonctions publiques, et des retraités de ce monde du travail.
         Le fait majeur pour ce dernier est le recul de sa condition, au niveau des salaires, de l’emploi, des conditions de travail elles-mêmes. Les attaques contre les retraites et les retraités ont détérioré les conditions de vie des anciens. Il faut ajouter à cela, le recul drastique des services publics utiles à la population qui épuise cette dernière, démoralise, bref, de ce côté-là aussi, lui rend la vie extrêmement plus difficile.
         Ce recul s’est opéré depuis le début des années 1980, année après année. La paupérisation a gagné progressivement, avec tous les problèmes afférents, de nombreux quartiers de la Ville, et finalement, toute la Ville elle-même, ce qui est, en partie, à l’origine de ses difficultés globales.
         L’histoire du Val-nord est à cet effet emblématique. L’espoir des dites « Trente glorieuses » était que l’amélioration sociale serait continue, et que les grands ensembles seraient le creuset d’une vie collective plus forte.
         A cet égard, je me souviens de mon émerveillement de ce qui fut le « Pub d’argent ». Le nouveau quartier populaire était comme ceux des gens aisés, il avait dorénavant un lieu où l’on pouvait se retrouver dans un cadre sympathique, voire luxueux…
         A la fin des années 1970, j’ai été deux ans instituteur à l'école Paul Éluard. Un CP. Une vingtaine d’élèves par classe. Les parents travaillaient, des ouvriers, des employés, mais aussi des cadres…
           Puis le recul a commencé, avec tous ses aspects et ses conséquences…
       Dans cette campagne des élections municipales, nous affirmerons la nécessité de la remontée nécessaire pour le monde du travail de ses conditions de vie, et des voies pour y parvenir, les luttes et l’organisation. Lorsque cette remontée se produira, elle aura des conséquences générales, mais aussi locales. Alors, Argenteuil aussi se transformera… dans un sens simplement favorable pour tous. DM

jeudi 3 octobre 2019

Rouen : Lubrizol doit payer ! Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Rouen : Lubrizol doit payer !

02 Octobre 2019

Circulez, il n’y a rien à voir ! C’est ce que, après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen, le 26 septembre, les autorités ont répété pendant plusieurs jours. Pas moins de cinq ministres et le Premier ministre sont venus sur place pour rassurer la population. 




« Les odeurs gênantes ne sont pas dangereuses », a déclaré Édouard Philippe. « Il n’y a pas de risque avéré pour la population », a surenchéri Castaner. « Les fumées ne sont pas toxiques », ont repris en boucle les autorités… tout en demandant aux habitants de rester chez eux et aux agriculteurs de suspendre leur récolte. « Il n’y a pas de danger grave et immédiat pour les habitants », a expliqué le maire PS Yvon Robert, transformé en avocat bénévole de Lubrizol et expliquant que « cette entreprise est toujours disponible pour améliorer la situation et n’a jamais hésité à dépenser pour accroître la sécurité».
La réalité est tout autre. Des centaines de personnes ont été incommodées, ont eu des nausées et des maux de tête, voire ont dû quitter leur domicile. La Seine a été polluée. L’incendie, qui a débuté dans la zone de stockage des expéditions de cette usine un peu avant 3 heures du matin, n’a pu être circonscrit que vers 18 heures. Un pompier intervenu dans la nuit, face à des flammes de 20 mètres de haut, avec des milliers de fûts éventrés, a raconté ses craintes d’avoir été exposé à des substances toxiques, alors qu’il n’avait qu’un pauvre masque en papier. Cette usine produit des additifs pour les huiles et les carburants et ces produits se sont enflammés, entraînant un nuage de fumées noires. Ce nuage, poussé par le vent et rabattu par la pluie, a pollué une partie de l’agglomération rouennaise et des zones plus rurales au nord-est. Une suie grasse accompagnée d’une pellicule d’hydrocarbure a recouvert les sols et les habitations.
Mardi 1er octobre, cinq jours après l’incendie, malgré les propos lénifiants des autorités, l’inquiétude reste vive dans la population. Environ 5 000 personnes ont participé à la manifestation appelée par plusieurs syndicats (CGT, Sud), associations et ONG (Attac, Greenpeace…) pour dénoncer le manque de transparence des autorités et de l’entreprise. Si les panaches noirs des fumées d’hydrocarbures ont disparu, il subsiste des zones de l’agglomération où l’odeur qui imprègne les bâtiments persiste et génère des malaises. Ainsi les locaux de France 3 Normandie, situés sur le passage du nuage de pollution, étaient toujours impraticables lundi. Dans certaines écoles qui rouvraient lundi matin, l’atmosphère était irrespirable au point que des enseignants ont exercé leur droit de retrait, notamment à Petit-Quevilly et sur les hauteurs de Rouen. Et, dans de nombreuses autres, seules les activités intérieures étaient possibles, tant l’odeur reste incommodante à l’extérieur. Une centaine de conducteurs de cars de l’agglomération sont en arrêt maladie, après avoir été incommodés par la pollution. L’incendie de Lubrizol rappelle aux 400 000 habitants de l’agglomération qu’ils habitent sur une poudrière : Rouen et sa banlieue comptent 26 sites Seveso, dont 13 en seuil haut.
L’activité agricole est frappée dans 112 communes de la Seine-Maritime et dans 94 autres situées dans l’Oise, la Somme, l’Aisne et le Nord – les fumées sont parvenues jusqu’en Belgique. Des champs sont souillés, des bestiaux tachés, et des traces noires dégoulinent de certaines ruches. Dans ces communes, les récoltes sont interdites et les produits déjà récoltés ne peuvent être commercialisés, dans l’attente des résultats d’analyses qui ne seront connus que dans plusieurs jours. Les producteurs de lait sont dans l’obligation de détruire leur production quotidienne, faute de moyens pour la stocker. Les compagnies laitières (Lactalis, Danone…) n’assurent plus le ramassage d’un lait dont elles ne savent pas si elles pourront le commercialiser. Des éleveurs font état de 500 à 700 euros de perte quotidienne. Il en est de même pour les maraîchers, qui ne peuvent écouler leur production, même s’ils sont établis en dehors de la zone exposée, car les consommateurs se méfient de la provenance des légumes. Lundi, le ministre de l’Agriculture s’est rendu sur une exploitation agricole ; il a promis aux éleveurs une avance de trésorerie et annoncé que les laiteries allaient devoir reprendre leurs tournées. Mais, en attendant, qu’en sera-t-il des pertes ?
Lubrizol est évidemment responsable de tous ces dommages et doit payer. Il ne s’agit pas d’une PME en difficulté, mais d’une multinationale propriétaire d’une centaine d’usines, au chiffre d’affaires de 6,8 milliards de dollars. Les autorités ne cessent de vanter Lubrizol pour son respect scrupuleux des mesures de sécurité. Cette usine classée Seveso « seuil haut » a un lourd passé de pollueuse, l’épisode le plus connu étant le dégagement de mercaptan, un gaz malodorant, en 2013 – une pollution pour laquelle elle avait dû payer une amende dérisoire de 4 000 euros. Pendant l’incendie, toute la toiture, en fibrociment à base d’amiante, s’est écroulée. Et jusqu’au soir du 1er octobre, plus de cinq jours après le sinistre, la préfecture a refusé de communiquer la liste des produits chimiques dont 5353 tonnes ont brûlé, une liste pourtant connue depuis le début. Jusqu’au bout, les autorités ont été complices des pollueurs de Lubrizol.
Afin d’allumer un contre-feu, la direction de l’entreprise a eu le culot de porter plainte contre X pour « destruction involontaire ». S’appuyant sur son statut de premier exportateur de Haute-Normandie, Lubrizol espère l’impunité dont elle a bénéficié jusqu’ici… y compris avec un chantage sur l’avenir de ses salariés. Les 400 ouvriers de l’usine, dont certains ont joué un rôle salutaire pendant l’incendie en éloignant des stocks de produits dangereux, sont maintenant au chômage partiel.
Lubrizol doit bien sûr payer pour maintenir les emplois et pour réparer tous les dommages qu’elle a causés. Mais, au-delà de cet épisode, il n’est pas acceptable que des activités aussi dangereuses que la pétrochimie continuent d’être soumises au profit privé.
                                                          Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2670)
Vendredi 4 octobre à 22 heures, Nathalie ARTHAUD
au Débat de LCI