lundi 15 avril 2019

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise du lundi 15 avril 2019


Algérie, Soudan : des leçons et un avertissement pour les travailleurs




Depuis plusieurs semaines, en Algérie et au Soudan, la population est parvenue à ébranler les dictatures en place depuis des dizaines d’années, à force de mobilisations massives et déterminées.

En Algérie, après les manifestations qui ont commencé en février, la population a obtenu la démission de Bouteflika, qui était au pouvoir depuis vingt ans. Le nouveau gouvernement a promis la tenue d’un scrutin présidentiel le 4 juillet prochain. Il espère ainsi canaliser l’aspiration au changement exprimée par la population et faire élire un homme qui assurerait la continuité du régime.

Les manifestations qui viennent d’avoir lieu dans tout le pays le 12 avril montrent que la majorité de la population ne veut pas se contenter d’un ravalement de façade et refuse d’accorder la moindre confiance à ceux qui ont dirigé le pays avec Bouteflika en réprimant toute opposition.

Cette méfiance est d’autant plus justifiée qu’au-delà de la clique de privilégiés et d’affairistes qui s’accaparent le sommet de l’État, c’est tout l’appareil répressif de la dictature, à commencer par l’armée, qui reste en place. Et si pour le moment, l’état-major n’a pas fait le choix de réprimer les manifestations, ses dirigeants n’ont pas hésité dans le passé à faire tirer à de nombreuses reprises sur la population.

Au Soudan, depuis quatre mois, des manifestations se déroulaient contre le renchérissement des produits de première nécessité, comme le sucre et le pain dont le prix avait été multiplié par trois. Malgré la répression, les manifestations ont continué de s’amplifier. Finalement, le 11 avril, l’armée a décidé de lâcher le dictateur en place depuis 30 ans, organisant un coup d’État pour mettre en place un « Conseil militaire de transition ».

Contre ce qu’ils dénonçaient comme « une photocopie du régime », des milliers de manifestants ont continué de descendre dans la rue, défiant le couvre-feu instauré par les nouvelles autorités et obligeant le chef du Conseil militaire à peine installé à démissionner. « En deux jours, nous avons renversé deux présidents » scandaient fièrement les manifestants soudanais.

Les travailleurs et les classes populaires qui se sont mobilisées massivement en Algérie et au Soudan contre la dictature ont toutes les raisons d’être fiers. Ils ont montré qu’en luttant collectivement et d’une façon déterminée, ils représentent une force énorme.

Mais ce qui se passe aussi bien en Algérie qu’au Soudan nous montre aussi que cette force ne peut être efficace qu’à condition d’être guidée par une politique qui se place du point de vue des intérêts de classe des exploités. Cela nécessite que les exploités se donnent une organisation représentant à la fois ces intérêts et une perspective pour l’ensemble de la société.

La grande bourgeoisie, les classes privilégiées ont à leur disposition un arsenal politique et des forces de répression pour défendre leur domination. Ces serviteurs politiques ou militaires ont les moyens d’inventer une multitude de subterfuges pour tromper la majorité pauvre de la population et tenter de la conduire vers des voies de garage.

Et si ces subterfuges ne suffisent pas, ils feront appel à la répression. En Algérie, de façon encore un peu déguisée, au Soudan de façon brutale, c’est l’état-major de l’armée qui joue le rôle de centre dirigeant pour offrir une solution à la classe dirigeante.

Eh bien, la principale leçon à en tirer pour les classes exploitées, et avant tout pour le prolétariat, c’est qu’il faut qu’elles disposent d’organisations susceptibles de devenir un état-major face à ceux de la bourgeoisie, à commencer par un parti en lequel elles se reconnaissent et qui sache opposer aux choix politiques de la bourgeoisie une politique favorable aux masses populaires.

L’autre leçon, c’est que la classe privilégiée n’abandonne jamais sans combattre. « Qui a du fer a du pain » disait Blanqui, un grand révolutionnaire du 19ème siècle parlant de l’armement des classes opprimées. Ce qui s’est passé en Égypte est l’illustration de ce que font les oppresseurs à un peuple désarmé.

La lutte que mènent aujourd’hui les travailleurs en Algérie et au Soudan, c’est aussi la nôtre, travailleurs de France, celle que nous avons à mener pour renverser le pouvoir politique et économique de la classe privilégiée et pour mettre fin à la mainmise du grand capital sur la vie de la société.

Gilets jaunes : Jean-Pierre Mercier invité du Carrefour de l'info sur CNEWS : « Il faut que la contestation entre dans les entreprises »

General Electric et gouvernement complices pour massacrer l'emploi


Prendre sur les profits de GE



Après avoir annoncé que les mille emplois nets que devaient créer General Electric lors de la reprise du secteur énergie d’Alstom en 2015, ne seraient pas atteint, ce qui est à l’ordre du jour ce sont des licenciements massifs. Un plan de près de 300 suppressions d’emplois sur un effectif de 1 400 travailleurs est mis en place dans la partie énergie rachetée en 2015 à Alstom. Officiellement ce sont des départs volontaires (RCC) et des mesures d’âge. Mais il y a bien souvent peu de « volontaires » qui se déclarent. Personne ne sait quelle va être l’attitude de la direction. Les «volontaires » risquent bien d'être désignés d'office ! Et cela fait suite à des licenciements massifs d'intérimaires.
A General Electric Turbines gaz, même si ce ne sont que des bruits persistants, un plan de 800 à 1 000 licenciements sur un effectif de 1900 personnes dans ce secteur s’annonce. La direction devrait confirmer ce plan le 29 avril prochain. A tous les niveaux des politiciens, des locaux au plus haut niveau de l’Etat, tout le monde semble être au courant des intentions du patron. General Electric a déjà provisionné 2,8 milliards de dollars pour « frais de restructuration » dans ses comptes.
La directrice de General Electric France a démissionné et elle a été remplacée par un ancien conseiller de Macron, quand il était ministre de l’économie. C'est dire la complicité entre dirigeants de GE et gouvernement. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, dit vouloir explorer « toutes les pistes industrielles pour le maintien de l'emploi » à General Electric Belfort, bref le cinéma habituel aurour de la diversification industrielle, des reconversions. Le Maire n'a rien fait pour contraindre GE à créer les 1000 emplois promis et il veut nous faire croire qu'il va aller au charbon pour trouver des emplois.
          Pour maintenir l'emploi, il n'y a pas d'autre choix que de prendre sur les profits de GE en vue d'obtenir le partage du travail entre tous, avec maintien du salaire. Un choix à l'opposé de celui de la direction et du gouvernement.

Collectivités territoriales, Toulouse, Argenteuil, la même exploitation


Allô Toulouse ne répond plus

 Depuis le mercredi 10 avril, le service Allô Toulouse, qui dépend de la mairie, est en grève. On peut appeler ce service pour n’importe quel problème : voitures mal garées, encombrants à prélever, chiens errants, graffitis… et depuis un an la charge de travail a énormément augmenté car ce service doit aussi gérer les appels vers le Capitole. A cela s’ajoute deux arrêts maladie de longue durée qui n’ont pas été remplacés et les conditions de travail deviennent intenables. D’autant que souvent les agents chargés de répondre aux usagers n’ont aucune information à communiquer, comme durant la grève des éboueurs, et servent de défouloir aux usagers mécontents.
Ils demandent donc un renforcement des effectifs et une prime mensuelle. La mairie n’a cédé que deux postes de contractuels : ça ne fait pas le compte et la grève continue !
Tiens, mais cela ressemble à la situation du service « accueil citoyen » à Argenteuil qui a entraîné un mouvement de grève il y a quelques semaines et qui n’es toujours pas réglé.

Argenteuil, services publics, « carte blanche » pour une situation de plus en plus noire


Enfumage



Sur la base de ce que nous avons pu constater de visu, les « journées porte-ouverte » organisées près de la sous-préfecture par les animateurs de l’opération « carte blanche » sur les « nouveaux services publics » n’ont pas fait recette jeudi et vendredi derniers.
         Une lectrice attentive a épluché la propagande de cette opération gouvernementale à caractère publicitaire :
         « Un allègement des contraintes juridiques et règlementaires. Des moyens humains, financiers, et techniques. Une carte blanche, pour repartir de zéro sans être contraint par le découpage administratif existant… »
         « …réinventer un service public qui améliorera sensiblement l’expérience des usagers sur leurs moments de vie ».
         C’est nous qui soulignons en caractères gras.
« Un allègement des contraintes juridiques et règlementaires » ! Quant aux usages, ce n’est pas leur « expérience » qu’ils veulent voir améliorer, mais le service public lui-même qui leur est utile. Et d’abord, qu’il revienne là où il en était il y a quelques décennies.
         Un charabia qui, en son temps, aurait bien amusé en tout cas Molière.


Éducation, Élections européennes, fête de Lutte ouvrière : agenda militant


Éducation

Une nouvelle AG
A Argenteuil à l’espace Mandela aujourd’hui lundi 15 avril à 17 heures, salle 1, troisième étage
Appel à la grève et à manifester jeudi 18 avril


Élections européennes, « Contre le grand capital, le camp des travailleurs »

Vendredi 10 mai 2019
Grand meeting de campagne
Avec Nathalie ARTHAUD et Jean-Pierre MERCIER qui conduisent la liste présentée par Lutte ouvrière
A Paris,
Salle de la Mutualité
A 20 heures




Jeudi 16 mai
A Argenteuil
Réunion débat
Animée par Dominique MARIETTE


Candidat pour le Val d’Oise sur la liste
« Contre le grand capital, le camp des travailleurs »
A 20 heures
Salle Pierre DUX du complexe jean VILAR


Fête de Lutte ouvrière à Presles (Val d’Oise), les 8, 9, et 10 juin prochain

Encore dix jours pour les billets d’entrée à 12 euros !

Le dimanche 9 juin, un car est prévu pour aller et revenir de Presles. Il est gratuit. Départ à 9 heures. Retour à 20 heures. Mais il faut s’inscrire auprès de Dominique