dimanche 14 avril 2019

Argenteuil : marchés forains d’Argenteuil, difficultés d’aujourd’hui. Et de demain ?


Le marché Héloïse antinomique avec le projet « Cap Héloïse »

 
                                                                         Le Parisien-95

Prochainement, la délégation de service public des marchés forains d’Argenteuil doit être remise en jeu.
         On ne peut pas dire que la municipalité s’intéresse beaucoup à ces marchés d’autant plus quand il s’agit des marchés populaires que sont ceux d’Héloïse, des Champioux, et de Joliot-Curie. Lesquels sont essentiels pourtant aux milieux les plus modestes de la Ville. A deux titres. Parce que l’on y trouve des produits à des tarifs à la mesure de la faiblesse des revenus de la population, et parce qu’ils sont des lieux de rencontre importants pour les anciens, mais pas seulement.
         Lieux de rencontre entre tous, ils pourraient l’être même davantage, et ce ne sont pas les centres commerciaux qui peuvent pourvoir à cela.
         Depuis cinq ans, l’intérêt de la municipalité d’Argenteuil pour les trois marchés en questions a encore faibli, au grand dam des chalands et des commerçants qui, quand ils y parviennent, ne réussissent qu’à obtenir, à travers leur activité difficile, seulement un revenu de travailleur d’usine ou de bureau.
         Dans le plus grand marché d’Argenteuil, celui d’Héloïse, de nombreux commerçants s’interrogent sur l’avenir. En particulier, en liaison avec la question du projet « Cap Héloïse ». Chacun sait bien que ce dernier hypothèque l’avenir de ce marché installé de longue date à cet endroit, à cent mètres de l’espace Jean Vilar.
         Commerçants, comme chalands, nous devons être ensemble contre ce projet. Et cela, quel que soit le « délégataire » qui sera choisi en juin prochain.

samedi 13 avril 2019

Privatisation d’ADP : Referendum d'Inconsistance Politique


Manœuvre de politiciens



218 parlementaires regroupant des élus de droite et d’autres qui se disent à gauche viennent de signer un texte en commun censé empêcher la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP). Cette initiative a pour objectif de déclencher un Referendum d'Initiative Partagée (RIP), une première dans l'histoire de la Vème République, ce qui fait frétiller cette belle brochette de députés, de LFI à LR en passant par le PS, et excite du même coup la verve des journalistes.
         Mais cette opération, qui a peu de chances d'aboutir vues les conditions mises en place pour déclencher un tel referendum, ne représente qu'une manœuvre de politiciens cherchant à se donner une nouvelle virginité et un brevet de démocrate.
En revanche, les travailleurs d'ADP ne pourront compter que sur leurs propres forces pour s'opposer à la dégradation de leurs conditions de travail, qu'ils travaillent directement pour des capitalistes ou pour un État entièrement à leur service.

Pologne : les enseignants massivement en grève


En Pologne comme en France, la grève déterminée, la seule voie



Plus de 500 000 enseignants polonais ont commencé une grève reconductible. Ils réclament 30 % d’augmentation de leur salaire qui est parmi les plus bas d’Europe : un enseignant en Pologne gagne, suivant l’ancienneté, entre 700 et 1 300 euros mensuels. La grève est massive et touche près de 80 % des établissements.
La lutte va être difficile contre un gouvernement ultraconservateur, mais les grévistes montrent une grande détermination, qui pourra, espérons-le, faire contagion à l’ensemble des travailleurs.

Éducation : convaincre, mobiliser, s’organiser (suite)


Nous en discuterons sur Argenteuil lundi


Une nouvelle AG à l’espace Mandela lundi 15 avril à 17 heures, salle 1, troisième étage
Appel à la grève et à manifester jeudi 18 avril

- Aujourd’hui samedi 13 avril : un rassemblement festif aura lieu sur le parvis de la préfecture de Cergy à partir de 10 heures 30 avec les personnels et les parents : les Blaqnuer Games.

- Lundi 15 avril : Participation à une réunion publique à la hall Saint martin à Pontoise en présence des députées LREM sur la loi de « l'école de la confiance ».
Et…

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Le rassemblement d’Argenteuil de jeudi, un reportage, court certes au 19-20 de France 3 ile de france hier (11 avril), 2 reportages successifs sur l'École, l’un sur une « école morte » à Cergy, l’autre sur le rassemblement d’Argenteuil (visibles en replay, à partir de 3'04 après le début du journal régional) :



Des opérations « écoles mortes » ont eu lieu hier dans plusieurs écoles d’Argenteuil, avec des taux importants d’absences d’élèves, opérations initiées par des parents.
         De telles journées permettent de discuter, de s’informer, et de préparer les suites de la mobilisation. Bien évidemment, elles ne remplaceront pas la grève des personnels de l’Éducation nationale qui eux aussi auront besoin de dégager du temps à un moment ou à un autre, voire, nous l’espérons, de manière déterminée jusqu’à satisfaction, pour leur permettre, eux aussi de discuter entre eux et avec les parents, mais également de prendre langue avec les personnels des autres écoles et établissements. En grève, on peut alors prendre toutes les initiatives qui s’imposent.

La fête de Lutte ouvrière, les 8, 9, et 10 juin, à Presles dans le Val-d’Oise


Dans moins de deux mois maintenant

Dans moins de deux mois, aura lieu la Fête annuelle de Lutte ouvrière. Ce rassemblement politique, qui attire des dizaines de milliers de personnes depuis des années, montre la présence de notre courant ouvrier, communiste et révolutionnaire dans les classes populaires.
C’est une grande fête populaire, que les attractions, les projections de films, les débats sur des sujets très variés, les concerts, les animations et la grande variété des stands en général contribuent à rendre riche et attirante. Mais c’est aussi une fête où l’ambiance de fraternité est le fait du public lui-même. Alors, il faut venir et faire venir à la Fête de Lutte ouvrière, les 8, 9 et 10 juin prochains.
Les cartes d’entrée (12 euros jusqu’au 28 avril) et les bons d’achat (4 euros pour une valeur de 5 euros) sont disponibles à Argenteuil. Joindre Dominique au : 0699499864 ou MDommarie@aol.com



Le dimanche de la fête, comme chaque année, un car fera l’aller-retour Argenteuil-Presles et Presles-Argenteuil. Départ 9 heures, retour vers 20 heures. Il est gratuit. Les places étant limitées, il faut s’inscrire dès maintenant.


Au programme cette année (à suivre) :

Sapiens et Cie : quoi de neuf sur nos origines ?

Malgré nos différences, nous appartenons tous à la même espèce, Homo sapiens, apparue en Afrique il y a 200 000 ans, pensait-on. Mais les récents progrès de datation nous ont fait prendre un petit coup de vieux supplémentaire de 100 000 ans.
Au cours de son histoire, Sapiens a côtoyé d’autres espèces humaines comme celle de Neandertal, et celle de Denisova récemment découverte et attestée par son ADN. Et c’est à l’ADN, encore lui, que l’on doit la preuve de notre métissage avec ces deux espèces !
On sait aussi que nos cousins les grands singes sont capables de concevoir et d’utiliser des outils rudimentaires, une capacité dont l’Homme pensait avoir l’exclusivité. Mais Sapiens reste la seule espèce à s’interroger sur ses origines et à apporter des réponses qui s’affinent grâce aux progrès des sciences. Alors, quoi de neuf dans ces réponses ?

Au « Carrousel de la connaissance », spectacle audiovisuel de 45 minutes.

La Retirada il y a 80 ans : Janvier-mars 1939 : les combattants espagnols jetés dans les camps en France


Janvier-mars 1939 : les combattants espagnols jetés dans les camps en France

La Retirada – la retraite (militaire) en espagnol – désigne l’exode des combattants républicains vaincus par Franco à la fin de la guerre civile espagnole en 1939. Entre janvier et février, 500 000 personnes durent franchir les Pyrénées, pour fuir la sanglante répression franquiste, accueillis de la pire façon par la République française voisine.
En mai-juin 1937, après la chute de la ville basque de Bilbao entre les mains des franquistes, 120 000 réfugiés étaient déjà arrivés en France. Mais l’effondrement du front de Catalogne et la prise de Barcelone par les franquistes, le 26 janvier 1939, déclenchèrent un exode massif, ceux qui avaient combattu Franco risquant le peloton d’exécution.

Un terrible exode

Le militant trotskyste Mieczyslaw Bortenstein a laissé un témoignage de l’exode qui s’ensuivit : « Le spectacle que j’ai vu sur les routes menant jusqu’à la frontière était horrible. Cet exode précipité des femmes, parfois enceintes, des enfants, des blessés parfois amputés d’une jambe, (…) fut un spectacle qui nous faisait frémir ! (…) Évidemment, le départ fut effectué dans d’autres conditions par MM. les ministres, députés, bureaucrates, hauts fonctionnaires, etc., (…) dans les voitures luxueuses, (…) une démonstration tangible de la division des classes à l’intérieur du Front populaire : les bourgeois de gauche et les bureaucrates embourgeoisés (…) dans les belles limousines (…), de l’autre côté des ouvriers, les paysans et avec eux des militants du rang qui marchaient à pied (…) sous la menace continue de l’aviation fasciste. »
Pour ce combattant de la guerre civile, cette défaite était la conséquence de « la criminelle politique du Front populaire. (…) Toute la politique des dirigeants républicains, socialistes, communistes et anarchistes tendait à détruire l’énergie révolutionnaire du prolétariat. » « D’abord gagner la guerre, ensuite faire la révolution », cette formule réactionnaire tuait la révolution pour tuer la guerre par la suite. On avait l’espoir de gagner ainsi l’appui de la bourgeoisie dite démocratique de la France et de l’Angleterre. Au nom de cette politique, on abandonna tout, on alla de capitulation en capitulation, on trahit tout, on démoralisa le prolétariat. » Or « battre le fascisme, seule la révolution prolétarienne le pouvait. »
Le 27 janvier 1939, le chef du gouvernement français, Daladier, fit ouvrir la frontière aux seuls civils. Le 1er février, son ministre de l’Intérieur précisa : « Les femmes et les enfants, on les reçoit ; les blessés, on les soigne ; les valides, on les renvoie. » Gardes mobiles et tirailleurs sénégalais s’en chargeaient. Les arrivants devaient abandonner armes, argent et bijoux. Les 45 000 premiers étaient parqués sur la plage d’Argelès par des nuits glaciales, sans pain.
Le 5 février, le reste des antifranquistes put entrer. Leur nombre doubla de 250 000 à 500 000, dont un tiers de femmes, enfants et vieillards. La frontière fut définitivement refermée le 13 février. 330 000 réfugiés s’ajoutèrent aux 240 000 habitants du département des Pyrénées-Orientales. Femmes, enfants et vieillards furent ensuite répartis dans soixante-dix-sept départements, dans des casernes, prisons ou usines désaffectées, et aussi dans des halles, haras, maisons inhabitées ou colonies de vacances hors saison.

Des camps de concentration

Pour les hommes, l’accueil ne s’organisa que le 23 février dans des camps. Chapeautés par un général, une cinquantaine de camps furent installés dans le sud de la France dans des conditions déplorables : ni hygiène, ni intimité. On manque alors de couchages, de chauffages, de ravitaillement. Les épidémies se répandent. Entre février et juillet 1939, 15 000 réfugiés meurent, en général de dysenterie. Mais l’encadrement militaire, lui, est maîtrisé, mobilisant six régiments d’infanterie et quatre de cavalerie. S’ajoutent une quinzaine de camps dans les colonies françaises du Maghreb où une partie des 30 000 réfugiés sont soumis à des travaux forcés.
Le camp d’Argelès, où 78 000 hommes s’entassent dans 1 500 abris, est l’un des pires. La presse du Parti communiste décrit « un véritable pénitencier où couve un foyer d’épidémies. » « Ce n’est plus la mitraille qui tue, c’est la faim, la fièvre, le froid », « un enfer » du fait des sévices des militaires, des humiliations, des brutalités et des vols infligés aux réfugiés.
La majorité des hommes est embrigadée dans des compagnies de travailleurs étrangers : 130 000 dans les usines, 75 000 dans les fortifications, 20 000 dans les mines et l’agriculture.
Cette arrivée massive de réfugiés déclenche les campagnes des partisans de leur renvoi en Espagne.
À droite, à l’extrême droite et même dans les journaux radicaux L’Indépendant et la Dépêche du Midi, la xénophobie domine. On joue sur les peurs. Les réfugiés sont des « épaves humaines », dangereuses, car « anarchistes et voyous ». Ces réfugiés, à qui on a pourtant tout pris, sont à la fois des profiteurs « bien portants et armés » et accusés de dévaster les campagnes, de coûter cher et de faire planer la menace d’épidémies. C’est « l’armée du crime ».
La presse communiste et socialiste dénonce le dénuement matériel et moral des réfugiés et le manque d’organisation et de diligence du gouvernement français. « Je suis allé ce matin à Argelès-sur-Mer. Sur la plage, à perte de vue, grouille une foule immense, parquée entre des fils de fer barbelés. Un sur mille des hommes qui sont là a pu trouver un abri pour la nuit. La plupart de ceux que j’interroge n’ont pas mangé depuis deux jours. Il faut d’urgence loger ces malheureux, les réunir en baraquements. » « On continue à manger peu, très peu : un quart de boule de pain par jour c’est bien maigre. » « Attendra-t-on que les pleurésies, les congestions pulmonaires aient assassiné 10 000 ou 20 000 soldats de la liberté, épargnés par les bombes italiennes et les obus allemands pour prendre enfin les décisions indispensables ? » Ces extraits d’une série d’articles du Populaire conduisent Daladier à en interdire la vente dans les camps d’Argelès et de Saint-Cyprien alors que la presse de droite, qui injurie les combattants espagnols, est autorisée ! Et pour cause… Le 28 mars, les troupes franquistes entrent dans Madrid. Daladier reconnaît le vainqueur et nomme Pétain ambassadeur à Burgos.
Une partie des réfugiés allait se retrouver en 1939-1940 au sein de l’armée française. Après août 1940, cela conduisit 7 500 d’entre eux au camp de la mort de Mauthausen, où les deux tiers périrent. Les survivants de toutes ces épreuves n’allaient voir leurs droits reconnus qu’en 1945.

Note : Illégal de mars 1939 à février 1940, Bortenstein a été interné au camp du Vernet, puis au camp des Milles et enfin à Drancy. Il est mort à Auschwitz. Sous son nom de plume, M. Casanova, sa brochure, L’Espagne livrée. Comment le Front populaire a ouvert les portes à Franco, est disponible en français sur le site marxists.org.

                                         Jacques FONTENOY (Lutte ouvrière n°2645)


vendredi 12 avril 2019

Algérie : une nouvelle étape pour le mouvement. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Algérie : une nouvelle étape pour le mouvement

Dimanche 7 avril, Bedoui, le Premier ministre, a interdit les manifestations en semaine. Le lendemain, la police procédait à des arrestations lors d’un rassemblement devant la Grande Poste à Alger. Mardi 9 avril, pour la première fois, un important dispositif policier réprimait la manifestation de milliers d’étudiants venus crier « Bensalah, Bedoui, Belaïz, dégagez ! ». Le pouvoir tente-t-il, pour endiguer la contestation populaire, d’amorcer un tournant vers la répression ? En tout cas, dès le lendemain 10 avril, cela déclenchait de nombreuses manifestations de protestation.



Le pouvoir n’a pas encore gagné le bras de fer, car si des millions d’Algériens se sont dit « Bon débarras ! » après la démission de Bouteflika, ils refusent qu’elle serve au bout du compte à sauvegarder le système. Aussi, vendredi 5 avril, de M’sila à Mostaganem en passant par Boumerdès, Sétif et Ouargla, c’est encore massivement qu’ils sont descendus dans la rue pour rejeter la transition que le chef d’état-major Gaïd Salah leur prépare sous l’égide de ceux qu’ils appellent les « 3 B ».

Non aux 3 B, dégagez tous !

Bensalah, le président par intérim, à la tête du Parlement depuis vingt-deux ans, Bédoui, Premier ministre, et Belaiz, président du Conseil constitutionnel, ont tous servi le système tant décrié par la population. Comme le disait un militant des droits humains : « C’est comme si on mettait l’extincteur d’une maison qui brûle entre les mains des pyromanes. »
Les manifestants ne veulent pas d’une transition démocratique qui se fasse sans eux et par en haut. Ils veulent le départ de tous ceux qui, de près ou de loin, sont liés au système. « Bedoui dégage ! Belaiz dégage ! Bensalah dégage ! », « FLN dégage ! RND dégage ! », « Appliquons l’article 7 ! », « Le peuple a décidé, il a dit vous partez, c’est que vous partez ! » L’interdiction de quitter le territoire et l’arrestation de quelques riches hommes d’affaires ne font pas le compte et ne suffisent pas à redorer le blason d’un pouvoir honni.
Dès dimanche, dans quelques entreprises, les travailleurs se sont saisis de l’appel à la grève lancé sur les réseaux sociaux contre le système, contre Sidi Said, le leader de l’UGTA. Les travailleurs en profitent aussi pour avancer des revendications de salaires. C’est le cas des travailleurs d’IMC dans la zone de Rouïba, de la briqueterie de Bouira, de ceux de Socothyde aux Issers. Les mineurs de Tebessa ont quant à eux chassé leurs délégués syndicaux UGTA. Un nouveau slogan est apparu « Vous rendrez tous des comptes ! »
Les manifestants ont raison d’être vigilants car la transition qu’on leur prépare ne peut pas être démocratique. Derrière les 3 B, il y a l’état-major de l’armée et son chef Gaïd Salah. Malgré les mots d’ordre « Armée peuple, frère ! frère ! », beaucoup repris par les manifestants, ou encore « L’armée est la nôtre et on fait ce qu’on veut », l’état-major de cette armée assure la continuité du système et se tient prêt à la répression s’il juge que c’est la meilleure option.
Pour l’instant, face à la puissance du mouvement populaire, on ne sait pas quel sera le choix fait par Gaïd Salah. Lui qui a été un grand ami de Bouteflika, qui a soutenu le cinquième mandat, se présente au contraire comme celui qui veille au changement. S’il est rejeté par une partie des manifestants, il bénéficie du soutien de la presse libérale et de bien des partis d’opposition, qui aimeraient aussi en finir avec la contestation.
Soucieux de ne pas se faire voler leur mouvement, les travailleurs et l’ensemble des couches populaires doivent maintenir la pression, discuter et s’organiser sur les lieux de travail, dans les quartiers, les universités, afin de déjouer les manœuvres d’un pouvoir qui ne renoncera pas à les faire rentrer dans le rang.

                                          Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2645)

Fraude fiscale : Cahuzac, un coupable en liberté


Cahuzac, justice, un exemple édifiant pour la jeunesse



Alors qu’il était ministre délégué au budget dans le gouvernement socialiste dirigé par Jean-Marc Ayrault, sous la présidence de Hollande, Jérôme Cahuzac avait été mis en cause pour fraude fiscale. Après avoir menti, il avait finalement dû reconnaitre avoir possédé pendant vingt ans un compte en Suisse très bien garni et non déclaré au fisc. Condamné à quatre ans de prison dont deux fermes en mai 2018, la justice vient de décider qu’il n’irait pas en prison.
Son avocat explique qu’il n’y aurait aucun traitement de faveur dans cet aménagement de peine puisque, dit-il, son client a payé ses 300 000 euros d’amende, qu’il est bien inséré dans la société et qu’il a même des projets professionnels.
Par contre après les manifestations du samedi à l’appel des gilets jaunes, des manifestants ont été condamnés à de la prison ferme, certains immédiatement incarcérés. Eux n’avaient pas détourné des sommes importantes des caisses de l’Etat en mentant sans vergogne devant les parlementaires et l’opinion. Ils s’étaient, pour beaucoup d’entre eux, simplement trouvés au mauvais endroit au mauvais moment… et surtout, ils n’appartiennent pas au même monde qu’un Cahuzac.