vendredi 18 janvier 2019

« Grand débat » : un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Grand débat : diversion à grand débit

Après avoir fait usage sans succès de gaz lacrymogènes jusqu’au 12 janvier contre les manifestations de gilets jaunes, Macron et le gouvernement espèrent envoyer des gaz anesthésiants suffisamment puissants avec la « lettre aux Français » et le coup d’envoi du grand débat national.
Les foules n’ont pas dévoré la prose élyséenne. On verra si les réunions du grand débat trouvent leur public. Pour l’heure, Macron s’est déplacé dans la commune de Grand-Bourgtheroulde pour lancer son opération de déminage, accompagné par douze pelotons de gendarmerie – plus d’un millier d’hommes dans une commune de 3 800 habitants –, marque indiscutable d’une volonté de dialogue serein !
Les médias complaisants se sont emparés de la lettre et du grand débat, parlant d’un processus inédit et saluant sans rire l’audace de Macron, comme si son gouvernement et lui n’étaient pas à la recherche d’un tour de passe-passe pour sortir de la crise politique. En fait, cette fameuse lettre, quand on a la patience de la lire, est une nouvelle provocation pour un chômeur, un retraité, un travailleur payé au smic, et pour les gilets jaunes mobilisés pour leur pouvoir d’achat et leurs conditions de vie quotidienne.
Passé le poncif obligatoire sur « la France, une des nations les plus égalitaires, fraternelles, et libres », Macron annonce qu’après le grand débat, rien ne sera décidé qui remettrait en cause les choix de son gouvernement. Bien sûr, il y a le refus de rétablir l’ISF mais, par exemple, Macron propose pour la énième fois comme seul remède au chômage de donner aux entreprises « les moyens de se développer ». Cela veut dire : arroser les grosses entreprises d’argent public et leur garantir une main-d’œuvre la plus flexible possible. Si l’on trouve le mot salaire dans la lettre, il n’y a évidemment rien de plus que les miettes annoncées il y a un mois à la télévision.
Macron annonce à l’avance qu’il n’y aura dans sa politique aucun tournant qui prendrait en compte ce qu’expriment des gilets jaunes sur la pénurie en services publics. Vous voulez que l’on baisse des impôts ? Dites-nous dans quels services publics nous devons sabrer ! C’est ce que fait déjà le gouvernement et, dans sa lettre, Macron invite à réfléchir à ce dont la population peut se passer.
En plus de faire semblant de répondre aux attentes populaires, cette lettre incite à mettre en avant la question de l’immigration et des migrants. La diversion est grossière et dangereuse, mais Macron l’utilise délibérément, comme les politiciens d’extrême droite qu’il prétend combattre.
Alors, la meilleure réponse à cette lettre et au grand débat national serait que la colère contre les conditions de vie continue de s’exprimer dans les rues et qu’elle entraîne, au-delà des gilets jaunes, une contestation dans les entreprises, là où il serait décisif de se battre pour les salaires et l’emploi.

                                                   Boris SAVIN (Lutte ouvrière n°2633)




Débat Macronshow à Grand-Bourgtheroulde (Eure)


Sous état de siège


Gaz lacrymogènes face aux manifestants à Grand Bourgtheroulde

Mardi 15 janvier, c’est dans une commune investie par des centaines de CRS, policiers et gendarmes que s’est déroulé le lancement du « grand débat », l’opération de diversion voulue par Macron pour essayer de mettre fin à la crise des Gilets jaunes. Celui-ci a péroré devant un parterre de maires de Normandie et continué ses provocations habituelles comme il l’avait fait dans la matinée au conseil municipal de Gasny, une petite commune de l’Eure. Ainsi, à propos de son soi-disant « plan pauvreté », il a évoqué parmi les plus pauvres ceux « qui déconnent » qu’ « on va davantage responsabiliser ».
A Bourgtheroulde, avant même que Macron débute son opération d’enfumage, les forces de l’ordre gazaient les quelques manifestants qui avaient réussi à entrer dans le village. Plusieurs centaines d’autres étaient bloqués à l’extérieur, ce qui ne les a pas empêchés d’exprimer leur colère contre le « président des riches ». Pour eux, le débat a déjà eu lieu et les conclusions sont claires : ils veulent pouvoir vivre dignement en obtenant une augmentation générale des salaires, des pensions et des allocations. Et ils comptent bien l’imposer par la lutte et non par du blabla !

Monsanto s’occupe de tout


« Experts » et parlementaire vraiment pas regardant



Dans son rapport d’évaluation du glyphosate en 2017, l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques a repris, souvent mot pour mot, le dossier d’homologation transmis aux autorités européennes par le groupe Monsanto. Et c’est sur la base de cette prétendue expertise que l’Union européenne s’est fondée, fin 2017, pour ré-autoriser l’herbicide, pourtant jugé cancérigène par un grand nombre de scientifiques.
Monsanto fournit à la fois le produit… et les expertises qui permettent à des parlementaires pas trop regardants de voter les autorisations de ce produit. Facile !

Dassault-Argenteuil : bientôt fini ?


Quand le PDG et les actionnaires décident



Selon nos informations, la direction de chez Dassault vient d'annoncer que l’usine d’Argenteuil fermerait en 2021, au profit d’un nouveau site aménagé dans l’agglomération de Cergy.
     Dassault est la dernière unité industrielle d’importance localisée à Argenteuil. Au-delà de ses effectifs propres, elle a induit longtemps des milliers d’autres emplois sur la commune et dans des communes environnantes.
       Nous attendons de savoir comment réagiront les travailleurs qui travaillent aujourd’hui sur Argenteuil.
         Dans tous les cas, si la nouvelle se confirmait, cela serait un mauvais coup pour la commune marquée par la présence de cette entreprise et par l’histoire de l’industrie aéronautique depuis plus d’un siècle. DM


Voilà ce que nous écrivions le 26 février 2017, il y a moins de deux ans. La preuve de ce que valent les déclarations des PDG.

Crédulité à bon compte

Le parisien de vendredi, sans doute suite à cette conférence de presse consacrait un article à ce sujet qui était intitulé : « Le maire confiant sur l’avenir de l’usine Dassault ». Pour cela, ce dernier s’appuie ce que lui a dit le PDG de chez Dassault : « Il m’a assuré qu’il n’y aurait pas de fermeture de l’entreprise d’ici dix à quinze ans et m’a parlé de 230 personnes transférées et non de 300 ».

         Comme si ce PDG allait lui dire autre chose et lui faire de vraies confidences… Dans la réalité, le PDG décide, et l’édile écoute. D’autant plus que celui-ci apparemment veut bien entendre que ce l’on veut bien lui dire.

Otis à Argenteuil : restera pas ? Restera ?


Ah bas le secret des affaires, surtout de ce type !

 
Il n'y a pas si longtemps...

Selon les déclarations de la municipalité qui reprend les informations que l’entreprise lui a fournies, Otis présente de longue date dans la zone industrielle de la gare y restera, même si une partie de ses locaux a déjà été murée.
         En revanche, selon des informations syndicales, il n’en serait rien, et l’ensemble des activités seraient sur le départ, dans l’année qui vient.
         Qu’y croire ?
         Plus que jamais, pour réaliser la transparence, il faudra le contrôle des travailleurs qui ont les moyens collectivement de trouver les informations nécessaires. Ensuite, la volonté de tous permettra de mettre sur la place publique toutes ces dernières, nécessaires aux travailleurs eux-mêmes, et à la population.

jeudi 17 janvier 2019

Nathalie ARTHAUD sur LCI hier midi au « Débat » : "La dictature,c'est ferme ta gueule, la démocratie, c'est cause toujours" (Slogan de Mai 68)

Hôpital Lariboisière : le « manque de moyens » pointé dans la mort d’une patiente


Économies meurtrières dans les hôpitaux



L’enquête interne de l’AP-HP sur le décès d’une patiente, survenu aux urgences de l’hôpital parisien de Lariboisière en décembre dernier, pointe notamment un « manque de moyens ». La patiente est restée douze heures dans une salle d’attente surchargée, avant d’être retrouvée morte au petit matin.
Ce manque de moyens est devenu la règle dans tous les hôpitaux, du fait des politiques d’économies menées par les gouvernements depuis des années. Et le gouvernement Macron-Philippe prévoit, lui, de supprimer 800 à 1000 postes par an pendant cinq ans à l’AP-HP, continuant d’aggraver la situation. C’est criminel au plein sens du terme !

Italie : Cesare Battisti extradé : vengeance et service entre amis de l'extrême-droite


Une justice politique



Cesare Battisti, accusé de quatre meurtres dans les années 70 en Italie, vient d’être arrêté en Bolivie. Cet ex-membre d’un groupe de l’extrême gauche de l’époque a été extradé vers l’Italie, où il risque la prison à perpétuité. Clamant son innocence, cela faisait 40 ans qu’il s’était exilé. Après avoir longtemps vécu en France, il avait trouvé refuge au Brésil.
Son extradition a été décidée par le nouveau président brésilien, Bolsonaro, qui se revendique ouvertement de la dictature militaire brésilienne. Il a permis au ministre de l’Intérieur italien Salvani, lui aussi d’extrême droite, de parader… Mais cette extrême droite italienne pratiquait, elle aussi, une politique d’assassinats et de provocation violente pendant ces mêmes « années de plomb ». Ils n’ont, eux, jamais été inquiétés. Et leurs héritiers sont aujourd’hui au pouvoir.