lundi 1 octobre 2018

Yémen, une catastrophe humanitaire. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière


Yémen, catastrophe humanitaire : les grandes puissances responsables

La situation de la population au Yémen depuis mars 2015, date du début de la guerre opposant la coalition dirigée par l’Arabie saoudite aux milices houthistes, ne cesse de s’aggraver. « La misère fait plus de morts que la guerre elle-même » titrait Le Monde du 21 septembre.
De mars 2015 à août 2018, la guerre a fait entre 10 000 et 14 000 victimes, et provoqué le déplacement de deux millions d’hommes, femmes et enfants. Mais c’est la famine qui menace d’être la plus meurtrière car la guerre aggrave encore la crise économique et sociale qui ravage le pays. Sur les 28 millions d’habitants que compte le pays, 22 millions auraient besoin d’une assistance humanitaire. Cinq millions d’enfants souffrent de la faim. L’Arabie saoudite impose un blocus qui empêche l’arrivée de l’aide humanitaire transitant à 70 % par Hodeida, le principal port du pays. Et 90 % des besoins en nourriture, essence et médicaments du Yémen dépendent des importations. Faute d’accès à l’eau propre, plus d’un million de Yéménites, selon l’OMS, sont touchés par l’épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 2 400 morts entre septembre 2016 et mars 2018. L’économie de ce pays, un des plus pauvres de la planète, s’écroule : les fonctionnaires ne sont pas payés, la monnaie yéménite, le rial, a perdu un tiers de sa valeur depuis janvier 2018, laminant les salaires, quand ils sont payés, et accélérant l’envolée des prix.
À cela s’ajoute le chaos favorisé par l’irruption de diverses milices : de fait, c’est la loi des bandes armées.
La position géographique du Yémen lui donne une importance stratégique. Il contrôle le détroit de Bab el-Mandeb par lequel transite le quart du pétrole mondial et 10 % du commerce maritime international, de quoi aiguiser bien des convoitises. L’Arabie saoudite a de plus une frontière commune avec le Yémen de près de 1 800 kilomètres. C’est pourquoi la monarchie saoudienne a toujours considéré ce pays comme sa zone d’influence, avec la bénédiction des États-Unis. C’est elle qui est intervenue suite aux manifestations de 2011 contre Saleh, le dictateur alors en place, pour tenter d’éteindre l’incendie, en soutenant Hadi, l’actuel président. En mars 2015, c’est pour soutenir le pouvoir de son protégé que l’Arabie saoudite a lancé une offensive contre les milices houthistes qui le menaçaient.
Le conflit s’enlise depuis et les puissances impérialistes, États-Unis en tête, laissent faire. Et pendant que les civils meurent de faim ou sous les bombes fabriquées aux États-Unis, ou les missiles made in France, l’ONU organise des réunions censées « mobiliser davantage de soutien à la réponse humanitaire » comme celle du 24 septembre dernier, regroupant les puissances responsables du chaos.

                                                Aline RETESSE (Lutte ouvrière n°2617)

                                                                                                                     RFI


Hôpital psychiatrique : des effectifs et des moyens énormes supplémentaires sont nécessaires pour faire face


Une situation critique

 
                                                   Photo :  D. Dubourg

Partout à travers le pays, la situation se détériore dans les hôpitaux. Mais cette situation est encore plus dramatique dans les hôpitaux ou les services psychiatriques. Face à des problèmes insurmontables dus au manque de moyens, des réactions résolues des travailleurs ont lieu, comme cela s’est produit à Saint-Etienne du Rouvray près de Rouen il y a plusieurs mois et à l’hôpital Pinel d’Amiens depuis plus de trois mois.
         Plus près de nous, on nous écrit pour décrire la situation des deux services psychiatriques de l’hôpital de Beaumont sur Oise : « …Le CHSCT ne propose rien de spécial ! Les cadres et les médecins nous demandent de faire des fiches d’événements indésirable, mais rien d'autre ! Les deux services sont sous tension permanente ! La semaine dernière deux ouvriers d’une entreprise extérieure ont oublié du matériel dont un outil contondant dans la chambre d'un patient dangereux ! Ce matériel n’a été récupéré que très difficilement… Quatre agressions graves ont eu lieu en moins d’un mois… Les deux équipes sont dans un état de fatigue et d’épuisement moral catastrophique… Franchement, la psychiatrie est vraiment la dernière roue du carrosse de l'hôpital, lui-même en général dans un sale état ».

Gare du Val d’Argenteuil : parkings bientôt payants, un très mauvais coup contre les travailleurs


Vive la gratuité !

 
Si pratique pour éviter l'A15

Un point important du dernier conseil municipal de la semaine passée portait sur la mise en place du stationnement payant autour de la gare du Val d’Argenteuil, en particulier sur les parkings du Val-Nord face à la gare ou sur le boulevard de la Résistance. Ce stationnement payant devrait être opérationnel au 1er novembre prochain.
         Cela est une grave mesure contre l’utilisation des transports en commun puisqu’un certain nombre de travailleurs viennent en voiture se garer la journée sur ces parkings avant de prendre le train.
         Cette mesure est même faite sans étude sérieuse sur l’utilisation de ces aires de stationnement.
         Vise-t-elle simplement à aider le parking Montesquieu Indigo-Vinci-Bolloré payant qui vient d’être réhabilité à se remplir ?
         Elle est un vrai mauvais coup contre les automobilistes de la région qui doivent subir en plus les désagréments aggravés de l’A15, alors que le maire d’Argenteuil, dans les médias au moins, s’affirmait solidaires d’eux !

Municipalités : les maires font leurs petites affaires loin de la population (dans les grandes villes en tout cas)


Loin de la population



Il a été beaucoup question de « concertation » lors du dernier conseil municipal d’Argenteuil, à l’occasion en particulier du projet « life » de la friche Balzac. Si l’ancien maire est monté au créneau sur la question, on ne peut vraiment pas dire qu’il ait donné l’exemple lorsqu’il dirigeait la municipalité. Les habitants et la majorité des conseillers municipaux de sa majorité apprenaient ses projets une fois lancés, ou ne les apprenaient même pas (confère son projet Héloîse repris par l’édile actuel). C’est donc, de part et d’autre, la loi du genre.
         Et que l’on ne nous parle pas des « conseils de quartier » qui ne représentent, et malgré l’engagement de leurs participants lorsqu’il existe, la plupart du temps qu’eux-mêmes. Ce qui serait intéressant ce serait le point de vue de la population elle-même, à condition de la solliciter, de l’informer en temps utile, et en prenant le temps de la décision. Pour la friche Balzac, le projet a été connu du commun des mortels seulement il y a quelques jours, alors que la friche existe depuis près de… 25 ans.
         La démocratie locale exige certes la mobilisation de la population qui prenne son sort entre ses mains. Mais elle nécessite aussi des délégués, des représentants qui pensent qu’il est fondamental de la solliciter sur toutes les questions qui se posent.

dimanche 30 septembre 2018

Chlordécone, amiante, glyphosate : la loi du profit tue


De l'amiante au glyphosate, en passant par le chlordécone, les patrons empoisonnent sciemment



En visite aux Antilles, Macron a reconnu que l'utilisation du chlordécone était un « scandale sanitaire ». Ce pesticide a été utilisé massivement dans les plantations de bananes entre 1972 et 1993, bien qu'il ait été officiellement classé comme cancérigène possible dès 1979. Macron a affirmé que ce scandale était « le fruit d'une époque révolue », d'un « aveuglement collectif ». Mais les tout puissants patrons antillais de la banane savaient très bien ce qu'ils faisaient en réclamant des dérogations pour pouvoir continuer à utiliser le chlordécone, quitte à polluer l'intégralité des sols et faire courir des risques sanitaires très graves aux ouvriers de la banane.
De l'amiante au glyphosate, en passant par le chlordécone, les patrons empoisonnent sciemment les travailleurs et la population pour fabriquer leurs profits, avec la complicité de l'État.

Banques et découverts bancaires = racket


Très très chères banques



 Une étude menée par 60 Millions de consommateurs et l'Union nationale des associations familiales pointe du doigt les frais de « gestion d'incident » des banques, c'est-à-dire de la facturation des découverts. Certaines banques taxent en effet toutes les opérations effectuées dans une journée où un compte a été dans le rouge, sans tenir compte du fait qu'il pouvait avoir été dans le vert dans la même journée. Trente millions de clients pourraient être concernés par ces pratiques. 
Bruno Le Maire affirme regarder la situation « avec sérieux ». Mais il ne va pas s'attaquer au magot : les « frais d'incidents » ont rapporté aux banques françaises 6,5 milliards d'euros en 2016. Les banquiers peuvent dormir tranquilles sur les masses d'argent ainsi extorquées aux plus pauvres.

SNCF Argenteuil : quand le faux-plafond s’effondre


Dans la construction, combien de malfaçons, et où est le contrôle



Avant-hier vendredi à 18 heures, des éléments du faux-plafond et de la garniture de l’entrée souterraine de la gare d’Argenteuil se sont effondrés. Il n’y a pas eu de blessé.
         C’est tout de même fort de café. Nous rappelons à ce propos ce qui est arrivé il y a quelques mois au faux-plafond de l’entrée de la salle Jean Vilar dont des éléments se sont également effondrés.
         Dans tout ce qui concerne la construction règnent la sous-traitance et la sous-traitance de sous-traitance, ce qui pose bien des problèmes et engage bien des risques.
         C’est un domaine où le contrôle de la population et des travailleurs eux-mêmes devrait s’imposer pour éviter bien des grandes et des petites catastrophes.

Projets immobiliers à Argenteuil : de découverte en découverte


Le règne des petits cachottiers



La municipalité a été mardi soir dernier lors du conseil municipal pris la main dans le sac de la cachotterie lorsqu’il a bien fallu aborder le projet du transfert de la Ferme du spahi vers l’ancien terrain de la concession Renault. Il ne s’agissait pourtant, à l’origine, dans l’ordre du jour du conseil, que de voter une modeste transaction foncière.
         A l’emplacement actuel de la Ferme du spahi, dans le cœur du quartier du Val-Notre-Dame, il y a bien en vue un projet immobilier Eiffage. Mais aucune précision sur ses dimensions, et en particulier sur le nombre des futurs logements.
         A propos du Val-Notre-Dame, la municipalité ne cesse de rappeler qu’une nouvelle école va y être construite et qu’elle sera opérationnelle à la prochaine rentrée 2019.
         Et, c’est vrai également pour celle de l’îlot Sagem mais pour 2022 !
         Mais avant même d’être construites, les voilà déjà pleines comme un œuf !
         Vraiment, dans les années qui viennent, où pourra-t-on scolariser les milliers d’élèves qui ne manqueront pas d’arriver avec leurs familles ?