samedi 20 août 2016

Fruits et légumes pas chers, l'initiative du Modef et du PCF


 

Ah bas les grosses légumes !
A chacun de vivre du fruit de son travail !

 

Cette semaine, à Paris et dans une quarantaine de villes de banlieue, dont Argenteuil, des militants du PCF ont mené une vente de fruits et légumes à prix « ouvriers » en collaboration avec des militants du mouvement de défense des petits agriculteurs, le MODEF (Mouvement de défense des exploitations familiales ). 55 tonnes de fruits et légumes vendus à des prix modestes.

         Ne pas passer par les circuits de distribution contrôlés oh combien par les grands groupes de l’agro-alimentaires et de la distribution, c’est tout bon pour le consommateur et pour le producteur.

         A généraliser.
         La généralisation complète, mettant hors-circuit les prédateurs de l’agro-alimentaire et de la grande distribution s’appellera une révolution.
 
                                                                                                       Humanité.fr
 
 
 

Alep, Syrie, Proche-Orient, une barbarie omniprésente


En Syrie, la barbarie est partout

 
En provenance d’Alep en Syrie, les images d’un petit garçon ayant survécu à un bombardement russe ont fait le tour du monde, suscitant une émotion plus que légitime.

Mais au-delà de cette image, c’est toute la population syrienne qui est en train de mourir sous les coups de milices islamistes de toutes obédiences, mais aussi d’opérations terrestres des troupes de Bachar El-Assad et des bombardements de son allié russe, auxquelles s'ajoutent les bombardements américains et français.

Le Moyen-Orient sombre dans le chaos. Et ni l’intervention russe, ni les impérialismes français ou américains ne l’en sortiront, bien au contraire

vendredi 19 août 2016

Argenteuil : décès du DGS, un rappel nécessaire aux oublieux

 
« Si tu veux aller de l’avant, n’oublie pas »

 
Ce n’est pas une nouveauté que certains découvrent des vertus à des personnes décédées, aux lendemains de leur disparition. C’est ce qui arrive aujourd’hui avec celle du directeur général des services de la Ville d’Argenteuil dont le suicide a surpris tout le monde. Nous ne sommes pas de ceux-là. Non pas que nous ne respections pas le drame personnel que toute mort représente pour les proches, pour la famille en particulier, et cela d’autant lorsque cette personne met fin brutalement à ses jours. Mais cela ne nous permet pas pour autant de gommer ce qu’elle fut et le rôle que cette personne avait choisi d’assumer.

         Nous tenons d’autant à discuter la déclaration à ce sujet de Frédéric Lefebvre-Naré, conseiller municipal de la commune, rattaché au groupe d’opposition animé par le PS, telle qu’elle apparaît sur son blog dans un article daté du 17 août ( http://engagespourargenteuil.fr/ ). Nous le faisons d’autant plus facilement que nous échangeons régulièrement avec ce conseiller municipal sur des sujets divers concernant la commune, et au-delà.

         Nous discutons en l’occurrence la phrase suivante de sa déclaration : « Les Argenteuillais et les services municipaux perdent un dirigeant exigeant envers lui-même et attentif aux intérêts de la Ville. »

         Que signifie être «attentif aux intérêts de la Ville », quand Frédéric LN écrit plus loin que l’on pouvait constater sa " loyauté envers la majorité municipale qui l'employait " ?

         Les intérêts de la Ville « en soi » n’existent pas. Même l’expression « les intérêts de la population » serait contestable.

         Il y a les intérêts de telle ou telle fraction des habitants de la Ville. Pour résumer, il y a les intérêts des plus pauvres, ceux des milieux populaires, ceux encore d’une fraction plus aisée qui accepte de contribuer si nécessaire pour le bien-être général, et ceux d’une autre fraction de ces milieux pour laquelle cette simple empathie collective lui est étrangère. La municipalité de G Mothron a promis la diminution des impôts locaux, la seule chose qui importe à son électorat. Elle veut y parvenir. C’est sur cette base qu’elle a organisé l’austérité municipale, augmenter les tarifs, réduit un certain nombre de services utiles à la population, ce qui s’est traduit par des attaques en règle contre les travailleurs communaux et par un grand nombre de suppressions de postes. Ce sont pour ces « intérêts » là qu’en tant que directeur général des services de la Ville, Harold Matysen avait été recruté. Et nous ne rappellerons pas ici le surnom qui, sur cette base, lui avait été donné et qu’a rappelé ces jours-ci Le Parisien-95.

         Si Frédéric LN ne voit pas la différence entre les « intérêts de la Ville » et les intérêts mis en pratique par ce DGS recruté pour cela, non seulement cela n’est pas juste, mais il se déjuge par là-même de ses prises de position nombreuses lors des différents conseils municipaux contre ces mesures néfastes pour l’immense majorité de la population et qui ont des effets dévastateurs pour un certain nombre d'habitants et de travailleurs.

         En tout cas, pour notre part, au-delà du drame personnel que représente tout suicide, il n’est pas question d’oublier cette réalité dommageable dont le disparu fut le maître d’œuvre. Quand d’autres veulent la gommer, nous avons justement une responsabilité particulière à la rappeler. D. Mariette

Georges Séguy en Mai 68 : le bradeur de la grève générale : un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


A un tout autre nouveau, la disparition de Georges Séguy nous impose, loin des ralliements post-mortem de rappeler le passé de l’action de celui qui était le dirigeant de la CGT lors des mobilisations de 1968 à laquelle, tout jeune lycéen de seconde, j’ai pu participer. DM

 

Georges Séguy : le bradeur de la grève générale de Mai 68

 

Georges Séguy est mort, à l’âge de 89 ans. Du PS au PCF en passant par les Verts et le Parti de gauche, la gauche ne tarit pas d’éloges sur celui qui a été pendant quinze ans le secrétaire général de la CGT en même temps qu’il était membre du PCF, et même de sa direction. C’est à ce poste, qu’il affronta la grève générale de 1968 et sut l’orienter sur une voie sans danger pour la bourgeoisie.
 
 
À la suite de la grève et des manifestations réussies du 13 mai 1968 contre les brutalités policières envers les étudiants, l’émotion était grande et l’envie d’agir massive dans la classe ouvrière. Cette journée de grève du 13 mai avait été décidée par les confédérations syndicales dont la plus influente, la CGT, pour tenter de canaliser cette situation. Elle était prévue pour durer un jour par les confédérations, mais le travail ne reprit pas le lendemain ni les jours suivants. Dix millions de travailleurs se retrouvèrent en grève sans que ni la CGT ni les autres confédérations n’y aient appelé. Elles se gardèrent bien de parler de grève générale. Mais surtout, la tactique de la CGT, dirigée en fait par le PCF, consista à tout faire pour ne pas perdre la direction du mouvement, surtout après avoir rencontré une méfiance justifiée dans le milieu étudiant. Malgré l’étendue du mouvement de grèves, la participation des ouvriers à leurs propres grèves fut entravée. Les appareils les appelèrent à rentrer chez eux, les usines furent « occupées » par les militants syndicaux, seuls. Il n’était pas question de laisser les ouvriers ensemble, ni de leur permettre de contester la propriété privée par une véritable occupation des usines comme en 1936, et encore moins de se poser tous les problèmes de la gestion de leur grève.

Une fois le pays paralysé, il fallut trouver une issue « acceptable ». Des discussions eurent lieu entre gouvernement, patronat et syndicats au ministère du Travail, rue de Grenelle. Séguy joua un rôle de premier plan. Il se fit huer – ce qu’il nia toujours contre toute évidence – par les ouvriers de Renault Billancourt, auxquels il était venu présenter un premier protocole d’accord. Mais là encore, pour ne pas risquer de perdre la direction du mouvement, il attendit que l’hostilité des travailleurs s’épuise pour imposer les accords négociés. Ce furent les fameux accords de Grenelle : augmentation de 35 % du salaire minimum, qui passa de 385 à 519 francs (la CGT revendiquait 600 francs), augmentation de 10 % des autres salaires, droits et postes supplémentaires pour les appareils syndicaux et quelques vagues paroles sur le temps de travail et la retraite. Lorsque le Premier ministre Pompidou lui demanda s’il allait appeler à la reprise du travail, Séguy lui répondit par une boutade significative : « Non, parce que nous n’avons jamais lancé de mot d’ordre national de grève. » En fait, les appareils de la CGT et des autres confédérations firent tout pour mettre fin à un mouvement qui s’était développé contre leur gré.

Ce que le patronat et le gouvernement avaient dû lâcher était loin de suffire au regard de l’ampleur d’un mouvement sans précédent depuis 1936, et le travail ne reprit pas. Mais les dirigeants nationaux de la CGT et de la CFDT se dirent satisfaits et organisèrent les discussions par branche ou par entreprise, fragmentant la grève.

Enfin, pour mettre véritablement fin à cette situation de crise sociale et politique, de Gaulle choisit comme moyen de diversion d’organiser des élections législatives. Les dirigeants de la gauche qui avaient appelé de Gaulle à démissionner se rallièrent du jour au lendemain à cette perspective. Et Séguy et les appareils syndicaux prirent prétexte de ces élections pour justifier l’arrêt des grèves. Ils imposèrent pas à pas la reprise du travail, jouant de leur autorité et utilisant mensonges et calomnies pour démoraliser les plus déterminés.

Arracher quelques avantages matériels pour calmer la mobilisation ouvrière et prôner le changement politique par les urnes : c’est en menant cette politique que Séguy réussit à brader la grève générale. Si la grève de mai 68 ne menaça pas la bourgeoisie, elle lui fit craindre quand même que sa domination sur la société ne soit remise en cause. Eh bien non ! Dans la lignée d’un Thorez qui avait affirmé en 1936 « Il faut savoir terminer une grève », Séguy et les appareils syndicaux mirent tout leur poids pour empêcher encore une fois les travailleurs d’aller au bout des possibilités de leurs luttes.

Séguy profita dès lors paisiblement des cinquante années qui lui restaient à vivre. Il avait bien mérité de la bourgeoisie.

                                            Vincent GELAS (Lutte ouvrière n°2507)

Vacances : sous le soleil, l'exploitation et la misère ne sont pas moindres


Espagne : basta l’exploitation

 
Depuis quelques mois en Espagne, « Las Kellys » comme elles se font appeler (pour « Las que limpian », celles qui nettoient) multiplient les rassemblements aux portes d’établissements hôteliers pour dénoncer l’exploitation dont elles sont victimes.

Mardi 16 Août, c’est à Benidorm, un des principaux sites touristiques d’Espagne, qu’elles manifestaient dénonçant des rémunérations de 2 euros par chambre nettoyée.

Les réformes de la législation du travail de 2010 et 2012 disent-elles,  ont facilité les licenciements. Du coup  les directions des hôtels et autres résidences pour touristes font appel à des agences qui ne sont pas soumises aux conventions collectives de l’hôtellerie.

Bien des points communs avec la loi travail ici en France. Mais comme ici, les femmes de ménage se battent.

 

La faim ne prend pas de vacances

 

L’association Août Secours Alimentaire (ASA) tente de prendre le relais en Ile-de-France entre le 15 juillet et le 31 Août des associations qui cessent de distribuer des repas pendant l’été.

Elle relève que la fréquentation a augmenté de 10% en un an. Un constat qui se passe de commentaire.

 

La rue n'est pas plus tolérable l'été que l'hiver

 

Au mois de juillet, plus de la moitié des appels de sans-abri au 115, numéro d'urgence pour obtenir un abri, n'ont pas abouti, établissant un nouveau et triste record. Près de 12 000 personnes sur les 21 500 ayant composé le numéro n'ont jamais été hébergées, ne serait-ce qu'une nuit.

Cela est d'autant plus scandaleux que ce n'est pas faute de place, mais parce que la moitié des structures ouvertes l'hiver sont fermées l'été.

Pour de petites et minables économies budgétaires, les pouvoirs publics laissent ainsi des femmes et des hommes à la rue, leur faisant risquer leur vie, car la mortalité des sans-abri est aussi importante l'été que l'hiver. Inhumain !

jeudi 18 août 2016

Argenteuil : une situation bien sombre à la mairie d'Argenteuil


Stop !

 

En l’espace de quelques jours, deux évènements exceptionnels ont ajouté un peu plus de confusion au sein des services municipaux de la Ville d’Argenteuil. Ce fut d’abord il y a une semaine, l’incendie qui n’a pas fait de victime heureusement mais qui a endommagé une partie des installations électriques et qui perturbe depuis le fonctionnement de certains services. Selon les témoins, l’évacuation s’était faite de surcroît dans l’improvisation, l’alarme n’ayant pas fonctionnée. Ça a été hier l’annonce du décès du directeur général des services qui a mis fin à ses jours. Au-delà du drame personnel que ce genre d’acte représente toujours, ce chef de l’exécutif de la Ville qui vient de disparaître a été, sans état d’âme, le symbole et le maître d’œuvre, depuis l’arrivée de la nouvelle municipalité en mars 2014 jusqu’à aujourd’hui, d’une politique visant à remettre profondément en question la situation des travailleurs municipaux : renvoi de centaines et de centaines de travailleurs contractuels, allongement du temps de travail, nouvelle dégradation des conditions de travail, avec les conséquences que l’on imagine sur les services publics utiles à la population.

         Nous avons maintes et maintes fois sur ce blog rendu compte de ces « reculs » dont ont été victimes les travailleurs de la mairie d’Argenteuil qui s’ajoutent aux conséquences des difficultés accrues que connaît la population dans les circonstances actuelles. La situation des personnels des Ecoles de la Ville qui les a conduits à se préparer à se mettre en grève le 5 septembre prochain est emblématique à cet égard de la situation générale que connaissent les travailleurs municipaux.

         Au vu de tout cela, il n’est pas possible, pour la population comme pour le personnel municipal de continuer sur cette pente.

         Nous ne savons quelles conclusions la municipalité actuelle va tirer de la situation de confusion actuelle qui s’est traduit par ailleurs, lors de la présence estivale, par une sorte de vide. De son côté, la population, aux côtés des travailleurs communaux doit dire que cela ne peut plus continuer ainsi.

Incidents racistes en Corse : les fruits pourris du "diviser pour régner"


Un article à méditer de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2507 de cette semaine. En vente à Argenteuil à la librairie « Le presse-papier »

Incidents racistes en Corse : les fruits pourris du « diviser pour régner »

Samedi 13 août, dans la région de Bastia, une banale altercation de plage s’est rapidement transformée en flambée raciste puis en problème politique d’ampleur nationale.

Si les versions sur le démarrage de l’incident entre quelques familles maghrébines et les adolescents d’un village corse diffèrent, il y a bien eu des coups et blessures. L’escalade est décrite par tous les témoins : les renforts arrivés du village, la police obligée de protéger les maghrébins en passe d’être gravement molestés, les automobiles de ces derniers incendiées. Puis, le lendemain, un rassemblement de plusieurs centaines de personnes devant la mairie de Bastia s’est transformé en manifestation hostile vers le quartier où habitent les familles maghrébines. On n’en est pas encore aux ratonnades, les chasses à l’Arabe de sinistre mémoire organisées par l’extrême droite pendant la guerre d’Algérie, mais cela pourrait venir. Et le fait que les racistes prennent comme prétexte le voile intégral, voire le burkini, ne les rend pas moins dangereux, même s’il s’agit là de problèmes bien réels.

Mais, si les racistes avoués peuvent se permettre ce genre d’attitude, c’est bien parce que toute la propagande officielle les y autorise, en désignant les émigrés, particulièrement les musulmans, à la vindicte publique. Il n’y a pas un discours de Hollande, pas une interview de Sarkozy, pas une déclaration de Le Pen qui ne fasse de la population immigrée ou issue de l’immigration des boucs émissaires. Ils se font même concurrence sur ce terrain et la presse, entre deux comptes rendus sportifs, tartine à loisir sur cet unique sujet. Les crimes djihadistes et les attentats ont bien sûr renforcé cette campagne et lui ont donné des munitions, mais elle avait commencé bien avant.

L’incident de Bastia en devient maintenant un élément, les politiciens faisant mine de se demander si l’interdiction du burkini serait de nature à calmer les esprits. Mais c’est leur société d’injustice, leurs mensonges permanents, leur mépris des pauvres et la bouillie qu’ils répandent en guise d’idéologie qui échauffent les esprits faibles et arment les voyous d’extrême droite.

                                            Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2507)

Elections US : démocrates, républicains... mais aussi un Parti ouvrier


Une nouvelle réconfortante

 
États-Unis : un Parti ouvrier dans les élections au Michigan

Nous publions la traduction d’un article du groupe trotskyste américain The Spark qui annonce la participation aux élections de novembre prochain d’un nouveau Parti ouvrier dans le Michigan, un État industriel du Midwest qui inclut la ville de Detroit.

Plus de 50 000 personnes ont donné leur signature pour permettre au Parti ouvrier d’apparaître aux élections dans le Michigan, significativement plus que les 31 566 requises. Leurs signatures ont été remises au Bureau des élections le 12 juillet.

Les initiateurs de ce parti sont cinq candidats qui ont participé aux élections de 2014 sous un même programme, « Pour un combat ouvrier, pour une politique ouvrière » : Gary Walkowicz, Sam Johnson, Mary Anne Hering, Ken Jannot Jr. et David Roehrig.

Ils adhèrent au point de vue exprimé il y a plus d’un siècle par les Industrial Workers of the World (IWW, syndicalistes révolutionnaires) : « La classe des travailleurs et la classe des patrons n’ont rien en commun. »

Ils affirment que la classe capitaliste a deux partis (les démocrates et les républicains), que la classe ouvrière n’en a pas et qu’il est temps pour les travailleurs de construire leur propre parti, qui défende leurs propres intérêts de classe.

Ils affirment aussi que la classe ouvrière a besoin de toutes ses forces pour combattre les attaques menées par les patrons en ce moment, et que les divisions – entre ceux qui sont nés aux États-Unis et les immigrants, entre Noirs et Blancs – affaiblissent l’ensemble de la classe ouvrière. Ils soulignent que le racisme est un cancer alimenté au sein de la classe ouvrière par ses ennemis.

Le nouveau parti sait que les élections ne peuvent pas résoudre les graves problèmes que nous affrontons. Seules les luttes et les mobilisations de la classe ouvrière le peuvent. Mais ses militants sont convaincus qu’en présentant le Parti ouvrier aux élections, ils offrent la possibilité aux travailleurs d’exprimer leur désir d’avoir un parti qui représente leur propre classe.

                                                               The Spark