dimanche 22 mai 2016

Juin 1936 : débattre avec les militants de Lutte ouvrière à Argenteuil

Le prochain Groupe d'Etude Ouvrière à Argenteuil
 
 
« Juin 1936, le grand sursaut du monde du travail »

 

En octobre 1929, la crise économique qui commença aux Etats-Unis engageait le monde sur la voie d’une seconde guerre impérialiste mondiale. Seule une mobilisation des travailleurs pouvait opposer à cette voie sanglante l’alternative de la révolution socialiste, seule issue au capitalisme en crise.

         Alors que le nazisme s’installait en Allemagne, on assista à partir de 1934 à une montée de la combativité ouvrière. Elle allait conduire à partir de l’été 1936 en Espagne aux évènements de la Révolution espagnole. En France, elle se traduisit par la victoire électorale du Front populaire, au programme bien limité, une alliance du PS réformiste, du PCF stalinien, avec un parti bourgeois, le parti Radical.

         Mais la grève générale de mai-juin 1936 allait bouleverser la donne. La grève générale imposa la satisfaction d’un certain nombre de revendications. Thorez, le dirigeant du PCF déclara alors qu’ « il fallait savoir terminer une grève lorsque satisfaction était donnée aux revendications ». Mais la question de l’heure allait alors bien au-delà de cette satisfaction. La force du mouvement aurait permis d’aller beaucoup plus loin, en direction de cette prise du pouvoir par les travailleurs, seule capable, en France comme en Espagne, d’empêcher cette guerre qui venait.

         L’exposé portera sur cette Grève générale, sur les possibilités qu’elle recelait, et comment ces espoirs furent brisés.

 

 

Groupe d’Etude Ouvrière
 
Organisé  à Argenteuil par Lutte ouvrière
 
VENDREDI 27 MAI
 
A 20 Heures 15
 
Espace Nelson MANDELA
82 bd du Gl Leclerc
 
« Juin 1936, le grand sursaut du monde du travail »
 
Un exposé suivi d’un temps de libre débat
 

 

Verdun : l'enfer... du capitalisme


Le blog des militants « Engagés pour Argenteuil » évoquait hier l’effroyable bataille de Verdun qui fit en 1916 des centaines de milliers de victimes. Oui, il faut rappeler ces évènements. Mais il faut aussi en rechercher les causes. En l’occurrence, le nationalisme, le patriotisme ne furent (et ne sont toujours) que l’emballage idéologique à combattre bien sûr, mais d’intérêts bien plus tangibles et sordides, ceux, s’opposant, de deux camps impérialistes. C’est ce que nous rappelions hier dans l’article de notre blog évoquant le centième anniversaire de la brochure de Lenine « L’impérialisme stade suprême du capitalisme ». Voilà aujourd’hui un autre article de notre journal sur « Verdun ».

 
Février-décembre 1916 : Verdun, le carnage de la guerre impérialiste

 Le 21 février 1916, l’armée allemande qui stationnait au nord de Verdun attaqua en direction de cette petite ville. Un million d’obus tomba ce jour-là sur les défenseurs français, dont beaucoup se sauvèrent ou se rendirent, quand ils n’étaient pas tués. On entendit le bruit de la canonnade jusqu’à cent kilomètres de là.

Pourquoi avoir choisi Verdun pour cette offensive ? Un siècle après, on se le demande toujours. La ville n’avait pas grand intérêt ni économique ni stratégique et, dès le début, l’état-major français se demanda s’il valait vraiment la peine de s’y maintenir. Finalement il décida de s’y cramponner.

L’enfer de Verdun

La bataille de Verdun ne fut pas la plus coûteuse en vies humaines, mais elle fut la plus longue de la Première Guerre mondiale en France, puisqu’elle dura dix mois interminables, du 21 janvier au 19 décembre 1916. Et Verdun symbolise encore de nos jours les horreurs de la guerre de tranchées subies par les soldats des deux bords, ainsi que les combats inutiles dans le but de récupérer quelques kilomètres carrés de terrain, et pour lesquels 700 000 jeunes hommes furent tués ou blessés dans les deux camps.

Cette bataille fut ordinairement qualifiée par ceux l’ayant vécue comme étant un enfer, tant du côté français qu’allemand. Les conditions de survie dans les tranchées, car on ne peut pas parler de vie, étaient abominables. Les soldats creusaient leurs abris dans la boue, sous la violence des bombardements. À la mi-juillet, l’artillerie lourde française avait déversé 10 millions d’obus, 21 millions étaient venus du côté allemand, ce qui faisait une moyenne de 140 000 obus par jour. À ces bombardements incessants s’ajoutaient la boue, la pluie, les rats, les poux, le froid glacial en hiver, la chaleur accablante l’été, le manque d’eau, le ravitaillement médiocre arrivant quand il pouvait. Les bataillons étaient décimés, l’état-major prévoyait d’ailleurs que la moitié du nombre de camions nécessaires à l’aller suffisait pour ramener les troupes à l’arrière. Les survivants côtoyaient les cadavres qui flottaient dans les trous d’obus, les blessés étaient abandonnés sous le feu ennemi, le tout dans une odeur pestilentielle …

Pour éviter l’effondrement du moral des combattants, l’état-major français décida de faire une rotation des combattants, appelée le « tourniquet ». C’est ainsi qu’à un moment ou un autre environ les trois quarts des soldats français « firent Verdun ». Pour cette raison aussi, Verdun finit par symboliser l’ensemble de la guerre de 1914-1918.

Et tout ça pour rien…

En février et en mars 1916, les troupes allemandes conquirent quelques kilomètres carrés et quelques forts, dont les noms sont devenus célèbres après coup, Douaumont, Vaux, etc. Puis elles furent contraintes de s’arrêter. En octobre et novembre 1916, les troupes françaises passèrent à l’offensive et reprirent une partie du territoire perdu en début d’année, dont ces deux forts, ce qui permit aux généraux et dirigeants français de dire qu’ils étaient victorieux. Mais le bilan final fut quasi nul. On s’était entre-tué pendant dix mois pour rien.

Par la suite, le commandant en chef allemand Falkenhayn prétendit que son intention avait été de saigner l’armée française, répondant à sa façon au commandant français Joffre qui déclarait : « Je les grignote. » En fait, il y eut à peu près autant de morts de chaque côté : 163 000 Français et 143 000 Allemands. Les armées furent bien saignées, et des deux côtés.

L’opposition à la guerre

Face à ces combats sans espoir, il y eut parmi les soldats français et allemands de nombreux cas d’insubordination, des désertions, des soldats exaspérés se rendant en masse à l’adversaire, aussi bien dans un camp que dans l’autre. Il n’y eut cependant pas de révolte organisée, les soldats durent continuer à obéir aux ordres de leurs généraux et à se faire tuer pour la gloire, c’est-à-dire pour rien.

Les autorités craignaient pourtant que la révolte contre cette boucherie se répande parmi les soldats, et elles contrôlaient leurs paroles et écrits. La Chanson de Craonne, antimilitariste et anticapitaliste, apparue en 1915 et interdite par le commandement, ne pouvait être chantée que clandestinement en 1916, sous le nom de Chanson de Verdun : « C’est à Verdun, au fort de Vaux, qu’on a risqué sa peau… ». La censure contrôlait les lettres des soldats, 180 000 chaque semaine, des passages entiers étant noircis à l’encre pour en empêcher la lecture. Et les lettres plus désespérées, parfois violemment hostiles à la guerre, n’arrivaient jamais à leur destinataire.

Face à cette pression du gouvernement, des autorités, de la hiérarchie militaire, l’opposition à la guerre ne pouvait guère se faire entendre. La trahison de la social-démocratie, qui avait au début de la guerre fait l’union sacrée avec la bourgeoisie, avait livré ouvriers et paysans aux généraux pour en faire de la chair à canon. Elle avait privé le mouvement ouvrier de ses dirigeants et découragé ses militants, les laissant sans perspectives, alors qu’il y avait 91 000 adhérents à la SFIO française en 1914 et de l’ordre d’un million d’adhérents sociaux-démocrates en Allemagne.

Karl Liebknecht, révolutionnaire et député allemand, mobilisé malgré lui comme soldat, avait proclamé en 1915 que « l’ennemi principal est dans notre pays ». Mais une telle parole n’arrivait que rarement jusqu’aux tranchées et, à Verdun, l’immense majorité des combattants étaient réduits au point de vue officiel, pour lequel l’ennemi était tout simplement le camp adverse.

Verdun à toutes les sauces

La bataille de Verdun a été régulièrement commémorée durant le siècle qui l’a suivie. Durant l’entre-deux-guerres, entre 1918 et 1939, c’était l’occasion pour les autorités françaises de célébrer la défense du pays et l’union sacrée, face à l’Allemagne. Ce n’est qu’après la Deuxième Guerre mondiale que le ton changea, avec la mise sur pied de l’Union européenne.

Un siècle après, Verdun reste un exemple du carnage auquel le système impérialiste a pu condamner les peuples, au terme de sa logique de concurrence, de conquêtes, et finalement de guerre pour le profit.

Bien des combattants de Verdun et de la guerre de 1914-1918 espéraient que la Grande Guerre serait la « der des ders ». Vingt ans après on s’entre-massacrait de nouveau en Europe au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Jusqu’à aujourd’hui, guerres, massacres et génocides n’ont pas cessé, quitte à ensanglanter d’autres continents.

Si Verdun et les autres batailles de la Première Guerre mondiale ont montré quel degré de sauvagerie peut atteindre le système capitaliste, celui-ci s’est encore surpassé depuis, et cela le condamne sans appel.

André VICTOR (Lutte ouvrière n°2481)

 

samedi 21 mai 2016

Loi Travail: le refus du monde du travail. faire que le rapport de force change de camp



La loi toujours combattue

Le gouvernement a tout fait pour essayer d'enterrer les protestations contre la loi pro-patronale El Khomri en proclamant sur tous les tons que cette loi permettait de réduire le chômage, en faisant donner sa police contre les manifestations, et même en coupant court avec le 49-3 à une discussion, pourtant bien inoffensive, au Parlement.
         Mais ce gouvernement n'a pas réussi à faire taire la fraction de la classe ouvrière décidée à s'y opposer. Hier jeudi, 19 mai, les manifestants étaient plus nombreux que deux jours plus tôt. Et ils reprendront la rue le 26 mai.
         Jusqu'à présent ce n'est qu'une minorité des travailleurs et de la jeunesse, la plus active et la plus combative, qui s'est mobilisée dans les grèves et dans les manifestations. Mais elle peut entraîner l'ensemble du monde du travail, mettre un coup d'arrêt à l'offensive patronale et faire en sorte que le rapport de force change de camp.

Un écho de Limoges

Toujours là contre la loi Travail !

Jeudi 19 mai, c'est une manifestation sensiblement plus importante que celle du 17 qui s'est ébranlé depuis le Carrefour Tourny pour aller jusqu'au carrefour du Clos Moreau où la circulation en direction du boulevard, du centre-ville, de la zone industrielle sud ainsi que le départ des bus de la TCL a été bloquée.
         Dans la manifestation on pouvait voir des banderoles, des pancartes, des drapeaux, des gilets fluo au nom des différentes entreprises privées de la ville : Legrand, Valéo, Schneider électric, Madrange..., des drapeaux du CHU, de l'Hôpital Esquirol, de l'EDF et une bonne délégation de cheminots en grève.
         Se voir plus nombreux qu'il y a deux jours, venus d'entreprises aussi variées, a contribué à remonter un moral un peu en baisse, et d'autant plus avec l'annonce des actions des chauffeurs routiers et des travailleurs des raffineries. La nécessité de ne pas céder et de continuer jusqu'au retrait était dans toutes les discussions.
         Des militants du BTP expliquaient que bien que la grève soit très minoritaire dans leurs entreprises, le ras-le-bol et la colère sont très profonds chez tous leurs collègues et qu'ils ne désespèrent pas que "ça parte vraiment" à un moment ou à un autre !

Placoplâtre, Saint-Gobain à Cormeilles-en-Parisis : extension de carrière et risques divers



Pour combattre des projets hasardeux, dénoncer et combattre le Capital qui les mène
Depuis le début du XXème siècle, le gypse de la butte de Cormeilles a été exploité. Depuis 1990 l’entreprise Lambert a passé le relais de cette exploitation à l’entreprise Placoplâtre, une filiale du mastodonte industriel Saint-Gobain. Arrivée aujourd’hui au fond de son périmètre d’exploitation, cette entreprise veut depuis dix ans obtenir un nouveau périmètre d’exploitation qui engloberait tout le territoire de cette butte relevant de la commune de Cormeilles en Parisis.
         Selon les militants qui dénoncent cette extension, le maire de cette ville avait promis lors des dernières élections municipales de demander son avis à la population, et il n’en a rien été.
         Parmi les nombreux risques avancés par ces militants, nous extrayons le passage suivant de leur dénonciation : « - L'exploitation se fera à coups d'explosifs, tous les 3 à 6 jours, durant les 30 prochaines années (soit 2 190 tirs environ à raison d’une moyenne d’un tous les 5 jours !). Comment peut-on dire qu’il n’y a aucun risque pour les maisons de la ville ? Des centaines de maisons du Nord de la ville risquent d'être endommagées et leurs propriétaires ne peuvent en être informés qu’en allant consulter les 12 tomes (!) du projet déposé en mairie !!! Ils pourraient faire un référé préventif mais ils ne savent pas que leurs maisons sont concernées et devront payer l’huissier de justice : de plus, l'attestation d'assurance présentée par PLACOPLATRE est périmée et ne couvre absolument pas ces risques ! ».
         La stabilité et la pérennité du Fort de Cormeilles qui accueille aujourd’hui en particulier des ateliers d’artistes sont aussi remis en question.
         On retrouve là bien des ingrédients identiques à ceux dénoncés dans d’autres affaires par les opposants, de Notre-Dame-des Landes à Europacity en passant par le Lyon Turin : des projets menés pour satisfaire les intérêts de grands groupes financiers et industriels, loin des intérêts de la population dont il n’est pas question d’entendre l’avis.
Une pétition de protestation circule :