vendredi 26 juin 2015

Autolib' : Bolloré y trouve son compte, mais la population d'Argenteuil ?



Pour les « hommes d’affaires », à voir. Pour la population, on ne voit vraiment pas.

Sur le site de la Ville d’Argenteuil, on peut trouver l’annonce suivante : « En complément des autres modes de transports traditionnels et actifs, Autolib’ sera bientôt présent à Argenteuil qui devient ainsi la 2ème Ville du Val-d’Oise à accueillir cette offre de service.
Argenteuil va enfin rejoindre les 70 villes franciliennes qui profitent déjà des stations de partage Autolib’.
En vous proposant cette nouvelle alternative écologique résolument moderne et accessible, la Municipalité argenteuillaise facilite vos déplacements, votre vie, et souligne la cohérence de sa future entrée dans la Métrople du Grand Paris. »
La municipalité tire à soi la couverture pour cette initiative, mais l’Agglomération n’est pas en reste pour revendiquer ce nouveau service, avec force belles banderoles. Mais nous aimerions savoir les dessous de ce nouveau service, ce qu’il en coûte à la Ville et à l’Agglomération, pour un service qui est surtout une bonne affaire pour le groupe Bolloré, un des grands groupes capitalistes du pays.
         Quant à faciliter les déplacements des Argenteuillais, on demande vraiment à voir. Lorsque la municipalité, à ce propos, dans une phrase alambiquée, « souligne la cohérence de sa future entrée dans la Métropole du Grand Paris» à propos de l’installation d’Autolib à Argenteuil », elle donne une idée de la cohérence en question. Celle, et il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour ce qui concerne Argenteuil, d’un espace de domination des grands groupes capitalistes de la Défense et de ses hommes d’affaires, loin de la population d’Argenteuil, dont on voit guère l’utilité pour elle d’un « service » somme tout vraiment très coûteux.

Taxis et UberPOP : la jungle capitaliste. Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de la semaine passée.



Taxis et UberPOP : jungle capitaliste

À Marseille, Strasbourg et Nantes, les chauffeurs de taxis se sont mobilisés lundi 8 juin contre l’arrivée du service UberPOP de la société Uber, une entreprise américaine qui développe des applications d’appel de taxi et de covoiturage par Internet. Ils ont empêché notamment des réunions de recrutement de se tenir.
Par le biais de cette application UberPOP, il est possible de faire appel, via par exemple un smartphone, aux services de tout conducteur qui se sera fait au préalable enregistrer par Uber. Les chauffeurs de taxis dénoncent une « concurrence déloyale » car, à la différence d’un chauffeur UberPOP, ils doivent s’acquitter d’une licence, devant pour cela justifier d’une formation. S’ils sont à leur compte, ce qui est le cas de 80 % des chauffeurs de taxi, ils doivent en plus payer des cotisations et reverser la TVA à l’État. Le mécontentement est d’autant plus vif que, dans ce secteur, la concurrence est de plus en plus dure et les journées de travail souvent de plus de douze heures.
Prenant la forme d’opérations de blocage d’aéroports et de grands axes de circulation, la colère de cette catégorie d’artisans s’était déjà exprimée à plusieurs reprises, contre Uber mais plus largement contre les sociétés proposant la location de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) qui, normalement, à la différence des taxis, doivent obligatoirement être réservés à l’avance par les clients.
Donnant en partie satisfaction à ceux qui s’étaient mobilisés, le gouvernement avait fait voter en octobre 2014 une loi interdisant notamment aux entreprises de VTC de prendre des clients à la volée dans la rue, réservant cette prérogative aux taxis. Le gouvernement répondait aussi aux pressions exercées par les grosses sociétés de réservation de taxi qui ont su, elles aussi, trouver l’oreille des ministres.
Depuis l’entrée en vigueur de cette législation, le 1er janvier, UberPOP est censé être illégal et plus de 400 interpellations auraient eu lieu. Mais les dirigeants d’Uber ont engagé une guérilla juridique qui leur permet pour le moment de continuer à se développer. C’est ainsi qu’Uber est disponible à Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux et Nice.
Les artisans taxis, en défendant les réglementations existantes, cherchent à sauver leur gagne-pain et c’est bien légitime. C’est un combat bien différent de celui des entreprises capitalistes, comme les G7 et autres sociétés de taxis, qui elles, défendent leurs profits et leur position dominante menacée par la venue de nouveaux concurrents. Mais ces chauffeurs indépendants se retrouvent à s’opposer à d’autres travailleurs, ceux qui souhaitent tenter leur chance avec UberPOP et qui, eux aussi, cherchent à survivre.
Une situation qui illustre la façon dont le capitalisme transforme la société en une véritable jungle, où des travailleurs sont conduits à s’opposer à d’autres, pendant que les plus grands fauves, eux, profitent sur le dos de tous.

jeudi 25 juin 2015

Atos-informatique : préparer la vraie suite



Demain, se retrouver tous ensemble

Mardi, une nouvelle journée d’action a eu lieu chez Atos-Bezons comme sur les autres sites du pays de cette entreprise d’informatique. A l’occasion de cette journée 200 travailleurs ont manifesté jusqu’au pont de Bezons.
         Le tableau chez Atos a de quoi donner des raisons de se mobiliser. Alors que la direction distribue 80 millions d'euros de dividendes aux actionnaires, elle réserve pour les salariés le blocage des salaires, une baisse de la participation de l'entreprise pour la mutuelle de certains salariés et une réduction des jours de RTT, alors que les ruptures conventionnelles imposées continuent pour pousser dehors en particulier les salariés les plus anciens.
         Ce tableau ressemble étrangement à ce que connaissent les travailleurs de la quasi-totalité des entreprises, à Bezons comme à l’échelle du pays.
         Il faut que grandisse la conscience que pour faire reculer les actionnaires et leurs serviteurs, nous devrons unir nos forces, et nous retrouver tous ensemble et déterminés à gagner, puisque nous avons les mêmes problèmes et les mêmes revendications.