jeudi 25 juin 2015

Argenteuil : pas de restauration, pas de travail !



Le dernier mauvais coup de la municipalité

La municipalité d’Argenteuil s’apprête à fermer le self de l’hôtel-de-ville utilisé pour se restaurer le midi, en particulier par les agents de la mairie principale du centre et ceux des services pas trop éloignés de celle-ci. La nouvelle connue de façon brutale  le 24 juin concerne une fermeture prévue pour le 3 juillet, a priori définitive, selon les informations dont nous disposons, et puisque la municipalité n'a daigné donner aucune information avant l'annonce de cette fermeture sans véritable annonce préalable !
         Le prétexte avancé est que cette restauration ne serait pas aux normes ! La municipalité ne voudrait pas engager les travaux nécessaires pour que les problèmes soient réglés.
         Ces derniers existent depuis des années et n’ont jamais empêché le self de fonctionner, et les problèmes les plus importants peuvent être réglés.
         Cette fermeture, s'il s'avérait qu'elle soit définitive, serait catastrophique pour le personnel municipal qui l’utilise et qui devrait trouver d’autres solutions de restauration, et des solutions plus onéreuses. Elle le serait également pour les travailleurs de l’entreprise qui a le contrat de gestion du self et qui, pour certains, sont présents sur le site depuis de très nombreuses années.
         Bien évidemment, de vrais salaires décents devraient nous permettre d’aller manger où bon nous semble. Mais en attendant, si le patronat veut que l’on travaille, il doit créer ou maintenir les conditions pour que nous nous restaurions dans de bonnes conditions sur le lieu de travail.
         La municipalité d’Argenteuil se comporte comme un patronat du XIXème siècle dont le maire doit être un nostalgique.
         Mais qu’il se méfie. A vouloir augmenter sur tous les plans l’exploitation des travailleurs territoriaux, ils peuvent finir par se mettre vraiment en colère.
         En attendant, non à la fermeture du self de la mairie.

Hongrie : un mur de la honte de plus. Un article de notre hebdomadaire Lutte Ouvrière de cette semaine



Hongrie : un mur de la honte de plus

En Hongrie, le gouvernement de Viktor Orbán, dirigeant du parti réactionnaire Fidesz, a annoncé à la mi-juin la construction d’un mur de quatre mètres de hauteur et de 175 kilomètres de long sur la frontière sud du pays avec la Serbie. C’est par là que transitait la grande majorité des migrants arrivant sur le territoire.
Quels que soient les prétextes avancés, la construction de ce mur de la honte fait partie de la surenchère nationaliste et xénophobe à laquelle se livre Orbán à l’égard de son rival, le parti d’extrême droite Jobbik.
L’odieuse campagne d’affiches anti-immigration que le gouvernement vient de mener vise, hormis ses objectifs bassement électoraux, à détourner la population des vrais problèmes, ceux qu’elle subit quotidiennement. Un chômage important, plus de 40 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, voilà ce que les dirigeants hongrois tentent de faire oublier en désignant des boucs émissaires. La misère dans le Nord et l’Est, la désindustrialisation depuis le début des années 1990, se traduisent par l’obligation de cumuler plusieurs petits emplois, de travailler au noir pour compenser des retraites insuffisantes ou la réduction des aides sociales.
Que Viktor Orbán se place au premier rang des politiciens jouant sur la peur de l’immigration n’a rien d’étonnant. Le mur qu’il construit, à l’image et à la suite des gouvernants espagnols à Ceuta et Melilla, des dirigeants grecs en 2012, ou bulgares, en 2014, à la frontière turque – pour ne citer que des murs européens – n’est qu’une barrière de plus contre les pauvres du dehors.
Aucune n’empêchera femmes, hommes, et enfants de tenter de fuir les régions dangereuses où ils vivent. Orbán ajoute son nom à la liste de ceux qui voudraient dresser les peuples les uns contre les autres, quitte à hérisser l’Europe et le monde de murs de la honte.
Viviane LAFONT

mercredi 24 juin 2015

Emploi + Ecole = le progrès de la société


Une situation de l’Ecole à Argenteuil aux conséquences désastreuses

 

Le Parisien-95 vient de publier un article sur un sujet que nous avons abordé plusieurs fois ces dernières semaines sur ce blog : les demandes importantes de mutation d’enseignants de primaire cette année, de maternelle en particulier, qui vont se traduire par de nombreux départs d’Argenteuil pour beaucoup d’entre eux. Ci-dessous, deux extraits éloquents de cet article du Parisien-95.

 

Réaction du côté de la municipalité, sur l’air de « mais où est le problème ? » :

« De son côté, la municipalité (LR) dit ne pas «être au courant de ces demandes de déplacement». Concernant les Atsem, «nous nous mettons à niveau des villes voisines. Nous ne pensons pas que cela se répercute sur le travail des enseignants puisque ça fonctionne bien dans toute la France.»

 

Témoignage d’une institutrice :

Patricia*, institutrice : « je pars à cause des conditions de travail»

« Je quitte mon poste à cause des conditions de travail. » Sa voix est triste, mais sa décision est prise. D’ailleurs, son affectation a été acceptée. Patricia est enseignante depuis plusieurs décennies dans une école d’Argenteuil, en maternelle. L’année prochaine, pour la première fois depuis longtemps, elle (re)commence sa carrière ailleurs. Non sans mal. Jamais elle n’avait imaginé partir. « Nous sommes une équipe soudée, les enfants sont bien, j’ai toujours aimé être ici., mais l’année qui s’est écoulée a été difficile », insiste-t-elle. Quand elle a débuté dans le métier, elle avait une vingtaine d’élèves. Aujourd’hui, ils sont 30. Habituellement, une Atsem [Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles] est présente. « L’année prochaine, ça sera autrement, il y en aura une pour trois classes, ce n’est pas gérable », martèle-t-elle. Patricia en sait quelque chose. « Je me suis retrouvée plusieurs mois sans Atsem, ça a été très dur. C’est beaucoup de stress, de fatigue et dans ces conditions, on n’arrive pas à suivre un programme ». L’année prochaine, Patricia enseignera donc dans une commune où il y a encore une Atsem par classe. Elle part « la gorge serrée ». Après de nombreuses années dans le même établissement, des liens se nouent. « On connaît les familles, on voit les enfants grandir, énumère-t-elle, déjà nostalgique. Mais comment voulez-vous continuer à bien travailler sans moyens ? »

*Le prénom a été modifié

 

Ils ont raison. C’est la seule voie à suivre

 

Communiqué du 23 juin 2015 des parents d’élèves FCPE de l’école Jules-Ferry

 

Depuis des semaines, armés de patience, les parents d’élèves des écoles maternelle et élémentaire Jules Ferry occupent le groupe scolaire chaque mercredi.

Ils ne se résignent pas à ce que les écoles maternelles de leur ville perdent une ATSEM sur trois à la rentrée 2015, pas plus qu’ils n’acceptent que les sommes perçues par la ville pour accompagner la réforme des Rythmes scolaires ne servent pas à financer des T.A.P (temps d'activité périscolaire).

Les parents tiennent bon. Ils continueront d’occuper la Cour d’honneur du groupe scolaire les mercredis 24 juin et 1er juillet de 8h45 à 10h. 

Que se passera t’il ensuite ? Espérons que l’été portera conseil aux élus de notre commune, et qu’ils sauront entrevoir d’autres possibilités que celle de rogner les moyens de l’école de nos enfants.

Car les parents d’élèves demandent encore et toujours :

         - le maintien d'une ATSEM par classe, comme cela a toujours été le cas dans les maternelles d’Argenteuil

- la mise en place de T.A.P sur le temps du midi avec les 1,09 Million d'euros versés à Argenteuil par l'Etat pour appliquer la réforme des rythmes scolaires

Une nouvelle classe va ouvrir en maternelle à la rentrée 2015/2016 pour faire face à l'augmentation du nombre d’élèves scolarisés à Jules Ferry.

Il n’est pas concevable que l’on supprime des postes encadrant dans un tel contexte. Le bon sens l’exige : s’il y a plus d’enfants dans nos écoles, il ne doit pas y avoir moins  d’adultes.

         Faire chuter le nombre d’Atsem en maternelle au moment où Jules Ferry intègre un Réseau d’Education Prioritaire est pour nous une absurdité.

CAR NOS ENFANTS N’ONT PAS À PÂTIR DES PROBLÈMES DE LA VILLE 

Nous ne nous résignons pas à ce que leur scolarité soit conditionnée par des questions de trésorerie et nous voulons croire que la fin de cette histoire n’est pas encore écrite :

NOS PETITS POUCETS NE DOIVENT PAS ETRE ABANDONNÉS DANS LA FORÊT DES COUPES BUDGÉTAIRES ! 

                             Les Conseils Locaux de parents élus FCPE Jules Ferry

                                                     jules.ferrix@gmail.com

L'Ecole maternelle en danger à Argenteuil


Une « Atsem » par classe, un point c’est tout ! Mobilisation !

 

La municipalité s’attaque radicalement à ce qui fut un acquis de l’école maternelle à Argenteuil : le fait qu’il y ait un agent « Atsem » par classe. Elle prévoit dans un premier temps, dès la rentrée prochaine, qu’il n’y en ait plus que deux pour trois classes. Selon elle : «nous nous mettons à niveau des villes voisines. Nous ne pensons pas que cela se répercute sur le travail des enseignants puisque ça fonctionne bien dans toute la France.»

         Les Argenteuillais apprécieront l’argument (se mettre) « à niveau des villes voisines ». Sur de nombreux domaines de la vie, comme ils aimeraient bénéficier du même niveau de service de nombreuses villes voisines ! Et le niveau des villes voisines, des "Boucles de la Seine" par exemple, n'est pas du tout ce que prétend la municipalité.

         Quant à l’école maternelle, la municipalité affirme que « ça fonctionne bien dans toute la France. » !

         Ces messieurs ont de drôles de lunettes. Elles leur font voir une école uniforme aux quatre coins du pays. Pour eux, Neuilly, Le Vésinet, Enghien, Levallois d’un côté, par exemple, et Argenteuil de l'autre, c’est pareil.

         Ils savent pourtant pertinemment que la commune, malgré quelques quartiers qui le sont moins, présente le profil des communes pauvres du 93. L’école maternelle y a à affronter des défis immenses. Elle est le socle de l’action éducative. Elle doit aider à pallier, ne serait-ce qu’en partie, les difficultés cruciales de nombreuses familles des quartiers populaires.

         S’attaquer à l’école maternelle, c’est s’attaquer à l’école élémentaire, c’est créer les bases de l’échec et de l’exclusion scolaire. C’est renforcer les bases de la petite délinquance. C’est préparer bien d’autres dépenses sociales, à la charge de la Ville comme de la société toute entière. C'est handicaper la vie de nombreuses personnes.

         En s’attaquant à une situation ancienne favorable de l’Ecole maternelle sur Argenteuil, la municipalité joue aux apprentis-sorciers. Ne la laissons pas faire. Il en va de l’avenir de tous.

Conseils, Comités, démocratie "participative" : la nécessaire reconstruction d'un parti du monde du travail


Réimplanter le parti ouvrier dans les quartiers populaires, faire appel à l’initiative et à la mobilisation des habitants !

Un conseiller municipal, Frédéric Lefebvre-Naré, lecteur donc de notre blog, nous reproche (commentaire de notre article du 22.06), pour résumer, de « prendre de haut », les nouvelles dispositions que nous évoquions ces jours derniers permettant la mise en place de « conseils de-citoyens » chargés de suivre, d’observer la réalisation des projets et des initiatives financés par la « Politique de la Ville » dans le cadre du « contrat de Ville ». L’opposition municipale « PS-centre » à laquelle ce conseiller appartient conteste la décision du maire d’organiser un seul conseil pour l’ensemble des quartiers concernés par cette « politique de la Ville » au lieu d’un conseil par quartier.

         Nous pouvons concéder à M. Lefebvre-Naré que si nous étions représentés au conseil municipal, nous nous serions prononcés contre la proposition municipale, mais dans notre article, nous voulions dire autre chose, et sur un autre plan.

         Si nous faisions le compte de toutes les structures « participatives » offerte par la démocratie bourgeoise, conseils, comités, commissions, à tous les niveaux, para-municipal, scolaire, électoral, la liste en serait très longue, très longue. Elle a même tendance à s’allonger vers l’infini. Et M. LN a raison de souligner qu’elle ne s’adresse, dans les faits, qu’à une toute petite fraction de la population. Et pour quelle utilité ? Quand, en particulier, aucun retour de ce qui pourrait s’y dire n’est fait, en direction des véritables mandants de toutes ces structures, la population elle-même. C’est ce que j’évoquais en utilisant le terme de « structure-alibi ».

         Notre propos, pour reprendre les termes de ce conseiller, est, nous militants de Lutte Ouvrière, de « sortir de ce club de 400 ou 500 initiés de la politique argenteuillaise », dont combien habitent ces cités et quartiers populaires ?

         La reconstruction d’un véritable parti du monde du travail se traduirait à nouveau par l’existence de réseaux militants dans ces quartiers, développant ses propres activités et participant aux structures de locataires mais aussi municipales, mais rendant des comptes surtout aux habitants, et faisant appel à leur initiative, à leurs mobilisations, seuls moyens, au-delà de tout conseil ou comité, de se faire entendre d’élus qui considèrent qu’une fois en place c’est eux qui décident jusqu’à la prochaine élection. Cela permettrait par là également d'élargir toujours plus largement la fraction impliquée dans la défense, à tous les niveaux, de ses propres intérêts. D Mariette